La révolte des Syriens contre Bachar El Assad

23 mars 2011
01m 27s
Réf. 05806

Notice

Résumé :

Deraa, ville du sud de la Syrie, est la première à laisser éclater la colère des Syriens contre le régime de Bachar El Assad. Les manifestants demandent la fin de l'état d'urgence et brûlent le siège du parti Baas. La police et les milices du régime tirent sur la foule. Les opposants sont présentés comme des agents de l'étranger.

Date de diffusion :
23 mars 2011
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Depuis son indépendance, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Syrie n'a jamais vraiment connu de régime démocratique. Le pouvoir a été confisqué par des militaires issus du parti nationaliste « Baas ». En 1970, Hafez El Assad prend le pouvoir et l'exerce de manière brutale en s'appuyant sur l'armée, les services secrets et des milices recrutées dans des minorités ethniques ou religieuses du pays. En 1982, il écrase dans le sang la révolte des Frères musulmans à Hama, faisant plusieurs milliers de victimes. En 2000, son fils Bachar, médecin ophtalmologiste vivant à Londres, lui succède. C'est un choix par défaut, car les autres prétendants sont morts ou écartés du pouvoir. Dans les premiers temps, le fils El Assad passe pour un dirigeant plus ouvert et plus moderniste que son père. Cet espoir est vite démenti. L'état d'urgence, proclamé depuis 1963 est maintenu, le Baas reste le seul parti autorisé et le culte de la personnalité persiste comme au temps de Hafez. En politique étrangère, le régime de Bachar s'appuie sur la Russie, son principal fournisseur d'armes. Il est aussi allié avec l'Iran et le Hezbollah libanais, formant un « arc chiite » hostile aux sunnites du golfe et de l'Egypte. Ces alliances sont mal perçues par la population syrienne en majorité de confession sunnite.

L'expression d'une opposition au régime de Bachar El Assad inspirée par le « printemps arabe » commence timidement le 15 mars 2011, par une brève manifestation à Damas, suite à un appel lancé sur Facebook « pour une Syrie sans tyrannie, sans loi sur l'état d'urgence ni tribunal d'exception ». Comme à leur habitude, les autorités syriennes vont dès le début utiliser la manière forte pour essayer de tuer le mouvement dans l'œuf. A Deraa, dans le sud du pays, la police arrête et moleste des enfants qui avaient écrit sur les murs des slogans anti-régime. Les habitants indignés protestent, la police ouvre le feu sur la foule. Le 20 mars 2011, le siège du parti Baas de Deraa est incendié par les manifestants. C'est le début d'affrontements qui prennent tout de suite les caractères d'une guerre civile. L'armée assiège la ville de Deraa, la bombarde, des miliciens tirent à vue sur les opposants. Malgré des concessions de façade (fin de l'état d'urgence, multipartisme et promesse d'élections) les troubles s'étendent à l'ensemble des villes du pays, y compris certains quartiers de Damas. Le même scénario se répète : le vendredi, après la prière, des cortèges d'opposants manifestent, les milices et l'armée ouvrent le feu. En mai 2011, Homs est soumise à un siège qui dure plusieurs années. A Hama, il faut deux mois à l'armée de Bachar pour s'emparer de la ville. Face à ce déferlement de violence, l'opposition organise une riposte militaire en regroupant dans une « Armée Syrienne Libre », des soldats et des officiers déserteurs de l'armée d'Assad. A leur côté combattent des milices locales et des groupes islamistes financés par l'Arabie saoudite et les monarchies du golfe. Fin 2011, la guerre civile a fait plus de 5000 morts selon l'ONU. Les régions frontalières du Liban et de la Turquie ont reçu plus de 40 000 réfugiés. La situation militaire apparaît bloquée, aucun camp ne semblant pouvoir l'emporter. Sur le plan politique, c'est aussi l'échec de toutes les tentatives de règlement du conflit. Le 2 octobre 2011, en Turquie, est créé le Conseil National Syrien qui tente de fédérer toutes les oppositions à Bachar. Ce comité ne reçoit le soutien que d'une partie de la communauté internationale. A l'ONU, les Russes et les Chinois opposent leur veto à toute intervention contre Bachar. La ligue arabe tente une médiation et propose un plan de paix puis doit renoncer et constater son échec au début de l'année 2012. La guerre civile ne peut que continuer et les Syriens, toujours plus nombreux, essayent de fuir. Ils sont plus d'un million réfugiés au Liban en 2014.

Claude Robinot

Éclairage média

Le présentateur du journal télévisé de France 2 l'annonce clairement dans le lancement à l'intention des téléspectateurs : alors que les projecteurs sont braqués sur la Lybie où depuis un mois les rebelles affrontent Kadhafi, un nouveau pays bascule dans la révolte, la Syrie. Une émeute vient d'éclater dans la ville de Deraa, au sud du pays, très proche de la frontière jordanienne comme le montre l'infographie au début du montage. Le sujet n'est pas un reportage, les journalistes occidentaux ne sont pas présents sur place et l'explosion spontanée de colère a pris tout le monde par surprise. Il s'agit de ce que la chaîne publique appelle « un récit ». Le journaliste assemble des images de provenance diverses qui servent de support à son commentaire factuel.

Le journaliste qui réalise l'exercice est Philippe Rochot, autrefois otage au Liban, qui connaît parfaitement la région. Pour ce qui concerne les émeutes proprement dites, il s'agit d'images d'amateurs, tournées avec des téléphones portables (on aperçoit l'un d'eux en action). Comme toujours dans ce cas, la qualité est mauvaise, la source est peu identifiable, la transmission s'effectue via les réseaux sociaux que maîtrisent les opposants dans les dictatures. En revanche, elles donnent des informations que les autorités locales ont du mal à cacher voire à démentir.

Ici les objets de la colère de la foule sont les lieux incarnant le pouvoir de Bachar El-Assad et de son clan familial : le siège du parti Baas dévasté et l'entreprise Syriatel. On entend distinctement dans la bande son du téléphone des tirs en direction des manifestants sans pouvoir en déterminer l'origine. L'intervention a fait une quinzaine de morts, les images de fin montrent l'hôpital de Deraa épargné par les émeutes, la rue est surmontée d'une banderole à la gloire d'Assad. Entre temps, le régime a essayé de contrecarrer les images des rebelles en fournissant via la télévision nationale les images très convenues d'un complot étranger, filmant avec complaisance des armes, des explosifs et des liasses de billets. Il y a peu de chance que ces « preuves » convainquent l'opinion syrienne et internationale.

Claude Robinot

Transcription

Frédéric Mitterrand
Mais elle était aussi une femme exquise, généreuse, qui aimait profondément la vie et le cinéma.
Journaliste
Née à Londres en 1932, de parents américains, Elisabeth Taylor fuit l’Europe et la Seconde Guerre mondiale. A peine débarquée, la Cité des Anges remarque cette petite fille aux yeux d’émeraude et la fait jouer dans Lassie.
(Musique)
Journaliste
En 1944, elle joue dans Le Grand National, puis enchaîne les succès. Elle remporte une victoire en décrochant Cléopâtre, une femme à sa mesure, la dernière reine de l’Antiquité.
Henri-Jean Servat
Toutes les actrices de la planète veulent Cléopâtre, Gina Lollobrigida, Kim Novak, Joan Collins, Brigitte Bardot et on donne le rôle à Elisabeth Taylor qu’on va louer déjà, pour qu’elle mette le pied sur le plateau, à un million de dollars, on la loue à la Metro-Goldwin-Mayer.
Journaliste
Elisabeth Taylor a été sacrée deux fois aux Oscars, d’abord pour La Vénus au vison puis pour Qui a peur de Virginia Woolf ? en 1966. Elisabeth Taylor, elle, n’avait peur de rien, en 55 films elle est devenue l’une des figures mythiques d’Hollywood.
(Musique)
David Pujadas
Et jusqu’à la fin, Liz Taylor sera restée une personnalité de la vie publique ; autant que ses films, sa vie et ses engagements l’avaient rendue célèbre.

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