La hausse des bénéficiaires de la CMU

16 avril 2015
01m 28s
Réf. 06514

Notice

Résumé :
Le nombre de bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) a augmenté en 2014 : 5,2 millions de personnes en bénéficient, soit 400 000 de plus en un an. Cette augmentation est principalement due est à la hausse du plafond d’attribution. Karim Felissi, du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), se félicite de cette hausse.
Date de diffusion :
16 avril 2015
Source :
A2 (Collection: 20 heures )
Personnalité(s) :

Contexte historique

En France, l’État s’efforce de réduire les inégalités sociales. C’est dans cette optique que la Couverture maladie universelle (CMU) a été instaurée (voir le document sur l'Instauration d'une couverture maladie universelle (CMU)). Créée par la loi du 27 juillet 1999 et entrée en vigueur en 2000, elle assure la gratuité des soins pour les plus démunis. Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité du gouvernement de Lionel Jospin qui en a été à l’initiative, souhaitait ainsi permettre l’accès aux soins des personnes qui en étaient totalement dépourvues. Toutes les personnes résidant en France depuis plus de trois mois de façon stable et régulière, dont les ressources mensuelles sont inférieures à un certain montant et qui ne sont pas déjà couvertes par la Sécurité sociale bénéficient dès lors d’une assurance maladie gratuite : la Couverture maladie universelle de base. Les personnes aux faibles ressources peuvent également bénéficier de la CMU complémentaire (CMU-C). Cette dernière est une complémentaire santé gratuite qui prend en charge ce que les régimes d’assurance maladie ne couvrent pas.

En raison de la crise économique et de la hausse continue du chômage, le nombre de bénéficiaires de la CMU complémentaire n’a cessé de croître. Plus de 5,2 millions de personnes en bénéficiaient au 31 décembre 2014 contre plus de 4,3 millions en 2004. Sur l’année 2014, la hausse a même atteint 6,3 % du fait de l’augmentation de 8 % des plafonds d’attribution de la CMU par le gouvernement : la CMU-C a été ouverte à une personne célibataire gagnant moins de 720 euros par mois et à un couple avec un enfant gagnant moins de 1 297 euros par mois.

La CMU a par ailleurs été réformée pour tenir mieux compte de la hausse de la précarité. Ainsi, depuis le 1er janvier 2016, la CMU de base a été remplacée par la Protection universelle maladie (Puma). Celle-ci permet la prise en charge continue des frais de santé pour toute personne résidant en France de manière stable et régulière qui n’est pas déjà couverte par un régime obligatoire d’assurance maladie : l’affiliation à la Puma se demande désormais simplement sur critère de résidence à la caisse d’assurance maladie. Les personnes sans emploi bénéficient de la Puma au seul titre de leur résidence stable et régulière sur le territoire français. Les personnes avec une activité professionnelle n’ont quant à elles plus à justifier d’une activité. Cette réforme permet également de conserver son régime d’assurance maladie, même en cas de changement de situation personnelle ou de perte d’activité professionnelle. De son côté, la CMU complémentaire reste en place.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé dans le journal télévisé de 20 heures de France 2 le 16 avril 2015, ce sujet est consacré à l’augmentation du nombre de bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU). En effet, le Fonds CMU a publié le jour même les chiffres des bénéficiaires pour l’année 2014. Comme l’indique David Pujadas dans son lancement plateau, « c’est un record » depuis la création de la CMU puisque 5,2 millions de personnes en bénéficient, soit une hausse inédite de 400 000 personnes en un an.

La rédaction de France 2 a donc choisi de traiter cette annonce par un bref sujet didactique. L’objectif est d’abord de rappeler le principe de la CMU puis d’évoquer la hausse de ses bénéficiaires et enfin d’expliquer celle-ci. Les raisons de la hausse du nombre de bénéficiaires de la CMU en 2014 sont ainsi clairement énoncées : le changement des plafonds de ressources et la crise économique.

De facture classique, le sujet alterne images d’illustration du commentaire, infographies et interviews. Les premières donnent à voir des patients se faisant ausculter par des médecins (un dentiste, un ophtalmologue et un généraliste). D’autres plans montrent des personnes patientant dans une salle d’attente d’un centre de la Sécurité sociale. Ces différentes images n’ont pas été spécifiquement filmées pour ce sujet. Il s’agit d’images d’archives qui ne servent qu’à illustrer les explications du journaliste sur la CMU, elles ne sont à aucun moment commentées en tant que telles.

Le sujet propose également trois infographies. Elles ont pour objectif de fournir aux téléspectateurs les données chiffrées les plus significatives concernant l’actualité traitée : le nombre de bénéficiaires supplémentaires de la CMU en 2014 et les nouveaux plafonds de ressources nécessaires pour en bénéficier. Enfin, le sujet donne la parole à un représentant du Collectif interassociatif sur la santé (CISS) qui regroupe 44 associations militant pour les droits des patients. Karim Felissi exprime ainsi sa satisfaction devant la baisse des plafonds de ressources pour bénéficier de la CMU.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
La CMU, rappelons-le, permet de se faire soigner gratuitement en cas de faible revenu. Et bien, c’est un record depuis sa création, 5 200 000 personnes en bénéficient désormais. Magali Boissin, Fabien Cazeaux.
Journaliste
L’an dernier, 400000 personnes de plus ont pu bénéficier de la couverture maladie universelle. Consulter gratuitement pour une rage de dents, faire un bilan ophtalmologique,
Inconnu
Tout droit, vous regardez dans la direction de mon oreille,
Journaliste
Ou se faire prendre la tension sans aucun frais à avancer. Une satisfaction pour les associations.
Karim Felissi
C’est une bonne nouvelle pour eux, parce que ils vont pouvoir avoir accès à un complémentaire de soins gratuit ; après l’acquisition, par exemple, d’une paire de lunettes ou après les soins dentaires, qui sont les soins qui coûtent les plus cher aux personnes les plus pauvres.
Journaliste
L’an dernier, 5,2 millions de personnes ont donc bénéficié de la CMU. Un chiffre en hausse car le gouvernement a augmenté de 8% les plafonds d’attribution de la couverture maladie universelle. Désormais, elle est ouverte à un célibataire gagnant moins de 720 € nets par mois. Pour un couple avec un enfant, le plafond de ressources est de 1297 € par mois. Plus de bénéficiaires à cause aussi de la crise économique : perte d’emploi, temps partiel subi. L’an dernier, 200000 personnes ont vu chuter leurs revenus et sont devenus bénéficiaires de la CMU.