Campagne d’information sanitaire dans les publicités pour des produits alimentaires

26 février 2007
01m 58s
Réf. 06500

Notice

Résumé :
Les publicités pour certains produits alimentaires doivent désormais comporter un message sanitaire. Jean-Pierre Petit, président de McDonald's France, et Alain Bazot, de l’UFC-Que Choisir, donnent leur avis sur cette campagne d’information.
Date de diffusion :
26 février 2007
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

En France, depuis la Libération, l’État s’efforce de protéger la santé des individus. Ce principe est inscrit dans le Préambule de la Constitution de la IVe République : ce texte stipule que la loi « garantit à tous (…) la protection de la santé » (voir le document La Sécurité Sociale (1945 - 2005)).  Des politiques de santé publique sont ainsi conduites, notamment contre l’addiction au tabac ou à l’alcool.

Depuis les années 2000, un des principaux enjeux de ces politiques concerne l’amélioration de l’état nutritionnel de la population. L’obésité ne cesse en effet d’augmenter en France : 6,5 millions de personnes, soit 14,5 % de la population adulte, souffrent de cette maladie chronique en 2015 contre seulement 3,5 millions en 1997. En outre, 3,5 millions de personnes en France sont atteintes de diabète.

De nombreuses études ont montré que la hausse fulgurante de l’obésité et du diabète était en grande partie provoquée par une alimentation de mauvaise qualité et une activité physique insuffisante. C’est afin d’y remédier que le Programme national nutrition santé (PNNS) est lancé en 2001. Ce plan de santé publique vise à « améliorer l’état de santé de la population » en agissant sur la nutrition. Celle-ci est entendue comme « l’équilibre entre les apports liés à l’alimentation et les dépenses occasionnées par l’activité physique ».

Des mesures et des campagnes d’information ont été mises en place. Ainsi, depuis le 1er mars 2007, les publicités pour les produits alimentaires manufacturés et les boissons sucrées diffusées dans les médias français doivent comporter un message d’avertissement sanitaire en application de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Quatre messages sont diffusés en alternance : « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour », « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière », « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » et « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas ». Tous les médias sont concernés par ces messages : télévision, radio, presse écrite, internet, cinéma et affichage. Pour la télévision et le cinéma, le message d’avertissement sanitaire doit s’inscrire dans un bandeau fixe ou défilant ou bien être présenté à la suite de la publicité. Si un annonceur ne souhaite pas apposer ce message sanitaire, il doit verser à l’administration fiscale une contribution de 1,5 % sur les sommes investies dans la publicité.

D’autres mesures destinées à améliorer l’état de santé des consommateurs ont par la suite été adoptées. Le principe d’un système de logos dotés de couleurs différentes sur le devant des aliments en fonction de leurs qualités nutritionnelles a notamment été retenu dans la loi du 26 janvier 2016. Ces logos ont pour but de clarifier l’information des consommateurs sur les produits alimentaires qu’ils achètent. Il permettra notamment de les renseigner sur l’apport calorique d’un aliment ainsi que sur sa teneur en sucre, en sel et en graisses saturées.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le 26 février 2007 dans le journal télévisé de vingt heures de France 2, ce bref sujet traite de la réglementation en matière de publicité qui doit entrer en vigueur le 1er mars suivant. En effet, les publicités pour les produits alimentaires manufacturés et les boissons sucrées diffusées dans les médias français doivent désormais comporter un message d’avertissement sanitaire.

Le sujet donne un aperçu de la nouvelle présentation des publicités : trois des quatre messages sanitaires qui vont être insérés sont montrés en avant-première aux téléspectateurs. Seul le message « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas » n’est pas diffusé. Pour rendre cette présentation plus concrète, les messages ont été placés sur des extraits de publicités. Ces trois publicités ne laissent apparaître aucunes marques visibles : elles sont toutes floutées. Toutefois, dans les deux premières, les marques, respectivement de céréales et d’eau minérale, sont aisément reconnaissables. Le floutage de marques de produits de consommation est en effet obligatoire dans les reportages diffusés dans les journaux télévisés. Le décret du 27 mars 1992 interdit toute publicité clandestine, entendue comme « la présentation verbale ou visuelle de marchandises, de services, du nom, de la marque ou des activités d’un producteur de marchandises ou d’un prestataire de services dans les programmes, lorsque cette présentation est faite dans un but publicitaire. » Un reportage peut certes comporter une référence à une marque ou à un produit mais uniquement dans le cas où selon les termes du Conseil supérieur de l’audiovisuel « elle revêt un caractère d’information ». Cela n’est pas le cas dans le présent sujet qui présente simplement un nouveau dispositif de messages sanitaires. Il ne prend pas la forme d’une enquête sur une marque ou un produit.

Outre ces extraits de publicités, le reportage comprend différentes images d’illustration : les rayons d’un supermarché, des enfants mangeant des barres chocolatées, d’autres attirés par des bonbons dans la vitrine d’un magasin et encore d’autres regardant la télévision. Ces plans ont simplement pour but d’illustrer le commentaire du journaliste. Le fait qu’ils montrent surtout des enfants montre que le principal but de la nouvelle réglementation publicitaire vise principalement à réduire l’obésité juvénile.

Enfin, le sujet confronte deux avis à propos de ces messages sanitaires. Sont interviewés deux hommes à la fonction bien différente. Le premier, président de McDonald's France, incarne l’industrie agroalimentaire, souvent accusée d’encourager la croissance de l’obésité mais aussi de vouloir améliorer son image de marque par une préoccupation hypocrite pour la santé des consommateurs. Le second, membre de UFC-Que Choisir, représente les consommateurs. Ils expriment ainsi des avis à front renversé : le président de McDonald's France apporte son soutien à la nouvelle réglementation, tandis que le membre de l’UFC-Que Choisir fait part de ses réserves quant à l’efficacité des messages sanitaires sur les enfants.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
Et en France, la question du surpoids est un problème de plus en plus préoccupant. Près de 6 millions de personnes seraient concernées par l’obésité. C’est d’ailleurs pour tenter de lutter contre ce problème de santé publique qu’une campagne est lancée aujourd’hui. Comme pour le tabac, comme pour l’alcool, de nouveaux messages vont apparaître sur certains produits. Explication, Nicolas Lemarignier, Diane Richard.
Journaliste
Attention, il faut être très attentif, désormais, en bas des pubs, pour les produits gras ou sucrés, il y aura un petit, tout petit quelque chose en plus.
Voix off
Pour votre santé, ne mangez pas trop gras, pas trop sucré, pas trop salé.
Journaliste
Pour tous les produits sucrés ou gras, les industriels de l’alimentaire doivent inclure dans leurs publicités un message sanitaire. Il y en a quatre au total, par exemple :
Voix off
Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière. Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour.
Journaliste
Les fabricants qui n’affichent pas les petites phrases devront payer une taxe pour financer la lutte contre l’obésité. Ils seront peu nombreux car afficher son intérêt pour la santé du consommateur, c’est aussi un argument marketing.
Jean-Pierre Petit
C’est vrai que depuis trois ou quatre ans, ce phénomène d’obésité est devenu un enjeu beaucoup plus important. Il y a eu tout un coup une mobilisation globale à la fois des scientifiques, à la fois des politiques industrielles pour traiter ce sujet. Et en tant que grande enseigne, il est, bien entendu, de notre rôle de prendre les choses en compte.
Journaliste
A terme, un spot sur trois comportera un message sanitaire. Mais ces avertissements sont-ils efficaces, non, répond l’UFC Que Choisir, qui a mené l’enquête.
Alain Bazot
On sait très bien que l’attention, elle est d’abord captée par le film, pas par un message qui va se dérouler en bas de l’écran. On sait très bien qu’à six, sept ans, la capacité de lecture des enfants n’est pas suffisante pour s’intéresser à ce message qu’il va lire et encore plus à le comprendre.
Journaliste
Les nutritionnistes auraient aimé que l’on interdise les réclames qui visent les enfants. Les industriels ont refusé de tirer un trait sur un marché publicitaire de 2 milliards d’euros par an.

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