La campagne de Tunisie et la libération de Tunis

17 janvier 2018
01m 25s
Réf. 07085

Notice

Résumé :
Après le débarquement en Afrique du Nord, la campagne de Tunisie est une étape décisive pour l'avancée alliée vers l'Europe. Il s'agit également d'un tournant pour l'armée française puisque les troupes de l'armée d'Afrique, jusqu'alors fidèles à l'Etat Français, rejoignent les FFL dans la lutte contre les troupes de l'Axe.

Contexte historique

La campagne de Tunisie se déroule entre novembre 1942 et mai 1943. Elle illustre un tournant du conflit mondial: après le débarquement allié en Afrique du Nord, les troupes germano-italiennes envoient des renforts (70 000 hommes) pour occuper la Tunisie et faire face à une probable avance alliée en direction de l'Europe. Les troupes du général allemand Rommel, après leur défaite à El Alamein, se replient vers la Tunisie.

L'avancée des troupes de l'Axe en Tunisie est contenue par les troupes de l'armée d'Afrique, (jusqu'alors restées fidèles au gouvernement de Vichy), postées à la frontière algérienne. Les troupes britanniques arrivées en Tunisie progressent vers la capitale mais subissent plusieurs contre-attaques, alors qu'elles doivent faire face à un relief hostile et des conditions climatiques très difficiles (pluies incessantes). Il faut attendre le mois de mars pour que l'attaque combinée de l'armée de Montgomery vers Gabès et des Français sur le versant oriental entraîne une percée alliée. Après une première tentative, Bizerte et Tunis sont libérées le 7 mai 1943. Les combats cessent le 13 et les troupes alliés défilent à Tunis le 20 mai. Au terme de la campagne, on dénombre 60 000 tués dans le camp allié, dont 10 000 Français sur les 75 000 engagés.

La participation des FFL lors de la campagne de Tunisie revêt une importance militaire mais aussi politique : à cette période, la tension est maximale entre le général de Gaulle et ses alliés anglo-saxons, qui, après l'assassinat de l'Amiral Darlan, ont choisi le général Giraud comme principal interlocuteur en Afrique du Nord. Les FFL se composent alors en Tunisie de la 1ère DFL du général Larminat qui combat au Nord et de la Force L du général Leclerc,  qui soutient la 8e armée britannique sur son flanc gauche le long de la ligne de fortification du sud tunisien.

Après avoir repoussé les forces allemandes à Ksar Ghilane le 10 mars et facilité la prise de Gabès le 29 mars, la Force L participe à la libération du Tunis le 20 mai 1943. Le général Leclerc parvient par la suite à regrouper des unités de l'armée d'Afrique des FFL au sein de la 2e Division Blindée. Cela n'ira pas sans difficultés, compte tenu des combats fratricides ayant opposé les FFL aux troupes restées fidèles au gouvernement de Vichy en Afrique du Nord et au Levant. La fusion entre l'armée d'Afrique et les FFL est toutefois effective à partir d'août 1943. C'est une armée réarmée et unifiée qui s'engage alors dans la campagne d'Italie.
Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Cet extrait est tiré d'un film réalisé par l'Office Française d'Information cinématographique (OFIC), organe d'informations indépendant au service de la France Combattante, et le Centre d'Information belge au cours de l'année 1943. Cette rétrospective des événements survenus de l'invasion de la Belgique en mai 1940 à la libération de Tunis est contée comme l'histoire d'une « résurrection » (titre du film d'une durée totale de 20 mn). Elle met en valeur l'« épopée » des Forces Françaises Libres du 18 juin 1940 à la campagne de Tunisie, en passant par les victoires de Koufra et de Bir Hakeim. Elle laisse volontairement de côté l'évocation de certaines difficultés rencontrées par le France Combattante en son sein et auprès des Alliés.

Ce document de propagande passe ainsi sous silence les tensions survenues entre le général de Gaulle et ses alliés anglo-américains depuis le débarquement en Afrique du Nord et la nomination du général Giraud au poste de « commandant en chef civil et militaire ». Le montage et le commentaire tendent même à laisser croire que le général de Gaulle était présent lors de la libération de Tunis. Or les images le montrant à sa descente d'avion aux côtés du général Giraud ne sont pas contemporaines puisque le Comité français de Libération nationale (CFLN) présidé par le général Giraud et le général de Gaulle n'est fondé que le 3 juin 1943 à Alger. Le général de Gaulle n'y arrive d'ailleurs que le 30 mai, sans passer par la Tunisie.

Les images du défilé militaire dans les rues de Tunis mettent en évidence la liesse populaire et le défilé des forces armées de la France Libre, « armée de vétérans ». Aucune mention n'est faite de la présence des troupes de l'armée d'Afrique qui défilent alors séparément. En effet, la jonction avec les FFL ne s'est pas faite sans difficultés, compte tenu des combats fratricides qui avaient opposé les FFL à l'armée d'Afrique, restée fidèle au régime de Vichy, jusqu'au débarquement allié en Afrique du Nord. La fusion entre les FFL et l'armée d'Afrique ne sera effective qu'à partir d'août 1943 et la nouvelle armée française de libération enverra 100 000 hommes combattre lors de la campagne d'Italie (voir notice La nouvelle armée française dans la campagne d'Italie).
Emeline Vanthuyne

Transcription

Commentateur
C'est à Tunis, clé de l'Afrique du Nord, que s'acheva victorieusement la poursuite de Rommel. L'entrée des Alliés dans la ville fut triomphale. Sur leur passage la population manifestait sa joie. Des bras se tendaient, esquissant le V de la victoire. Le long des rues, une foule compacte, hommes, femmes, enfants, acclamaient les troupes amies. C'est à Tunis, et par la victoire, que s'acheva la campagne Nord-africaine.
(Musique)
Commentateur
Devant les généraux de Gaulle et Giraud, chefs du Comité français de la Libération nationale, défilèrent les soldats de la France libre, armée de vétérans, armée de Français combattants pour la France nouvelle, pour la France éternelle de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.
(Musique)

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