Parcours thématique

L'eau dans les Landes

Bénédicte Boyrie-Fénié

Les données naturelles

Un climat océanique pourvoyeur d'eau

En façade occidentale du continent européen, la côte aquitaine s'inscrit pleinement dans la vaste zone du climat dit "océanique" des latitudes tempérées. La dérive nord-atlantique explique sa douceur globale caractérisée par une amplitude thermique annuelle assez faible d'une quinzaine de degrés au plus ; prolongement du Gulf Stream, cette "dérive" est un courant chaud qui baigne les côtes européennes des rivages du Minho portugais et de la Galice jusqu'aux côtes norvégiennes.

Les Landes bénéficient de ce fait d'un climat globalement très tempéré, adouci encore sur le littoral par la présence des étangs, des grands lacs et du Bassin d'Arcachon, exutoire de la Leyre.

Pour l'essentiel les précipitations sont liées au passage des grandes dépressions océaniques, venant de l'ouest, donnant des moyennes de 943 mm/an à Mont-de-Marsan et 1237 mm/an à Dax sur la période 1951-1999 [1].

[1] Voir la synthèse pluviométrique éditée par le Conseil général des Landes.

La pédologie

La cartographie des zones humides est étroitement liée à la nature du sous-sol et au réseau hydrographique. Le département des "Landes", né à la Révolution, en toute neutralité géographique, n'échappe donc pas à la règle et les apparences trompeuses d'une dénomination globale cachent en fait une grande variété de paysages et de milieux.

Sans entrer dans les détails, on peut diviser le territoire en 4 grands ensembles : le cordon dunaire et la zone côtière drainés par les courants, le bassin de l'Eyre et toute la rive droite de l'Adour à l'ouest du Marsan, domaine des sables et de la lande, les collines de Chalosse et du Tursan, pays de marnes et sables fauves, et enfin les "barthes" inondables de l'Adour faites d'alluvions.

Dans la partie aujourd'hui recouverte par le pinhadar [1], les paysages répartis entre lande sèche, lande mésophile et lande humide dépendent étroitement de la présence ou non d'alios ou de garluche [2] dans le sous-sol.

Balade en forêt landaise

Balade en forêt landaise

A l'occasion d'une balade, une jeune guide nous propose de découvrir les particularités de la forêt landaise, à travers son histoire et la présentation des plantes qui constituent son sous-bois. La promenade s'achève sur les bords de l'étang Bourg Vieux, une réserve d'eau douce naturelle qui abrite nombre d'espèces sauvages animales et végétales.

03 oct 2000
02m 52s
Fiche (00401)

[1] Mot gascon désignant la forêt de pins (pinus pinaster).

[2] La garluche (gascon garluisha) est un grès ferrugineux, état évolué de l'alios. De la même famille que le mot garla, "marécage, terrain humide", la garluisha imperméabilise les sols, empêchant l'eau de s'infiltrer dans les nappes.

Le trait de côte

Appelé "Golfe de Biscaye" sur les cartes britanniques, le golfe de Gascogne décrit, de fait, un angle presque droit entre la côte aquitaine de direction méridienne et l'alignement des rivages basque et cantabrique. Le littoral landais s'étend sur plus d'une centaine de kilomètres de cette large ouverture maritime.

Ainsi, les petits pays côtiers signalent, depuis l'Antiquité, leur lien avec la mer. Dans les Landes, le Maremne continue donc le latin Maritimus pagus, le Marensin s'appuie sur le radical marenc, "de la mer", et le pays "de Born", plus au nord, rappelle les confins de la terre et de l'Océan. Dans tout ce secteur, l'ouest s'indique d'ailleurs par le syntagme a mar, "du côté de la mer", expliquant Maâ (commune de Moliets-et-Maâ).

Le pays de Born

Le pays de Born

Présentation du pays de Born qui s'étend le long de la côte septentrionale des Landes : de l'étang d'Aureilhan, à la plage de Contis, en passant par la forêt de pins et par la riche vallée industrielle qui s'est développée le long du courant de Mimizan.

27 oct 1969
02m 04s
Fiche (00055)

La toponymie, toujours pragmatique, y décrit également tout ce qui peut constituer un abri pour le marin. De Bayonne à Soulac, les noms de lieux racontent donc l'histoire de cette côte mouvante dont la physionomie a bien changé depuis l'Antiquité.

Boucau traduit ainsi la nouvelle "bouche" de l'Adour, après les travaux réalisés par Louis de Foix en 1578 ; le cap de Capbreton, correspond à l'avancée des dunes devant l'ancien Bocau de Diu et le "gouf" [1] ; Vieux Boucau garde le souvenir de l'ancien exutoire de l'Adour ; le courant d'Huchet, qui relie l'étang de Léon à la mer, signale enfin un "passage étroit", un "goulot" vers le large (gascon uishet).

Plus au nord, en Gironde, l'ancien exutoire de l'Eyre devenu le "havre d'Arcachon" est annoncé par le Cap Ferret (Lo Horet), un "pertuis", (gascon horet < latin foris, "porte") entre le cap sableux et l'îlot du Matoc aujourd'hui disparu.

Mais - il ne faut pas l'oublier - la mer, comme la montagne, constitue un milieu attractif et répulsif à la fois. "Côtoyer" l'élément est bien souvent une lutte incessante qu'attestent maints épisodes au cours des siècles car ici, l'élément liquide se coalise avec les sables indomptables, poussés par les vents, pour compliquer la vie des hommes.

De ce fait, la côte landaise a toujours été considérée comme très dangereuse. La chronique est là pour le rappeler.

À Mimizan, par exemple, un dicton local [2] conseille au navigateur de se préserver du "chant de la sirène, de la queue de la baleine et du clocher de Mimizan". Apercevoir ce clocher, qui sert d'amer, c'est en effet risquer de s'échouer car aucun port, entre Bordeaux et Bayonne, hormis Capbreton, ne peut abriter un vaisseau.

En 1966, un an avant la création de la Mission Interministérielle à la Côte Aquitaine (MIACA), les élus locaux s'y émeuvent d'ailleurs encore des dégâts causés par les grandes marées, d'autant plus que certaines maisons anciennes sont construites sur la dune vive plus ou moins stabilisée.

L'érosion des dunes à Mimizan

L'érosion des dunes à Mimizan

A Mimizan, les engins des Ponts et Chaussées consolident les assises d'une villa dont les fondations sont menacées par l'érosion des dunes. Pour préserver le tourisme et les habitations riveraines, le conseiller général Cassagne espère l'aide des pouvoirs publics pour la mise en œuvre d'un plan d'ensemble d'aménagement des digues.

08 oct 1966
04m 08s
Fiche (00032)

On comprend, dès lors, la longue série de naufrages qui alimentent la chronique des bourgs côtiers depuis la nuit des temps.

Sur la seule côte landaise, Jean-Jacques Taillentou en dénombre 169 entre 1578, année de l'enlisement du Moïsan à Messanges, juste après la modification du cours de l'Adour, et les déboires du Cazengo en 1918. D'où la légende (?) du droit d'épave...

Mais la Mar Grana, l'Océan atlantique pour les Gascons qui l'appellent aussi Peugue [3] du côté du Bassin d'Arcachon, reste encore dangereuse aujourd'hui : la violente tempête de décembre 1976 provoque ainsi l'échouement, vers Lespecier, du phosphatier Virgo puis du pétrolier Apollonian Wave .

Manifestations votives et propitiatoires, les fêtes de la mer, de tradition universelle, ponctuent donc le calendrier des riverains landais qui érigent le long de la côte des statues de la Vierge, protectrice des marins.

Inauguration de la statue de Notre-Dame-de-la-Mer à Capbreton [Muet]

Inauguration de la statue de Notre-Dame-de-la-Mer à Capbreton [Muet]

Document consacré à l'inauguration en 1946 de la statue Notre-Dame-de-la-Mer à Capbreton, en présence de monseigneur Mathieu. Une foule s'était réunie à cette occasion sur les quais de la ville.

1946
01m 10s
Fiche (00043)

[1] Le Bocau de Diu, mentionné sur les cartes anciennes, signifie littéralement "la bouche de Dieu" et le "gouf" représente l'appellation locale de la vaste fosse sous-marine qui se trouve au large de Capbreton.

[2] "De la coda de la balèna e deu cantit de la sirèna e deu cluchèr de Mamizan, senhor mon Diu, viram'nse plan !", écrit Césaire Daugé dans un de ses Sonets de Mar, "De la queue de la baleine, du chant de la sirène et du clocher de Mimizan, Seigneur Dieu, préservez-nous !".

[3] Dérivé de pelagus le terme gascon peugue désigne non seulement l'océan mais, par extension, la pêche en haute mer que pratiquent également certains marins du Bassin d'Arcachon. On note un estèir du Peugue à Bordeaux, petit affluent de la Garonne, à l'emplacement probable du port antique sur la rive gauche du fleuve qui mène à la "mer", c'est-à-dire aux flots de l'estuaire.

Le réseau hydrographique et le système des étangs

Le département des Landes est drainé par les bassins versants de l'Adour et de la Leyre et par le système des courants côtiers, derrière le cordon littoral.

L'Adour

L'Adour, qui prend sa source au col du Tourmalet, draine la Bigorre, puis reçoit une bonne partie des eaux de l'Armagnac, la Douze et le Midou qui forment la Midouze de Mont-de-Marsan à Tartas. Elle accueille ensuite les affluents du Tursan et de la Chalosse, le Bahus, le Louts, le Gabas et le Luy, puis ceux du Béarn, les Gaves réunis confluant à Oeyregave.

Le fleuve rejoint ensuite le Golfe de Gascogne au Boucau neuf depuis 1578 [1]. Baignant Aire à qui il donne son nom [2] ; il arrose ensuite Saint-Sever, Pontonx, Dax, Urt et Bayonne. L'histoire et l'économie de toutes ces agglomérations lui sont, bien sûr, intimement liées.

Promenade en vedette sur l'Adour

Promenade en vedette sur l'Adour

En ce mois de juillet 1963, sont inaugurées, en présence du maire de Dax, Max Moras, les promenades en vedette sur l'Adour, qui relient Dax à Saubusse.

01 juil 1963
58s
Fiche (00231)

[1] Avant cette date, le fleuve passait devant Bayonne mais, au coude des marais du Trossoat, il formait un "angle" qui le faisait remonter droit vers le nord, engendrant le toponyme Anglet (Angles en 1188). Longeant alors la côte, faite de dunes mouvantes et de lagunes, il atteignait sa zone naturelle de subsidence vers Capbreton puis le Boucau "vieux" (gascon Bocau Vièlh).

[2] Aire est nommée Ripas Aturi au Ier siècle. Son nom est la résultante de l'évolution phonétique de l'hydronyme prélatin Atura, accentué à l'initiale.

L'Eyre ou la Leyre

Ce fleuve côtier bicéphale naît dans les marais de Sabres et de Luxey, dans la Grande Lande. Après avoir conflué à Moustey, il va se jeter dans le bassin d'Arcachon, son ancien delta, après un parcours d'une centaine de kilomètres depuis ses sources. Son débit moyen est d'environ 21 m3 /s, avec des variations assez fortes entre l'étiage de fin d'été, et le régime hivernal printanier.

La lecture des cartes anciennes montre qu'il fédère les premiers bourgs le long d'un axe vital, ce que confirment les dernières découvertes des archéologues qui ont mis au jour des jarres à poix sur les territoires de Sabres, Trensacq et Commensacq, présumant d'une activité économique très ancienne dont le rôle a pu être capital pour un secteur géographique qui passait jusqu'ici pour particulièrement déshérité avant le Moyen Âge.

Souvent encaissé dans les sables du plateau landais, il présentait jadis, dans son lit majeur, des prairies humides (prats d'arriu) permettant d'obtenir le fourrage nécessaire à l'alimentation du bétail. Les rives en étaient alors dégagées, offrant plus de lumière aux herbiers et favorisant de la sorte les frayères.

Au temps de la grande activité forestière, de la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1930, la Leyre, de Pissos à Lamothe en Gironde, est utilisée par des radeliers (radjaires) qui convoient les billons de pin jusqu'au chemin de fer.

Le système des étangs littoraux

La plupart des étangs du littoral landais ont un exutoire vers l'océan appelé "courant".

Il peut être direct. C'est le cas de l'étang de Soustons dont les eaux parviennent à Vieux-Boucau - Port d'Albret où confluent celles de l'étang de Pinsolle et celles de la petite trilogie Moliets-La Prade-Moïsan. Même schéma à Léon dont le lac est drainé par le courant d'Huchet, et à Contis où un ruisseau évacue les eaux d'un ancien plan d'eau qui s'étendait naguère sur les communes de Lit, Saint-Julien-en-Born et Uza.

Mais l'écoulement des eaux vers la mer peut-être "indirect". L'étang d'Aureilhan gagne ainsi l'océan par le courant de Mimizan mais reçoit, par celui de Sainte-Eulalie, les eaux du lac de Biscarrosse-Parentis ; lesquelles communiquent, via l' Estanhò t de Biscarrosse avec celles de Cazaux-Sanguinet...

Parfois, le drainage de l'arrière-pays peut s'avérer compliqué du fait de l'instabilité du cordon dunaire ; l'exemple de Sanguinet est parlant : la montée des eaux de la Gourgue aboutit, au début de notre ère, à la formation d'un lac qui contraint les hommes à se déplacer au fil du temps, laissant à nos contemporains cinq sites archéologiques s'étendant de l'âge du Bronze à l'époque romaine qui fournissent un important mobilier, notamment des pirogues monoxyles d'un intérêt majeur, bien conservées parce qu'elles sont demeurées immergées...

Au couchant de l'étang de Soustons, derrière le cordon dunaire, un lieu-dit très ancien, d'origine prélatine, fournit un cliché de la physionomie des lieux avant la stabilisation du trait de côte : Latch e, résidence secondaire de François Mitterrand, s'explique par un terme appartenant au substrat le plus ancien dont le basque latsa (prononcé [latcha]), "cours d'eau dans lequel se jettent plusieurs autres plus petits", est le continuateur [1]. Un hydronyme landais connu du monde entier...

Latche : rencontre entre François Mitterrand et Helmut Schmidt

Latche : rencontre entre François Mitterrand et Helmut Schmidt

A Latche, François Mitterrand accueille le chancelier allemand, Helmut Schmidt. Avant un entretien en tête-à-tête visant à recaler l'entente franco-allemande et assurer la stabilité de l'Europe dans un contexte économique difficile, les deux chefs d'Etat, accompagnés d'une délégation franco-allemande, se baladent aux alentours de la propriété du président français.

07 oct 1981
01m 59s
Fiche (00332)

[1] LHANDE, Pierre, Dictionnaire basque-français, Paris : éditions Gabriel Beauchesne, 1926.

Les zones humides

Les lagunes

Elles constituent un élément patrimonial d'une telle importance que le Conseil général des Landes en a dressé un inventaire cartographique dès 2005. Ce travail vise à déterminer les enjeux de leur préservation dans le cadre d'une politique en faveur des espaces naturels. Cette base de données regroupe des informations complètes concernant les habitats naturels, la botanique, les espèces floristiques et faunistiques tout en faisant le bilan de l'état de conservation de ce type de milieu.

Mais que sont les lagunes ? Pourquoi intéressent-elles les chercheurs ? Quel rôle jouent-elles dans la compréhension de l'occupation du sol et de l'économie ancienne ?

Ce sont des formations, sous des conditions périglaciaires, de petites lentilles de glace sur un substrat mal drainé lors de la phase ultime de mise en place du voile éolien du Sable des Landes. Au cours du Tardiclaciaire (18 000 BP à 9700 BP), pendant une période de réchauffement, la glace accumulée des pergélisols aurait fondu, entraînant l'effondrement des buttes sableuses et l'apparition de ces mares.

L'étude palynologique y révèle des associations végétales indiquant la permanence régionale d'une chênaie caducifoliée (20 %) et la présence de pinèdes. La végétation locale se compose de taillis de bouleaux et d'une végétation rivulaire alliant saules, graminées, cypéracées et ombellifères. Dans les niveaux terminaux, apparaissent le châtaignier et le pin maritime, caractéristique des 2000 dernières années (Subatlantique final) [1]. Découverte majeure : selon les révélations de récents travaux [2], les lagunes associées à des sites archéologiques confirment l'anthropisation des lieux humides de la Grande Lande dès la fin du Mésolithique.

Mais aujourd'hui, dans les Landes, le terme "lagune" désigne précisément trois phénomènes dans l'ordre de la géomorphologie et de l'hydrographie.

Ce sont des étendues d'eau stagnante de taille variable, de forme circulaire ou ovoïde, fréquentes dans les zones interfluviales de la lande humide. On les trouve plutôt à l'intérieur des Landes de Gascogne, émaillant de leurs taches bleuâtres les cartes jusqu'à l'arrivée du maïs colonisateur et exigeant en eau.

Elles peuvent aussi constituer de petits plans d'eau au pied des dunes fossiles continentales de forme parabolique, à l'instar du "Douc" de Cazalis en Gironde ou la dune de Capsus à Moustey.

Sur le littoral enfin elles apparaissent, séparées des eaux marines par un bourrelet sablonneux. À Mimizan, l'embouchure du "courant" se situe ainsi longtemps au sud de l'actuelle station balnéaire alors que le cordon dunaire n'est pas encore réellement établi ; de ces divagations anciennes témoignent encore deux petits étangs, les "Mailloueyres".

Lagúa, laguiba du côté de Bayonne, elles sont généralement désignées par le continuateur local du latin lacuna mais se cachent aussi derrière les microtoponymes Aygueloungue (aiga longa) ou Ayguesèque (aiga sèca) [3] qui en rappellent la forme ou le caractère irrégulier de leur approvisionnement en eau en fonction du niveau de la nappe phréatique.

[1] LEGIGAN, Philippe et MARAMBAT, Laurence, L'Âge de la formation d'une lagune landaise : premières données plynologiques et radiométriques, Bulletin de la Société de Borda, 1993.

[2] De la lagune à l'airial : le peuplement de la Grande Lande . Actes du colloque de Sabres, novembre 2008, édition de la fédération Aquitania et du Parc naturel régional des Landes de Gascogne.

[3] Littéralement : "eau longue" et "eau sèche".

Les marécages

De la lagune au marécage il n'y a qu'un pas. Sur la côte, dans le secteur de "Contis-les-Marais" (carte IGN au 1 / 10 000 n° 62) ou à Léon, par exemple, aux confins du Maremne et du Marensin, de nombreux noms de lieux indiquent la nature marécageuse du sol liée aux divagations des courants locaux changeant d'exutoire au gré du temps.

Outre palu, directement issu du latin palus / paludis, on y repère, le lieu-dit Paludot (Paludòt), une forme diminutive du précédent, et, sur la rive nord de ce même étang, un secteur dénommé Cout de l'Auga (Cot de l'Augar), "quartier, hameau du marécage", qui rappelle la molinie (auguicha ou augar) qui colonise les sols rendus imperméables par la couche d'alios (lapar).

Un exemple parmi tant d'autres car le lexique de la Grande Lande n'est pas avare pour décrire ces zones présumées dangereuses que les premiers itinéraires ont soigneusement évitées. Du bra u (issu du celtique * bracu) à la hanga, hanha ou au collectif hangar (du germanique * fani latinisé en fania), la liste est longue des termes liés aux paysages qui serviront de support à la "légende noire".

Car c'est ainsi que l'on désigne la longue litanie des poncifs véhiculés, à la fin du XVIIIe siècle et durant la première partie du XIXe siècle, sur les Landais et leur pays. Émanant d' esprits "éclairés" ces assertions véhiculent en réalité une idéologie à peine masquée. La colonisation bat son plein outre-mer ; les Landes s'insèrent donc naturellement dans un vaste plan de "valorisation" au centre duquel se situe l'indigène au milieu de ses marais ; il doit aboutir à l'assainissement, c'est-à-dire, prioritairement au drainage des zones insalubres.

À Sabres, au Pavillon de l'Écomusée, un long couloir noir rend compte des méfaits des miasmes aquatiques et mène vers l'espace rédempteur des plans ourdis par les aménageurs du Second Empire...[1]

[1] On peut y lire, entre autres :

  • "L'air est très malsain dans tous les lieux qui bordent les marais et les étangs. Dans l'été et surtout dans l'automne, les naturels mêmes du pays y sont incommodés de violents maux de tête et de fièvres très difficiles à extirper". Guillaume Desbiey, 1776

  • "Les paysans landais sont peu civilisés ; le genre de vie qu'ils mènent les rend tout à fait rustiques et presque sauvages. Ils vivent seuls et comme ignorés du genre humain". Jacques Grasset de Saint-Sauveur, 1798

  • "Je comparai ces grands espaces vagues aux plaines incultes de l'Afrique". Colonel Lugan, 1836.

Les barthes, saligues et ripisilves

Bélus, Orthevielle, Peyrehorade, Port-de-Lanne, Saint-Étienne-d'Orthe, autant de bourgs baignés par l'Adour et ses affluents, qui évoquent le "pays d'Orthe", aux confins du Béarn, des Landes et du Pays basque, en terre gasconne.

Aux marges de ce pays, sur la rive gauche du cours d'eau, l'installation, au XIIe siècle, d'une abbaye de Prémontrés, à Arthous, sur la commune d'Hastingues, s'explique par l'exploitation de terres enrichies par les limons du fleuve, ce qui conduit naturellement à découvrir les berges inondables de l'Adour et des Gaves réunis, appelées localement barthes [1]. Ici, encore plus précisément qu'ailleurs, la toponymie rend compte de la nature du sol, mentionnant très précisément terres inondables et lieux secs.

Occupées depuis la Préhistoire, les barthes, terres meubles et fragiles, soumises aux aléas des crues, constituent un paysage bien maîtrisé, façonné par les hommes dans un contexte caractérisé par l'omniprésence de l'eau : fermes à grand porche conçues pour faire face aux inondations, prairies de pacage en partie basse et cultures plus en hauteur. Un bel exemple d'adaptation de l'homme au milieu !

En Béarn particulièrement, les rives et bras secondaires des Gaves de Pau ou d'Oloron sont assez largement boisés de saules (gascon sauç, du latin salix / salicem). Ce sont les saligas, "saulaies" qui constituent un milieu original dans le lit mineur de chaque rivière, bien repérable au moment de l'étiage.

Dans la partie landaise du cours de l'Adour, un milieu semblable est protégé depuis 2003, suite à l'aménagement de la retenue de Bordères-Cazères destinée à écrêter les crues du fleuve. À côté du chenal artificiel réalisé, le lit de l'Adour y est assez large : il est fait de terrasses moyennes et de zones plus basses où, sur graviers et galets, on trouve pelouses acidiphiles et prairies mésophiles eutrophes, fourrés de prunelliers sauvages, forêt-galerie de saules blancs et de peupliers noirs. Dans les bras morts et les anses, les roselières et les herbiers constituent autant de précieuses frayères.

Les barthes de l'Adour

Les barthes de l'Adour

Découverte, en compagnie de l'architecte et paysagiste Maïté Fourcade, des barthes de l'Adour, paysage emblématique du pays d'Orthe résultant de l'adaptation des pratiques agricoles à ce milieu régulièrement soumis aux crues de l'Adour et assaini dès la fin du XVIIe siècle par un système de drainage.

09 avr 2005
03m 36s
Fiche (00098)

Constituée d'essences diverses (chênes et feuillus adaptés aux zones humides), la forêt-galerie, également appelée ripisilve, constitue, le long des cours d'eau de la Grande Lande (bassin de L'eyre) et de certains courants côtiers, des biotopes remarquables abritant une faune et une flore parfois exceptionnelles, toujours fragiles, dans tous les cas protégées.

Le courant d'Huchet en est le plus bel exemple : classé dès 1934 comme monument naturel et site de caractère artistique, historique, scientifique et pittoresque, cet émissaire des eaux de l'étang de Léon serpente sur une dizaine de kilomètres vers la mer, dans une vallée étroite ombragée par une forêt miraculeusement épargnée.

Reliquat des boisements naturels primitifs, la forêt-galerie souligne le chapelet des bourgs primitifs qui y puisent le bois nécessaire aux activités artisanales traditionnelles, forges et tuileries notamment.

Promenade sur le courant d'Huchet

Promenade sur le courant d'Huchet

Du lac Léon à l'océan Atlantique, promenade à bord d'une barque sur le courant d'Huchet.

11 juil 1968
02m 21s
Fiche (00047)

[1] Du gascon barta, mot d'origine prélatine.

Les fontaines et sources consacrées

Curieusement, le Guide du pèlerin [1] les ignore ! Dans le passage qui concerne la traversée des "landes de Bordeaux", on lit : "C'est un pays désolé, sans pain ni vin, ni viande, ni poisson, ni eau ni source. Les villages sont rares...et si tu ne fais pas attention où tu poses les pieds, tu t'enfonceras rapidement jusqu'aux genoux dans le sable marin qui là-bas est envahissant".

Pourtant, dans les Landes, il y a des siècles que de vieilles fontaines guérisseuses remédient aux maux les plus courants, opérant à l'instar des médecines douces d'aujourd'hui...

Cachées au fond d'un abri de bois ou de pierre, appartenant à ce qu'il est désormais convenu d'appeler le "petit patrimoine rural", elles sont partout et elles guérissent tout ! En voici quelques exemples.

Pour la migraine : Sainte-Quitterie d'Aire, Arx, Commensacq, Gastes, Lucbardez, Maillères, Saint-Martin d'Oney, Sainte-Foy, Toulousette et Villenave.

Pour la peau : Sainte-Ruffine et Saint-Loup à Aureilhan, Saint-Jean à Azur, Saint-Amand à Bascons, Saint-Christophe à Benquet, Saint-Martin à Biscarrosse, Saint-Roch à Castets, Saint-Savin et Sainte-Rose à Larrivière, Saint-Michel et Saint-Pierre à Luë, Saint-Loup à Mauvezin-d'Armagac, Notre-Dame de Las Argileyres à Mézos, Notre-Dame et Saint-Orens à Moliets, Sainte Ruffine à Biganon, Sainte-Rose à Suzan, Saint-Barthelemy à Parentis, Saint-Loup à Philondenx, Sainte-Rose à Pontenx, Saint-Jean à Rions, Saint-Loup à Sabres, Saint-Jean à Saint-Julien-en-Born, Saint-Antoine et Saint-Michel à Escalus, Sainte-Rose à Samadet, Sanguinet et Ychoux, Notre-Dame de Lingeard à Sore, Sainte-Anne à Tartas, et Saint-Jean à Ychoux... [2]

Et la liste et loin d'être exhaustive ! Pour les peurs, la folie, les rhumatismes, elles sont toutes présentées sur la carte inter-active réalisée au Pavillon des Landes de Gascogne, à Sabres. [3]

[1] Attribué au moine Aimery Picaud, ce texte constitue le Ve et dernier livre du Codex Calixtinus ou "Livre de Saint Jacques" rédigé vers 1140.

[2] MARLIAVE, Olivier de, Sources et saints guérisseurs des Landes de Gascogne, Bordeaux : L'Horizon chimérique, 1999.

[3] "Lorsqu'on ne connaît pas la maladie ou qu'on doute sur la nature du mal, il s'établit une concurrence sérieuse entre saint Blaise de Commensacq, saint Amond de Bascons, saint Louis de Saint-Pierre-du-Mont, saint Jean de Bourricos, et d'autres qu'on peut avoir en vue. Toutes les vieilles du voisinage du malade et d'autres qu'on croit plus expérimentées s'assemblent en consultation chez le malade. Il est rare si elles sont d'accord sur la nature du mal et sur le saint auquel il faut s'adresser ; cependant il faut décider quelque chose ; elles ont un moyen infaillible pour vider la question et faire taire tous les doutes : elles préparent autant de bougies qu'il y a de saints sur le tapis ; elles coupent ces bougies exactement à la même longueur ; elles les allument toutes à la fois ; chaque bougie est à la place du saint qu'elles cherchent ; et la première brûlée indique celui auquel il faut recourir. En cas de ballottage, elles n'oublient pas de faire attention quelle est la bougie la plus flamboyante ; c'est celle-là qui leur montre le saint qu'il faut choisir et auquel il faut s'adresser." Abbé Dumartin, curé de Commensacq. Monographie, env. 1850.

Les eaux thermales

Son nom le proclame d'entrée : issu du syntagme latin Ad aquis, le chef-lieu de cité antique, aujourd'hui sous-préfecture, est une ville d'eaux, construite sur les rives marécageuses de l'Adour. La légende fondatrice remonte à l'époque romaine mais il est probable qu'avant l'aménagement de la fontaine chaude appelée Nèhe [1], les eaux sulfureuses qui jaillissent, en plein cœur de la cité, à 62,5 ° et les péloïdes [2] soignent déjà les autochtones.

Dax : thermalisme et tourisme

Dax : thermalisme et tourisme

Station thermale réputée, Dax accueille dans ses établissements thermaux de nombreux curistes. Célèbre également pour ses fêtes patronales, la ville redouble d'efforts pour attirer les visiteurs, consciente que le tourisme constitue une deuxième source de richesse. Rencontre avec Max Moras, maire de Dax, et avec le directeur de l'office de tourisme.

20 aoû 1970
07m 12s
Fiche (00256)

Redécouvertes au XIXe siècle, les vertus des eaux thermales font la fortune de bon nombre de villes au destin mitigé. Mais, dans les Landes, Dax caracole en tête du peloton des 106 stations françaises avec 50 000 touristes par an : un poids lourd de l'économie départementale puisque, conjugués aux résultats des 4 autres petites communes de tradition thermale, Eugénie-les-Bains [3], Préchacq-les-Bains, Saubusse et Gamarde, les revenus globaux du thermalisme dans les Landes sont de 169 millions d'euros [4].

Cette réussite dans un contexte économique fluctuant s'explique par l'adaptation de l'offre à la demande. Les intérêts et les modes évoluent ; la Compagnie thermale l'a bien compris qui valorise l'image d'une thérapie quelque peu obsolète en proposant des prestations en adéquation avec l'époque, inventant pour une clientèle plus jeune des soins de confort et de détente regroupés sous le terme de "thermoludisme".

L'impact du thermalisme sur l'économie à Dax

L'impact du thermalisme sur l'économie à Dax

Le thermalisme représente une part importante de l'économie dacquoise. Or depuis 2002 , la fréquentation des thermes est en baisse. La nouvelle directrice de la Compagnie thermale de Dax, Danièle Gey, envisage donc de diversifier l'offre pour attirer une nouvelle clientèle.

21 mai 2010
02m 12s
Fiche (00257)

[1] Du nom d'une divinité bienfaisante attestée, en composition, dans toute la Rhénanie (matronae Boudunneihae, Mahlinehae, matronae Veteranehae etc.).

[2] Boue végéto-minérale. Au cours d'une lente maturation, sous l'action simultanée de l'eau thermale et de sa minéralisation, de spores endogènes et de la lumière solaire, les alluvions tamisées de l'Adour se couvrent de micro-algues qui forment une substance active contenant des anti-inflammatoires, les "péloïdes".

[3] Fondée sous le Second Empire sous le parrainage de l'impératrice Eugénie de Montijo, Eugénie-les-Bains est cependant toujours nommée localement Las Aigas, "Les Eaux".

[4] Chiffres de 2010.

L'occupation du sol et l'organisation d'une économie adaptée au milieu

Le maillage des premiers chemins

On a coutume de dire que ce sont les animaux qui ont tracé les premiers chemins ; et, d'instinct, ils fuient l'eau... Puis les hommes ont suivi créant, depuis des milliers d'années, tout un réseau d'itinéraires dans les zones les mieux égouttées.

Dans les Landes, bien que ce ne fût pas toujours chose aisée, les cheminements anciens se sont déjoués de ces difficultés créant un maillage d'itinéraires depuis l'Antiquité. Car ces derniers n'ont pas fondamentalement changé : les autoroutes actuelles reprennent grosso mo do l'axe des anciennes grandes nationales, les nationales emboîtent souvent le tracé des routes des intendants qui suivent peu ou prou l'axe des voies "romaines" qui, elles-mêmes s'alignent sur des itinéraires proto-historiques, voire préhistoriques.

Sur le territoire des Landes, se dessinent ainsi, par exemple, trois grands axes de circulation nord-sud imposés par le réseau hydrographique.

Tout d'abord, la voie qui mène, depuis Soulac, à l'entrée de l'estuaire de la Gironde, vers la péninsule ibérique en longeant la côte. Altérée par la formation des étangs au début de notre ère, elle s'est quelque peu déplacée vers l'est, enjambant tout le réseau de "courants" qui se jettent dans l'Océan. Utilisée comme voie commerciale - notamment pour l'acheminement de l'étain en provenance d'Angleterre - au cours du Ier millénaire av. J.-C., elle est reprise ensuite par un chemin jacquaire qui suit la "route des étangs", celle que l'inventeur de la "Côte d'Argent" eût aimé transformer en boulevard pour les automobiles...

L'inauguration de la voie littorale sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

L'inauguration de la voie littorale sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

La voie littorale, quatrième chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle dans les Landes, vient d'être réhabilitée. Empruntée il y a près de mille ans par les premiers pèlerins, elle propose aujourd'hui 150 kilomètres de parcours balisé, le long de l'océan Atlantique, entre Sanguinet et Tarnos.

02 oct 2005
01m 38s
Fiche (00242)

Ensuite, le grand axe de l'A63, entre Bordeaux et Bayonne, dont une grande partie du tracé - à partir de Belin certainement et jusqu'à Castets - recoupe un itinéraire "direct" tracé sous l'Empereur Auguste pour relier Burdigala (Bordeaux) au chef-lieu de cité des Aquenses (Dax). Délaissé très tôt, lors de la crise du IIIe siècle, il est repris, au début du second millénaire par les pèlerins partant de Tours qui en font un itinéraire majeur appelé, de ce fait, via turensis .

Cet axe qui évite le franchissement des cours d'eau - exception faite du "passage" de l'Eyre à Belin - est appelé à devenir une "route des intendants" au XVIIe siècle, jalonnée de relais de poste, puis la "nationale 10" avant d'obtenir le label "autoroute" en passe d'être validé... Mais sa réputation n'est pas fameuse en raison précisément de l'absence de drainage de cet axe mal égoutté, entre bassins versants de l'Eyre, de l'Adour et des étangs, et les voyageurs exposés au paludisme et autres maux liés à ce contexte lui préfèrent longtemps un itinéraire plus long appelé "voie des petites Landes".

Inauguration du balisage de la voie de Tours sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Inauguration du balisage de la voie de Tours sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Une centaine de randonneurs se sont réunis à Saint-Paul-lès-Dax pour l'inauguration du balisage des 180 kilomètres landais de la voie de Tours menant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

07 juil 2002
01m 57s
Fiche (00240)

Enfin, en provenance de Bazas, une dernière route entre dans les Landes par un double tronçon qui passe par Lencouacq et Retjons où la commanderie de Bessaut et l'église de Lugaut accueillent le pèlerin. C'est la voie de Vézelay, nommée aussi via lemovicensis car elle passe par Limoges. Elle rejoint Mont-de-Marsan et Saint-Sever, enjambant les cours du Midou et de l'Adour pour atteindre le Béarn à Sault-de-Navailles.

La toponymie nous enseigne qu'il s'agit d'un secteur jadis boisé, un peu mieux égoutté : Bessaut et Lugaut, Bostens, Lucbardez et Pouydesseaux, Hagetmau et Sault-de-Navailles y rappellent en effet l'omniprésence de la forêt [1].

[1] Ces toponymes gascons rappellent respectivement une "boulaie", des "lieux boisés" (Lugaut à partir du latin lucus et Bostens à partir du germanique * bosk, passé à bòsc ou bòst), un "bois marécageux" (Poi de Sauç, "hauteur dominant une saussaie"), une "hêtraie" et un "bois associé à de nouvelles terres défrichées" (du latin saltus et novalia).

L'organisation des bourgs dans la lande mésophile, sur le rebord du plateau au dessus des "gerts" humides et sur le lieu de franchissement des cours d'eau

Le long des grands itinéraires se développent logiquement les bourgs. Dans les Landes, deux types d'implantation s'expliquent toujours par rapport au réseau hydrographique et à la nature du sol.

Dans la vaste partie occupée aujourd'hui par le pinhadar, jadis domaine de la lande, l'occupation du sol, extrêmement dépendante du drainage naturel et des ressources en eau potable, s'organise, la plupart du temps, aux confins de la lande mésophile, dans la zone intermédiaire entre la rivière et les secteurs mal égouttés des interfluves. Toutes les cartes anciennes mettent ainsi en exergue l'étroit lien entre la genèse des premiers bourgs et la forêt-galerie rattachée au bassin de la Leyre.

En Chalosse et en Tursan, où les données naturelles sont différentes, les premières communautés s'ancrent directement sur le rivage du fleuve et de ses affluents. L'Adour accroche ainsi les deux grands chefs-lieux de cité, Aire et Dax, points de passage majeurs, et le réseau paroissial se tisse sur les plateaux dominant les secteurs plus humides laissés à la pâture, les gerts [1] des secteurs de Tilh et d'Arboucave ou les barthes de l'Adour, plus en aval.

[1] Nom générique ancien des terres de lande non cultivées, inhabitées, en Béarn et dans ses confins.

L'équilibre ancien fondé sur la gestion des ressources locales

L'agro-pastoralisme

Les données naturelles de la Grande Lande (550 000 hectares) ne sont pas particulièrement favorables au développement d'une économie prospère mais "l'homme y a intuitivement compris" comment il pouvait tirer parti des maigres ressources du sol.

Installés sur un vaste plateau sableux échancré par le lit de petits cours d'eau, les premiers bourgs recherchent les zones les mieux égouttées à la lisière de la lande marécageuse et, jusqu'à la loi de 1857, on y respecte "un équilibre naturel nécessaire à tout développement durable".

Du bourg primitif, installé près d'un cours d'eau, partent, dans la période d'expansion économique et démographique du début du second millénaire, des bergers qui fondent de nouveaux noyaux d'habitation en défrichant les chênaies liées à la forêt-galerie. Ces nouveaux foyers de vie s'appellent "airial" [1] ; ils se regroupent en "quartiers".

Dans ces quartiers, les airiaux vivent en autarcie, utilisant l'eau des moulins de proximité qui broient le seigle produit par les champs circonvoisins, eux-mêmes amendés par les déjections des ovins soigneusement récupérées. Les prairies de fauche en bord de rivière permettent par ailleurs de compléter l'alimentation du bétail.

"Un équilibre total", fondé sur une gestion raisonnée de l'eau, jusqu'à la promulgation par l'Empereur Napoléon III de la loi de 1857 dite "de mise en culture et d'assainissement des Landes de Gascogne" qui détruit toute cette "structure agricole, économique et sociale conçue pour respecter cet équilibre"...

[1] Du latin area, "aire, surface plane".

L'arbre d'or

L'arbre d'or

En 1857, la loi d'assainissement des Landes de Gascogne, initiée par Napoléon III, aboutit à la plantation massive de pins maritimes mettant à mal les anciennes structures du système agro-pastoral. L'espace boisé devient ainsi le théâtre de graves incendies, dont celui de 1949, point de départ d'une politique de prévention et d'expérimentation sur la réhabilitation d'anciennes fermes.

16 mar 1955
21m 46s
Fiche (00071)

Les forges et les tuileries

La métallurgie du fer, rendue possible par la présence de garluisha [1], est une activité traditionnelle dans la plus grande partie des Landes. À Sanguinet, aux IIIe-Ier siècle av. J.-C., sur le site archéologique de l'Estey du Large, des monceaux de scories de réduction, d'affinage ou de forgeage du fer ont été relevés présumant de la présence d'un petit centre de production métallurgique, à partir du fer des marais [2], dès l'Antiquité.

Outre Brocas, Pontenx, Ychoux ou Pissos, on trouve traces de forges dans la région de Dax, à Saint-Paul-lès-Dax, Ardy, Poustagnac, Castets, Buglose mais aussi à Mont-de-Marsan, à Cère ou à Labouheyre. Installées près d'un ruisseau ou d'une rivière, elles sont toutes liées à la nécessaire présence de l'eau. Mais, au début du XXe siècle, nombre de ces établissements doivent cesser leur activité, victimes de la concurrence de la grande industrie sidérurgique de Lorraine à plus forte teneur en minerai. De ce passé demeurent de petits étangs parfois réaménagés pour l'agrément...

En liaison avec les gisements d'argile, les tuileries - dont certaines demeurent actives jusqu'aux années 1960 - sont nombreuses dans le passé et alimentent une économie locale dynamique. Cadastres et cartes anciens en témoignent qui annoncent les lieux-dits L'Argileyre, Argilas, Argillan, Argelouse, Argelos ou La Teuleyre , à proximité immédiate des cours d'eau.

[1] Grès ferrugineux local, état évolué de l'alios, procédant de la cimentation des grains de sable et des graviers par des oxydes de fer, d'aluminium ou de manganèse.

[2] Minerai de fer très riche.

La pêche et le commerce fluvial

Dans les Landes, toutes les eaux fournissent ou fournissaient du poisson : la mer, bien sûr, mais aussi les étangs, les rivières, les gaves et - ce qui est moins connu - les lagunes aux noms évocateurs [1], véritables réservoirs naturels fixant un premier habitat organisé dès la fin du Mésolithique, comme l'ont démontré les archéologues.

[1] "Las Pesqueyres" entre Saint-Symphorien et Villandraut, en Gironde, le "Marais du Pesqué" à Liposthey, ou " L'Anguilleyre" au cœur de la Grande Lande. Ces toponymes renvoient au gascon pesquèr et pesquèira, " lieu de pêche, vivier", et à anguilèir a, "lagune pourvoyeuse d'anguilles".

Le port de Capbreton

Capbreton, seul port des Landes, concentre depuis bien longtemps toutes les activités halieutiques du territoire. Grand port de pêche au Moyen Âge, la petite cité se dote, au début du second millénaire, d'une commanderie à l'embouchure de l'Adour, et reçoit des bateaux jaugeant jusqu'à 400 tonneaux. La chasse à la baleine est alors en plein essor dans le Golfe de Gascogne et la vicomté de Maremne est prospère.

Au temps de son apogée, aux XVe et XVIe siècles, le port landais compte donc jusqu'à 3000 habitants, qui vivent en grande partie des revenus des pêches lointaines mais aussi du commerce florissant vers l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas, alors sous domination espagnole. S'ajoutent aux bénéfices des ressources halieutiques, le produit de la vente de vin de sable, très réputé, et les revenus de la forêt naturelle qui fournit liège, bois, résine et poix.

Le détournement de l'Adour au profit de Bayonne, en 1578, bouleverse la donne et amorce le déclin de l'ancienne cité "aux cent capitaines" jusqu'aux travaux réalisés sous Napoléon III.

Témoin de l'ancienneté de cette tradition, un droit coutumier, toujours en vigueur, autorise les pêcheurs locaux à vendre leur prise directement sur des étals, au bord du quai...

Le port de plaisance de Capbreton

Le port de plaisance de Capbreton

Ancien port de pêche, Capbreton est aujourd'hui un port de plaisance et une station balnéaire très appréciée des touristes. L'importante fréquentation en période estivale permet un développement économique dynamique. Un plan d'aménagement touristique Etat-région et la construction d'un centre européen de rééducation pour sportifs de haut niveau ont ainsi été envisagés.

09 juil 1990
02m 16s
Fiche (00236)

Sur l'Adour et ses affluents

Vers la fin du XXe siècle l'Adour est navigable sur environ 125 km, de Saint-Sever à Bayonne.

Port-de-Lanne, Sainte-Marie-de-Gosse, Saint-Laurent, Saint-Barthémémy sur la rive droite, Urt et Urcuit sur la rive gauche, sont des ports très actifs. Céréales et farines, vins de Chalosse ou eaux de vie d'Armagnac, produits résineux, bois et pierres sont acheminés vers Bayonne, cependant que les bateliers font remonter cuirs, sel ou produits manufacturés vers l'intérieur des terres.

Sur l'Adour circulent alors galupes, gabares, tilloles et chalibardons, embarcations locales à fond plat manœuvrées à l'aviron, à la voile ou par halage, pouvant convoyer de 30 à 70 tonnes de marchandise.

À Sorde-l'Abbaye, entre Cauneille et Oeyregave, confluent le gave de Pau et celui d'Oloron au lieu-dit "Bec du Gave". Sur une dizaine de kilomètres, baignant Peyrehorade et Orthevielle sur la rive droite, Hastingues sur la rive gauche, coulent alors les Gaves réunis. C'est un lieu de prédilection encore de nos jours pour les pêcheurs amateurs qui remplissent les paniers de pêche d'aloses, de lamproies et de pibales...

Mais ici, c'est surtout la pêche au saumon, fort ancienne, qui fait la réputation des eaux.

La pêche au saumon dans les Landes

La pêche au saumon dans les Landes

A la confluence de l'Adour et des Gaves réunis, au niveau du Bec du Gave, des hommes pêchent le saumon au filet.

27 avr 1966
03m 08s
Fiche (00281)

Dans les courants littoraux

Dans les courants littoraux ou les étangs, la pêche à la nasse s'est longtemps pratiquée, au moyen de filets ou de fagots en forme de pièges.

Vers 1035, Guillaume, comte de Poitiers, et son frère Pierre donnent ainsi à l'église de Mimizan "la dîme de deux nasses ou pêcheries établies sur le fleuve côtier de cette localité" et un rôle gascon du 25 juillet 1281 autorise la construction d'un moulin sur le même cours d'eau, "entre l'étang et la mer".

Le courant de Sainte-Eulalie, qui prend naissance au milieu des roselières et des aunaies du secteur de la Taffarde, au nord, garde le souvenir de plusieurs pêcheries jadis actives : carpes et brochets, gardons, perches et surtout anguilles ou anguillons y étaient capturés et même "expédiés chaque jour par quintaux à Paris", écrit Maurice Martin dans son ouvrage sur la Côte d'Argent.

La pêche à la pibale

La pêche à la pibale

Particulièrement réglementée, la pêche à la pibale, qui se pratique sur les rives du courant de Mimizan par des pêcheurs professionnels, s'est depuis quelques années intensifiée. D'un point de vue gastronomique, la pibale est un mets recherché que les grands chefs landais savent accommoder pour le plus grand plaisir des amateurs.

21 fév 1996
04m 55s
Fiche (00275)

Dans le bassin de l'Eyre

Dans la Grande Lande, le bassin de l'Eyre fournit encore un nombre important d'espèces surveillées par des organismes compétents. Depuis 1994, dans le cadre du Réseau Hydrobiologique et Piscicole (RHP) des suivis de peuplements sont réalisés chaque année par l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) à Mios et à Moustey.

Les dernières données (2004 et 2007) indiquent encore la présence, dans tout le bassin versant, de 16 espèces : l'Anguille européenne, le Brochet, le Flet, le Gardon, le Goujon, la Lamproie de planer, la Lamproie de rivière, la Lamproie marine, la Loche franche, la Perche, la Perche soleil, la Truite arc-en-ciel, la Truite fario, le Saumon de fontaine, le Vairon et la Vandoise.

Mais la Leyre n'est pas un simple cours d'eau poissonneux. Véritable "colonne vertébrale" de la Grande Lande, reliant le cœur du département au secteur toujours dynamique des abords du bassin d'Arcachon, elle fut, jadis, une voie de communication d'une certaine importance. À partir de Pissos, les radjaires, les "radeliers", l'utilisaient pour descendre les grumes de pin vers Lamothe, où elles rejoignaient le chemin de fer.

L'histoire des migrations internes depuis le XVIe siècle confirme d'ailleurs le rôle économique et social joué par le petit fleuve qui devait servir d'ancrage, au XXe siècle, au Parc naturel régional des Landes de Gascogne...

Les grands aménagements de la fin du XIXe et du début du XXe siècle

Le drainage et l'assainissement des Landes de Gascogne

La loi d'assainissement et de mise en valeur des Landes de Gascogne de 1857 passe évidemment par la gestion de l'eau, en l'occurrence le drainage des interfluves. En cette période dominée par l'hygiénisme, il faut assécher. Après les projets ambitieux et plus ou moins aboutis de creusement de canaux aux XVIIIe et XIXe siècles, le maillage des landes humides par tout un réseau de fossés appelés localement jales, barrades ou crastes s'opère selon un plan "rationnel" qui va jusqu'à faire disparaître des étendues d'eau aussi importantes que l'étang d'Orx.

En 1855, 20 000 hectares sont donc assainis et ensemencés sous les directives de Jules Chambrelent, ingénieur des Ponts et Chaussées. L'empereur Napoléon III s'enthousiasme, acquiert lui-même en 1857 une propriété de 7 400 hectares qui, érigée deux ans plus tard en commune, est appelée Solférino en souvenir de la victoire sur les armées autrichiennes...

Situé aux confins de la Maremne et du Seignanx, le marais d'Orx ou Grand Morar, "le grand marais", est aménagé au XIXe siècle pour devenir jusqu'aux années 1970 un vaste domaine agricole où l'on cultive le maïs avide d'eau.

Revenu à sa vocation première la décennie suivante, le "domaine d'Orx" est aujourd'hui un étang circulaire drainé par le canal du Boudigau qui récupère aussi les eaux des étangs d'Yrieu et de Garros avant de rejoindre l'océan à Capbreton. Une partie du marais est classée depuis 1989 en réserve naturelle.

Le marais d'Orx

Le marais d'Orx

Asséché en 1808 pour être cultivé, le marais d'Orx redevient en 1984 une zone humide et le lieu de passage et d'hivernage pour des centaines d'espèces d'oiseaux migrateurs. Racheté par le Conservatoire du littoral, avec l'aide financière du WWF-France, le site tend aujourd'hui à devenir une réserve naturelle.

15 nov 1990
01m 56s
Fiche (00095)

L'émergence des bains de mer et du thermalisme

La médecine hygiéniste recommande, en ce XIXe siècle novateur, la balnéothérapie. Au soleil de l'Atlantique, de Mimizan à Biarritz, naît la mode du "bain à la lame" salvateur pour le lymphatique, l'anémique ou la jeune femme "en âge d'avoir des enfants". Mais il faut rester prudent - recommandent les ouvrages de l'époque - et se limiter à quelques minutes, être à jeun de préférence, ne pas se baigner trop vite après les repas...

Mais, foin des vertus thérapeutiques ! À "La Belle Époque", on découvre aussi le plaisir de nager, d'atteindre la corde que les maîtres-baigneurs ont tendue jusqu'à la zone de tous les dangers.

L'ample chemise de serge ou la vareuse habillent de pied en cap les corps, préservant la pudeur des quelques centaines de privilégiés qui fréquentent les toutes nouvelles stations où l'on se retrouve "entre soi". Car, dans les Landes, les baigneurs appartiennent, pour la plupart, aux familles privilégiées du pays qui peuvent faire construire, derrière la dune, une "villa", une maison de "villégiature". Dans ce contexte, Maurice Martin lance sa "Côte d'Argent" en 1905.

À Dax, Saubusse, Préchacq, Gamarde ou Tercis, une démarche similaire conduit à développer, dans des établissements flambant neuf, les vertus des eaux sulfureuses et des boues péloïdes que la nature offre en abondance dans le bassin de l'Adour. Eugénie de Montijo, l'épouse de Napoléon III, donne le ton et bientôt la grande bourgeoisie française et quelques aristocrates fortunés découvrent les Landes.

On est encore loin du business lié aux sports de glisse ou à la thalassothérapie mais déjà tout un pan de l'économie landaise se met en place...

Les thermes de Saubusse et de Dax

Les thermes de Saubusse et de Dax

Présentation, en images et sans commentaire, des stations thermales de Saubusse et de Dax.

22 juil 1966
03m 18s
Fiche (00255)

L'hydraviation

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'hydraviation est encore balbutiante mais elle connaît un essor certain dans les années 1920 et 1930, grande période des pionniers audacieux ouvrant des lignes lointaines.

Quelques lieux d'entraînement militaire sont installés à Biscarrosse et à Cazaux juste avant la guerre de 1914.

Les bases de ce type - ainsi que des "postes de combat" plus modestes - se multiplient dans les années suivantes, tant sur l'Atlantique que sur les rives de la Méditerranée. On se méfie partout des sous-marins du Kaiser ... Dans ce contexte, durant quelques mois, en 1918, des aviateurs américains sont formés au pilotage d'hydravions au Cap-Ferret, sur l'étang de Lacanau mais ce sont Biscarrosse, Hourtin et bien sûr Cazaux qui tiennent une place dans cette histoire régionale des "Ailes françaises" liée à Latécoère dont le souvenir est attaché à l'aventure aéronautique.

À Biscarrosse la base des Hourtiquets et le lieu-dit désormais appelé "Latécoère" rappellent que l'étang de Parentis joue un rôle important dans l'histoire de l'hydraviation, des années 1930 à 1955. Les assemblages et les essais des "Laté" - parfois des hydravions de croisière de plusieurs dizaines de tonnes - se déroulent donc sur le vaste étang du Born. On nourrit alors les projets les plus ambitieux pour Biscarrosse puisqu'on n'imagine pas les futures liaisons transocéaniques autrement qu'en hydravion...

Mais l'avenir semble appartenir aux aéronefs de la jeune compagnie Air France dont quelques appareils se posent parfois à Biscarrosse où un grand aérodrome international pourrait être aménagé du côté de Lahitte, aux confins de Parentis. Déjà on voit parfois des engins de la Pan American Airways (PANAM), de la British Overseas Airlines Corporation (BOAC) ou de la British Imperial Airways faire étape en Pays de Born.

Tout se termine cependant au début des années 1950 avec la mise en service des premiers avions à réaction mais le musée de l'hydraviation, à Biscarrosse, évoque cette phase de l'histoire aérienne née de l'eau [1].

Le Latécoère 631 : premiers essais à Biscarrosse

Le Latécoère 631 : premiers essais à Biscarrosse

Fleuron de l'industrie aéronautique française, l'hydravion Latécoère 631, assurera les courriers transatlantiques sans escale, avec à son bord cinquante passagers et six mille kilos de fret. Démonté et caché sous l'Occupation, il a été remonté et effectue aujourd'hui ses premiers essais à Biscarrosse.

30 mar 1945
01m 27s
Fiche (00264)
De Biscarrosse à Genève sur l'hydravion Latécoère 631-06

De Biscarrosse à Genève sur l'hydravion Latécoère 631-06

Première liaison officielle pour l'hydravion Latécoère 631 d'Air France qui a joint en un peu moins de deux heures l'étang de Biscarrosse aux rives du lac Léman à Genève. Destiné à la ligne transocéanique des Antilles, l'avion, piloté par le commandant Corentin Kersual, effectue ici une course d'essai, avec à son bord plusieurs passagers.

01 juil 1948
38s
Fiche (00265)

[1] FENIE, Jean-Jacques et TAILLENTOU, Jean-Jacques, Lacs, étangs et courants du littoral aquitain, Bordeaux : éditions Confluences, 2006.

Les nouveaux enjeux

Agriculture, drainage et irrigation

La guerre de l'eau

Dans les Landes comme dans de nombreuses régions, l'agriculture fait largement appel à l'irrigation à partir de la fin des années 1960. Venus du modèle productiviste nord-américain, pivots d'arrosage et "sprinklers" gagnent l'Europe.

L'agriculture, très largement intégrée aux filières agro-alimentaires, y intensifie ses productions tout en les assurant contre le déficit en eau toujours possible en période estivale d'autant plus que, dans les années 1970 et 1980, se développe le "fabuleux maïs", originaire de l'Amérique tropicale humide, grâce notamment aux prix que garantit alors la politique agricole commune (PAC).

La maïsiculture gagne donc du terrain, bouleverse les horizons, les parcellaires, et la gestion de l'eau : les zones humides au substrat rendu imperméable par la présence d'alios sont la convoitise des nouveaux colons responsables, pour une bonne part, de l'assèchement et de la disparition d'un grand nombre de lagunes.

Les vastes étendues forestières de la Grande-Lande, du Born ou du Gabardan sont transformées par la création de grands domaines puisant dans les nappes phréatiques, voire dans les aquifères plus profonds. La Chalosse, pays de polyculture traditionnel, se métamorphose à son tour, abandonnant à la grande culture ses anciennes landes, jadis terrains de parcours, appelées gèrts .

Vers le milieu des années 1980, on ne parle pas encore vraiment de la question des réserves disponibles en eau mais les premières retenues collinaires et des barrages apparaissent dans les secteurs voisins de l'Armagnac.

Le troisième millénaire renverse cependant la tendance : les agriculteurs, conscients de la nécessité d'utiliser l'eau avec plus de parcimonie, adoptent de nouveaux protocoles bien que sous-solage et creusement excessif de fossés de drainage trop profonds engendrent encore des querelles plus ou moins formulées avec les sylviculteurs dont la forêt a également besoin d'eau...

L'irrigation à Saint-Sever

L'irrigation à Saint-Sever

A Saint-Sever, une douzaine d'agriculteurs-producteurs de maïs se sont organisés en CUMA ,coopérative d'utilisation de matériel agricole, pour la mise en place d'un réseau d'irrigation des champs.

21 juil 1987
02m 12s
Fiche (00419)

Tourisme côtier et tourisme vert

La "côte Aquitaine"

En 1887, les promoteurs du tourisme naissant, très élitiste, baptisent "Côte d'Azur" le littoral de Cannes à Menton. Suit l'invention de la "Côte d'Émeraude" en Bretagne.

Journaliste bordelais et "sportman", Maurice Martin donne au littoral gascon le nom de "Côte d'Argent" le 20 mars 1905, à Mimizan-les-Bains. Il conduit une mémorable caravane promotionnelle cheminant, à cheval, d'Arcachon jusqu'à Biarritz, pensant même à la réalisation d'un boulevard bitumé pour les automobiles le long du rivage.

Pendant l'entre-deux-guerres, on fait la promotion des stations en plein essor (Hossegor, Le Pilat, Soulac...) à grand renfort d'affiches et de cartes postales mais, à la fin des années 1960, la Côte d'Argent s'efface derrière la "Côte aquitaine". Le tourisme est lancé dans le futur département XL. Et il naît au bord de l'Océan !

Promenade sur le courant d'Huchet

Promenade sur le courant d'Huchet

Du lac Léon à l'océan Atlantique, promenade à bord d'une barque sur le courant d'Huchet.

11 juil 1968
02m 21s
Fiche (00047)
Le courant d'Huchet

Le courant d'Huchet

Découverte du courant d'Huchet au fil d'une rencontre avec les bateliers qui transportent sur leur galupe les visiteurs dans le respect de la nature, de la présentation des principaux sites de la réserve par son président Jean-Louis Labèque, et de celle de l'œuvre du photographe Emilie Vigne rassemblée dans le livre Emile Vignes, photographe des Landes.

24 juin 1997
05m
Fiche (00050)
Hossegor

Hossegor

Ancien quartier de Soorts, Hossegor devient en 1923 une station balnéaire très prisée qui s'organise autour de son lac marin. La commune, sous l'impulsion d'Alfred Eluère, connaît alors un véritable essor grâce au développement du tourisme qui supplante progressivement l'économie agro-sylvo-pastorale traditionnelle.

18 nov 1967
29m 31s
Fiche (00246)

Le rôle de la MIACA

Au temps des Trente Glorieuses, en pleine "république gaullienne", la politique volontariste d'aménagement du territoire se préoccupe beaucoup des zones littorales pour lesquelles elle veut capter une partie des flux touristiques attirés par la mer et le soleil. Il faut changer l'image de la région tout en préservant certains caractères "naturels". En 1967, alors qu'on a déjà créé, quatre ans auparavant, la DATAR [1], le gouvernement met en place la Mission Interministérielle A la Côte Aquitaine (MIACA) dirigée par Philippe Saint-Marc [2], puis Émile Biasini [3].

Des projets ambitieux voient le jour. Ils veulent, en plusieurs "unités d'aménagement", augmenter la capacité d'accueil des stations balnéaires (hébergements en dur, terrains de camping, bases de loisirs à caractère social) tout en préservant, dans un souci "environnementaliste", de larges fragments de côte, de dunes et de forêts de la spéculation immobilière.

Une délégation de la MIACA en visite dans les Landes

Une délégation de la MIACA en visite dans les Landes

Une délégation de la Mission Interministérielle pour l'Aménagement de la Côte Aquitaine et son président, monsieur Saint-Marc, étaient aujourd'hui en visite dans les Landes pour découvrir les richesses du patrimoine landais et les récents aménagements touristiques.

03 avr 1969
04m 06s
Fiche (00033)

[1] Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale.

[2] Né en 1927, ce haut-fonctionnaire issu de l'École Nationale d'Administration préside la MIACA de 1967 à 1970. Il est l'auteur de Socialisation de la nature (Stock, 1975).

[3] Cet administrateur né en 1922, diplômé de l'École Nationale de la France d'Outre-Mer, est en charge de la MIACA de 1970 à 1985. Il assure également d'autres missions dans le domaine de la culture et suit plus particulièrement les "grands travaux" du Président Mitterrand entre 1982 et 1993.

Surf

Apparue à la fin des années 1950 du côté de Biarritz, le surf, d'origine polynésienne, gagne les grandes plages landaises et girondines. Cette activité connaît un succès rapide dans les années 1970 et 1980 : Hossegor, Seignosse ou Capbreton deviennent des hauts lieux de la compétition pour les accros de cette variante marine de la "glisse". Alors que succombent les idéologies, il semble, pour certains, devenir un idéal de vie... D'autres s'en saisissent et créent de prospères entreprises déclinant une nouvelle mode et des objets dérivés, revivifiant Anglet ou Capbreton.

Wind surf ou planche à voile, moré... : le surf se décline à présent sous toutes les formes pour le plus grand bien de l'économie locale.

Une nouvelle école de surf à Capbreton

Une nouvelle école de surf à Capbreton

Le Capbreton Surf Club vient d'ouvrir ses portes et propose, en période estivale, des cours de surf aux jeunes touristes.

17 juil 1997
01m 48s
Fiche (00341)

Canoë

La découverte des Landes peut se faire aussi par voie d'eau. Ainsi, le Parc naturel des Landes de Gascogne s'organise, en 1970, autour du bassin versant de la Leyre et l'institution, tournée avant tout vers la nature, met rapidement en place des centres de plein air permettant de découvrir le pays sous un autre angle, par la rivière.

Ainsi sont créés, dès les origines, 6 centres d'accueil pour l'initiation au canoë-kayak : d'amont en aval, la base de Mexico, à Commensacq, le centre de Testarroman à Pissos, l'atelier-gîte de Saugnac, le centre du Graoux à Belin-Beliet et, vers l'estuaire, la base du port de Biganos et la Maison de la Nature du Bassin, au Teich.

Toutes ces étapes qui s'échelonnent sur 91 km "navigables" constituent autant de lieux d'observation, de découverte et d'étude du territoire. Ici, la rivière est un moyen de s'imprégner d'un environnement inaccessible par ailleurs. On y apprend à observer et à respecter, dans la discrétion, les secrets d'un monde sauvage, fragile sur lequel le Parc est chargé de veiller. Un aspect du tourisme "vert"...

Le Parc régional des Landes de Gascogne au fil de la Leyre

Le Parc régional des Landes de Gascogne au fil de la Leyre

A travers son école de canoë, les classes vertes ou encore la réserve ornithologique du Teich, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne participe au rayonnement de la région par la mise en valeur de ses ressources naturelles.

03 juin 1989
02m 39s
Fiche (00048)

Thermalisme et thalasso

Le thermalisme joue un rôle prépondérant dans les Landes qui se classent au premier plan national dans ce domaine. Malgré les vicissitudes économiques, le secteur se maintient avec 74 000 curistes représentant un poids de quelque 169 millions d'euros.

Il faut dire que le "plan thermal aquitain" permet de s'adapter à la conjoncture, estompant les effets négatifs d'une politique sociale de plus en plus frileuse. Privilégiant la protection de la ressource "eau" associée à l'amélioration de la qualité des prestations et des soins, dans le contexte du développement touristique de la ville, les responsables locaux préservent cette source importante d'emplois.

Dans un contexte où le loisir prévaut, les soins liés au thermalisme, astreignants et fatigants, sont compensés ici par des activités agréables. C'est l'origine du néologisme "thermoludisme" véhiculé par les organismes qui promeuvent cette thérapie et savent s'adapter.

Thermalisme, histoire d'eaux

Thermalisme, histoire d'eaux

Reportage à Dax consacré aux cures thermales et notamment aux vertus thérapeutiques des boues et des eaux soumises désormais à des études scientifiques rigoureuses, ainsi qu'à leur prise en charge par la Sécurité Sociale et à l'impact qu'aurait la réduction d'une telle activité sur l'ensemble de l'économie dacquoise.

05 mar 1994
04m 26s
Fiche (00258)
L'impact du thermalisme sur l'économie à Dax

L'impact du thermalisme sur l'économie à Dax

Le thermalisme représente une part importante de l'économie dacquoise. Or depuis 2002 , la fréquentation des thermes est en baisse. La nouvelle directrice de la Compagnie thermale de Dax, Danièle Gey, envisage donc de diversifier l'offre pour attirer une nouvelle clientèle.

21 mai 2010
02m 12s
Fiche (00257)

La filière aquacole et la conchyliculture

Moins connue du grand public, la filière aquacole représente un secteur important de l'économie du département. Grâce notamment à la qualité des eaux des petits affluents drainant le plateau landais, l'élevage de la truite et du saumon s'opère dans plus d'une centaine d'unités de production, dont les principales se trouvent à Cachen et Retjons, dans les petites Landes, et à Castets, aux confins du Marensin et du Brassenx.

Aquafrance, leader européen dans ce domaine, y assure le tiers de la production française, faisant vivre quelque 500 salariés.

La société Aquafrance

La société Aquafrance

Dans les années 1970, les Landes se lancent dans l'aquaculture. Bénéficiant de cours d'eau épargnés des pollutions agricoles, le département voit se multiplier des bassins de pisciculture. Parmi les sociétés aquacoles de la région, Aquafrance se place en 1996 comme leader européen sur le marché de la truite.

20 mar 1996
05m
Fiche (00167)

Au lycée professionnel de Capbreton, les élèves apprennent par ailleurs à valoriser les produits de la mer : ici, des produits locaux, notamment les huîtres du lac d'Hossegor dont la consommation est restée longtemps confidentielle.

Le département des Landes est donc également tourné vers la conchyliculture, une option non négligeable dans ce lycée hôtelier renommé.

La conchyliculture au programme du lycée hôtelier de Capbreton

La conchyliculture au programme du lycée hôtelier de Capbreton

Le BEP "produits de la mer" du lycée professionnel hôtelier de Capbreton sensibilise les traiteurs-poissonniers de demain à la conchyliculture et notamment à l'ostréiculture implantée sur le lac d'Hossegor depuis plus d'un siècle. Les élèves sont ensuite encouragés à imaginer de nouvelles préparations à partir d'huîtres.

22 mar 1995
01m 52s
Fiche (00025)

Pollution et gestion des milieux aquatiques

Le wharf

Qui dit "eau" dit nécessairement "qualité de l'eau". En la matière, le département est largement concerné, notamment sur la côte où, de la qualité de l'environnement dépend la fréquentation touristique, d'un poids majeur dans l'économie locale. Aux limites septentrionales des Landes, le "wharf " [1] est donc étroitement surveillé.

Édifiée en 1975 sur la plage du lieu-dit "La Salie", aux confins des Landes et de la Gironde, cette installation sert d'émissaire à un gros collecteur d'eaux usées qui se déversent au large. Elles proviennent des stations d'épuration des communes riveraines du Bassin d'Arcachon. Après usage domestique ou industriel, ces eaux subissent un traitement physico-chimique puis un nettoyage biologique. L'œuvre des courants littoraux et des marais ne dispense cependant pas toujours les plages de Biscarrosse, plus au sud, de quelques odeurs...

[1] Mot anglais signifiant "quai, débarcadère". Le wharf de La Salie est un gigantesque appontement métallique de 800 m de longueur.

Le naufrage du Prestige

Une centaine de kilomètres de rivage constituent une interface entre le monde marin et ses avatars et le monde terrestre qui en subit les conséquences. L'inverse étant, bien sûr, également vrai...

Grâce aux chroniques, on connaît l'histoire des dizaines de naufrages survenus au large de la côte landaise depuis la fin du Moyen Âge, mais une ère nouvelle est apparue avec la date fatidique du naufrage du Torrey Canyon, en 1967. Depuis bientôt 50 ans en effet, la Bretagne, mais aussi l'ensemble du golfe de Gascogne, sont régulièrement affectés par des "marées noires" qui altèrent régulièrement et durablement l'environnement, l'affaire du Prestige marquant tout particulièrement l'histoire du littoral landais : le 19 novembre 2002, les plages de tout le golfe, de la Galice à la Bretagne, sont gravement polluées par les milliers de tonnes d'hydrocarbure qui s'échappent des flancs du pétrolier coulé au large de La Corogne. Une lutte de plusieurs mois s'ensuit pour faire en sorte que les vagues de l'Océan redeviennent attractives.

Mais le plus consternant, c'est le bilan des opérations de nettoyage : 70 % des 10 000 tonnes de déchets ramassés sont des macro-déchets (plastiques, troncs d'arbres, bouteilles...). Une pollution qui vient de la terre, cette fois, via la mer !

Pollution du <i>Prestige</i> dans les Landes

Pollution du Prestige dans les Landes

En janvier 2003, les côtes landaises sont à leur tour touchées par la marée noire du Prestige. Des boulettes d'hydrocarbure provenant des cuves du pétrolier s'échouent sur les rivages de Biscarrosse. Très rapidement, le nettoyage des plages se met en place dans des conditions rendues difficiles par les fortes marées.

2003
01m 31s
Fiche (00086)

Le nettoyage des plages, la maintenance des cours d'eau

Le désastre causé par la pollution du Prestige, en 2002, ne fait qu'accélérer la prise de conscience des enjeux liés aux questions environnementales. Si l'Océan a toujours déposé épaves, bois flottés et déchets naturels, les laisses prélevées aujourd'hui régulièrement sur le rivage sont de tout autre nature : on y relève des tonnes de bidons, bouteilles, sacs, sachets ou filets en matière plastique. L'image de la "Côte d'Argent" s'en trouve grandement altérée.

Ces déchets, en provenance, pour une bonne part d'Outre-Bidassoa, nuisent aux "plagistes" mais ils affectent aussi parfois les activités halieutiques ; les pêcheurs de Capbreton peuvent en attester. En Espagne, comme en France, la législation se précise mais les effets sont longs à se manifester tant est complexe un problème qui relève de plusieurs États, voire de la planète entière...

Cette situation amène donc les collectivités locales à investir toujours plus pour sauvegarder l'environnement, que ce soit la propreté des plages ou la qualité des eaux du réseau hydrographique. Car - il ne faut pas l'oublier - l'économie des Landes appartient toujours en grande partie au secteur primaire. La sylviculture intéresse tout le nord du département tandis que l'agriculture - maïsiculture en particulier - et la vigne caractérisent les autres terroirs aux sols plus féconds, terres d'élevage traditionnelles. Et de ces productions émanent des industries de transformation parfois génératrices de pollution.

Dans les Landes, encore plus qu'ailleurs, il appartient donc aux élus et aux collectivités locales d'être vigilants sur la qualité des eaux en général car du civisme des acteurs de l'économie et des consommateurs, particulièrement interdépendants ici, dépend la qualité et la sauvegarde de cette ressource vitale.

Côte landaise, côte poubelle

Côte landaise, côte poubelle

Si en été, les communes peuvent assurer un entretien quotidien des plages, le reste de l'année, le littoral landais est envahi de tonnes de détritus en tous genres portés par les forts courants du golfe de Gascogne. Or, à partir de 1991, un nettoyage régulier des quelque 100 kilomètres de côte sera financé par les pouvoirs publics.

22 fév 1991
03m 20s
Fiche (00084)
Le nettoyage des plages landaises se fera désormais toute l'année

Le nettoyage des plages landaises se fera désormais toute l'année

Financé par le Conseil général des Landes, en collaboration avec les quinze communes du littoral, un service de nettoyage des 106 kilomètres de plages landaises, actif tout au long de l'année, vient d'être mis en place.

15 juin 1991
01m 35s
Fiche (00091)

Préservation et promotion de l'eau dans les Landes : un enjeu vital

Natura 2000, Sepanso, Conservatoire du littoral, ONF et SAGE

Préservation de la biodiversité

Dans le département des Landes, bien plus qu'ailleurs, l'équilibre naturel repose sur l'eau : surveillance de l'état des plages et des dunes, entretien des berges des cours d'eau et des étangs, sauvegarde des dernières lagunes et des milieux humides en général, biotope d'espèces en voie de disparition, préservation de la qualité des eaux et boues thermales, etc. Tant de secteurs économiques en dépendent !

Plusieurs organismes s'attachent donc, en complémentarité, à veiller et à gérer ce précieux patrimoine si fragile : la SEPANSO [1] bien sûr, mais surtout Natura 2000, réseau écologique européen d'espace institué par la directive "Habitat" qui maintient la biodiversité dans 19 sites sélectionnés du département, parmi lesquels la dune littorale de Seignosse, espace mouvant et incertain, et les barthes de l'Adour, du côté de Saint-Vincent-de-Paul.

Sur le littoral, l'ONF veille, comme le Conservatoire du Littoral, à la sauvegarde d'espèces végétales protégées qui colonisent l'espace dunaire menacé par l'anthropisation tandis que le SAGE [2] vise un peu partout à préserver les ressources en eau, à maintenir des milieux aquatiques de qualité et à anticiper une gestion équilibrée au regard des évolutions du territoire.

Natura 2000 dans les Landes

Natura 2000 dans les Landes

Dans les Landes, dix-neuf sites ont été sélectionnés pour être classés en zone Natura 2000, un réseau écologique européen destiné à préserver la biodiversité des milieux naturels ; parmi eux : la dune littorale de Seignosse et les barthes de Saint-Vincent-de-Paul.

11 mai 2000
04m 49s
Fiche (00096)
La gestion des dunes landaises par l'ONF

La gestion des dunes landaises par l'ONF

Afin de contrôler le mouvement et l'érosion des dunes du littoral aquitain sous l'effet des vents et de la mer, l'Office National des Forêts met en place un certain nombre de sites pilotes, comme celui de Mimizan, qui visent à recréer un écosystème approprié, largement dégradé en période estivale par l'afflux de vacanciers.

16 avr 1996
04m 14s
Fiche (00041)

[1] Société pour l'Étude, la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest, précurseur en matière d'écologie.

[2] Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau

Gestion du plan d'occupation des sols

Le SAGE "Leyre, cours d'eau côtiers et milieux associés" définit son périmètre en 2001 dans un territoire de plus de 75 000 habitants. Il concerne 43 communes réparties sur 2660 km² dans les départements de la Gironde et des Landes et permet de valider successivement l'état des lieux des milieux et des usages (2004), le diagnostic (2005), les enjeux et le programme de mesures (2006).

Fondé sur un parti pris fort d'échanges et de partages permanents sur la ressource en eau et une implication de tous les acteurs, le SAGE qui intéresse les Landes met en évidence des dysfonctionnements majeurs qui nécessiteraient la mise en place de mesures de corrections prioritaires et préconise, dès lors, des mesures préventives.

De ce fait, il a défini 6 enjeux pour améliorer la qualité des eaux superficielles en prévision du développement des activités et de l'urbanisation ; assurer une gestion hydraulique satisfaisante pour les milieux et les usages ; optimiser la gestion de la nappe plio-quaternaire ; assurer une gestion raisonnée des réseaux superficiels pour le maintien de l'équilibre biologique et physique ; préserver et gérer les zones humides du territoire ; mettre en place les moyens et les outils nécessaires à sa mise en œuvre.

Organisme de prévention face au développement du territoire, il adopte 45 mesures visant à informer, sensibiliser et à en gérer au mieux le capital "eau".

Arjuzanx et Orx

Alors que l'époque déplore plutôt la dégradation des sites naturels, deux belles histoires racontent, au cœur des Landes, comment on peut inverser la tendance : la réhabilitation des sites d'Arjuzanx et celle du domaine d'Orx. Deux exemples remarquables !

À partir de 1958, et jusqu'en février 1992, date de sa fermeture, la création d'une mine de lignite à ciel ouvert, exploitée par EDF, change la vie du petit village d'Arjuzanx, dans le Brassenx.

De 1959 à 1992, 32,5 millions de tonnes de lignite sont extraits du sol mais, dès 1980, EDF s'engage, avec le concours de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, dans une réhabilitation exemplaire de cette future très grande friche industrielle. À la fermeture de la centrale, on crée donc de vastes étendues d'eau au milieu d'une réserve naturelle de 2 600 hectares constituée de deux ensembles : une zone à vocation de loisirs de pleine nature (plage, tourisme équestre) et une zone vouée à la protection du patrimoine naturel, l'un des premiers sites de France pour l'observation hivernale des grues cendrées.

Vers une reconversion du site d'Arjuzanx

Vers une reconversion du site d'Arjuzanx

D'ici trois ans, la centrale thermique d'Arjuzanx fermera définitivement ses portes, laissant derrière elle pas moins de 2700 hectares défigurés par 30 années d'extraction de lignite. Aussi, pour préserver l'emploi dans la région, EDF, en collaboration avec l'ONF, décide de reconvertir le site minier en réserve naturelle.

27 juin 1989
02m
Fiche (00213)

À Orx, dans le Seignanx, le Fonds mondial pour la nature plus connu sous le sigle WWF (World Wildlife Fund renommé World Wide Fund for Nature en 1986) rachète en 1989 l'ancien marais converti en domaine agricole à la fin du XIXe siècle et il en confie la gestion, en 1995, au Conservatoire naturel du Littoral et des Rivages lacustres.

Les pompes installées en 1863 continuent donc de fonctionner aujourd'hui mais c'est afin de réguler le niveau d'un vaste étang niché dans un environnement naturel protégé. Halte migratoire, lieu d'hivernage et de nidification, ce sanctuaire accueille, dès 1990, quelque 30 000 visiteurs annuels qui découvrent 164 espèces d'oiseaux, dont 34 menacées de disparition.

 Visite du marais d'Orx

Visite du marais d'Orx

Acheté en 1989 par le Conservatoire du littoral avec le soutien du WWF, le marais d'Orx est devenu une réserve naturelle qui accueille nombre d'oiseaux migrateurs. Le site bénéficie d'une protection règlementée et la préservation de son milieu passe par la régulation des eaux grâce à un système hydraulique inventé au XIXe siècle.

07 juin 2001
05m 47s
Fiche (00097)

Pouydesseaux

Peu connu, mais d'un grand intérêt, le site des étangs de Pouydesseaux, dans le Bas Armagnac landais, est un centre de recherches biologiques fondé par Jean Rostand, fils du célèbre auteur de "Cyrano de Bergerac".

Conservatoire de la faune et de la flore, ce centre est, avant tout aujourd'hui, la quatrième unité de production des sangsues médicinales dans le monde, lieu privilégié pour s'initier à la biologie, selon le vœu de son fondateur qui écrivait déjà, en 1972 : "Je vous rappelle que ce centre aura pour but principal de donner aux jeunes le goût des sciences naturelles et d'éveiller en eux la consciences écologique qui fera d'eux des protecteurs éclairés de la nature".

Si l'hirudiniculture - l'élevage de Hirudo medicinalis (la sangsue) destiné à certains cas de médecine générale et de chirurgie réparatrice - constitue un pan de l'activité de Pouydesseaux, l'élevage de grenouilles y permet également de poursuivre des recherches, comme au temps du grand biologiste ; en liaison avec l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris, des biologistes y poursuivent des travaux sur l'apnée du sommeil...

Quand les eaux néfastes se muent en ressource bénéfique...Un bel exemple de reconversion ; une leçon pour l'avenir.

 Le centre Jean Rostand de Pouydesseaux

Le centre Jean Rostand de Pouydesseaux

Présentation du centre Jean Rostand à Pouydesseaux où le célèbre biologiste a mené des recherches sur les anomalies des batraciens dans "l'étang aux monstres" aux côtés de Pierre Darré, aujourd'hui directeur du centre.

21 aoû 1987
03m 21s
Fiche (00514)