L’ouverture du MuCEM à Marseille

03 juin 2013
01m 31s
Réf. 07009

Notice

Résumé :
Le MuCEM, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, est présenté à la veille de son inauguration officielle. Yann Kersalé, artiste plasticien, Bruno Suzzarelli, président du musée et Rudy Ricciotti, son architecte, sont interviewés.
Date de diffusion :
03 juin 2013
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, le MuCEM, a ouvert ses portes à Marseille en 2013. Inauguré par le président de la République François Hollande le 4 juin 2013, il a été construit dans le cadre de Marseille capitale européenne de la culture 2013. Ce premier musée consacré aux cultures de l’aire méditerranéenne s’appuie principalement sur les collections du Musée national des arts et traditions populaires, fermé en 2005.

Le MuCEM se compose de trois sites. Les deux premiers sont situés à l’entrée du Vieux-Port : le bâtiment J4 et le fort Saint-Jean, édifié au XVIIe siècle. Le troisième, le Centre de conservation et de ressources, est quant à lui établi dans le quartier de la Belle de Mai. Le site le plus emblématique du MuCEM est le bâtiment J4, ancré sur un ancien môle portuaire, ce qui le tourne vers la mer Méditerranée. Construit par l’architecte Rudy Ricciotti, lauréat du Grand Prix national d’architecture en 2006, ce « bâtiment de pierre, d’eau et de vent » selon les mots de François Hollande lors de l’inauguration du musée, est un cube de béton et de verre de 15 700 mètres carrés, de 72 mètres de côté et de 25 mètres de haut. Le bâtiment est enveloppé de 384 panneaux de résilles de béton fibré à ultra-hautes performances. Ceux-ci s’inspirent des moucharabieh de l’architecture arabe dont le grillage laisse passer la lumière. Une passerelle de 115 mètres de long, également en béton, relie par ailleurs le bâtiment J4 au Fort Saint-Jean.

Le bâtiment J4 s’étend sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée se trouve l’exposition semi-permanente du MuCEM, la Galerie de la Méditerranée : elle réunit des œuvres d’art et des objets consacrées aux sociétés méditerranéennes depuis le Néolithique. Le niveau 2 est dédié aux expositions temporaires. De son côté, le Fort Saint-Jean abrite une galerie consacrée à l’actualité des collections du MuCEM. Enfin, le Centre de conservation et de ressources contient les collections et fonds conservés par le musée.

Dès son ouverture au public le 7 juin 2013, le MuCEM a connu un grand succès. 60 000 visiteurs ont franchi ses portes lors du premier week-end d’ouverture et 2,6 millions de personnes l’ont visité lors de sa première année. Le MuCEM est ainsi rapidement devenu l’un des principaux lieux touristiques de Marseille et l’un de ses emblèmes. Il participe par conséquent au renouveau de la cité phocéenne, comme d’autres musées ont pu le faire dans des villes européennes affectées par la crise industrielle : le musée Guggenheim à Bilbao, en Espagne, (voir ce document), le Centre Georges Pompidou à Metz ou le musée du Louvre à Lens (voir ce document).
Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le 3 juin 2013 dans le journal télévisé de vingt heures de France 2, ce sujet est entièrement consacré au MuCEM, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce dernier doit en effet être inauguré officiellement le lendemain par le président de la République François Hollande.

Tourné à Marseille, le reportage a pour principal objectif de présenter en avant-première le MuCEM avant son ouverture au public le 7 juin 2013. Il comporte ainsi de nombreux plans de son édifice le plus emblématique, le bâtiment J4. La plupart sont des images prises de l’extérieur : elles donnent à voir sous tous les angles ce cube de béton et de verre arrimé au bord de la mer Méditerranée. Le reportage offre aussi quelques vues de l’intérieur de l’édifice. Plusieurs plans montrent des objets et œuvres d’arts présentés au sein de l’exposition semi-permanente du MuCEM, la Galerie de la Méditerranée.

Ces images du bâtiment J4 alternent avec des interviews d’acteurs majeurs du MuCEM. L’architecte du musée Rudy Ricciotti est ainsi interrogé par les médias à l’intérieur même de son œuvre, déambulant derrière les panneaux de résilles de béton à ultra-hautes performances qui servent de façade au musée. C’est également là que Yann Kersalé, artiste plasticien qui a mis en lumière le bâtiment, est interviewé. Le président du MuCEM, Bruno Suzzarelli est quant à lui interrogé dans la Galerie de la Méditerranée, cadre adapté au contenu de son interview. Il n’évoque en effet pas l’édifice mais le musée lui-même.

Plus largement, le reportage insiste sur le rôle du MuCEM dans la transformation de Marseille. Le journaliste estime ainsi qu’il « offre un nouveau visage de Marseille » et qu’avec lui la cité phocéenne « poursuit sa métamorphose ». Il n’explicite pourtant pas son commentaire : il ne fournit aucune indication précise sur la transformation que connaît Marseille. On peut simplement la deviner, notamment à l’aide d’un zoom sur un porte-conteneurs de la CMA CGM, à l’arrière-plan du MuCEM. Cela fournit un indice de la modernisation du commerce maritime à Marseille. La CMA CGM, troisième groupe de transport mondial maritime, est précisément installée dans la cité phocéenne. Elle y a notamment fait construire une tour haute de 145 mètres pour y établir son siège social. Mais de tout cela le reportage ne souffle mot, de même qu’il reste muet sur le contexte de création du MuCEM, à savoir l’attribution du label de capitale européenne de la culture à Marseille pour l’année 2013. Le reportage s’attache seulement à inscrire le musée dans l’espace marseillais. Les plans finaux offrent ainsi une vue de la basilique Notre-Dame de la Garde et de la cathédrale La Major, consacrant l’entrée du MuCEM à ses monuments emblématiques.
Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Avec sa paroi de béton tout en finesse et en transparence, il domine la mer. Au bout de cette passerelle, ce diamant noir comme posé sur la Méditerranée offre un nouveau visage de Marseille.
Yann Kersalé
Ça circule tout atour, quoi, que ce soit à pied, en bateau…. Même pour les gens qui ne sont pas des habitués de musée, ça sera forcément un lieu, un point, un phare, une attache.
Journaliste
Un port d’attache à Marseille, ouvert sur la Méditerranée. Dans ces galeries se déclinent les toutes premières collections du MUCEM, le musée des civilisations.
Bruno Suzzarelli
Pour nous, c’est très important le S de civilisations. Nous ne sommes pas un musée de la civilisation, nous ne sommes pas au XVIIIe siècle, quand Condorcet ou Mirabeau prétendaient détenir un modèle universel que la France avait vocation à exporter.
Journaliste
Cet écrin en apparence si fragile est un roc, les seules structures verticales ont nécessité 6000 pages de calcul numérique, son architecte l’a voulu tout en force et en délicatesse.
Rudy Ricciotti
C’est un vrai immeuble d’ingénieur, le paradoxe, c’est que derrière la sensibilité, la féminité de ce lieu, en réalité, c’est un lieu, un lieu de travail, c’est un lieu qui parle de l’épaisseur, des efforts et de la culture de l’ingénierie.
Journaliste
Il y a encore une quinzaine d’années, un simple hangar se dressait sur cette esplanade, aujourd’hui, c’est un musée à l’architecture innovante. Avec le MuCEM, Marseille poursuit sa métamorphose.