L'au revoir des salariés de Sony à leur usine de Pontonx

17 avril 2009
03m 59s
Réf. 00207

Notice

Résumé :

L'usine Sony de Pontonx-sur-l'Adour a officiellement fermé ses portes. Soutenus par le président du Conseil général, Henri Emmanuelli et le maire de la ville, Bernard Subsol, les salariés se sont rassemblés pour une journée d'action, au cours de laquelle les 311 emplois sacrifiés ont été symboliquement enterrés.

Type de média :
Date de diffusion :
17 avril 2009

Éclairage

Bilan et conséquences de la fermeture de l'usine Sony de Pontonx

Sony, c'est fini. C'est l'amertume et le sentiment de révolte et d'injustice qui dominent. Ce document montre comment les salariés manifestent leur désespoir à travers une cérémonie funèbre qui symbolise l'enterrement de l'usine Sony, mais aussi celui des 311 emplois directs. Le président du Conseil général Henri Emmanuelli et le maire de Pontonx, Bernard Subsol, partagent cette immense déception.

La société Sony aura créé des emplois à Pontonx et dans ses environs pendant près d'un quart de siècle. Ce n'est certainement pas négligeable. Mais cette entreprise qui, dans l'esprit, se voulait tribale pour ne pas dire familiale, n'a pourtant pas hésité à fermer les portes de son usine landaise dès qu'elle n'est plus devenue assez rentable, ou pas assez rentable en France, puisque dans le même temps le groupe ouvrait une usine gigantesque en Slovaquie.

Le bilan régional est lourd : les fermetures des usines de Pontonx et de Bayonne ont coûté près de 800 emplois directs (l'usine de Pontonx ayant compté à son époque la plus florissante plus de 500 salariés).

Les dernières données démographiques de 2010, donc un an après la fermeture, illustrent l'impact local de cette décision puisque la population de Pontonx-sur-l'Adour avait déjà diminué de 4% entre 2007 et 2010, alors qu'elle était en progression constante depuis la création de l'usine en 1982 (+60% en 25 ans).

Un espoir pour l'avenir : le site a été cédé pour un euro symbolique à la société Solarezo qui fabrique des panneaux photovoltaïques depuis la fin 2009. Après un premier investissement de 1,5 million d'euros au démarrage de l'activité, cette usine a inauguré au mois de mai 2011 sa seconde ligne de fabrication de modules, offrant à ses clients une large gamme de produits. Elle avait à cette date créée une centaine d'emplois sur les 200 prévus. La société prévoit d'investir 30 millions d'euros sur les trois prochaines années.

Le taux de reclassement des ex-salariés Sony était à cette même date de 75%. Seuls 70 employés sur les 278 concernés n'avaient par retrouvé de travail (143 CDI, 21 CDD de plus de 6 mois, 44 créations d'entreprises).

Claude Garin

Transcription

Inconnu
Et c’est un gros pincement au cœur, c’est la fin de, c’est la fin d'un rêve, c’est la fin d’un emploi, c’est la fin de beaucoup de choses, et c’est très difficile à vivre. Et puis c’est, on essaie de faire le deuil de quelque chose, mais... Quant à la croix, on essaie de laisser nos malheurs, de tout laisser là pour essayer de redémarrer quelque chose mais ce n’est pas facile quoi ! Sentiment de révolte, d’injustice, c’est inadmissible ce qui nous arrive et on va essayer de se battre jusqu’au bout. Tout n’est pas fini, donc on espère qu’il y aura une reprise peut être, voire... mais l’avenir est bien sombre aujourd’hui. Je suis très amer parce que dans le même temps, Sony s’est installé en Slovaquie pour construire une nouvelle usine pour fabriquer des téléviseurs à écran plat, dans la même Europe. Et c’est là où je dis que la politique européenne devrait se donner quelques règles de conduite en quelque sorte ; parce que, est-ce-qu’on doit dans la même Europe supprimer plus de 300 emplois à Pontonx et créer en même temps d’autres emplois en Slovaquie.
Henri Emmanuelli
Mais j’ai ensuite demandé quand même au gouvernement français de faire pression sur cette société internationale importante et dont le marché en France est important ; pour qu’il revalorise n’est ce pas les efforts qu’ils font en faveur de la cession. Pour l’instant, j’ai rien obtenu du tout, j’ai obtenu une lettre de madame Lagarde qui m’a expliqué qu’elle avait écrit au président de Sony avec ça au Japon. [inaudible].