Signature de l'accord sur le programme nucléaire iranien à Vienne

14 juillet 2015
02m 24s
Réf. 07052

Notice

Résumé :
Le 14 juillet 2015, à Vienne, un accord historique sur le nucléaire iranien est signé entre l'Iran et les six pays du "P5 +1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne). Salué par les présidents iranien Hassan Rohani et américain Barack Obama, cet accord met un terme à douze années de négociations diplomatiques. Il est cependant dénoncé par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Date de diffusion :
14 juillet 2015
Source :

Contexte historique

Le 14 juillet 2015, un accord historique est signé à Vienne, en Autriche, entre l'Iran et les six Etats du "P5 + 1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) : il prévoit l'encadrement du programme nucléaire iranien en échange de la levée progressive des sanctions économiques contre le régime de Téhéran.

Cet accord met fin à douze années d'âpres et longues négociations entre l'Iran et les grandes puissances désireuses d'empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. En 2002, des opposants iraniens à l'étranger avaient révélé l'existence de deux sites nucléaires clandestins. Les Etats-Unis de George W. Bush accusent l'Iran de chercher à mettre au point "des armes de destruction massive". Inquiète pour la stabilité d'un Moyen-Orient déjà déchiré par de multiples conflits, la communauté internationale n'a dès lors de cesse de s'assurer que l'Iran abandonne ce programme nucléaire. En 2003, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni proposent à l'Iran de négocier sur ce sujet. Ainsi, en octobre 2003 les ministres des Affaires étrangères français, Dominique de Villepin, allemand, Joschka Fischer, et britannique, Jack Straw, se rendent à Téhéran. Ils obtiennent d'Hassan Rohani, alors négociateur en chef sur le nucléaire, que l'Iran accepte de signer le protocole additionnel du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Cela doit permettre des inspections inopinées de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Cependant peu d'avancées concrètes sont réalisées.

Surtout, en juin 2005, l'élection à la présidence de la République islamique d'Iran de Mahmoud Ahmadinejad, partisan de la poursuite du programme nucléaire, gèle les négociations. Face au durcissement de Téhéran - Mahmoud Ahmadinejad allant jusqu'à provoquer la communauté internationale en annonçant en avril 2006 que "l'Iran a rejoint les pays nucléaires" - le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à partir de 2006 six résolutions qui condamnent l'Iran pour son programme nucléaire. La première, la résolution 1696, adoptée le 31 juillet 2006, exige la suspension par Téhéran de "toutes les activités liées à l'enrichissement" d'uranium avant le 31 août, la menaçant de sanctions. De fait, en décembre 2006, des sanctions économiques à l'encontre de l'Iran sont décidées à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU. Trois autres résolutions renforcent par la suite ces sanctions sur les secteurs des finances, de l'énergie et du transport sans toutefois parvenir à freiner le développement du programme nucléaire.

C'est l'élection inattendue du modéré Hassan Rohani à la présidence de la République iranienne en juin 2013 (voir  L’élection du modéré Hassan Rohani à la présidence de l’Iran ) qui permet de relancer les négociations. Ancien négociateur en chef de l'Iran sur ce dossier entre 2003 et 2005, il souhaite obtenir la levée des sanctions qui pèsent sur son pays, dont la situation économique et sociale est devenue catastrophique. De son côté, le président américain Barack Obama milite aussi pour la relance des négociations avec l'Iran. Ainsi, de nouvelles discussions s'ouvrent à partir d'octobre 2013 à Genève, en Suisse, entre les diplomates iraniens et ceux du groupe "P5 +1".

Finalement, au terme de vingt mois de négociations difficiles, un accord est conclu à Vienne le 14 juillet 2015. Téhéran accepte la mise en place d'un régime d'inspection renforcé de ses sites nucléaires et promet de réduire de deux tiers le nombre de ses centrifugeuses qui permettent d'enrichir l'uranium. L'accord ne prévoit donc pas le démantèlement du programme nucléaire. En échange, les sanctions internationales imposées contre l'Iran depuis 2006 seront progressivement levées. Cela doit notamment permettre à Téhéran de pouvoir à nouveau exporter librement ses hydrocarbures. Cet accord marque le succès de la diplomatie multilatérale. Il est toutefois violemment critiqué par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ennemi de l'Iran, qui le qualifie d'"erreur grave aux conséquences d'ampleur historique".
Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé dans le journal télévisé de France 3, le 19.20, le 14 juillet 2015, ce sujet rend compte de la signature de l'accord sur le programme nucléaire iranien qui a eu lieu le matin même.

Sur les six séquences que comporte le reportage, seule la première porte spécifiquement sur l'accord. Elle ne comporte pourtant aucune image de la cérémonie officielle de signature du texte, comme c'est pourtant souvent le cas dans ce type de sujet. A la place, le reportage propose des plans de la photographie de famille des représentants des pays signataires, filmés au Centre international de Vienne, bâtiment de l'ONU qui abrite l'Agence internationale de l'énergie atomique. Cette photographie de famille qui clôt la plupart des sommets internationaux (G7, G20, OMC, etc.) en constitue un passage obligé. Dix représentants des pays signataires de l'accord sur le nucléaire iranien, soit l'Iran et les six Etats du groupe "P5 +1" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne) auxquels s'ajoute l'Union européenne, posent pour les photographes du monde entier : de gauche à droite, on peut voir les ministres des Affaires étrangères chinois Wang Yi, français Laurent Fabius et allemand Frank-Walter Steinmeir, la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères Federica Mogherini, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif, le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne Ali Akbar Salehi, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères britannique Philip Hammond ainsi que le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son collègue à l'Energie Ernest Moniz. Ces représentants, à commencer par Mohammad Javad Zarif, laissent éclater leur décontraction et leur joie lors de cette séance de photographie. Ils semblent ainsi exprimer leur soulagement d'avoir trouvé un accord à l'issue de négociations difficiles.

Le reste du sujet de France 3 est essentiellement consacré aux réactions suscitées par cet accord. Il donne ainsi à entendre des extraits de déclarations prononcées le jour même par plusieurs dirigeants internationaux. Deux acteurs-clés de la reprise des négociations entre l'Iran et les puissances occidentales, les présidents iranien Hassan Rohani et américain Barack Obama, expriment chacun leur satisfaction, le premier depuis Téhéran, le second depuis la Maison Blanche à Washington. A l'inverse, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou profite de de la conférence de presse à Tel-Aviv tenue avec le chef du gouvernement des Pays-Bas Bert Koenders, venu en visite en Israël, pour exprimer son rejet de l'accord de Vienne. Le reportage de France 3 s'intéresse également aux réactions de la population iranienne par le biais d'un bref micro-trottoir réalisé auprès de deux habitants de Téhéran. Ceux-ci expriment leur satisfaction devant la levée des sanctions économiques.

Enfin, intercalée entre les réactions de Rohani et d'Obama et celles de la population iranienne, la quatrième séquence du sujet présente une rétrospective de la crise internationale qu'a constitué le programme nucléaire iranien : elle se compose d'images d'archives tournées dans un site d'enrichissement d'uranium iranien, commentées par le journaliste de France 3, Régis Nusbaum.
Christophe Gracieux

Transcription

Présentatrice
Lors de son intervention, François Hollande a également salué l’accord signé ce matin sur le nucléaire iranien après 12 ans de tension internationale. Tous les pays, à l’exception d’Israël, reconnaissent ce soir que c’est un texte historique. D’un côté, Téhéran a donné des garanties qu’elle ne développe pas l’arme nucléaire, de l’autre, la Communauté Internationale s’engage à lever progressivement les sanctions économiques. Régis Nusbaum.
Régis Nusbaum
Voici la photo de famille que tout le monde attendait depuis plusieurs mois. Des sourires échangés entre les représentants des grandes puissances et le Ministre iranien des Affaires Étrangères. Concrètement, l’Iran s’engage à ne pas développer d’arme atomique en échange d’une levée des sanctions internationales, un engagement rappelé comme une évidence par le Président iranien.
Hassan Rohani
Le monde entier sait qu’une fatwa de notre leader suprême aux scientifiques affirme que la bombe atomique est mauvaise, inhumaine et interdite par le Coran. L’Iran n’a jamais cherché à fabriquer de bombe atomique et ne le fera jamais.
Régis Nusbaum
À Washington, le Président Obama salue un accord historique.
Barack Obama
Nos différences sont réelles. Les difficultés historiques entre nos deux nations ne peuvent être ignorées mais c’est possible de changer.
Régis Nusbaum
C’est la fin d’un très long différent entre Téhéran et les occidentaux. Le dossier du nucléaire iranien remonte à 2003 quand les moudjahidines du peuple iranien révèlent l’existence de sites nucléaires secrets. L’Iran a commencé à enrichir de l’uranium dans des centrifugeuses, première étape vers la fabrication éventuelle de bombes atomiques. Il faudra 12 ans de pression diplomatique et un embargo économique pour parvenir enfin à un accord salué dans les rues de Téhéran.
Inconnue
Après toutes ces années, chaque Iranien doit être heureux. Tout le monde a souffert pendant tout ce temps.
Inconnu
C’est sûr que c’est une bonne nouvelle de lever ces sanctions qui ont mis une énorme pression sur notre pays.
Régis Nusbaum
L’accord sur le nucléaire iranien est salué partout dans le monde comme le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales. Les seules critiques sont venues d’Israël. "C’est une erreur historique", a estimé le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, qui promet de tout faire pour empêcher sa ratification.

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