La scolarisation des enfants handicapés

12 septembre 2008
02m 21s
Réf. 06502

Notice

Résumé :
À l’école primaire Pablo Picasso de Villeneuve d'Ascq, quatre élèves âgés de 9 à 10 ans souffrant d’un handicap mental suivent un enseignement spécialisé. En dehors de la classe, ils partagent les activités des autres élèves de l’école : ils mangent à la cantine et jouent avec eux lors des récréations.
Date de diffusion :
12 septembre 2008
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

C’est avec la loi du 30 juin 1975 que l’éducation des handicapés est devenue une « obligation nationale ». Toutefois les obstacles à l’intégration des élèves handicapés dans les établissements scolaires sont demeurés nombreux. Leur situation n’a connu une réelle amélioration qu’avec la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées : cette loi adoptée sous la présidence de Jacques Chirac proclame non seulement le droit à la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire mais l’organise. Elle prévoit ainsi l’inscription de « tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé » dans « l’école la plus proche de son domicile ». Les établissements scolaires doivent donc être mis aux normes pour recevoir ces élèves en situation de handicap.

Depuis l’entrée en application de la loi du 11 février 2005, la scolarisation des enfants et des adolescents handicapés a significativement augmenté. Selon le ministère de l’Éducation nationale, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a plus que doublé entre 2006 et 2015. 258 710 élèves handicapés sont ainsi scolarisés en France en 2015 : 150 630 le sont dans le premier degré et 108 080 dans le second degré.

179 400 élèves en situation de handicap sont scolarisés en classe ordinaire tandis que 79 310 fréquentent des unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS). Les élèves d’une ULIS y reçoivent un enseignement adapté dispensé par un enseignant spécialisé mais partagent également des activités et des enseignements avec les autres élèves. Le principe de l’inclusion scolaire de « tous les enfants, sans aucune distinction » a du reste été inscrit dans le Code de l’Éducation par la loi du 8 juillet 2013.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 12 septembre 2008. Il a été réalisé dans le contexte de la rentrée scolaire qui a eu lieu dix jours auparavant comme le précise le présentateur Laurent Delahousse dans son lancement. La rentrée scolaire constitue en effet ce qu’on appelle en langage journalistique un « marronnier » : un sujet consacré à un événement récurrent et de faible importance tel que le baccalauréat, les départs en vacances, les soldes ou le changement d’heure. Ainsi, dans les premiers jours de septembre, les rédactions des chaînes de télévision proposent régulièrement des sujets sur l’école. Dans le cas présent, il s’agit de présenter la scolarisation des enfants handicapés.

Plutôt que de réaliser un sujet général, la rédaction de France 2 a fait le choix de traiter un exemple particulier : celui d’une classe spécialisée comprenant quatre élèves souffrant d’un handicap mental scolarisés à l’école primaire Pablo Picasso, à Villeneuve d’Ascq (Nord). Ce parti pris vise à présenter les choses de la manière la plus concrète possible pour les téléspectateurs. C’est dans ce but qu’il alterne les images factuelles avec les interviews d’élèves. Sont ainsi interrogées une éducatrice spécialisée, membre d’une association de parents qui prend en charge des personnes en situation de handicap mental, et la directrice de l’école.

Le reportage donne à voir les deux volets de la scolarisation de ces élèves souffrant d’un handicap mental : l’enseignement spécialisé et le partage d’activités avec les autres enfants de l’école. Dans une première séquence, les quatre élèves handicapés et leur éducatrice spécialisée sont filmés travaillant en classe : ils vont au tableau et font des exercices. Une deuxième séquence montre qu’ils se mêlent aux autres élèves à la cantine et lors des récréations. Tous les témoignages recueillis, ceux des adultes comme ceux des élèves, insistent sur les bienfaits de ce dispositif pour les élèves en situation de handicap et sur leur bonne intégration dans l’école.

Pour faire ce reportage, la rédaction de France 2 a dû demander l’autorisation au rectorat du Nord ainsi que celle de la directrice de l’école primaire concernée. Les prises de vue des élèves et leurs interviews ont quant à elles été autorisées par leurs responsables légaux en vertu du droit à l’image. Sans ces autorisations écrites, l’équipe de France 2 n’aurait pu s’introduire dans l’enceinte de l’école primaire Pablo Picasso, ni interroger des enfants.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
De la maternelle au lycée, tout le monde a fait sa rentrée, et parmi les enfants et les adolescents, plus de 160000 handicapés. De nombreuses familles ne trouvent malheureusement toujours pas de solution, et notamment lorsqu’il s’agit de handicap mental important. Mais certaines initiatives, vous allez le voir, sont porteuses d’espoir. Reportage dans le Nord, à Villeneuve-d’Ascq, Malory Ahaunou et Guillaume Michel.
Journaliste
Se ranger et gagner sa classe, une banalité pour les uns, une chance toute particulière pour ces quatre élèves.
Fanny Feutry
Sur le crocodile, vous allez devoir faire des petits points.
Journaliste
Alexandre, Michaël, Amina et Alice ont entre 9 et 10 ans, ils souffrent de handicap mental. La seule solution pour eux, c’était normalement l’IME, un institut médico éducatif hors de l’école.
Fanny Feutry
C’est des enfants qui ne peuvent pas suivre une scolarité ordinaire et même pas un programme scolaire. On a réfléchi à une intégration qui leur permettrait d’être bénéfique sans les mettre en échec.
Journaliste
Depuis deux ans et demi, la petite classe s'est donc délocalisée au sein d’une école primaire. Amina y fait ses premiers pas, ses camarades ont tracé le chemin.
Fanny Feutry
Michaël, c’est là qu’il manipule le petit livre. Quand il est arrivé, il était incapable de faire ça, en fait. Il déchirait toutes les pages, il le balançait à travers la pièce. Maintenant, il sait se poser, il commence à lire les lettres avec son copain.
Alice
Voilà.
Guillaume Michel
C’est quoi, ça ?
Alice
Du travail.
Journaliste
Comportement plus adapté, concentration, des progrès favorisés par l’imitation. Car la classe finie, toutes les activités sont partagées avec les autres écoliers, à la cantine, on mange avec les copains copines.
Alice
C’est super.
Journaliste
Qu’est-ce qui est super ?
Alice
Manger ici.
Jeanne
Ce qui est bien pour eux, c’est qu’ils connaissent des gens et pareil pour nous.
(Bruit)
Journaliste
Et à la récré, Alice est loin d’être la plus réservée.
(Bruit)
Journaliste
C’est elle qui est venue, elle est venue vers vous ?
Inconnue
Oui.
Journaliste
Et vous trouvez que c’est une bonne chose ?
Inconnue
Oui.
Colette Grimonpont
On a beaucoup d’intérêt, d’entraide, de questionnements. Je pense que côté enfant, les enrichissements sont réciproques de chaque côté.
Journaliste
Une loi de 2005 développe progressivement l’intégration scolaire, mais le handicap mental exclut et effraie encore trop souvent. L’association de parents à l’initiative de ce projet espère multiplier les passerelles vers une vie un peu plus ordinaire.

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