La réforme des bourses étudiantes

16 juillet 2013
02m 02s
Réf. 06508

Notice

Résumé :
Une revalorisation des bourses étudiantes a été annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso. Sandra Carvalho, étudiante en histoire à l’université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense, bénéficie précisément d’une bourse en raison des faibles revenus de ses parents. Le président de l’Unef, Emmanuel Zemmour, réagit aux mesures ministérielles.
Date de diffusion :
16 juillet 2013
Source :

Contexte historique

Le coût de la vie des étudiants français a augmenté de près de 10 % entre 2012 et 2016 d’après une enquête de l’Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) sur le coût de la rentrée universitaire 2016. C’est le logement qui occupe la plus grande part de leurs dépense : il représente 55 % de leur budget selon le syndicat étudiant. Les étudiants établis en Île-de-France en 2016 sont ceux qui paient le loyer le plus élevé : le logement leur coûte 806 euros en moyenne par mois. La hausse du coût de la vie étudiante s’explique également par l’augmentation du prix des transports. Dans une moindre mesure, les frais d’inscription pèsent aussi sur le budget étudiant : en 2016 l’inscription en licence coûte 184 euros, en master 256 euros, en doctorat 391 euros et pour le diplôme d’ingénieur 610 euros.

Les étudiants sont par conséquent contraints de trouver des moyens pour financer leurs études. Cela est d’autant plus nécessaire pour un tiers d’entre eux qui ne reçoivent aucune aide financière de leurs parents. Les étudiants doivent ainsi fréquemment travailler. Toujours selon l’UNEF, la moitié d’entre eux exercent une activité salariée pendant l’année universitaire, d’une durée moyenne de 11 heures hebdomadaires. 12 % des étudiants français ont par ailleurs recours à un prêt d’un montant moyen de 10 000 euros pour financer leurs études.

L’État qui s’efforce de lutter contre les inégalités vient en aide aux étudiants les plus démunis en leur versant des bourses. Elles sont attribuées aux étudiants âgés de moins de 28 ans, qui se trouvent en formation universitaire initiale et dont les ressources familiales sont limitées.

Ce système des bourses étudiantes est réformé en 2013 par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso, répondant à une promesse électorale de François Hollande en 2012. Les bourses des 30 000 étudiants issus de familles aux revenus les plus faibles soit ceux dont les parents gagnent moins de 7 540 euros par an, sont augmentées de 15 % : elles passent de 4 697 euros à 5 500 par an. En outre, 55 000 bourses annuelles de 1 000 euros sont instaurées pour les étudiants des classes moyennes aux revenus inférieurs à 33 100 euros qui bénéficiaient jusque-là d’une exonération des frais d’inscription. 1 000 nouvelles bourses sont aussi attribuées à des étudiants en situation d’autonomie avérée par rapport à leur famille. À l’issue de cette réforme, 28 % des étudiants bénéficient d’une bourse.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet consacré aux bourses étudiantes en France a été diffusé dans le journal télévisé de France 3 19/20 le 16 juillet 2013. Il a été réalisé afin de présenter la réforme annoncée le jour même par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso. Celle-ci a réuni les représentants des organisations représentatives étudiantes pour leur annoncer une réforme des bourses étudiantes et une revalorisation de leur montant dès la rentrée universitaire 2013.

L’objectif du présent reportage est de « faire le point sur ce qui va changer » pour reprendre les mots utilisés par la présentatrice dans son lancement. Le journaliste Jean-Marc Pitte a choisi de traiter cette question en s’intéressant d’abord à un cas particulier, celui d’une étudiante bénéficiaire d’une bourse et également militante au sein du syndicat étudiant UNEF. Cet exemple particulier a pour but de présenter aux téléspectateurs la situation des étudiants boursiers. Il permet de rendre leurs difficultés financières plus concrètes. De fait, les deux tiers du reportage sont consacrés à cette étudiante en histoire à l’université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Son cas est expliqué sur fond d’images d’illustration où l’on voit la jeune fille dans son université. Son témoignage vise également à faire mieux prendre conscience des difficultés que peuvent rencontrer des étudiants issus de familles modestes « pour arriver à joindre les deux bouts chaque mois ».

La dernière partie du reportage dépasse le cas singulier de Sandra Carvalho pour traiter spécifiquement de la réforme des bourses annoncée par Geneviève Fioraso. Trois infographies présentent ainsi les principales mesures de revalorisation des bourses existantes et de création de nouvelles allocations.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
A la rentrée prochaine, plus d’étudiants seront aidés et d’une manière plus juste. Annonce ce mardi de la ministre de l’Enseignement Supérieur, Geneviève Fioraso a détaillé sa réforme du système des bourses. Le point donc sur ce qui va changer, avec Jean-Marc Pitte et Antoine Placier et l’exemple de deux étudiantes.
Journaliste
Des parents aux revenus modestes, des frères et sœurs qui la suivent, Sandra avait l’obligation de trouver des solutions pour mener à bien ses études d’histoire. Elle a obtenu la bourse maximale de 4700 € par an, mais il lui a également fallu travailler dans un fast-food pour s’en sortir.
Sandra Carvalho
Ça me prenait du temps, du coup, sur mes études, sur la préparation des examens. Donc, effectivement, là, il y avait quand même urgence aussi, avec l’augmentation du coût de la vie en général, de pouvoir avoir un peu plus d’argent pour pouvoir arriver à joindre les deux bouts chaque mois.
Journaliste
Sandra milite au sein du syndicat étudiant Unef. De cette position, elle constate que sa précarité est partagée par un nombre croissant d’étudiants. La crise économique a des conséquences concrètes sur les moins nantis.
Sandra Carvalho
Aller, à chaque fois qu’on est malade, voir un généraliste, ou même y compris voir des spécialistes de temps en temps pour faire des visites, des choses comme ça ; je pense que c’est quand même une des premières dépenses sur lesquelles les étudiants rognent.
Journaliste
Dès la rentrée prochaine, les 30000 étudiants dont les parents ont les revenus les plus faibles recevront 700 € de plus par an. 55000 bourses de 1000 € annuels seront versées à ceux qui ne bénéficiaient jusqu’alors que d’une exonération de frais d’inscription. Enfin, 1000 étudiants supplémentaires en rupture familiale recevront une aide, quel que soit leur revenu des parents.
Emmanuel Zemmour
C’est quand même historique, c’est la première fois que le gouvernement, avec la création de ces aides à l’indépendance, reconnaît qu’il faut aider les jeunes en fonction de leur besoin réel ; et pas simplement en fonction de la feuille de salaire de leurs parents.
Journaliste
Il est prévu de poursuivre cette revalorisation les années suivantes, et dans ce but, un investissement de 200 millions d’Euros est déjà programmé.

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