Le groupe d'aviation Normandie-Niemen

1944
05m 42s
Réf. 07082

Notice

Résumé :
Troisième groupe d'aviation créé au sein des Forces Aériennes de la France Libre (FAFL), le groupe Normandie est la seule unité de la France Combattante à avoir pris part à la bataille sur le front soviétique. Il devient dès lors un enjeu de mémoire important entre la France et l'URSS, notamment pendant la guerre froide.
Type de média :
Date de diffusion :
1944

Contexte historique

Après la formation des groupes Alsace et Ile-de-France un an auparavant, la création du groupe de chasse Normandie en septembre 1942 répond à la volonté du général de Gaulle d'envoyer des pilotes de chasse français sur le front russe.

Constitué au Levant, le groupe rejoint Ivanovo, à 250 km, de Moscou où il entre dans une phase d'entraînement qui s'achève en février 1943. Familiarisés à l'utilisation du modèle d'avions russes Yak 1 et à des températures très basses, les 58 pilotes rejoignent le front le mois suivant sous la direction du commandant Tulasne. D'abord chargés d'escorter les bombardiers russes, les pilotes du groupe Normandie participent en juillet 1943 à la bataille de Koursk.

Le groupe se distingue par le succès de ses missions mais les pertes humaines sont importantes. En octobre, seuls huit pilotes sont valides et le commandant Tulasne est décédé. Le commandant Pouyade lui succède et les Yak 1 sont remplacés par des Yak 9. Lors de la bataille de Smolensk en août 1943, l'escadrille s'illustre à nouveau en abattant cinq avions en quelques secondes. Et en novembre, elle totalise 72 victoires. Passant une nouvelle fois à l'offensive en février 1944, le groupe, qui a reçu du renfort, se compose alors de trois escadrilles.

Le 21 juillet, Staline rend hommage à leur bravoure en leur attribuant le nom du fleuve Niemen, en référence à leur aide précieuse lors du passage du fleuve. En décembre 1944, le général de Gaulle, lors de sa visite en URSS, décore la Régiment de la Croix de la Libération. Au total, sur les 97 pilotes du Régiment, 42 ont perdu la vie au combat. Le régiment revendique 273 victoires et 21 pilotes sont Compagnons de la Libération.

Après l'arrêt des combats et la capitulation allemande du 9 mai 1945, Staline offre aux pilotes survivants  du groupe Normandie-Niemen, en signe de reconnaissance de leur bravoure, leurs avions, des Yaks 3. C'est à bord de ces avions que le régiment atterrit au Bourget le 20 juin suivant. Une foule nombreuse est venue les accueillir.

Seule unité française à combattre sur le front soviétique, le groupe Normandie-Niemen devient un enjeu de mémoire, notamment pendant la guerre froide, en tant que symbole de la coopération militaire entre la France Combattante et l'URSS.
Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ce sujet se compose de documents produit par l'Office Français d'Information Cinématographique (OFIC),  chargé depuis 1943 de produire pour la France Combattante des films d'informations et de propagande diffusés au sein des magazines d'actualités de la France Combattante ou des Alliés.

Le premier film, muet, est tourné avant le départ des premiers pilotes volontaires pour le front de l'Est en novembre 1942. Le commandant Pouliquen, chargé de leur formation, leur remet leur insigne et les pilotes posent, décontractés et souriants, avec leur chienne mascotte.

Le deuxième extrait, diffusé dans le magazine d'actualités allié Le Monde Libre, reprend des scènes tournées en URSS à l'automne 1944. Les pilotes du groupe Normandie, qui se sont illustrés lors de différentes missions sur le front soviétique, reçoivent une double récompense soviétique et française (Croix de la Légion d'Honneur). Dans l'extrait, on reconnaît notamment un certain nombre de futurs Compagnons de la Libération. Après la remise de la Croix de la Légion d'Honneur à Roland de la Poype, la caméra s'attarde successivement sur les visages du commandant du groupe Pierre Pouyade et sur ceux de Marcel Albert, Marcel Lefèvre, Roland de la Poype et Joseph Risso. Le commentaire insiste sur la « fraternité d'armes franco-russe » et une cérémonie « symbole d'une amitié dans la bataille ». Il s'agit pour la France Combattante de mettre en avant le soutien de l'allié soviétique dans un contexte de rivalité avec le général Giraud et de tensions avec les alliés anglo-saxons.

Le dernier extrait, produit par l'OFIC, a été monté et diffusé par les Soviétiques, quelques mois plus tôt. L'escadrille Normandie est alors dans une phase d'entraînement avec les pilotes soviétiques. Ces images illustrent d'ailleurs la difficulté à faire décoller les avions : des pilotes accompagnent les Yak pendant la phase de roulage car le dégel des champs qui servent de pistes complique les manoeuvres.

La coopération franco-soviétique est mise en scène à l'image à travers la complicité d'un soldat soviétique et d'un membre du groupe Normandie jouant aux échecs. Le commentateur soviétique évoque le nom de Marcel Albert mais il s'agit plutôt d'un autre Compagnon de la Libération, Noël Castelain, qui s'entraîne ici avec son homologue russe. A la fin de l'extrait, le commandant Jean Tulasne s'entretient avec Albert Littolff, le co-ailier de Noël Castelain. Même si ce document de propagande soviétique est une mise en scène servant à illustrer la parfaite coordination des forces aériennes françaises et soviétiques, il n'en demeure pas moins un document d'archives particulièrement précieux et émouvant : au mois de juillet 1943, les trois Compagnons de la Libération présents dans cet extrait (Noël Castelain, son ami Albert Littolff et leur commandant Jean Tulasne) sont tués lors de combats aériens, après s'y être vaillamment illustrés.
Emeline Vanthuyne

Transcription

(Musique)
Commentateur
Sur le front russe, le groupe Normandie combattant au côté des escadrilles de nos alliés, continue de se couvrir de gloire. Grâce à lui, la fraternité d'arme franco-russe n'a jamais cessé de se manifester dans la lutte contre l'ennemi commun, envahisseur de nos deux pays. Les victoires remportées par les pilotes français sur le front de l'Est viennent de recevoir leur récompense officielle. Le général [Chemonov] a tenu à se rendre lui-même à la base du groupe Normandie pour décorer son chef, le colonel Pouyade et plusieurs autres pilotes. Parmi ceux-ci, deux lieutenants ont abattu respectivement 16 et 9 avions allemands. C'est pour ces exploits sensationnels que la Russie vient de décerner à ces héros français quelques unes de ses plus rares décorations. Et près de ces médailles russes, le général Petit, chef de la mission militaire française en URSS, épingle la croix de la Légion d'honneur selon le cérémonial traditionnel des armées françaises.
(Musique)
Commentateur
Symbole émouvant d'une amitié et d'une alliance nées dans la bataille et dans la lutte commune pour la libération de la patrie.
(Musique)
(Silence)
(Musique)
Commentateur russe
[Russe]
(Musique)
Commentateur russe
[Russe]
(Musique)
Commentateur russe
[Russe]
(Silence)
Commentateur russe
[Russe]
(Bruit)
Commentateur russe
[Russe]
Soldat français
En route des chasseurs boches, direction ouest, hauteur 2000m.
Soldat russe
[Russe]
(Silence)
(Bruit)
Commentateur russe
[Russe]
(Musique)
Commentateur russe
[Russe]