Visite de l'Assemblée nationale par de nouveaux députés socialistes élus en 2012

18 juin 2012
02m 37s
Réf. 05823

Notice

Résumé :

Au lendemain de leur victoire au second tour des élections législatives le 17 juin 2012, plusieurs nouveaux députés socialistes font leurs premiers pas à l'Assemblée nationale. Alexis Bachelay, Razzy Hammadi, Seybah Dagoma, Nathalie Appéré et Julie Sommaruga visitent le Palais Bourbon, guidés notamment par les députés de la Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux et Claude Bartolone.

Date de diffusion :
18 juin 2012
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Après l'élection de François Hollande à la présidence de la République le 6 mai 2012 avec 51,64 % des suffrages exprimés contre 48,36 % au président sortant Nicolas Sarkozy, les Français sont de nouveau appelés aux urnes pour les élections législatives des 10 et 17 juin 2012. Depuis 2002, les législatives sont systématiquement organisées un mois après le scrutin présidentiel. C'est une conséquence de l'adoption du quinquennat en 2000 et de l'inversion du calendrier électoral entrée en vigueur à partir de 2002. Les élections législatives ont dès lors perdu de leur importance : elles sont devenues un scrutin de validation de l'élection présidentielle. Ainsi, les 10 et 17 juin 2012, la victoire de François Hollande est non seulement confirmée mais amplifiée. Sa formation, le Parti socialiste, obtient en effet avec ses alliés la majorité absolue à l'Assemblée nationale : le PS remporte 280 sièges, auxquels il faut ajouter ceux obtenus par le Parti radical de gauche et diverses formations, soit un total de 314 sièges. Les 25 ministres du gouvernement Ayrault qui se présentaient sont par ailleurs tous élus. En revanche, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes Ségolène Royal est battue en Charente-Maritime par le dissident socialiste Olivier Falorni. En outre, avec l'élection de 17 députés Europe Écologie Les Verts, un groupe écologiste voit pour la première fois le jour à l'Assemblée nationale.

Au total, la gauche recueille 51,29 % des suffrages exprimés au second tour de ces élections législatives contre 44,04 % à la droite. Elle détient 343 des 577 sièges au Palais Bourbon contre 231 à l'issue du scrutin législatif de 2007. Pour la première fois sous la Ve République, elle dispose de tous les pouvoirs : la présidence de la République, l'Assemblée nationale, le Sénat (où elle est devenue majoritaire en 2011), les régions et les départements.

L'UMP, principale formation politique de droite, essuie un nouveau revers : elle ne remporte que 194 sièges contre 314 en juin 2007. Elle avait déjà échoué à la présidentielle un mois auparavant avec son candidat Nicolas Sarkozy et avait perdu toutes les élections locales depuis 2008.

De son côté, le Front national (FN) fait son retour à l'Assemblée nationale pour la première fois depuis 1988. Le parti d'extrême droite, qui avait obtenu 35 sièges en 1986 grâce à l'adoption du scrutin proportionnel, en remporte cette fois deux. Ils ont été gagnés par Marion Maréchal-Le Pen, dans le Vaucluse, et l'avocat Gilbert Collard, dans le Gard. Il faut y ajouter l'élection également dans le Vaucluse du maire d'Orange Jacques Bompard, exclu du FN en 2005 mais soutenu par son ancien parti pour le second tour. Le FN confirme ainsi le résultat obtenu au premier tour de l'élection présidentielle par Marine Le Pen, troisième avec 17,9 % des voix. Toutefois, la présidente du FN échoue à conquérir la circonscription d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais.

Ce scrutin entraîne un renouvellement modéré de l'Assemblée nationale : 217 élus y font leur première entrée. En revanche, même si elle n'est pas encore acquise, la parité progresse : 155 femmes sont élues, dont 104 socialistes contre seulement 27 UMP. 26,9 % des députés sont désormais des femmes contre 18,5 % en 2007.

Ces élections sont également marquées par une forte abstention, la plus élevée jamais enregistrée lors d'un scrutin législatif sous la Ve République. 42,78 % des inscrits au premier tour et 44,6 % au second tour ne se sont ainsi pas déplacés pour voter. Les abstentionnistes figurent surtout parmi les jeunes, les ouvriers et les électeurs du FN. Cette faible participation confirme la désaffection de l'électorat constatée lors de tous les scrutins locaux précédents. Continuant de susciter une forte mobilisation, l'élection présidentielle apparaît donc comme une exception : 80,35 % des inscrits avaient voté au second tour, le 6 mai 2012.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le 18 juin 2012 au lendemain du second tour des élections législatives, ce reportage diffère des sujets électoraux habituellement placés en ouverture d'un journal télévisé. Il ne livre en effet pas les résultats détaillés du scrutin. Ceux-ci sont simplement évoqués par David Pujadas dans son lancement : le présentateur du journal télévisé de 20 heures de France 2 se contente de commenter une infographie classique présentant la composition de la nouvelle Assemblée nationale par parti et famille politique. Ce sujet ne propose également que quelques images filmées la veille lors de la soirée électorale. Insérées selon la technique de l'écran divisé (ou split screen), elles présentent simultanément quatre scènes de liesse tournées dans les quartiers généraux de candidats socialistes élus. Des images d'archives de l'hémicycle du Palais Bourbon en juin 1981, première Assemblée nationale majoritairement à gauche de la Ve République, ont également été ajoutées : il s'agit de replacer cette nouvelle victoire socialiste aux élections législatives dans l'histoire de la gauche française.

Hormis les quelques plans filmés la veille et en juin 1981, l'ensemble du reportage a été tourné le matin même de sa diffusion. La rédaction de France 2 a en effet choisi de traiter le second tour des élections législatives en suivant plusieurs nouveaux députés lors de leur visite au Palais Bourbon au lendemain de leur élection. Une équipe de France 2 accompagne ainsi Alexis Bachelay (député des Hauts-de-Seine), Razzy Hammadi (Seine-Saint-Denis), Seybah Dagoma (Paris), Nathalie Appéré (Ille-et-Vilaine) et Julie Sommaruga (Hauts-de-Seine). Tous sont issus du Parti socialiste, grand vainqueur des élections législatives. Ils ont également été choisis par l'équipe de France 2 pour leur jeunesse. Certains, Razzy Hammadi et Seybah Dagoma, l'ont aussi été comme symboles de la diversité. Enfin, le reportage met en avant la progression de la parité à l'Assemblée nationale à l'occasion de ces élections législatives en s'intéressant à plusieurs des nouvelles élues.

Alternant un commentaire sur des images factuelles avec des interviews, le sujet donne à voir les principales étapes de la visite de l'Assemblée nationale par les nouveaux élus, depuis leur entrée dans la cour d'honneur du Palais Bourbon jusqu'à leur découverte de l'hémicycle. Ils sont guidés par des habitués des lieux, les députés de la Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, futur président du groupe socialiste, et Claude Bartolone, futur président de l'Assemblée socialiste.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
A droite l’UMP et les parties associées auront 229 sièges, l’extrême droite a 3 élus, 2 pour le FN, plus Jacques Bompard. Bienvenue à tous.
(Musique)
David Pujadas
Voilà pour le sommaire. Une nouvelle Assemblée après un nouveau président, la France entame donc une nouvelle page de son histoire politique et on va s’y arrêter longuement. D’abord regardez les résultats définitifs, le Parti Socialiste et les formations associées totalisent finalement 314 élus, c’est 25 de plus que la majorité absolue. François Hollande n’aura donc pas besoin sur le papier des 17 élus verts et des 10 élus du Front de Gauche. Le centre disparaît pratiquement, deux sièges seulement pour le Modem. Il y a donc bien une vague rose inédite depuis 1981. Hélène Hug, Violaine Vermot-Gaud.
Journaliste
Même scène de liesse partout hier soir dans les QG socialistes, les militants célèbrent leurs nouveaux députés. Et ce matin, les nouveaux élus arrivent à l’Assemblée nationale. Les traits sont tirés, la fatigue se mêle à l’excitation des premières fois.
Alexis Bachelay
Je suis plutôt ému là. Ce matin, c’est vrai que franchir avec mon ami Bruno Leroux les portes du Palais Bourbon, c’est quand même un moment, j’ai envie de dire, unique.
Journaliste
Les anciens députés accueillent les nouveaux. Les socialistes ont gagné 173 sièges par rapport à 2007, c’est une vague rose qui submerge l’hémicycle.
Inconnu
On allait jusqu’à là, à peu près, et là, on va venir jusqu’à là, à peu près.
Seybah Dagoma
Incroyable.
Journaliste
La gauche fait presque aussi bien qu’en 1981 dans la foulée de la victoire de François Mitterrand. Cette année aussi, les socialistes obtiennent la majorité absolue à eux tout seuls, 314 députés, parmi eux, 10 sont issus de la diversité.
Razzy Hammadi
Je suis avant tout Français, citoyen de France, représentant les Français de ma circonscription à l’Assemblée nationale de ce pays. Je suis fier de mes origines mais je suis avant tout un Parlementaire de la République, à son service.
Seybah Dagoma
Je suis très fière en fait d’être française et je suis très fière de l’Ecole de la République.
Journaliste
Un groupe socialistes qui se conjugue au féminin, 106 élues, soit presque un tiers des députés socialistes sont des femmes.
Nathalie Appere
La France était quand même très en retard par rapport aux nombres de députés femmes. On peut encore mieux faire mais c’est déjà un grand progrès.
Journaliste
Et la génération Hollande succède à la génération Mitterrand.
Razzy Hammadi
C’est quelqu’un avec qui on a combattu le Front National en 98.
Inconnue
Ah oui ! Dans le Sud de la France.
Journaliste
97-98 c’est ça.
Inconnue
Exactement.
Journaliste
La première séance de la nouvelle Assemblée se tiendra le 26 juin à 15 heures.

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