Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles

23 mars 2016
03m 02s
Réf. 07060

Notice

Résumé :
Le 22 mars 2016, à Bruxelles, un commando terroriste djihadiste a commis deux attentats-suicides successifs. Le premier a été perpétré à l'aéroport de Zaventem, le second dans une rame de métro à la station de Maelbeek.
Date de diffusion :
23 mars 2016
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

A partir de 2015, l'Europe occidentale est touchée par une vague d'attentats djihadistes sans précédent revendiqués par l'organisation Etat islamique. La France subit le 13 novembre 2015 plusieurs attaques terroristes simultanées à Paris et Saint-Denis (voir Le déroulement des attentats de Paris). La Belgique est également la cible du terrorisme islamiste au printemps 2016.

L'enquête liée aux attentats du 13 novembre 2015 conduit en effet vers ce pays d'où sont originaires trois terroristes, le commanditaire Abdelhamid Abaaoud ainsi que les frères Brahim et Salah Abdeslam. Seul ce dernier, qui a convoyé plusieurs membres du commando djihadiste lors des attaques à Paris et Saint-Denis, n'a pas été tué et a réussi à prendre la fuite. Le 15 mars 2016, une opération policière est menée à Forest, commune du sud-ouest de Bruxelles. Un homme, Mohamed Belkaïd, qui aurait coordonné les terroristes le 13 novembre 2015, est tué lors de l'assaut. Deux autres parviennent à s'enfuir dont l'un est identifié comme Salah Abdeslam. Ce dernier est ensuite arrêté le 18 mars 2016 dans la commune de Molenbeek. Il est inculpé pour "meurtres terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste".

Quatre jours après l'arrestation de Salah Abdeslam, le 22 mars 2016, deux attaques-suicides frappent Bruxelles à une heure d'intervalle. Peu avant 8 heures, deux kamikazes, Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui, se font exploser dans le hall des départs de l'aéroport international de Zaventem. Un troisième terroriste, identifié ensuite comme étant Mohamed Abrini, également impliqué dans les attentats de Paris, n'active pas sa bombe et s'enfuit. Une deuxième attaque frappe Bruxelles à 9 h 11 : un kamikaze, Khalid El Bakraoui, se fait à son tour exploser dans une rame de métro qui quittait la station de Maelbeek, dans le quartier des institutions européennes.

Ces deux attaques-suicides quasiment simultanées sont revendiquées dès le lendemain par l'Etat islamique par le biais de son agence Amaq. Elles font 32 morts et quelque 340 blessés, ce qui constitue le plus grand carnage terroriste de l'histoire de la Belgique. Le Premier ministre belge Charles Michel condamne ces "deux attentats aveugles, violents et lâches".

L'enquête policière sur ces attentats du 22 mars 2016 démontre qu'ils ont été préparés par la même cellule djihadiste franco-belge qui avait frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre précédent. Le fugitif de l'aéroport de Zaventem, Mohamed Abrini, est quant à lui arrêté le 8 avril 2016 à Anderlecht, commune du sud-ouest de Bruxelles.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet, diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 23 mars 2016, traite des attentats-suicides qui ont frappé Bruxelles la veille. La plus grande partie du journal télévisé de France 2 est consacrée à ces attaques, comme l'indique l'incrustation dans le coin droite en bas de l'écran "Bruxelles. Attentats" sur fond du drapeau belge.

La couverture médiatique des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 a été très importante en France. Ces attaques ont ainsi constitué l'événement dominant du premier trimestre 2016 dans les journaux télévisés des principales chaînes de télévision françaises (TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte et M6) : 269 sujets y ont été consacrés en mars 2016 d'après Ina STAT, le baromètre thématique des journaux télévisés (n° 42, juin 2016). Le mois suivant, 88 sujets ont encore traité des suites de l'enquête sur les attentats et l'arrestation de Mohamed Abrini.

Ce traitement répond à la loi journalistique dite de proximité : plus un événement se déroule dans un espace proche, plus il est censé intéresser le public. Dans le cas des attentats de Bruxelles, la proximité est d'abord géographique et affective : la Belgique et Bruxelles sont chères aux Français. Mais la proximité est avant tout due aux liens qui unissent les deux pays dans la lutte contre le terrorisme. Les attentats qui ont frappé la France le 13 novembre 2015 ont été commis par la même cellule terroriste qui a agi à Bruxelles.

La diffusion du présent sujet n'intervient qu'à partir de la douzième minute du journal télévisé de vingt heures de France 2. Elle fait suite à des reportages sur la journée de deuil national à Bruxelles, sur les liens des terroristes avec les attentats de Paris et sur l'enquête de la police belge. Ce reportage est uniquement factuel : il a pour but, trente-six heures après les attaques, d'expliquer leur déroulement, maintenant que selon le présentateur David Pujadas "la plupart des éléments sont connus". Hormis dans la séquence d'introduction, le sujet décrit les événements en suivant leur chronologie. Les heures des attentats sont d'ailleurs insérées sur l'écran. La géographie des attaques est également précisée par deux cartes : la première localise Bruxelles et Schaerbeek, la commune d'où sont partis les terroristes, la seconde situe l'aéroport de Zaventem et la station de métro de Maelbeek.

L'attentat à l'aéroport de Zaventem occupe la plus grande part du sujet. Celui commis dans le métro fait l'objet d'un traitement nettement plus réduit, sans doute en raison d'un manque d'images. Le sujet est constitué d'images de natures très variées : images amateurs, infographies en 3D, photographies de vidéosurveillance et d'archives. Cela permet de proposer un récit linéaire et cohérent des attaques en l'absence d'images tournées par des équipes de télévision. De fait, une grande partie des images composant le sujet ont été prises par des amateurs, témoins directs des attentats. Les photographies et les vidéos amateurs révèlent l'ampleur des dégâts causés par les attaques qui rappellent des scènes de guerre : le hall de l'aéroport de Zaventem est dévasté, la rame de métro explosée. Ces images amateurs témoignent également des pertes humaines : des corps gisent au sol, des blessés sont pris en charge par des secouristes. Les photographies extraites de vidéos de surveillance ont quant à elles pour but de montrer les trois terroristes de l'aéroport, sans toutefois que leur identité ne soit alors connue.

En outre, pour mieux faire comprendre le déroulement des attaques, ce sujet intègre cinq infographies 3D. Les scènes de l'attentat de Zaventem sont ainsi montrées en trois dimensions. Les infographies 3D permettent de reconstituer l'attaque-suicide des terroristes, de leur arrivée dans l'aéroport au déclenchement de leurs bombes. Elles présentent aussi les ravages considérables commis au sein du hall de l'aéroport.
Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
Voilà pour l’enquête et par ailleurs, les policiers commencent à avoir une idée plus précise du déroulement précis des attentats d’hier. La plupart des éléments sont connus. Stéphanie Perez.
Stéphanie Perez
Deux attaques en une heure : un aéroport et un métro visés à un moment de grande affluence. Des lieux choisis pour frapper le maximum de personnes. Le scénario des attentats est de plus en plus précis. Tout commence au petit matin à Schaerbeek dans la banlieue de Bruxelles. Trois des terroristes ont commandé un taxi pour aller à l’aéroport à 10 kilomètres. Ils sont très chargés : tous leurs sacs ne rentrent pas dans le coffre. Ils doivent en laisser un et le remonter. Détail important : ils refusent que le chauffeur touche leur bagage. À leur arrivée à l’aéroport, les trois hommes sont filmés par les caméras de vidéosurveillance. Ils poussent chacun un chariot avec un sac volumineux. À l’intérieur, les bombes sont dissimulées. Mélangés aux explosifs, des clous, pour faire un maximum de victimes.
(Silence)
Stéphanie Perez
C’est un matin comme les autres. Le hall des départs est bondé, comme sur cette photo d’archive. À gauche, les passagers qui attendent pour s’enregistrer, à droite, un café très fréquenté.
(Silence)
Stéphanie Perez
Les trois complices se séparent. L’un se dirige sur la droite, vers le comptoir numéro 11.
(Silence)
Stéphanie Perez
Il se fait exploser. Il est 7 heures 58. 30 secondes plus tard, un deuxième homme actionne sa bombe au comptoir n° 2.
(Bruit)
Stéphanie Perez
L’aéroport plonge dans l’horreur.
(Bruit)
Stéphanie Perez
Les voyageurs les plus proches des kamikazes sont soufflés par les explosions. Les autres sont blessés par les vitres qui se brisent, le plafond qui s’effondre.
(Bruit)
Stéphanie Perez
À l’étage inférieur, celui-ci des arrivées, là aussi, le souffle des bombes a fait s’écrouler les faux-plafonds sur les passagers.
(Silence)
Stéphanie Perez
Les terroristes qui se sont faits exploser sont les deux hommes en noir, tous deux identifiés par leur ADN : Najim Laachraoui à gauche et Ibrahim El Bakraoui à droite. Le troisième s’est enfui en abandonnant son sac: il contenait la charge explosive la plus importante. La panique s’empare de l’aéroport mais ce n’est pas fini.
(Bruit)
Stéphanie Perez
Une heure plus tard, dans le centre de Bruxelles, non loin de la Commission et du Parlement européens, un quatrième homme, Khalid El Bakraoui, entre en action à la station de métro Maalbeek. Il est 9 heures 11. Sur la ligne 1, il s’est installé dans le deuxième wagon. La rame est encore à quai, il actionne sa bombe. De nouveau, le fracas de la tôle froissée, la mort sur le chemin du travail. Ce 22 mars, le commando de Bruxelles a tué au moins 31 personnes et fait 270 blessés.
(Bruit)