Le général de Gaulle en Egypte et au Levant (août 1942)

août 1942
05m 27s
Réf. 07078

Notice

Résumé :
Le général de Gaulle, chef de la France Combattante, effectue un voyage en Egypte et au Levant afin de rendre hommage aux soldats de Bir Hakeim. Il s'agit également de réaffirmer la place et le rôle de la France à côté des alliés britanniques, en tant que puissances mandataires du Levant.
Type de média :
Date de diffusion :
août 1942

Contexte historique

En juin 1941, au terme d'une violente campagne militaire menée avec les troupes britanniques contre les forces restées fidèles au gouvernement de Vichy, les territoires du Liban et de la Syrie passent sous contrôle de la France Libre. Malgré la promesse alors formulée de mettre fin au mandat français (effectif depuis 1920), la France Libre maintient un contrôle sur les gouvernements locaux.

La visite qu'effectue le général de Gaulle au Moyen-Orient en août 1942 se déroule dans un climat de tensions avec les Britanniques à propos du Levant. Depuis janvier 1942, la nomination  du général Spears en tant que ministre plénipotentiaire de Grande-Bretagne en Syrie et son ingérence dans la gestion française de ces territoires tendent les relations avec le général Catroux, représentant de la France Combattante sur place.

Outre la volonté de rendre hommage aux soldats de la France Combattante, victorieux de la bataille de Bir Hakeim deux mois plus tôt, le général de Gaulle entreprend un voyage au Caire pour rencontrer Richard Casey, représentant de la diplomatie britannique au Moyen-Orient, puis reste cinq semaines au Levant. La durée particulièrement longue de ce voyage (du 11 août au 8 septembre 1942) vise à montrer la détermination de la France Combattante à faire respecter ses intérêts sur place, en s'appuyant sur le soutien manifesté par les populations locales à l'égard du général de Gaulle.

Dans un discours prononcé à Beyrouth le 28 août, le général de Gaulle, rappelle la détermination de la France Combattante à amener le Liban et la Syrie sur la voie de l'indépendance. Dans les faits, il faudra attendre la fin du conflit mondial pour que les deux pays y accèdent. Cette  durée de latence, conjuguée aux maladresses françaises, aux interférences britanniques et à l'impatience des Libanais et Syriens, occasionnera par la suite d'autres périodes de vives tensions.
Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ce reportage tourné et diffusé par les Services cinématographiques de la France Combattante vise à faire la promotion du voyage du général de Gaulle au Moyen-Orient.

En Egypte, les images s'attardent sur la cérémonie protocolaire organisée afin de remettre l'Ordre de la Libération aux soldats victorieux de Bir Hakeim et à leur chef, le général Koenig.

L'Ordre de la Libération a  été créée en novembre 1940 afin de permettre au général de Gaulle de décorer ses Compagnons : hommes, femmes, unités combattantes, villes ayant oeuvré de manière exceptionnelle pour la libération du territoire. L'ordre, forclos en 1946, ne sera rouvert qu'à deux reprises pour décorer le Premier ministre britannique, Winston Churchill puis son souverain Georges VI. L'Ordre a été attribué à 1038 Compagnons.

Au Liban, ce document de propagande n'évoque pas les tensions entre alliés français et britanniques. Il insiste exclusivement sur l'aspect protocolaire des visites en Egypte et au Levant. Le chef de la France Combattante est présenté ici à la manière d'un chef d'Etat passant les troupes en revue, accueilli par les officiels avec les honneurs militaires dès sa descente d'avion et acclamé par une foule enthousiaste dans les rue de Beyrouth. Le général de Gaulle se rend en visite auprès des officiels libanais: il est filmé à son arrivée au Petit Sérail, siège du gouvernement. La visite se poursuit dans d'autres villes importantes du Liban et du Syrie et se termine par une rencontre avec les notables de Baalbek qui apportent leur soutien à l'homme du 18 Juin.
Emeline Vanthuyne

Transcription

(Musique)
Commentateur
La visite du général de Gaulle au Moyen-Orient, alors que les soldats de la France combattante venaient de se distinguer sur les derniers champs de bataille, prenait une émouvante signification. Dans un camp du désert, le général de Gaulle passe en revue les hommes de Bir-Hakeim, où ce même nom de la France combattante, leur héroïsme rejoignant celui des hommes qui bravent chaque jour les fusillades sur le sol natal, réalise la pleine unité de la France pour la Libération. C'est donc sous ce signe de la Libération qu'il convenait de placer la nouvelle décoration créée pour récompenser les héros de cette lutte.
(Musique)
Commentateur
Parmi ceux qui recoivent la croix de la Libération se trouve le général Koenig.
(Musique)
Commentateur
Le général de Gaulle prononce la formule consacrée : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon pour la libération de la France dans l'honneur et par la victoire".
(Silence)
Commentateur
Après la prise d'armes, les troupes défilent devant le général de Gaulle. Hommes de la Légion, rompus à tous les combats, volontaires venus de France, de Syrie ou d'Afrique et qui ont souvent dû accomplir des prouesses pour rallier les Forces françaises libres, ils se sont tous retrouvés à l'honneur dans le désert d'Égypte.
(Musique)
Commentateur
Bientôt le général de Gaulle quitte Le Caire et s'envole pour le Levant.
(Musique)
Commentateur
L'avion survole l'immensité du désert avant de se poser sur l'aérodrome.
(Musique)
Commentateur
À son arrivée le général de Gaulle est reçu par le général Catroux. Le président de la République libanaise, monsieur Naccache, le général Spears et les principaux fonctionnaires de la délégation.
(Musique)
Commentateur
Les heures tragiques vécues par la France ont encore resserré les liens qui l'unissaient aux états du Levant. La France reste fidèle à ses amitiés, et la visite du général de Gaulle au Liban va marquer une nouvelle et heureuse étape de cette amitié traditionnelle.
(Musique)
Commentateur
Le général de Gaulle, accompagné du général Catroux se rend ensuite à la Résidence des Pins, où il est accueilli par la garde tcherkesse et la garde libanaise.
(Musique)
Commentateur
Plus tard dans les rues de Beyrouth, le général est vivement acclamé par la foule massée sur son passage, alors qu'il se rend au Petit Sérail rendre visite aux membres du gouvernement libanais.
(Musique)

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

Page Jalons sur le site éduthèque