Le nettoyage des plages landaises

23 mai 2008
01m 48s
Réf. 00093

Notice

Résumé :

Le nettoyage des plages de la côte landaise se fait tout au long de l'année, dans le respect du milieu dunaire et de sa biodiversité. Exemple à Mimizan et à Lit-et-Mixte.

Type de média :
Date de diffusion :
23 mai 2008

Éclairage

Quatre années après la tenue du Grenelle de l'Environnement [1], le nettoyage des plages, dans les Landes et sur toutes les côtes françaises, se réalise différemment. Depuis 1991, le Conseil général des Landes supervise et finance ces opérations qui se font désormais toute l'année, à un rythme différent selon la saison. Munis de moyens toujours plus perfectionnés après la catastrophe du Prestige à l'hiver 2002-2003, les agents spécialisés effacent les stigmates de la société de consommation ramenés par la marée : des tonnes de détritus désormais recyclés.

En effet, les mentalités ont changé et si les premières "cribleuses" Canicas du Vieux-Boucau [2] (voir La cribleuse) se contentaient de ramasser et de filtrer les déchets, les machines actuelles, toujours plus perfectionnées, trient dans le but de recycler. C'est donc un protocole très précis que respectent les agents chargés de la propreté des plages fréquentées chaque année par des millions de touristes de plus en plus exigeants mais qui, paradoxalement, n'adoptent pas toujours un comportement "citoyen", laissant à la nature des déchets que l'on ne peut toujours imputer aux décharges espagnoles...

Sous la pression des multiples organismes chargés de veiller sur la conservation du patrimoine naturel [3] - et dans le cadre national des préconisations du Grenelle de l'Environnement, doublé depuis 2010 du Grenelle de la Mer qui complète les engagements du premier - le travail de collecte s'est affiné ; on ne se contente plus de prélever et d'évacuer : on enlève, on trie et on recycle dans une logique en parfaite adéquation avec le respect de la nature et le développement durable.

Mieux ! Compte tenu de la spécificité du milieu dunaire et de sa fragilité, les opérations récurrentes de nettoyage qui pourraient finir par éroder le pied de la dune et bouleverser un écosystème interdépendant se font à des rythmes et selon un cahier des charges très précis. Il s'agit en effet de veiller à la préservation de la principale richesse de la côte constituée de l'estran et du cordon dunaire, formant un ensemble cohérent mais régulièrement soumis à la violence des éléments naturels et à l'érosion anthropique.

Un bilan, somme toute relativement satisfaisant pour les groupes qui luttent depuis des décennies contre les pollutions domestiques associées à la négligence de vacanciers déresponsabilisés puisque les chiffres donnés par le Conseil général annoncent une baisse de 40 % de déchets "non naturels". Une bonne évolution mais les 7700 m3 ramassés annuellement (soit 1540 tonnes) sont encore bien trop importants pour rassurer pleinement les défenseurs de la nature et les scientifiques qui connaissent bien l'incidence de la négligence des hommes sur la faune et la flore des milieux maritimes.

[1] Ensemble de rencontres politiques organisées en France en septembre et octobre 2007 visant à prendre des décisions à long terme sur l'environnement, en particulier pour restaurer la biodiversité par la mise en place de schémas régionaux de cohérence écologique.

[2] Un ancien mécanicien de Vieux-Boucau, Joël Canicas, met au point, en 1985, une cribleuse pour nettoyer les plages locales. Après l'accident de l'Erika, en 1999, sa société, grandement sollicitée, améliore le système de collecte de déchets polluants. Depuis le désastre écologique causé par le naufrage du Prestige, en 2002, la marque Canicas est connue dans le monde entier pour ses performances.

[3] France Nature et Environnement, le Conservatoire du Littoral, l'IFREMER, l'ONG Robin des Bois et le CEDRE (Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentation sur les pollutions accidentelles des Eaux) notamment.

Bénédicte Boyrie-Fénié

Transcription

Journaliste
Tout au long de l’année, ces tracteurs sillonnent le littoral pour débarrasser les plages des tonnes de détritus qui s’y échouent au rythme des marées. Pour le confort des touristes, le sable des plages surveillées est tamisé une fois par semaine l’hiver et tous les trois jours l’été pour enlever mégots, bâtonnets de glace et autres bouteilles abandonnées par les usagers. En revanche, les zones sauvages, elles, ne sont que grossièrement débarrassées des déchets qui sont ensuite triés et valorisés.
Intervenant
Ce qu’on trouve le plus heureusement dans les déchets de plage c’est du bois: ils sont charriés par les rivières quand il y a des crues, c’est à peu près 60, 70% des déchets qu’on trouve heureusement. Il est valorisé ensuite sous forme de panneaux de particules ou alors de combustible pour les fours industriels.
Journaliste
Pratiquer un nettoyage grossier et moins fréquent qu’auparavant évite de retirer trop de sable de la plage, ce qui mettrait en péril le milieu dunaire, très fragile. Aux pieds des dunes justement une bande de 5m de largeur est totalement interdite aux machines pour protéger les végétaux qui les stabilisent. Par ailleurs, certains déchets naturels comme les bois flottés ou les algues servent de refuge à une multitude d’insectes: la présence de ce qu’on appelle une "laisse de mer" est donc vitale pour cette micro-faune, elle-même nécessaire à la survie d’autres espèces.
Inconnue
Les insectes participent comme les plantes à un équilibre que ce soit dans la chaîne alimentaire, que ce soit dans l’équilibre écologique, d’un système. Donc en effet, les insectes présents sur la plage vont servir de nourriture à tout un tas d’oiseaux qui va vivre donc sur la dune également.
Journaliste
En 2007, 7 700 m3 de déchets non naturels ont été récupérés sur les plages landaises; si ce chiffre est encourageant, car en baisse de près de 40% par rapport à 2000, il pourrait encore diminuer si chacun adoptait un comportement citoyen.