Les attentats de Paris du 13 novembre 2015

14 novembre 2015
03m 31s
Réf. 07054

Notice

Résumé :
Des attentats simultanés ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015. Des attaques ont visé les abords du Stade de France puis des restaurants et des bars parisiens. Une attaque a également eu lieu au Bataclan, pendant un concert. Les secours et la police sont intervenus mais le bilan des victimes est extrêmement lourd.
Date de diffusion :
14 novembre 2015
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

Le 13 novembre 2015, la France subit sa plus grande attaque terroriste depuis 1945 : plusieurs attaques simultanées menées par un commando de djihadistes frappent Paris et Saint-Denis.

Plus tôt dans l'année, entre le 7 au 9 janvier, le pays avait déjà été plongé dans l'effroi par les attentats contre Charlie Hebdo (voir Attentat contre le journal Charlie Hebdo) et le supermarché Hyper Cacher (voir Double prise d'otages terroriste dans le magasin Hyper Cacher à Paris et à Dammartin-en-Goële) qui avaient fait dix-sept victimes.

Le vendredi soir 13 novembre 2015, un premier attentat a lieu aux abords du stade de France, pendant le match de football amical France-Allemagne auquel assiste le président de la République François Hollande. A partir de 21h20, trois terroristes font sauter leurs ceintures d'explosifs, tuant un homme et en blessant grièvement une dizaine. Puis vers 21h25 un deuxième groupe commet une attaque dans les rues des dixième et onzième arrondissements de Paris. Trois terroristes font feu sur des personnes qui se trouvent aux terrasses de bars et de restaurants. Cette attaque fait trente-neuf morts.

Peu après 21h45, un troisième commando fait irruption au Bataclan, dans lequel 1 500 spectateurs assistent au concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal. Après avoir abattu des personnes à l'extérieur de la salle de spectacle, les trois djihadistes tirent froidement pendant une vingtaine de minutes sur les spectateurs. Le carnage fait 90 morts et plusieurs dizaines de blessés. Après qu'un terroriste ait été abattu par un policier, les deux autres se retranchent au premier étage du Bataclan avec une vingtaine d'otages. La BRI, brigade de recherche et d'intervention, lance un assaut vers 0h20. Les deux terroristes sont alors tués.

Le bilan de ces attaques est extrêmement lourd : 130 personnes ont été tuées et 413 blessées. Ces attentats constituent de très loin les plus meurtriers en France depuis la Seconde Guerre mondiale et les deuxièmes en Europe occidentale après ceux de Madrid en mars 2004 lors desquels 191 personnes avaient péri (voir Attentats islamistes à Madrid le 11 mars 2004).

Les attentats du 13 novembre 2015 sont revendiqués dès le lendemain par l'Etat islamique qui annonce avoir "pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe". Pour la première fois, la France a subit des attentats simultanés minutieusement préparés et exécutés par des kamikazes, dont la plupart sont Français. Ces attaques d'une coordination inédite marquent le passage à un terrorisme de masse sur le sol français : ce sont des anonymes qui ont été visés dans leurs activités de loisirs.

Ce carnage aveugle plonge le pays dans la sidération et l'effroi. Dès le soir même des attentats, dans une allocution télévisée, le président de la République François Hollande décrète l'état d'urgence sur tout le territoire français et le rétablissement du contrôle aux frontières. Les terroristes en fuite sont également traqués. Le 18 novembre 2015, le RAID donne l'assaut contre un appartement à Saint-Denis : le commanditaire des attentats, Abdelhamid Abaaoud, Belge de 28 ans ayant rejoint les rangs de l'EI en 2013 en Syrie, et deux complices, sont tués. Plus tard, le 18 mars 2016, à Bruxelles, Salah Abdeslam, qui a conduit en voiture plusieurs des terroristes le soir du 13 novembre 2015, est arrêté par la police belge.

La France n'en a cependant pas fini avec le terrorisme djihadiste. Après le 13 novembre 2015, elle est de nouveau frappée à plusieurs reprises. Le 14 juillet 2016, un terroriste tue 86 personnes à Nice en les fauchant avec un camion (voir Attentat sur la Promenade des Anglais). Le 26 juillet suivant, Jacques Hamel, un prêtre, est assassiné par deux djihadistes dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (voir Attentat dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray). Les forces de l'ordre sont également la cible des djihadistes : un couple de policiers est assassiné le 13 juin 2016 à son domicile de Magnanville (Yvelines), un autre policier est tué le 20 avril 2017 sur les Champs-Elysées, à Paris.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 14 novembre 2015, moins de vingt-quatre heures après les attentats qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis. Ces événements tragiques ont alors fait l'objet d'une couverture médiatique exceptionnelle, témoignant de l'ampleur du traumatisme en France. Dès le soir des attentats, les chaînes de télévision ont bouleversé leurs grilles de programmes. France 2 a ainsi proposé une édition spéciale, non seulement pour faire le récit des premières attaques mais également pour suivre en direct la situation. Ensuite pendant une semaine entière, du 14 au 20 novembre 2015, l'ensemble des journaux télévisés de France 2, comme ceux des autres chaînes, ont été transformés en longues éditions spéciales dédiées aux attentats et à leurs suites. Le journal télévisé de vingt heures de France 2 du 14 novembre 2015 est donc lui aussi entièrement consacré aux attentats de la veille. Il se constitue de reportages, d'entretiens avec des invités en plateau et de duplex avec des journalistes depuis les lieux des attaques.

Le long reportage qui ouvre cette édition spéciale retrace le déroulement des attaques simultanées qui ont été perpétrées la veille au soir à Saint-Denis et Paris par des terroristes islamistes. La journaliste Stéphanie Perez se contente de raconter les événements, sans les contextualiser ni les analyser. Elle s'appuie pour cela sur des sources très variées : des images factuelles filmées par des équipes de France 2, des images amateurs tournées par des témoins directs des attaques, des interviews, une capture d'écran de messages Twitter et une photographie.

Ce sujet purement factuel prend la forme d'un récit chronologique des différentes attaques du 13 novembre 2015, depuis celle du Stade de France jusqu'à l'assaut du RAID au Bataclan. Seule la brève séquence introductive se place hors de la chronologie. Elle offre un résumé de la soirée tragique par différents plans : des secouristes soignant des blessés, d'autres couvrant une victime à terre, un homme couvert de sang qui téléphone, des membres des forces de l'ordre armés et positionnés devant le Bataclan.

Afin de faire comprendre à la fois l'enchaînement et la simultanéité des attentats de la veille, le sujet fournit des indications précises aux téléspectateurs. Il livre d'abord la chronologie des différentes attaques : leurs heures sont indiquées sur l'écran ou évoquées dans le commentaire, depuis les explosions au Stade de France qui ont eu lieu vers 21h20 jusqu'à l'assaut du RAID sur le Bataclan qui a été lancé à 0h20. Il donne également des indications géographiques sur les lieux exacts des attaques en recourant à plusieurs reprises à Google Earth. Les images extraites de ce logiciel permettent de retracer l'itinéraire des terroristes, du stade de France au Bataclan en passant par les rues des dixième et onzième arrondissements de Paris.

Le sujet comprend par ailleurs de nombreuses images amateurs filmées par des témoins directs. Elles n'ont pas la même qualité que des plans tournés par des cameramen professionnels, comme en témoignent les tremblements ou l'imperfection des zooms. Mais ces vidéos permettent d'offrir un récit continu des événements et offrent un témoignage direct des attentats. Elles montrent ainsi les victimes aux terrasses des bars "Le Carillon" et "La Belle Equipe" immédiatement après les fusillades. Une vidéo filmée en caméra embarquée par un chauffeur de VTC donne aussi à entendre les tirs des terroristes. D'autres images tournées depuis un appartement du boulevard Voltaire donnant sur le Bataclan font quant à elles entendre les détonations à l'intérieur de la salle de spectacle au moment de l'assaut du RAID contre les djihadistes.
Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
L’état d’urgence, des victimes à terre, des blessés graves, des parisiens hagards. En quelques heures, trois commandos terroristes ont semé la terreur dans Paris. Tout commence vers 21 heures 20 au Stade de France : les Bleus affrontent l’Allemagne. C’est le weekend, il fait doux, l’ambiance est festive, quand soudain.
(Bruit)
Journaliste
Une détonation puissante, puis une deuxième.
(Bruit)
Journaliste
Le public les entend, siffle, mais ne comprend pas. Le match continue. Personne ne sait encore que deux kamikazes viennent de se faire exploser et qu’au même moment, dans le 10e arrondissement de Paris, une fusillade est en train d’éclater. Des assaillants en voiture ouvrent le feu à la kalachnikov sur les clients d’un restaurant installés en terrasse. Les victimes s’effondrent : au moins 12 morts.
(Bruit)
Inconnu 1
Qu’est-ce-qui s’est passé ?
Inconnu 2
Je ne sais pas mais il y a des gens qui étaient dans le resto, on était dans la rue, il y a quelqu’un qui est arrivé avec une mitraillette, ils ont commencé à tirer sur tout le monde.
Journaliste
L’assaut à duré une ou deux minutes. Les tireurs continuent leur route. Ils abattent au moins 5 personnes dans une rue voisine. La stupeur s’abat sur tout le pays, car c’est le début d’une nuit sans fin. Un chauffeur de VTC qui arrive à cet instant dans le quartier filme et capte le bruit de nouvelles rafales.
Inconnu 3
Ça tire. Recule, recule, recule, recule. Recule, ça tire.
Journaliste
Il est 21 heures 35, rue de Charonne cette fois. Toujours la même méthode : les clients d’un restaurant abattus au fusil d’assaut.
(Bruit)
Journaliste
Des scènes de guerre.
Inconnu 4
Il y avait du sang partout. Les gens sont tombés comme des mouches.
Journaliste
Cinq minutes plus tard à quelques pas, boulevard Voltaire, un terroriste se fait exploser sans faire de victime. Mais un huis-clos tragique commence sur la même avenue. Au Bataclan, 21 heures 50, un concert de rock bat son plein.
(Musique)
Journaliste
Tout est normal.
(Musique)
Journaliste
Et puis, quatre hommes au moins ouvrent le feu. Les 1 500 spectateurs sont pris au piège. Certains parviennent à s’enfuir.
(Bruit)
Inconnu 5
Il y a eu des sortes de bruits de pétards dans mon dos. Je pense, comme beaucoup de gens, on a cru que ça faisait partie du show.
Inconnu 6
On s’est retourné et on a vu, enfin moi, j’ai vu deux jeunes en tous les cas, qui avaient des mitraillettes et qui tiraient dans la foule.
(Bruit)
Journaliste
Les informations parviennent enfin au Stade de France. Les spectateurs terrorisés se rassemblent sur la pelouse, suspendus à leurs téléphones, comme le reste du pays qui s’inquiète pour les spectateurs du Bataclan pris en otages par les tireurs. Sur Twitter, certains appellent au secours. Celui-ci écrit : "qu’ils donnent au plus vite l’assaut. Il y a des survivants, ils abattent tout le monde un par un, vite !" À 00:20, l’assaut est donné.
(Bruit)
Journaliste
Plusieurs détonations.
(Bruit)
Journaliste
30 minutes d’intervention.
(Bruit)
Journaliste
Deux kamikazes se font exploser.
(Bruit)
Journaliste
Un autre est abattu. Dans la salle, les policiers découvrent l’horreur. Au moins 89 morts, des dizaines de blessés et un pays sidéré qui, face à la barbarie, ne trouve pas les mots.