La canette, de la fabrication au recyclage

24 septembre 2015
06m 26s
Réf. 07043

Notice

Résumé :
Ce reportage présente les étapes du recyclage des canettes métalliques en abordant les avantages écologiques et économiques, après une présentation de leur consommation en France.
Date de diffusion :
24 septembre 2015
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

La canette est le symbole de la consommation. Légère, facile à transporter, elle se consomme partout. Avec plus de 80 ans d’existence, la canette est devenue incontournable. Elle devient même l’alternative aux emballages de verre ou de plastique. Recyclable à l’infini, une canette met moins de 60 jours à redevenir canette. Il ne reste plus qu’à bien la trier. Des économies sont à faire dans ce domaine.

1 tonne de canettes recyclées équivaut à l’économie de 9 tonnes de C02. La canette est donc un atout indéniable sur le plan environnemental. Elle est recyclable à 100 %, sans que le métal dont elle est constituée, aluminium ou acier, perde ses propriétés mécaniques intrinsèques (malléabilité, solidité, aspect, etc.) et ce indéfiniment, quel que soit le nombre de recyclages effectués. En moyenne, les canettes peuvent intégrer plus de 50 % de matériaux recyclés. Cela permet, pour l’acier recyclé, d’économiser 75 % d’énergie par rapport à la production d’une canette avec des matériaux vierges. Ce chiffre monte à 95 % pour l’aluminium recyclé. 60 % des canettes sont récupérées et recyclées en France, et plus de 2 sur 3 dans le monde.

Le recyclage d’une tonne de canettes en aluminium revient à économiser l’équivalent de ce que consomme en énergie une famille de 3 personnes sur une année. Et celui d’une seule canette équivaut à l’énergie nécessaire pour faire fonctionner un ordinateur portable pendant 4 heures.

Plus le taux de recyclage de la canette est élevé, plus son empreinte carbone est faible. Chaque canette boisson recyclée permet, en effet, de réaliser des économies en termes de matières premières (bauxite, minerai de fer), d’énergie (de -75 % à -95 %), d’eau (jusqu’à -40 %), de CO2 rejeté (1 tonne de canettes collectée équivaut, encore une fois, à 9 tonnes d’émission de CO2 économisées).

La valeur de la canette d’aluminium est ainsi de 6 à 20 fois plus élevée que tout autre matériau d’emballage usagé. Son recyclage rapporte davantage qu’il ne coûte. Quand on sait qu’une canette met entre 100 et 500 ans à disparaître dans la nature, il y a urgence à faire réagir chaque citoyen consommateur pour un meilleur tri.
Sandra Montheillet

Éclairage média

Ce reportage qui montre l’ensemble de la chaîne de recyclage et de production de canettes permet d’aborder deux points importants : les emplois que génère le recyclage des canettes mais aussi l’intérêt de les recycler. En effet, en France un problème majeur persiste : seul 57 % de ces “boîtes-boissons” sont recyclées.

Le reportage rend transparent aux téléspectateurs la simplicité de ce cycle et donc l’importance de recycler ce type de déchet. Cette présentation vise à engager le consommateur à être plus responsable dans son tri, le gain énergétique étant si facile et important.

Le tri sélectif permet d’économiser de l’énergie en recyclant les produits. La consommation d’énergie nécessitée par la fabrication des nouveaux produits est moindre et permet d’économiser l’énergie nécessaires à la transformation des matières premières. L’exemple des canettes en est l’illustration. Leur recyclage permet de développer des activités dans plusieurs régions et facilite la recherche d’emploi. Dans le recyclage des canettes, le récupérateur est en charge de la collecte et du tri. Le négociateur s’occupe des activités de négoce liées aux matières triées. Le ferrailleur réalise le broyage et sépare l’aluminium de l’acier. Par ailleurs, le fondeur fait en sorte que les matières premières soient fondues pour fabriquer de nouveaux produits. L’affineur-producteur produit l’aluminium et l’acier recyclés à l’aide d’un four. La présentation de ces différents métiers est complète dans ce reportage.

Ce qui est recherché est une certaine prise de conscience par chaque citoyen des enjeux écologiques et économiques. En effet, ce reportage est intégré à la rubrique "économie" du journal télévisé. A l’heure de la crise économique et d’une certaine crise écologique, la séquence vidéo a toute sa place, d’autant que sa diffusion coïncide avec les fameuses semaines de campagne de réduction de déchets et de nettoyage de la nature.
Sandra Montheillet

Transcription

Présentateur
On reste dans l'économie avec notre dossier consacré ce soir au secret du business de la canette. Sodas, jus de fruits ou encore boissons énergisantes, il s'en vend près de 5 milliards chaque année rien qu'en France. Et contrairement aux idées reçues, ces boîtes métalliques sont 100% recyclables.  Voilà pour la théorie. Qu'en est-il de la pratique ? Dans les coulisses d'une transformation, c'est avec Yves Junqua et  Thomas Bignon avec notre bureau à Lille.
Journaliste
La canette en métal, un objet du quotidien. En France, nous en consommons plus de 4,7 milliards chaque année, c'est-à-dire 71 par an et par personne en moyenne. Comment sont-elles fabriquées ? Sont-elles recyclées ? Comment ? Et pour en faire quoi ? Tout commence ici, à La Ciotat, dans l'une de quatre usines françaises de fabrication de canettes. Des bobines d'aluminium de 10 tonnes sont hissées sur les lignes de production. Première étape : la feuille de métal passe sous une presse, 250 coups par minute. A la sortie de la machine, des dizaines de coupelles plates qui sont ensuite étirées en cylindres sur cette longue succession d'automates. Elles prennent alors leur forme définitive de boîtes de 33 cl. La finesse de leurs parois est un exploit technologique.
Salarié de l'usine
C'est 0,1 mm d'épaisseur, donc c'est moins que l'épaisseur d'un cheveu. Et pour autant, les caractéristiques mécaniques de la boîte sont extrêmement élevées puisque on résiste à une pression de 7 barres et  une boîte vide peut supporter jusqu'à 90 kilos de poids au dessus de la boîte.
Journaliste
L'usine tourne 24h sur 24, 7 jours sur 7. En un an, elle produit 1,7 milliards de canettes, soit 2000 boîtes par minute. Une fois lavées, les boîtes sont convoyées jusqu'à la décoratrice, une machine à imprimer géante qui tourne souvent à un rythme endiablé. Il faut peindre la marque de chaque client sur chaque boîte, et tout contrôler. Les détecteurs vidéo traquent le moindre défaut avant d'expulser les canettes non conformes.
Salarié de l'usine
Le moindre défaut d'impression peut entraîner un rejet de la boîte par les contrôles qualité de nos clients, et au quel cas c'est des boîtes qu'on va à nouveau compacter et renvoyer à notre fournisseur d'aluminium pour qu'ils nous renvoient des bobines et qu'on refasse.
Journaliste
Ensuite, c'est la mise en palette par lot de 8000 boîtes. Tout est à nouveau contrôlé. Chaque canette sera vendue 5 ou 6 centimes l'unité. Elles sont stockées dans cet immense entrepôt de 16 000 mètres carrés. 100 millions de canettes qui bâtissent des grattes-ciel multicolores. Les clients peuvent les commander à tout moment.
Salarié de l'usine
En plein été, on arrive à livrer à nos clients jusqu'à des 60 millions de boîtes semaine, donc en fait, 100 millions de boîtes, c'est moins de 15 jours de stock produit fini, donc elles sont livrées très rapidement après avoir été fabriquées.
Journaliste
Une fois chez les clients, ici un brasseur français, les canettes sont remplies avant d'être refermées hermétiquement avec leur couvercle. La boisson n'a plus qu'à être dégustée. A domicile ou dans la rue, mais que fait-on de sa canette vide ?
Consommatrice
Je vais les jeter à la poubelle. A laquelle ? La poubelle du restaurant, donc je ne sais pas exactement s'il y a un tri sélectif.
Consommateur
Je vais la jeter par terre. Non je plaisante, je vais la jeter dans une poubelle pour recyclage.
Journaliste
Bon réflexe, car la canette est recyclable à 100% et à l'infini, ce qui en fait l'un des emballages les plus vertueux, car une fois collectées et triées, toutes ces boîtes prennent à nouveau la direction des usines pour y être refondues. Chaque jour, les fours de ce site industriel alsacien recyclent 450 tonnes de canettes.
Salarié de l'usine
La palette va être mise dans le four. On va chauffer en température pour brûler en fait tout ce qui est organique, tous les vernis, toutes les peintures qui sont associées aux canettes, donc le rouge, les verts, les bleus.
Journaliste
C'est par palettes entières que les canettes sont versées dans l'immense four. La température passe progressivement à 800 degrés. Il faut plus d'une heure aux six tonnes de métal pour fondre complètement avant de former cette rivière d'aluminium liquide. 20 000 litres de métal en fusion qui se déversent à 600 degrés. Tout est recueilli dans un immense conteneur. Un technicien contrôle chaque coulée pour en vérifier la pureté. Ensuite, le précieux conteneur prend la direction de la fonderie. A nouveau, 6 immenses fourneaux. Ici, les opérateurs aux commandes de ces tracteurs ajoutent au métal en fusion d'autres déchets d'aluminium.
Salarié de l'usine
Le métal liquide arrive, à peu près à 20%, et 80 %, le reste, c'est du solide qui provient de nos chutes internes et de nos clients.
Journaliste
Des déchets industriels pour l'essentiel. Par exemple, cette énorme bobine qui prend feu à peine entrée dans le four. Ici, la température dépasse les 940 degrés. A la sortie des fours, ces plaques colossales d'aluminium pur. Longues de 5 mètres, elles pèsent 12 tonnes.
Salarié de l'usine
Une plaque comme ça, ça représente environ 600 000 canettes en aluminium. Ça représente l'équivalent de consommation annuelle d'une commune de 10 000 habitants.
Journaliste
Rien que là-dedans ?
Salarié de l'usine
Eh ouais, rien que là-dedans. C'est impressionnant.
Journaliste
Les plaques sont ensuite laminées, c'est-à-dire écrasées et étirées en longueur avec 2000 tonnes de pression. En un un quart d'heure, leur épaisseur passe de 60 centimètres à 3 centimètres seulement. La plaque est devenue un ruban de métal aussi long qu'un terrain de football. Après un nouveau laminage, l'épaisseur de l'aluminium atteint moins d'1 mm. Les bobines sont prêtes pour refaire des canettes, exactement les mêmes qu'au début de notre reportage. Actuellement, deux canettes sur trois sont recyclées en France.

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

eduthèque