Attaque de l'université de Garissa au Kenya par les islamistes d'Al-Chebab

03 avril 2015
01m 57s
Réf. 07048

Notice

Résumé :
Au Kenya, le 2 avril 2015, une attaque est perpétrée sur le campus universitaire de Garissa, faisant de très nombreuses victimes: 147 personnes sont tuées. L'attaque a été commise par les islamistes somaliens d'Al-Chebab.
Date de diffusion :
03 avril 2015
Source :
A2 (Collection: 13 heures )

Contexte historique

Le 2 avril 2015, une attaque terroriste est perpétrée au sein de l'université de Garissa, au nord-est du Kenya. Equipés d'armes automatiques, quatre assaillants, membres du groupe islamiste somalien Al-Chebab, pénètrent à l'aube sur le campus universitaire. Après avoir tué deux gardes à l'entrée, le commando abat des dizaines d'étudiants dans leurs dortoirs. Ils tuent délibérément tous les étudiants chrétiens rencontrés mais épargnent les musulmans. Le massacre et la prise d'otages durent près de douze heures avant que les djihadistes n'actionnent leurs ceintures explosives, alors qu'ils allaient être abattus par les forces de sécurité kényanes. En tout, ils tuent 147 personnes : cela constitue l'attaque la plus meurtrière au Kenya depuis l'attentat à la voiture piégée menée par Al-Qaïda contre l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi le 7 août 1998, qui avait fait 213 morts. Le président kényan, Uhuru Kenyatta, dénonce un "massacre médiéval barbare".

Al-Chebab ("la jeunesse" en arabe) revendique l'attaque dès le jour même. Ce groupe islamiste, qui a vu le jour en 2006 en Somalie, a d'abord conduit de nombreuses attaques contre le gouvernement somalien. Il a notamment été proche de s'emparer de la capitale, Mogadiscio, en 2009. Cependant, les Chebab ont subi une série de revers faces aux soldats somaliens soutenus par les troupes de l'Union africaine, appuyées à partir de 2011 par l'armée kényane.

Affaibli sur son propre sol, Al-Chebab s'est affilié à Al-Qaïda en 2012. Les djihadistes ont alors lancé plusieurs attaques spectaculaires hors de leurs bases somaliennes, en frappant notamment le voisin kényan. La sanglante attaque contre l'université de Garissa a ainsi notamment été précédée par un autre massacre perpétré en septembre 2013, à Nairobi, la capitale du Kenya : du 21 au 24 septembre 2013, des membres d'Al-Chebab ont commis une prise d'otages dans le centre commercial Westgate. 67 personnes ont alors été tuées. De même, durant l'été 2014 les Chebab mènent des raids contre des villages de la côte kényane, assassinant une centaine de personnes. La Somalie a quant à elle continué à subir leur menace. Ainsi, en avril 2017, Mogadiscio a encore été la cible de deux attentats-suicides qui ont tué 15 personnes.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé le 3 avril 2015 dans le journal télévisé de treize heures de France 2, ce sujet revient sur l'attaque perpétrée la veille par les djihadistes somaliens d'Al-Chebab sur le campus universitaire de Garissa, au Kenya. Il s'agit de la première information internationale traitée ce jour-là dans le journal de France 2, après des reportages consacrés au crash du vol 9525 de Germanwings survenu le 24 mars précédent et à un fait divers en France.

Le sujet réalisé par Dominique Derda, alors correspondant de France 2 en Afrique, se compose de deux parties bien distinctes. La première vise à rendre compte du déroulement de la tuerie. Composée d'images tournées la veille, elle ne propose pas de plan de l'attaque proprement dite. Les terroristes ne sont ainsi jamais visibles. Mais les coups de feu audibles dans les premiers plans et un nuage de fumée révèlent leur présence aux téléspectateurs. Les terroristes sont également évoqués dans le témoignage d'un étudiant. Contrairement aux assaillants, les victimes de l'attaque sont à plusieurs reprises montrées à l'écran : ils courent pour échapper aux assaillants ou sont soignés dans un hôpital. Plusieurs plans montrent aussi les forces de sécurité kényanes. Mais le commentaire omet d'évoquer les critiques qui leur ont été très rapidement adressées au Kenya : elles ont été accusées d'avoir réagi avec beaucoup de lenteur.

La seconde partie du sujet dépasse quant à elle le récit événementiel et contextualise l'attaque. Composée d'images d'archives, notamment filmées en 2013, elle a une visée pédagogique : il s'agit d'expliquer aux téléspectateurs qui sont les auteurs de la tuerie. L'intervention de l'armée kényane en Somalie contre les Chebab en 2011 est ainsi rappelée de même que la retraite des djihadistes de Mogadiscio. Dominique Derda replace surtout l'attaque de Garissa dans une "longue série" de "bains de sang commis sur le sol kényan par les Chebab". Le sujet rappelle ainsi leur précédente opération spectaculaire, perpétrée dans le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013. Toute la dernière séquence du sujet se constitue de plans de cette prise d'otages sanglante.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur
L’actualité internationale : au Kenya, le bilan de la fusillade perpétrée sur le campus universitaire de Garissa s’est encore alourdi. Au moins 140 personnes, en grande majorité des étudiants, ont été tués lors de cette attaque revendiquée par les islamistes somaliens d’Al Shebab. Dominique Derda.
(Bruit)
Dominique Derda
Le jour vient à peine de se lever sur l’université de Garissa. Le début d’une interminable journée d’horreur pour les étudiants et leurs professeurs. À l’intérieur des bâtiments, des hommes lourdement armés, des Shebabs, des islamistes somaliens. Ils abattent systématiquement tous les non-musulmans qu’ils rencontrent. Dans les dortoirs, c’est la panique.
Inconnu
On avait fermé la porte à clef, alors ils ont tiré par les fenêtres. Mais nous, on était couchés par terre. Ils n’ont pas réussi à nous atteindre. J’en ai entendu un qui disait : "on est venu ici pour tuer et pour mourir".
Dominique Derda
Il faudra pas moins de 13 heures aux forces de sécurité pour venir à bout du commando : quatre hommes, qui à la dernière seconde, ont déclenché leurs ceintures d’explosifs. Bilan : 147 morts, 79 blessés. Un véritable bain de sang, le dernier d’une longue série commis sur le sol kenyan par les Shebabs somaliens liés à Al-Qaïda. C’est dans l’espoir d’en venir à bout, en 2011, que l’armée kenyane franchit la frontière pour prêter main-forte aux troupes de l’Union Africaine en Somalie. Les Shebabs finissent par abandonner Mogadiscio, la capitale, mais ils sont plus déterminés que jamais à faire payer au Kenya son intervention. Leur dernière opération spectaculaire, septembre 2013, un petit groupe de combattants retranchés pendant quatre jours dans le centre commercial de Westgate à Nairobi, cause la mort de 68 personnes. Au total, ce sont plus de 130 attaques qui ont été commises par les islamistes ces dernières années dans ce pays.