Françoise Barré-Sinoussi à l'Institut Pasteur

05 octobre 1987
01m 53s
Réf. 05604

Notice

Résumé :

Quatre ans après sa découverte du virus du SIDA, une équipe de télévision accompagne Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse à l'Institut Pasteur, pendant une journée de travail partagée entre le laboratoire et la bibliothèque.

Date de diffusion :
05 octobre 1987
Source :
A2 (Collection: MIDI 2 )
Lieux :

Contexte historique

Françoise Barré-Sinoussi est née en 1947.

Elle s'est impliquée dans la recherche sur les rétrovirus dans le laboratoire de Jean-Claude Chermann à l'Institut Pasteur dès le début des années 1970. Elle obtient son doctorat en 1974. Cette même année, l'unité d'oncologie virale de Luc Montagnier est intégrée au laboratoire de Jean-Claude Chermann.

Françoise Barré-Sinoussi travaille pour l'Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, à partir de 1975. Elle y deviendra directrice de recherche en 1986. Créé en 1964, l'Inserm est le seul organisme public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine.

En 1983, Françoise Barré-Sinoussi participe à la découverte du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH ou HIV en anglais) responsable du SIDA au sein de l'équipe de recherche de Luc Montagnier à l'Institut Pasteur.

Créé en 1887, l'Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies infectieuses.

En 1988, Françoise Barré-Sinoussi prend la tête de son propre laboratoire, initie de nombreux travaux sur le VIH et s'implique dans des programmes de recherche d'un vaccin.

Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier reçoivent le Prix Nobel de Médecine en 2008, 25 ans après leur découverte du VIH.

En 2009, Françoise Barré-Sinoussi est élue membre de l'Académie des Sciences.

En 2012, elle devient présidente de la Société internationale du SIDA (IAS), première société internationale indépendante de chercheurs et de médecins contre le SIDA.

En 2013, elle est élevée au rang de Grand Officier de la Légion d'Honneur.

En 2014, Françoise Barré-Sinoussi est professeur. Elle dirige l'unité Régulation des infections rétrovirales à l'Institut Pasteur et est directrice de recherche Inserm.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Éclairage média

Le reportage alterne des plans filmés dans différents laboratoires où de beaux instruments scientifiques sont mis en avant, des plans dans les bureaux de l'Institut Pasteur et dans une superbe bibliothèque scientifique. Cela permet de mieux se rendre compte des différentes activités du métier de chercheur.

Le journaliste explique que la découverte du VIH est le « travail de toute une équipe » mais met en avant l'importance de Françoise Barré-Sinoussi. Il est intéressant de noter que Willy Rozenbaum (hôpital Bichat), Françoise Brun-Vézinet (hôpital Bichat) et Jean-Claude Chermann ont également participé à la découverte du VIH. Vingt ans après ce reportage, Françoise Barré-Sinoussi recevra le Prix Nobel de Médecine. Un débat houleux sur la découverte du VIH a eu lieu entre l'Institut Pasteur et l'équipe de Robert Gallo, chercheur américain et directeur de l'Institute of Human Virology à Baltimore. Pour le comité Nobel en 2008, ce sont bien les chercheurs français de l'Institut Pasteur qui ont découvert le VIH.

La recherche est un travail d'équipe mais des rivalités entre les laboratoires existent.

Dans la bibliothèque, Françoise Barré-Sinoussi nous fait part de la difficulté de son métier et de l'urgence qu'elle ressent à obtenir des résultats pour le bien des malades. Il est difficile pour elle quand on est chercheur « d'avoir le temps de penser à notre vie propre ». Il ne s'agit pas ici de recherche fondamentale mais appliquée. Le temps est donc un facteur encore plus important que pour d'autres types de recherches où c'est souvent le financement et/ou la concurrence entre laboratoires qui créent une certaine pression.

Le journaliste nous annonce le salaire de Françoise Barré-Sinoussi : 15 000 francs. Une simple conversion en euros ne suffit pas pour se rendre compte de la valeur de cette somme. Plus de 25 ans se sont écoulés depuis la diffusion de ce reportage et les 15 000 francs représentent donc bien plus que les 2300 euros actuels affichés par la calculatrice. Mais le fait est que les métiers de la recherche scientifique ne sont pas les mieux rémunérés.

A la fin du reportage, la journaliste revient sur l'esprit qui règne à l'institut Pasteur et on apprend de la bouche même de Françoise Barré-Sinoussi que ce nom mythique a toujours de l'importance, pas seulement en France mais pour les scientifiques du monde entier. La recherche est internationale et certains laboratoires français sont très réputés.

Ce portrait aurait pu être celui d'un homme. En effet, à aucun moment, le journaliste ne se permet d'utiliser que le prénom de la chercheuse quand il la nomme (voir Claudie Haigneré se prépare à son second voyage spatial). On ne parlera pas non plus de sa famille. Françoise Barré-Sinoussi est au travail, dans le laboratoire, dans la bibliothèque. Elle est debout dans le bureau de son patron qui, lui, est assis. Le reportage présente bien le métier de chercheur et non les spécificités d'être une femme dans le milieu de la recherche.

Fatima Rahmoun et Sophie Edouard

Transcription

Présentateur
... institut, et on vous l’a dit, l’Institut Pasteur est à la pointe de la recherche. 1983, souvenez-vous, découverte du virus du sida dans le service du Professeur Montagnier, et puis précisément, par une femme.
Présentatrice
En effet, elle s’appelle Madame Barré-Sinoussi et nous l’avons suivie pendant toute une journée dans son travail. Reportage Alain Labouze.
Alain Labouze
Cette femme est chercheuse à l’Institut Pasteur. C’est elle qui, pour la première fois, au mois de janvier 1983, eut la chance d’enregistrer sur cette machine les battements radioactifs d’un nouveau virus, le virus du sida. Le travail de toute une équipe, certes, mais le doigté final de Françoise Barré-Sinoussi. Fidèle à la tradition de Pasteur, cette femme de 40 ans passe le plus clair de son temps dans son laboratoire, ou bien en congrès. La vie d’une chercheuse à Pasteur, ce n’est pas toujours rose.
Françoise Barré-Sinoussi
Ce n’est pas un métier très facile, surtout quand on travaille, je pense, sur un virus comme le virus HIV ; où on n’a pas beaucoup le temps de penser à notre vie propre et il faut davantage penser aux malades atteints du sida et à la fois aux personnes qui sont déjà infectées par le virus.
Alain Labouze
Sa carrière à l’Institut Pasteur, Françoise Barré-Sinoussi l’a démarrée il y a dix-sept ans, après la faculté des sciences et une thèse en 1974. Depuis cette date, c’est le travail au quotidien avec son patron, le Professeur Chermann, qu’elle va remplacer à la tête du laboratoire dès la fin du mois. Directeur de recherches de deuxième classe, Françoise Barré-Sinoussi ne touche pas un salaire de star, environ 15 000 francs par mois. Pour elle, la seule chose qui compte vraiment, c’est son métier de chercheur à l’Institut Pasteur.
Françoise Barré-Sinoussi
Pasteur, ça représente quand même quelque chose dans le domaine de la recherche mondiale, et quand on va à l’étranger, quand on parle du nom de Pasteur, pour les scientifiques du monde entier, ça représente quelque chose de très important.
Jean Labouze
Et pour les chercheurs, est-ce qu’il y a vraiment un esprit pastorien ?
Françoise Barré-Sinoussi
Oui, il y a un esprit pastorien. Pasteur est, je crois, une grande famille.

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