Centenaire de la Bataille de Verdun

29 mai 2016
02m 21s
Réf. 07065

Notice

Résumé :
Le 29 mai 2016, à l'ossuaire de Douaumont, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République française François Hollande commémorent le centenaire de la bataille de Verdun. Un spectacle met en scène plusieurs milliers de jeunes. Angela Merkel et François Hollande se recueillent ensuite en hommage aux morts avant de prononcer un discours.
Date de diffusion :
29 mai 2016
Source :
A2 (Collection: 20 heures )

Contexte historique

La bataille de Verdun, qui s'est déroulée de février à décembre 1916, fut l'une des plus terribles de la Première Guerre mondiale : quelque 306 000 soldats y ont trouvé la mort, 163 000 Français et 143 000 Allemands (voir Des troupes sont acheminées vers Verdun afin de repousser une offensive allemande, La contre-offensive française à Verdun au cours du mois d'août 1916 permet de faire de nombreux prisonniers allemands et Tirs d'artillerie dans la région de Verdun et destruction de plusieurs villages). Verdun devint dans l'inconscient collectif français le symbole de la violence de masse de la guerre des tranchées et un haut-lieu de la mémoire du premier conflit mondial.

C'est devant l'ossuaire de Douaumont que le 22 septembre 1984, à l'occasion du soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, que le président de la République française, François Mitterrand, et le chancelier de la République fédérale d'Allemagne, Helmut Kohl, ont rendu hommage aux morts du conflit (voir Cérémonies franco-allemandes à Verdun ). De cette cérémonie, une image très forte s'est immédiatement dégagée, devenue un symbole de la réconciliation franco-allemande : celle de François Mitterrand et d'Helmut Kohl se donnant longuement la main.

Trente-deux ans après, leurs successeurs, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, se sont rendu à Verdun le 29 mai 2016 pour commémorer le centenaire de la bataille. La date du 29 mai a été choisie en référence au général de Gaulle qui avait célébré le 29 mai 1966 à l'ossuaire de Douaumont le cinquantenaire de la bataille, sans toutefois inviter le chancelier allemand Ludwig Erhard.

La commémoration du centenaire de la bataille de Verdun a été placée sous le signe de la réconciliation franco-allemande. Comme François Mitterrand et Helmut Kohl, ils se sont d'abord recueillis le matin à la nécropole allemande de Consenvoye où sont enterrés plus de 11 000 soldats allemands. Ils se sont ensuite rendus à l'hôtel de ville et au Mémorial de Verdun. L'après-midi ils ont assisté à une cérémonie mise en scène par le réalisateur allemand Volker Schlöndorff devant l'ossuaire de Douaumont. 3 400 jeunes Français et Allemands ont couru au milieu des tombes des soldats français, accompagnés par les Tambours du Bronx.

François Hollande et Angela Merkel se sont ensuite rendus dans l'ossuaire de Douaumont où sont abrités les restes de 130 000 soldats inconnus. Ils ont rallumé ensemble la flamme du souvenir avant de se prendre la main quelques instants, rappelant ainsi le geste fait trente-deux ans auparavant par Helmut Kohl et François Mitterrand. Dépassant la commémoration de la bataille de Verdun, leurs discours successifs se sont transformés en vibrants plaidoyers pour l'Europe. Leur appel à défendre l'Union européenne face aux divisions et aux crises a eu une signification particulière un mois avant la tenue du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni. François Hollande a ainsi déclaré : "Notre devoir sacré est inscrit dans le sol ravagé de Verdun. Il tient en quelques mots : aimons notre patrie mais protégeons notre maison commune, sans laquelle nous serions exposés aux tempêtes de l'Histoire". Le président français a appelé à protéger l'Europe des forces "de la division, de la fermeture et du repli (...) de nouveau à l’œuvre". De son côté, la chancelière allemande a plaidé pour la solidarité européenne face aux crises, à commencer par celles des réfugiés alors en cours (voir Naufrage d'une embarcation de migrants en Méditerranée) : "Il est important pour la survie de l'Union européenne de ne pas nous refermer sur nous-mêmes mais d'être ouverts sur l'autre."
Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage, diffusé en ouverture du journal télévisé de vingt heures de France 2 le 29 mai 2016, est consacré à la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun qui a eu lieu le jour même à l'ossuaire de Douaumont.

Il place d'abord cette célébration sous le signe de la réconciliation franco-allemande. Le sujet est en effet centré sur les figures de François Hollande et d'Angela Merkel. Plusieurs images factuelles "symboles" mettent en valeur l'amitié franco-allemande pérennisée à Verdun par François Hollande et Angela Merkel, dans la continuité directe du couple emblématique formé en 1984 par François Mitterrand et Helmut Kohl dans les mêmes lieux. La caméra suit ainsi François Hollande et Angela Merkel pénétrant solennellement dans l'ossuaire de Douaumont au son du glas. Un plan rapproché les montre ensuite tenant ensemble un flambeau pour raviver la flamme du souvenir. Surtout, la poignée de main prolongée entre François Hollande et Angela Merkel devant la flamme rappelle fortement celle échangée par François Mitterrand et Helmut Kohl le 22 septembre 1984 (voir Cérémonies franco-allemandes à Verdun). Elle n'a cependant pas la même force. L'image de François Mitterrand et d'Helmut Kohl se donnant longuement la main devant l'ossuaire de Douaumont, reprise par l'ensemble des médias puis des manuels d'histoire, était devenue iconique de l'amitié franco-allemande. Celle de la poignée de main de François Hollande et d'Angela Merkel n'a pas suscité sur le moment la même émotion et le même emballement médiatique.

La dimension européenne de la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun apparaît également très visible dans le sujet. La place de l'Europe est centrale dans les extraits choisis des discours d'Angela Merkel et de François Hollande. Deux symboles européens apparaissent aussi dans le reportage : le drapeau, placé entre ceux de l'Allemagne et de la France, et l'hymne de l'Union européenne, L'Ode à la Joie, que l'on peut entendre à la toute fin du sujet.

Le reportage comprend également des plans moins coutumiers des cérémonies commémoratives : ceux filmés lors du spectacle inaugural, mis en scène par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff. Ce dernier souhaitait représenter la tragédie de Verdun de manière métaphorique. Le sujet s'ouvre ainsi sur le fracas des bidons frappés violemment par les percussionnistes des Tambours du Bronx : ils reproduisent le bruit des obus. Différents plans montrent ensuite de jeunes Français et Allemands surgissant de la forêt et courant au milieu des tombes de l'ossuaire de Douaumont. Volker Schlöndorff a en effet fait jouer 3 400 jeunes vêtus de tee-shirts multicolores dans une scénographie conçue pour rendre hommage aux soldats tués en 1916 à Verdun. Un personnage juché sur des échasses représentant la Mort tire ainsi avec une arme. Tous les jeunes tombent alors au sol, allégorie du massacre qu'a été la bataille de Verdun.

La mise en scène singulière de Volker Schlöndorff a suscité des réactions hostiles de plusieurs responsables politiques d'extrême droite et de droite. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé "indécent", le spectacle d'un "jogging au milieu des tombes". De son côté, la porte-parole des Républicains, Valérie Debord, l'a comparé à sa participation à la cérémonie commémorative de 1984 : "Nous ne courrions pas sur les tombes". Leur avis tranche cependant radicalement avec les réactions de jeunes interrogés à l'issue de la cérémonie dans le sujet.
Christophe Gracieux

Transcription

(Bruit)
Journaliste
Un vacarme infernal, mais à Verdun, les tambours ont remplacé le bruit des obus. 100 ans après, deux Chefs d’État réunis et devant eux, des jeunes français et allemands surgissent au milieu des tombes blanches en mémoire des victimes. Verdun, plus de 300 000 morts, l’une des batailles les plus sanglantes de la Grande Guerre : une génération fauchée.
(Bruit)
Journaliste
Un champ de bataille devenu symbole de paix pour les 3 400 jeunes figurants.
(Musique)
Inconnu
100 ans plus tard, les deux pays réunis ensemble en amis, qui viennent commémorer cette guerre, je trouve que c’est un symbole historique.
Inconnue 1
C’était vraiment un grand honneur.
Inconnue 2
On est vraiment contentes d’être là et puis voilà.
Inconnue 3
C’est surtout énorme parce qu’il n’y a pas tout le monde qui peut avoir cette chance de faire ça.
(Bruit)
Journaliste
Sous la nef de l’Ossuaire de Douaumont, image symbole, là encore, d’un couple franco-allemand côte à côte, uni pour entretenir la mémoire. La Chancelière Angela Merkel, visiblement émue, avant d’entamer un discours sur l’Europe entre crise des réfugiés et montée des nationalismes.
Angela Merkel
Les valeurs qui nous sont communes, la liberté, la démocratie, l’État de droit, ces valeurs sont mises à l’épreuve tous les jours. Des valeurs pour lesquelles français et allemands assument une responsabilité particulière au coeur de l’Europe.
Journaliste
Puis, le Président français, à son tour, insiste sur l’importance d’une Europe unie.
François Hollande
Notre devoir sacré est inscrit dans le sol ravagé de Verdun. Il tient en quelques mots : aimons notre patrie mais protégeons notre maison commune, l’Europe, sans laquelle nous serions exposés aux tempêtes de l’histoire.
Journaliste
Une journée sous le signe de la réconciliation franco-allemande, bien sûr, mais pas seulement. Aujourd’hui, 100 ans après, Verdun commémorait l’histoire en faisant résonner le présent.
(Musique)

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