La fête juive de Yom Kippour

16 septembre 2002
01m 59s
Réf. 06610

Notice

Résumé :

Présentation de la fête juive de Yom Kippour. Le Grand rabbin de Lyon Richard Wertenschlag explique l’origine et le succès de la plus grande fête du judaïsme.

Date de diffusion :
16 septembre 2002
Source :

Contexte historique

Yom Kippour est la plus solennelle mais également la plus sainte des fêtes religieuses juives. Célébrée le 10 du mois de tishri, premier mois de l’année juive ouvert par Roch Hachana, (littéralement « la tête de l’année »), elle est aussi appelée le « jour du Grand Pardon ». Chaque juif doit en effet demander à Dieu le pardon de ses propres fautes ainsi que de celles de la communauté.
Yom Kippour est un jour de repos complet : tout travail doit être cessé pendant vingt-cinq heures à partir du coucher du soleil. Par ailleurs, une journée entière de prière est organisée dans les synagogues. Les juifs peuvent assister à une partie de ces offices ou bien à la totalité. Ainsi, la confession des péchés s’accompagne de prières de supplication pour demander le pardon de Dieu.
En outre, les juifs sont invités à un jeûne rigoureux pendant Yom Kippour. Ils ont l’interdiction totale de manger et de boire durant vingt-cinq heures. Ils ne peuvent également pas se laver, avoir des relations sexuelles ou porter des chaussures en cuir. Chez les juifs les plus traditionnalistes, il est aussi interdit de se servir de l’électricité ou d’écrire. Ne sont exemptés du jeûne que les garçons de moins de treize ans, les filles de moins de douze ans, les personnes malades et les femmes qui viennent d’accoucher dans les trois derniers jours.
Yom Kippour est de loin la fête la plus célébrée par la communauté juive. Même les moins pratiquants se rendent alors dans les synagogues. Mais c’est surtout l’observation du jeûne en famille qui réunit la plupart des juifs. Ces pratiquants occasionnels sont surnommés les « Juifs de Kippour ».

Christophe Gracieux

Éclairage média

Consacré à la fête juive de Yom Kippour, ce sujet a été diffusé le 16 septembre 2002 dans le journal télévisé de la mi-journée de France 3 Rhône-Alpes. Ce même jour les juifs du monde entier célèbrent en effet Yom Kippour. Les fêtes religieuses sont souvent l’occasion pour les rédactions des journaux télévisés de proposer des reportages sur celle-ci ou sur certains aspects particuliers d’une religion. Dans le cas présent, l’antenne régionale de France 3 a choisi de réaliser un sujet sur Yom Kippour afin de faire mieux connaître la fête principale du judaïsme aux téléspectateurs. Il s’agit par conséquent d’un sujet très didactique, qui n’est aucunement lié à une actualité précise. D’ailleurs, il aurait pu tout à fait être diffusé une autre année, lors d’une autre célébration de Yom Kippour.
Réalisé par une équipe de France 3 Rhône-Alpes, et non par des journalistes de la rédaction nationale de la troisième chaîne, le sujet a été entièrement tourné à l’intérieur de la Grande synagogue de Lyon. Il est composé d’une alternance d’images factuelles et d’interviews, sur fond de musique juive.
Les plans factuels ont été filmés au sein du plus grand édifice cultuel juif de la région Rhône-Alpes, édifié en 1864. Ces images qui présentent différentes parties de la synagogue ne font qu’illustrer le commentaire du journaliste qui explique l’origine et la signification de la fête de Yom Kippour. Elles alternent avec deux brèves interviews du Grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag. Ces interviews ont également une visée pédagogique. Interrogé au sein même de la synagogue, le rabbin apporte des éclaircissements sur Yom Kippour qui viennent compléter ceux du journaliste. Il explique ainsi le sens de cette fête puis son succès.
Il est à noter que ce sujet ne comporte aucune image de fidèles. Il ne comporte ainsi aucun plan de juifs pendant un office de Yom Kippour : hormis la présence de Richard Wertenschlag, la Grande synagogue de Lyon apparaît déserte. De même, le sujet ne comprend aucune interview de juifs expliquant leur rapport à Yom Kippour. Réalisé avant même la célébration de cette fête, il ne cherche qu’à présenter cette fête et non pas à montrer son importance sociale dans la communauté juive.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
Le Yom Kippour est la fête juive la plus connue et la plus respectée, c’est le grand pardon, elle permet aux croyants d’obtenir le pardon divin pour ses fautes, et donc de s’en libérer pour recommencer une nouvelle année. Reportage de Philippe Lemaire et de George Edeine.
Journaliste
Le Yom Kippour, le jour du grand pardon, un jour de jeûne, de méditation, de dialogue avec Dieu. Pour tous les juifs, c’est la fête la plus sacrée du judaïsme. Ses préceptes sont contenus dans la Torah, le Livre. 26 heures de supplication où l’homme doit s’affranchir du monde matériel, de ses contraintes, de ses pesanteurs. Et comme le faisait déjà le grand prêtre du temple de Jérusalem, c’est un jour où la communauté demande pardon à Dieu pour ses fautes.
Richard Wertenschlag
Il y a l’engagement au niveau individuel de ne plus récidiver. C’est-à-dire que la notion de repentance dont on parle tellement aujourd’hui s’appuie justement sur le jour de Kippour ; où Dieu a pardonné au peuple d’Israël pour la faute majeure de l’idolâtrie. Et c’est ce jour-là que Moïse a reçu les deuxièmes tables de la loi et il a bénéficié du pardon de Dieu.
Journaliste
Il y a aussi dans le Kippour la nécessité et la volonté de faire son bilan spirituel pour l’année écoulée. C’est un retour de l’homme sur lui-même. C’est aussi une prière pour tous les autres hommes, juifs ou pas.
Richard Wertenschlag
C’est la fête juive qui a le plus grand succès populaire, car c’est le retour aux sources, c’est la volonté de se rattacher à ses ascendants, à son passé ; mais également à se projeter dans l’avenir de cette volonté d’espérer, de rêver qu’un jour, tout le monde vivra comme un seul bouquet de fleurs dans l’harmonie universelle.
Journaliste
Et c’est en ce sens que le Kippour est une lumière, une espérance pour l’ensemble des hommes.