Attentat terroriste contre un marché de Noël à Berlin

20 décembre 2016
02m 15s
Réf. 07074

Notice

Résumé :
Le 19 décembre 2016, une attaque terroriste frappe un marché de Noël de Berlin: un camion lancé à pleine vitesse a foncé sur la foule, faisant 12 morts et 48 blessés.
Date de diffusion :
20 décembre 2016
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Contexte historique

À partir de 2015, l'Occident est frappé par une vague d'attentats terroristes perpétrés par des djihadistes se revendiquant presque tous de l'organisation État islamique. L'Europe, et plus particulièrement la France, sont visées à plusieurs reprises: des attentats de masse ont lieu à Paris en janvier et novembre 2015 (voir les documents : Double prise d'otages terroriste dans le magasin Hyper Cacher à Paris et à Dammartin-en-Goële, Les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et Attentat contre le journal Charlie Hebdo), à Bruxelles en mars 2016 (voir Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles) ou à Nice en juillet 2016 (voir Attentat à Nice le 14 juillet 2016).

En 2016, l'Allemagne est à son tour frappée à plusieurs reprises par des attaques terroristes revendiquées par l'État islamique. Le 18 juillet 2016, un demandeur d'asile afghan frappe les passagers d'un train à coups de hache et de couteau, près de Wurtzbourg (Bavière), faisant cinq blessés. Le 24 juillet suivant, un réfugié syrien fait exploser une bombe à Ansbach (Bavière), blessant quinze personnes.

L'attentat le plus important a lieu le 19 décembre 2016 à Berlin. Ce soir-là, vers 20 heures, le conducteur d'un poids lourd fonce sur la foule présente sur le marché de Noël de Breitscheidplatz, place situe à l'Ouest de Berlin, entre la grande avenue Kurfürstendamm et le jardin zoologique, près de l'église du Souvenir, bombardée durant la Seconde Guerre mondiale et laissée en l'état. L'attaque fait 12 morts et 48 blessés, ce qui en fait l'attentat le plus meurtrier commis en Allemagne depuis celui du 26 septembre 1980 perpétré par un néo-nazi à Munich qui avait causé la mort de 13 personnes. L'attentat du marché de Noël à Berlin est revendiqué dès le lendemain par l'État islamique, par l'intermédiaire de son organe de propagande Aamaq.

L'usage d'un camion-bélier comme arme terroriste rappelle l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, lorsqu'un poids lourd lancé sur la foule par un terroriste avait tué 86 personnes et en avait blessé 434 autres. Ce mode opératoire préconisé par l'État islamique est par la suite réemployé dans plusieurs pays d'Europe par des terroristes. Un véhicule-bélier est ainsi utilisé à Londres à deux reprises par des djihadistes le 22 mars 2017 dans le quartier de Westminster puis le 3 juin 2017 sur le pont de Londres. De même, le 7 avril 2017, un camion-bélier tue 5 personnes en fonçant sur la foule dans une grande rue piétonne du centre de Stockholm.

L'auteur de l'attaque de Berlin, qui s'était emparé d'un camion immatriculé en Pologne après avoir tué son conducteur, prend la fuite immédiatement après son acte. Identifié comme Anis Amiri, Tunisien âgé de 24 ans, il était connu des services allemands comme un des plus dangereux islamistes présents dans le pays. Il s'était vu refuser sa demande d'asile en Allemagne mais, faute de réponse des autorités tunisiennes, il n'avait pu être expulsé. Après une "cavale" de quatre jours à travers l'Europe, le terroriste est abattu à Milan, en Italie, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2016, par une patrouille de police italienne.

L'attentat de Berlin provoque une très grande émotion en Allemagne. En frappant un marché de Noël, il atteint un rassemblement populaire allemand. Cette attaque ne ressemble ainsi pas à celle de Nice du 14 juillet 2016 seulement par son mode opératoire mais par sa cible: à Berlin ce sont des familles et des touristes qui ont été tués et blessés, comme ceux venus à Nice admirer le feu d'artifice le soir de la fête nationale française.

Le soir de l'attentat de Berlin, le président de la République fédérale d'Allemagne, Joachim Gauck, appelle les Allemands à faire "face ensemble" au terrorisme djihadiste. La chancelière Angela Merkel déclare quant à elle le lendemain: "Nous ne voulons pas vivre avec la peur qui nous est imposée par le mal. Nous allons trouver la force de continuer à vivre libres, ensemble et dans un esprit d'ouverture." Elle se retrouve cependant accusée par l'extrême droite d'être responsable de l'attentat en ayant accepté l'arrivée en Allemagne de centaines de milliers de réfugiés à partir de 2015.
Christophe Gracieux

Éclairage média

Faisant l'ouverture de l'édition nationale du 19.20 de France 3 le 20 décembre 2016, ce reportage est consacré à l'attentat qui a frappé le marché de Noël de Breitscheidplatz à Berlin vingt-quatre heures auparavant. Cet événement a été largement couvert par les médias français. Ainsi, selon Ina STAT (n° 45, avril 2017), 124 sujets y ont été consacrés dans l'ensemble des journaux télévisés de TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte et M6, tandis que 31 ont traité de la sécurité des marchés de Noël en France.

Ce reportage propose un récit factuel de l'attentat de Berlin. Il vise à décrire son déroulement et son bilan humain, sans apporter aucune analyse. Le commentaire ne parle à aucun moment du terroriste, dont l'identité n'est alors pas encore connue, ni ne relie l'attentat à un commanditaire - le nom de l'État islamique n'est même pas évoqué.

Le récit factuel proposé est illustré par des images factuelles tournées sur les lieux après l'attentat. Le reportage s'ouvre ainsi sur un plan large sur le camion-bélier puis sur un plan rapproché de son pare-brise endommagé. Mais il comprend principalement des images de pompiers et ambulanciers venant au secours des victimes et évacuant des blessés. À la fin du sujet, on voit également des enquêteurs qui relèvent des indices sur le camion.

Pour compenser l'absence d'images de l'attentat et faire comprendre aux téléspectateurs son déroulement, le sujet de France 3 intègre une brève séquence composée d'images de synthèse: cette infographie illustre l'attaque elle-même, le poids lourd étant représenté en rouge. Le récit de l'attentat est complété par un micro-trottoir réalisé auprès de trois témoins. Enfin, le sujet comprend deux séquences d'images amateurs filmées dans les instants qui ont suivi l'attaque. Une première vidéo amateur filmée avec un téléphone montre les visiteurs du marché de Noël immédiatement après l'attentat. Une seconde, tourné en plongée depuis un immeuble voisin, permet de se rendre compte de l'ampleur du carnage avec les nombreuses ambulances venues secourir les victimes.
Christophe Gracieux

Transcription

Carole Gaessler
Hier soir, les habitants de Berlin ont connu le même scénario d’horreur que les Niçois en juillet dernier. Un camion qui fonce dans la foule dans un lieu symbole de fête, la volonté de tuer sans discernement et au bout de cette course macabre, un terrible bilan : 12 morts et des dizaines de blessés. Retour sur cette soirée qui a plongé l’Allemagne dans l’effroi. Nathalie Perez.
Nathalie Perez
Le poids lourd vient de terminer sa course folle, ici, au pied de l’église du Souvenir, en plein coeur de l’un des quartiers les plus touristiques de la capitale allemande. Il est un peu plus de 20 heures, hier soir, le 38 tonnes lancé à pleine vitesse franchit le trottoir et fonce dans la foule. Sur plusieurs centaines de mètres, au beau milieu du marché de Noël, il écrase tout sur son passage.
(Bruit)
Nathalie Perez
Le bilan est lourd : au moins, 12 morts et 48 blessés.
Inconnu 1
On était sur le marché devant l’église, on venait de boire du vin et on allait partir quand le camion a foncé sur nous. Il est passé à 3 mètres de moi.
Nathalie Perez
Un Berlinois filme avec son téléphone les allées du marché de Noël.
(Bruit)
Nathalie Perez
Nous sommes quelques minutes après le drame. Hébétés, hagards, des passants semblent ne pas réaliser, d’autres tentent d’apporter les premiers secours aux blessés, des témoins racontent.
Inconnu 2
Le camion a littéralement roulé sur les gens. Je l’ai vu arriver, je me suis enfui et j’ai entendu des tirs et 2 minutes plus tard, la police était là et contrôlait le poids lourd.
Inconnue
Heureusement, je suis là, en vie, pour vous parler car je viens ici presque tous les soirs et aujourd’hui, exceptionnellement, je suis en retard !
Nathalie Perez
D’importants secours arrivent sur place, des dizaines d’ambulances qui prennent en charge puis acheminent les blessés dans les différents hôpitaux de la ville. Un périmètre de sécurité est installé autour du camion. Plusieurs services de police spécialisés dans les affaires de terrorisme procèdent à des investigations et les relevés d’indices vont se poursuivre jusque tard dans la nuit.