parcours pédagogique

Les "années noires" : les Français sous l'occupation allemande (1940-1944)

Elsa Coupard - Enseignante d'histoire-géographie de l'Académie d'Aix-Marseille

Présentation

Cinq documents, datant tous de la période de l'Occupation, permettent de cerner quelques aspects de la vie des Français pendant les années 1940-1944, de la survie quotidienne en temps de guerre à la résistance et à la collaboration.

Place dans le programme

  • Troisième > Histoire : La vie politique en France > Effondrement et refondation républicaine
  • Première > L et ES > Histoire : La guerre au XXe siècle > Guerres mondiales et espoirs de paix > La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
  • Première > S > Histoire : La guerre au XXe siècle > Guerres mondiales et espoirs de paix > La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
  • CAP > Histoire : Guerres et conflits contemporains > La Seconde Guerre mondiale
  • Première > Bac Pro > Histoire : De l'Etat français à la IVe République (1940-1946)
  • Terminale > L et ES > Le rapport des sociétés à leur passé > L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France

Objectifs pédagogiques

  • Analyser l'image et le son.
  • Faire la critique d'un document vidéo.
  • Analyser et confronter des documents de propagande.

Durée de l'activité

2 heures pour visionner les vidéos et répondre au questionnaire ; 1 à 2 heures pour rédiger le paragraphe argumenté. Pour une séance plus courte, le professeur peut choisir de n'étudier qu'une partie des documents.

Activités

De 1940 à 1944, la France est sous la tutelle de l'Allemagne. Jusqu'en 1942, au Nord de la ligne de démarcation, la France est occupée et administrée directement par les Allemands ; au Sud, dans la zone dite " libre ", le Maréchal Pétain et Pierre Laval dirigent un gouvernement, basé à Vichy, qui a choisi la collaboration. Au Nord comme au Sud, la vie des Français est difficile.

Cinq documents, datant tous de la période de l'Occupation, permettent de cerner quelques aspects de la vie des Français pendant les années 1940-1944 : un document de 1940 évoque la pénurie d'essence et le système D à Paris ; un document des Actualités Mondiales évoque les difficultés à trouver du travail en France et l'envoi de main d'oeuvre en Allemagne ; un autre illustre les actions de la Résistance et la répression menée par Laval et Darnand ; un extrait de Radio-Londres témoigne de la Résistance ; enfin, l'ouverture d'une exposition à Paris sur le thème " Le Juif et la France " témoigne de la volonté du régime de Vichy d'exclure les Juifs de la société française.

"Les nouveaux moyens de locomotion à Paris"

Analyse de la vidéo

 Les nouveaux moyens de locomotion à Paris

Les nouveaux moyens de locomotion à Paris

Les Parisiens et les Parisiennes s'adaptent à la pénurie d'essence, essentiellement en roulant à bicyclette et en retrouvant l'usage des vélos-taxis.

09 oct 1940
01m 17s
Fiche (00226)

Pourquoi "l'essence est-elle devenue précieuse" ?

Quel est le ton de ce document ? A votre avis, dans quel but ?

"Ouvriers volontaires pour le travail en Allemagne"

Analyse de la vidéo

 Ouvriers volontaires pour le travail en Allemagne

Ouvriers volontaires pour le travail en Allemagne

Répondant à l'appel des affiches qui annoncent : "Ceux qui cherchent du travail en trouveront en Allemagne", des ouvriers spécialisés français s'inscrivent comme volontaires pour partir travailler en Allemagne.

15 jan 1941
01m 01s
Fiche (00233)

Pourquoi, d'après le document, certains ouvriers sont-ils encouragés à aller travailler en Allemagne ?

Que nous montre le reportage sur l'état d'esprit des ouvriers qui partent en Allemagne ?

Que suggère le reportage sur les entreprises allemandes ?

"BBC : "Radio Paris ment" et "messages personnels""

Analyse de la vidéo

 BBC : "Radio Paris ment" et "Messages personnels"

BBC : "Radio Paris ment" et "Messages personnels"

Générique de l'émission de la BBC à destination de la France, avec la ritournelle très connue : "Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand". Il est suivi de la lecture d'un certain nombre de messages codés destinés à la Résistance intérieure.

27 fév 1942
01m 54s
Fiche (00282)

Que dit le message radio sur Radio-Paris ?

Quel est le sens de " la lutte du peuple français pour sa libération " ?

D'où la radio émet-elle ? Pourquoi ?

Que sont les " messages personnels " ?

"Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes""

Analyse de la vidéo

 Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes"

Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes"

A Chalon-sur-Saône, à Grenoble, à Bourg-en-Bresse ont eu lieu des attentats imputés aux "terroristes" étrangers, menacés d'une "répression implacable".

11 fév 1944
01m 03s
Fiche (00258)

Selon le reportage, qui sont les auteurs des destructions ?

Quelles sont les destructions que l'on voit à l'image ?

Qui sont les deux représentants du régime de Vichy montrés à l'image ?

Que promet Darnand en réponse aux " attentats " ?

Comment peut-on aussi nommer ceux que le commentateur désigne comme les " terroristes " ?

"Exposition de propagande antisémite "Le Juif et la France""

Analyse de la vidéo

 Exposition de propagande antisémite <i>Le Juif et la France</i>

Exposition de propagande antisémite Le Juif et la France

A Paris, au palais Berlitz, se tient une exposition de propagande antisémite Le Juif et la France.

12 sep 1941
01m 22s
Fiche (00242)

Quel est l'intitulé de l'exposition du palais Berlitz ?

Comment sont représentés les Juifs dans cette exposition ?

Quel est le but de l'exposition, d'après le commentaire et les images ?

Qu'est-ce que l'on veut démontrer par le schéma explicatif de la " maison France " ?

Pourquoi le commentaire évoque-t-il 1936 ?

Synthèse

Répondre aux questions portant sur l'ensemble des vidéos

 Les nouveaux moyens de locomotion à Paris

Les nouveaux moyens de locomotion à Paris

09 oct 1940
01m 17s
Fiche (00226)
 Ouvriers volontaires pour le travail en Allemagne

Ouvriers volontaires pour le travail en Allemagne

15 jan 1941
01m 01s
Fiche (00233)
 BBC : "Radio Paris ment" et "Messages personnels"

BBC : "Radio Paris ment" et "Messages personnels"

27 fév 1942
01m 54s
Fiche (00282)
 Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes"

Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes"

11 fév 1944
01m 03s
Fiche (00258)
 Exposition de propagande antisémite <i>Le Juif et la France</i>

Exposition de propagande antisémite Le Juif et la France

12 sep 1941
01m 22s
Fiche (00242)

Parmi les 3 mots d'ordre suivant, lequel caractérise le mieux chacun des documents : "Survivre sous l'Occupation", "Résister aux Allemands", "Collaborer avec les Allemands". Argumenter votre réponse à l'aide d'éléments d'information prélevés dans les documents.

Parmi ces documents, le(s)quel(s) ser(ven)t le discours du régime de Vichy ?

A l'aide de vos connaissances et des questions précédentes, rédigez une synthèse argumentée sur les conditions de vie des Français sous l'Occupation allemande.

La vie quotidienne sous l'Occupation

Pendant l'Occupation, les difficultés de la vie quotidienne et le souci toujours présent du ravitaillement sont les principales préoccupations des Français, en attendant la fin de la guerre et des jours meilleurs. Cependant, une poignée de Français va prendre parti pour ou contre l'Occupant, et s'engager dans la Collaboration ou la Résistance.

Le terme " années noires " évoque bien la dureté de la vie quotidienne des Français à cette époque et les douloureux choix moraux et idéologiques, lourds de conséquences, qui s'imposent à certains.

Survivre

Le rationnement

Le document "Les nouveaux moyens de locomotion à Paris" évoque avec humour et gaieté le rationnement dont sont victimes les français. Les magasins sont mal achalandés, à cause de l'interruption des échanges, des difficultés de communication entre les deux zones, du blocus britannique, et des prélèvements allemands (environ 1/5ème de la production agricole). Un ministère du ravitaillement est créé, qui établit les conditions d'attribution des cartes de rationnement. Tous les produits de base sont rationnés : pain, viande, pâtes, sucre, café, charbon, textile, essence,... Les populations des villes et les plus pauvres sont les plus touchés par la pénurie. Parallèlement un marché noir se met en place, qui permet à ceux qui en ont les moyens de se procurer à un prix élevé des produits rationnés ou introuvables dans les magasins. Ce marché noir est bien évidemment interdit, et ceux qui se font prendre encourent de graves sanctions.

Chômage et STO

Le document "Les Allemands tentent d'effacer les traces de la guerre", contrôlé par le gouvernement de Vichy, incite les ouvriers français à aller travailler en Allemagne et vante l'appareil de production allemand. En France, alors que les prix grimpent, les salaires ne suivent pas. L'économie du pays souffre dans certaines régions d'une pénurie de main d'oeuvre, dans d'autres d'un excédent : 2 millions de prisonniers, en majorité des agriculteurs, sont en Allemagne, tandis que la fermeture d'usines et la démobilisation des soldats après l'armistice grossit le flot des sans-travail. En application de la politique de collaboration entre le gouvernement de Vichy et l'Allemagne, les ouvriers français sont encouragés à aller travailler en Allemagne. Cette politique de volontariat rencontre peu de succès et en juin 1942, l'Allemagne exige de la France 350 000 travailleurs de plus. Vichy maquille cette sommation en annonçant la création de la " Relève ", qui consiste à échanger un prisonnier libéré contre trois travailleurs volontaires. Cette mesure n'obtient guère de succès, si bien que le volontariat est remplacé par la loi de réquisition du 4 septembre 1942, puis par le STO (Service du Travail Obligatoire) en février 1943. Très impopulaire, le STO, qui s'appuie sur les rafles de la Milice, provoque un mouvement de refus généralisé : de nombreux réfractaires gagnent la clandestinité et se cachent dans les campagnes pour échapper aux forces de police. Certains d'entre eux s'engagent dans les maquis, permettant ainsi à la Résistance armée de gonfler ses effectifs.

Les Juifs en France

Les Juifs français sont parmi ceux qui ont le plus souffert de l'Occupation. Ils tombent sous le coup d'une double législation : celle que l'Allemagne impose aux territoires occupés, et celle du gouvernement de Vichy. L'antisémitisme d'Etat prôné par Vichy est l'héritier d'une longue tradition française et reprend l'idée que le Juif, inassimilable, est un élément de désintégration nationale. Il convient donc de l'écarter de tout poste de responsabilité ou d'influence. Le document Ref. 00242 témoigne de cet antisémitisme affirmé : une exposition " Le Juif et la France ", sous-titrée " Rendons la France aux Français - le péril métèque ", est organisée au Palais Berlitz par le directeur du Bureau des Affaires juives, Louis Darquier (alias Darquier de Pellepoix), et le chargé de propagande de l'État français, Philippe Henriot. Cette exposition se veut " scientifique " et se propose de définir un portrait physique et physiologique des juifs. Darquier de Pellepoix explique que " les enfants de France doivent apprendre à identifier les juifs afin de s'en garder ", et précise que ce travail " d'éclairage des esprits français permet de lutter contre le péril de la corruption métèque et de rendre la France aux Français ". Dès le 2 octobre 1940, le gouvernement de Vichy promulgue de sa propre initiative un Statut des Juifs, qui leur interdit de travailler dans l'Administration, l'enseignement, la justice, l'armée, la médecine, la presse, les théâtres, etc. Notons que ce statut spécial précède la rencontre de Montoire (fin octobre 1940) et l'annonce officielle par Pétain de la politique de collaboration. Ce texte est suivi, en mars 1941, d'un décret créant un Commissariat Général aux Questions Juives, spécialement chargé de liquider les possessions juives. A partir de l'été 1941, la police de Vichy arrête et déporte activement les Juifs ; au cours de la rafle du Vel d'Hiv de juillet 1942, plus de treize mille d'entre eux sont arrêtés et livrés à la Gestapo. Avant l'invasion allemande, on estimait à 300 000 le nombre de Juifs vivant en France. Environ 80 000 d'entre eux seront déportés dans les camps de concentration. Sur ceux-ci, 2 500 seulement survivront.

Résister

La Résistance se partage entre la France Libre qui a rejoint le général de Gaulle à Londres puis à Alger et la Résistance intérieure sur le territoire français.

Progression de la Résistance

La Résistance connaît des débuts difficiles. Lors de l'appel du 18 juin depuis Londres, alors peu entendu, le général de Gaulle n'est entouré que de quelques volontaires. En France même, les résistants sont très peu nombreux. La majorité de la population française, démoralisée par la défaite et l'Occupation, est favorable à Pétain ; la victoire de l'Allemagne semble inéluctable. L'opinion publique se détache progressivement du régime de Vichy à partir de 1941, à cause du ravitaillement déficient, de l'entrée en guerre de l'Allemagne contre l'URSS, des progrès de la Résistance... Elle bascule définitivement dans l'hiver 1942-1943, suite à la défaite de l'armée allemande devant Stalingrad et aux mesures impopulaires prises par Vichy pour fournir de la main d'oeuvre au Reich (STO). La Résistance intérieure s'organise et se renforce à partir de 1943. Des réseaux se mettent en place : " Libération " en zone libre, " Franc-Tireur " en zone occupée par exemple. Après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, le parti communiste appelle ses sympathisants à résister, et de nombreux jeunes gens qui refusent le STO gagnent le maquis. Jean Moulin, envoyé en France par le général de Gaulle, unifie les mouvements de résistance et crée en 1943 le Conseil national de la résistance (CNR). Les résistants sont regroupés dans les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI).

Formes de la Résistance

La Résistance prend plusieurs formes : réseaux d'évasion, presse clandestine, renseignement, sabotage, guérilla urbaine, maquis... Le document Ref. 00258 stigmatise les actes de sabotage pratiqués par la résistance : déraillement de trains, destruction du dépôt de munitions et de matériel militaire à Grenoble les 13 et 14 novembre 1943, attaque de l'arsenal de la caserne de Bonne le 2 décembre. On découvre des caches d'armes : armes de poing et bombes artisanales, fabriquées dans des laboratoires clandestins. Le reportage, émanant de la propagande vichyste, qualifie ces actes d' " attentats " perpétrés par des " terroristes ", et des " bandes communo-terroristes ". Il montre les visages d'hommes capturés en laissant entendre que ce sont les auteurs de ces attentats. En fait, ceux qui sont désignés comme " Arméniens, Juifs polonais, Espagnols rouges " dans le reportage n'ont aucune responsabilité dans ces actions. Ils appartiennent au " groupe Manouchian " du FTP MOI (Francs Tireurs Partisans de la Main d'Oeuvre Immigrée), spécialisés dans la guérilla urbaine en région parisienne. Ces hommes ont été filmés après leur capture par les Renseignements généraux, et avant qu'ils soient fusillés par les Allemands le 21 février 1944. Ceci rappelle le danger qu'il y avait à entrer dans la Résistance, les grands risques d'être torturé, exécuté ou déporté. Le document radiophonique Ref. 00282 évoque lui aussi la Résistance : tous les soirs, pendant quatre ans, la BBC ouvre son antenne à " Radio-Londres ", organe de la France Libre, dont le but est de maintenir le contact entre la France Libre, les Alliés et la Résistance intérieure. Les messages personnels codés annoncent souvent des parachutages d'armes et de munitions. Ecouter Radio-Londres en France pendant l'Occupation est en soi un acte de résistance : les Allemands l'interdisent, confisquent les postes et punissent lourdement les auditeurs. Ils essayent d'en brouiller les écoutes, c'est le grésillement que l'on entend dans l'extrait radiophonique. Les seules radios autorisées sont Radio-Paris, asservie à Vichy et à l'Occupant, en zone occupée, et Radio-Vichy en zone dite libre.

Collaborer

D'autres Français, au contraire, vont choisir de collaborer avec l'Occupant allemand.

Une collaboration d'Etat

L'exemple vient d'en haut puisque le 24 octobre 1940 le maréchal Pétain échange une poignée de mains avec Hitler à Montoire (Voir Ref 00231). Pour autant, et malgré la force symbolique de ce geste, Pétain est avant tout un réactionnaire sans affinités avec le projet nazi. Il voit avant tout dans la collaboration avec l'Occupant la possibilité de mener à bien la " Révolution nationale " qui doit régénérer la France corrompue. La collaboration avec les Nazis est restée davantage associée au nom de Pierre Laval. Mais là encore, Laval n'est pas un idéologue. Si en avril 1942, le vice-président du Conseil déclare qu'il souhaite la victoire de l'Allemagne, c'est avant tout parce qu'il souhaite obtenir pour la France une bonne place dans une nouvelle Europe, dominée par l'Allemagne Nazie. C'est aussi pour cela qu'en 1943 il crée la Milice française, sous l'autorité de Joseph Darnand.

Formes de la Collaboration

La collaboration de l'Etat français avec l'Allemagne hitlérienne prend plusieurs formes. C'est une collaboration économique, avec l'envoi de main d'oeuvre en Allemagne, d'abord basée sur le volontariat (comme illustré dans le document Ref. 00233), puis sur la réquisition forcée, avec le Service du Travail Obligatoire. C'est aussi une collaboration idéologique. Les Actualités font de la propagande en faveur de l'Occupant et du régime de Vichy (documents Ref. 00233, Ref. 00258 et Ref. 00242), tout comme Radio-Paris, ce que dénonce le document Ref. 00282 par la ritournelle " Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand ". En ce qui concerne le sort des Juifs en France, le régime de Vichy devance les ordres allemands en imposant aux Juifs des signes distinctifs (port de l'étoile jaune), en les excluant de la société (statut des Juifs), en les spoliant de leurs biens, et en organisant des rafles (la plus importante est celle du Vel d'Hiv en 1942). Cette idéologie antisémite est illustrée par le document Ref. 00242. C'est enfin une collaboration militaire et policière. Joseph Darnand incarne cette collaboration poussée. On le distingue clairement dans le document Ref. 00258, coiffé d'un béret noir, aux côtés de Laval puis faisant le salut militaire au passage du cercueil de trois gardes du Groupe mobile de réserve du Bourbonnais. Darnand est nommé " Secrétaire Général au maintien de l'ordre " par Pétain le 30 décembre 1943, après avoir prêté serment à Hitler en août 1943, en tant que " Sturmbannführer " (commandant) de la Waffen SS. Il est surtout le chef de la Milice française, qui mène des actions violentes comme auxiliaire des Allemands. La Milice s'illustre tristement, notamment dans l'assassinat d'hommes politiques hostiles à l'Allemagne nazie, dans la chasse aux Juifs et dans la lutte contre la Résistance, qualifiée de " terrorisme ". Ces dernières activités sont montrées dans le document Ref. 00258.

Prolongements

Les Actualités diffusées en France pendant la Seconde Guerre mondiale

Jusqu'en juin 1940, trois sociétés diffusent les Actualités cinématographiques : " Pathé Journal ", " France Actualités " (Havas et Gaumont) et " Eclair Journal ". Après quelques semaines d'interruption, la création des deux zones d'occupation a des conséquences immédiates sur les journaux filmés. Dans la zone occupée, d'août 1940 à août 1942, n'est plus diffusé qu'un seul journal, allemand, mais en langue française, " les Actualités mondiales ", distribué par l'Alliance Cinématographique Européenne (ACE), une filiale de la firme allemande UFA. Dans la zone non occupée, d'octobre 1940 à août 1941, on ne diffuse plus qu'un seul journal : Journal " France-Actualités-Pathé-Gaumont ", fabriqué à Marseille, sous le contrôle du gouvernement de Vichy et produit conjointement par Pathé et Gaumont.

A partir d'août 1942 et jusqu'en août 1944, le système de production est unifié et l'on ne diffuse plus qu'un seul journal sur l'ensemble du territoire (produit par une société mixte franco-allemande, issue de négociations entre l'occupant et le gouvernement de Vichy, qui détient désormais le monopole de diffusion sur tout le territoire). Ce journal a repris le titre de " France-Actualités ". Mais à partir de l'automne 1943, il est presque entièrement contrôlé par l'occupant.

Du 5 septembre 1944 au 31 décembre 1944, on peut voir un journal produit par le Comité de Libération du Cinéma français sous le titre " France Libre-Actualités ". A partir de janvier 1945, le journal " France Libre-Actualités " prend le nom d' " Actualités françaises ", nom qu'il conservera jusqu'à sa disparition en 1969. Le principal actionnaire des " Actualités françaises " est l'Etat, qui détient provisoirement le monopole en matière de presse filmée. Ce monopole est aboli à partir du 27 juillet 1945. Sont diffusés à nouveau, à partir de janvier 1946, les titres d'avant guerre : " Pathé Journal ", " Gaumont Actualités ", " Eclair Journal " et les " Actualités françaises ".

Ressources

Bibliographie indicative

  • Rousso Henri, Les Années Noires : Vivre sous l'Occupation, éd. Gallimard, coll. Découvertes, 1992.
  • Vivre et survivre en France, 1939-1947, éd. Payot, 1995.
  • Azéma Jean-Pierre, Bédarida François (dir.), La France des années noires, tome 1, De la défaite à Vichy, et tome 2, De l'occupation à la Libération, Seuil, coll. " Points ", 2000.
  • Alary Eric, Les Français au quotidien, 1939-1949, Ed. Perrin, 2006.
  • Jeanneney Jean-Noël, Chauveau Agnès, L'Echo du siècle : dictionnaire de la radio et la télévision, Hachette, Arte, La Cinquième, Paris, 1999.
  • Lindeperg Sylvie, Clio de 5 à 7. Les actualités filmées de la Libération : archives du futur, éd. CNRS, 2000.
  • Bertin-Maghit Jean-Pierre, Les documenteurs des Années Noires, les documentaires de propagande, France 1940-1944, Ed. Nouveau Monde, 2004.

Site internet

DVD-Rom

  • Images de guerre 1940-1945, Nouveau Monde éditions, INA, 2003.

Filmographie

  • La traversée de Paris, Claude Autant-Lara, 1956.
  • L'Armée des Ombres, Jean-Pierre Melville, 1969.
  • Le Chagrin et la Pitié, Marcel Ophuls, 1971.
  • Lacombe Lucien, Louis Malle, scénario Patrick Modiano, 1974.
  • Monsieur Batignole, Gérard Jugnot, 2001.
  • Archives de guerre 1940-1945, Ce que les Français ont vu dans les salles de cinéma, Nouveau Monde éditions, INA, 2003, documentaire historique présenté par Marc Ferro.