Le recyclage des vêtements

27 décembre 2015
03m 37s
Réf. 07045

Notice

Résumé :
Reportage sur l'économie du recyclage des vêtements, de la collecte au recyclage en panneaux isolants thermiques ou en vêtements neufs en passant par le tri des vêtements.
Date de diffusion :
27 décembre 2015
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Les conteneurs à vêtements font partie du paysage urbain : on en trouve partout. Mais peu d’informations sont données quant au devenir des vêtements jetés. Certains supposent qu'ils sont donnés à des associations, d'autres qu'ils sont jetés à la poubelle. En réalité, ils font vivre de nombreuses personnes et rapportent beaucoup d'argent. Des personnes en situation précaire sont embauchées par le Relais pour des emplois de chauffeurs, manutentionnaires ou opérateurs. A l’heure où le chômage est important, cela est non négligeable.

175 000 tonnes de vêtements sont collectées chaque année en France. Les vieux vêtements sont triés en fonction de leur état. Ceux qui sont trop abîmés sont transformés en panneaux d'isolation thermique et sont vendus ensuite dans les enseignes de bricolage à 10 euros le m². Les principaux débouchés sont aujourd'hui la fabrication de chiffons d'essuyage et l'effilochage pour produire des nouveaux textiles, majoritairement non-tissés et pour une moindre quantité sous la forme de nouvelles fibres. Finalement, le vêtement donné en collecte n'aura qu'une chance sur dix d'être revendu en friperie. Les marques de textile aussi se mettent au recyclage, les vieux jeans des clients sont par exemple réutilisés pour fabriquer du fil et refaire d'autres jeans.

Cette gestion des déchets un peu particuliers que sont les vêtements permet d'en réduire le volume, de préserver les ressources naturelles et de limiter la pollution. C’est aussi un moyen d’exploiter des matières déjà disponibles, de créer de l’emploi, de développer des produits innovants, et enfin de redonner de la valeur à ce qui, sinon, serait détruit.
Le réemploi des vêtements usagés représente actuellement 60% de la collecte. Si ce taux se maintient, cela laisserait 120 000 tonnes de textile à recycler en 2019. Chaque année, le recyclage en France permet d’éviter l’émission de 1,8 million de tonnes de CO2, soit l’équivalent de 800 000 voitures en moins sur les routes. Il y a donc un intérêt d’un point de vue écologique mais aussi économique à investir dans ce domaine.
Sandra Montheillet

Éclairage média

Ce reportage est présenté dans le grand format du journal télévisé, rubrique qui permet de faire un encart thématique précis. C’est ainsi que les téléspectateurs peuvent avoir une vision globale sur un sujet relativement « simple », mais qui en réalité se révèle être une filière économique complète.

Ce sujet permet de réengager une réflexion large sur la valorisation des déchets. L’emploi dans le secteur textile a chuté en Europe, en même temps que les prix de vente. Les conteneurs de vêtements et les collectes en porte-à-porte ont pratiquement disparu, et les vieux vêtements et le linge de maison usés se sont donc retrouvés dans les poubelles. Le reportage met en avant les emplois en jeu dans le recyclage des vêtements.

Par ailleurs, l’emploi optimal des textiles recyclés se heurte à divers obstacles, tels que la dégradation des fibres lors du recyclage qui implique l’injection de fibres vierges. Recycler les vêtements pour en faire des nouveaux impose donc des investissements importants en recherche et innovation, ainsi qu’un travail collaboratif entre tous les acteurs de la chaîne, du consommateur au producteur, en passant par les entreprises en charge de la collecte et les municipalités. C’est pourquoi les grandes marques s’engagent également dans ce secteur. Le secteur de l’habillement et du textile propose de plus en plus d’initiatives innovantes en vue de favoriser la réutilisation et le recyclage des vêtements usagés. Certaines grandes marques ont lancé des opérations visant à favoriser la collecte de vêtements afin d’utiliser le textile recyclé pour en confectionner d'autres.

L’engagement de tous peut donc avoir un impact non négligeable sur l’environnement mais surtout sur l’économie du pays. Le reportage, centré sur un exemple de consommation quotidienne qu’est l’habillement, cherche à toucher le plus grand nombre.
Sandra Montheillet

Transcription

Présentateur
Et au final, que deviennent tous ces vêtements usagés ? Certains les donnent, d'autres les déposent dans les conteneurs prévus à cet effet. Vous allez voir que ces habits sont tous recyclés et débutent une nouvelle vie. C'est le grand format de cette édition.  Il est signé ce soir Tiphaine Pioger, Benjamin Bonte et Céline Marchand.
Journaliste 1
Aujourd'hui on en trouve partout des conteneurs à vêtements comme celui-ci. Ils récupèrent les habits qui ne servent plus : trop grands, trop petits ou abîmés. Mais que deviennent ces vêtements ? Beaucoup s'interrogent.
Journaliste 2
Est-ce que vous savez à qui ça va ?
Passant(e) 1
C'est un grand mystère.
Passant(e) 2
Je ne sais pas, j'imagine que ça va vers des associations pour les gens qui en ont besoin. J'espère.
Passant(e) 3
Il y a justement des gens qui m'ont dit que ça partait aux détritus.
Journaliste 1
En réalité, ces vêtements jetés dans les conteneurs rapportent beaucoup d'argent. Ça,  une entreprise un peu particulière a été la première à le comprendre. Elle possède 19 000 conteneurs sur toute la France.
Chauffeur
Le but, c'est de vider le conteneur, de prendre tous les sacs, et puis tout ce qui est vrac, de le remettre en sac.
Journaliste 1
Dans vos placards, ils n'ont plus de valeur. Au Relais, ils donnent du travail à des centaines de personnes uniquement en situation précaire.
Chauffeur
Avec tous les vêtement qu'on collecte, ça permet la création d'emplois de chauffeurs comme moi.
Journaliste 1
Des emplois de chauffeurs, manutentionnaires, opérateurs, comme ici, dans ce centre de tri du Nord-Pas-de-Calais. Dans les 19 centres de tri du Relais, plus de 100 000 tonnes de textile sont collectées chaque année. Le résultat ? 108 millions d'euros de chiffre d'affaire en 2014.
Ouvrière 1
Je suis en train de déplier le linge et par catégorie on met dans les bacs. Alors là, je mets la laine et le cuir.
Journaliste 1
D'un coup d'oeil, les vêtements sont triés.
Ouvrière 2
Là, c'est tout ce qui est jeans arrachés, on met dans le bac.
Ouvrière 3
[] c'est les robes.
Journaliste 1
Comment de simples tissus  peuvent-ils rapporter autant d'argent ? Le secret, c'est l'art du recyclage : les vêtements en trop mauvais état vont devenir des panneaux isolants thermiques.
Salarié
Ici, vous trouvez cette fibre, donc qui est composée de 100% de coton recyclé, c'est-à-dire principalement des pantalons en jean ou des velours qui sont non réutilisables en l'état.
Journaliste 1
Des panneaux vendus dans les grandes enseignes de bricolage. Un bémol : ils coûtent 10 euros le mètre carré. C'est trois fois plus cher en moyenne que la laine de verre traditionnelle, moins écologique. Tout se transforme, tout se recycle, et même les magasins de vêtements neufs s'y mettent. Cette chaîne récupère les vieux jeans de ses clients quelle que soit leur marque. L'intérêt ? Refabriquer du fil à partir des tissus pour recréer de nouveaux jeans.
Cliente
Je trouve ça chouette. C'est dans l'air du temps le recyclage, donc non, c'est une bonne idée.
Autre cliente
Bah je trouve ça très bien moi, parce que on met tellement de choses à la poubelle que actuellement, c'est ce qu'il faut faire.
Journaliste 1
Pour l'instant, cette stratégie n'est pas encore rentable : ces jeans recyclés coûtent plus cher à fabriquer, mais pour l'enseigne, ce pari va finir par payer.
Directeur de Bonobo
Aujourd'hui, le cours du coton est très bas. Néanmoins, avec la réinfection des ressources naturelles, on estime effectivement que ce cours du coton aura, dans le temps, tendance à remonter. Demain, je suis absolument convaincu que cette matière sera compétitive par rapport à du coton neuf, et nous permettra d'avoir et le gain écologique et le gain économique.
Journaliste 1
Au final, le vêtement que vous aurez déposé dans une borne de collecte aura moins d'une chance sur dix d'être revendu tel quel en friperie, et donc d'être porté par quelqu'un d'autre.