Seizième festival des abbayes en Aquitaine

01 juillet 1983
02m 33s
Réf. 00821

Notice

Résumé :
Seizième festival des abbayes dans les Landes jusqu'au 29 Juillet, l'atelier d'art chorégraphique de Sylvie Tarraube présente un ballet contemporain à l'abbaye d'Arthous.
Date de diffusion :
01 juillet 1983
Source :

Éclairage

Le panneau planté à l’entrée du chemin qui descend vers Arthous, le « lieu empli de broussailles »1, le précise : nous sommes ici dans un endroit particulier, un « site » qui sert d’écrin à un monument historique, une abbaye fondée en 1169  par des prémontrés, très précisément 800 ans avant la création, en 1969, du Festival des abbayes.

En cette année 1983, voilà donc bientôt 15 ans que les manifestations culturelles soutenues par le Conseil général des Landes, propriétaire des lieux, connaissent là un vif succès ; un effet positif  lié aux retombées dans l’arrière-pays de l’action menée en matière d'aménagement du territoire et de promotion touristique par la DATAR2 et la MIACA3 qui oeuvrent essentiellement sur les communes de la côte dans les années 1960 et 1970.

Ce Festival des Abbayes né d’une idée du préfet des Landes Yves-Bertrand Burgalat d'associer les abbayes d'Arthous et de Saint-Sever en vue de la création d'un festival de musique classique s’inscrit dans le cadre du programme de « développement culturel » promu par le ministre de la Culture Jacques Duhamel entre 1971 et 1973.

Des organismes comme l'ADAMA (Association pour le Développement et l'Animation Musicale en Aquitaine) servent de relais, puis des structures départementalisées, dont l'ADAM40, s’y associent.

Quoi de plus naturel alors que d’y intégrer la danse, un art qui exalte la symbiose de l’âme et du corps, sublimé par la musique ? Un bel exemple donné par le spectacle conçu par Sylvie Tarraube qui choisit pour ce cadre si particulier un thème empreint de mysticisme : sobriété des tenues, gestuelle extrêmement lente, aux confins des rituels religieux, mise en scène finale qui n’est pas sans rappeler l’austère tenue des moines qui ont hanté ces lieux pendant des siècles.

Bref, une chorégraphie qui rend compte à la fois de la technicité et de la sensibilité de son auteur qui trouve dans ces premières prestations un tremplin pour une carrière prometteuse. En effet, directrice de l’École municipale de musique et de danse de Mérignac, dans la banlieue bordelaise, Sylvie Tarraube connaît ensuite rapidement le succès grâce à la création de sa propre école, l’ARC (Atelier de Recherche Chorégraphique), attirant et formant des personnalités telles que Catherine Diverrès, Bernardo Montet, Bernard Glandier, Jérôme Bel, Frédéric Seguette ou Benjamin Millepied4.


(1) Ce nom est dérivé d'un thème prélatin arte, que l'on retrouve fréquemment dans toute la Gascogne et les provinces basques, avec le sens de "hallier".

(2) Créée en 1963, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) est un service du Premier ministre. Administration de mission à vocation interministérielle, la Datar prépare, impulse et coordonne les politiques d’aménagement du territoire menées par l’Etat.

(3) En 1967 est créée la MIACA (Mission d’Aménagement de la Côte Aquitaine) qui fait approuver en 1972 le Schéma d’Aménagement de la Côte Aquitaine ; celui-ci – et en cela il est précurseur de la loi littoral - prévoit d’alterner des Secteurs d’Equilibre Naturel (SEN) et des Unités Principales d’Aménagement (UPA),

(4) Benjamin Millepied, né le 10 juin 1977 à Bordeaux, est un danseur étoile, chorégraphe et directeur de ballet français. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2014, il est directeur de la danse en tête du ballet de l'Opéra de Paris.
Bénédicte Boyrie-Fénié