Parcours thématique

« Gueules noires » en mouvement : les grandes grèves du XXe siècle

Stéphane Sirot

Introduction

Au XXe siècle, le monde de la mine mène ses grèves parmi les plus puissantes, du conflit qui suit la catastrophe de Courrières en 1906 aux mobilisations des années 1980 face à la récession et la reconversion, en passant par la Résistance et la participation aux vagues conflictuelles nationales. Le bassin du Nord-Pas-de-Calais est l'épicentre de ces mouvements, dont l'écho dépasse les frontières de la profession.

Au tournant des XIXe-XXe siècles : la grève minière au premier plan de l'actualité sociale

Dès les premières décennies du XIXe siècle, les mineurs usent de l'arme de la grève, alors interdite, pour améliorer leurs salaires ou obtenir le renvoi d'un « petit chef ». Dans le Nord-pas-de-Calais, ceux d'Anzin sont les plus frondeurs.

La dépénalisation de la grève en 1864 décuple les énergies revendicatives. Entre 1871 et 1890, les mineurs de houille présentent la plus forte propension à la grève de tous les ouvriers français. Celle-ci participe de la structuration du syndicalisme qui, en se renforçant, favorise l'efficience des protestations, dans une région imprégnée des idées du socialiste Jules Guesde.

Les colères des « gueules noires » attirent déjà les regards : leur ampleur, leur détermination, la violence qui les accompagne régulièrement, dirigée contre les non-grévistes ou à l'occasion des affrontements avec la troupe, impressionnent. La catastrophe de Courrières en mars 1906 et la protestation de près de deux mois qui la suit, notamment menée par le turbulent Benoît Broutchoux, installent plus que jamais la grève minière à la Une de l'actualité sociale.

 La vie politique et syndicale après la catastrophe de Courrières

La vie politique et syndicale après la catastrophe de Courrières

Évocation de la vie politique et syndicale après la catastrophe de Courrières en mars 1906 sur des illustrations de photographies et de gravures de l'époque. Un ancien mineur évoque la grève de six semaines qu'a fait son père suite à cette catastrophe. Un autre parle de Benoît Broutchoux qu'il avait vu à une réunion à Aniche et des femmes qui manifestaient.

1906
03m 23s
Fiche (00128)

Après la Grande Guerre et jusqu'à la crise des années 1930, des mouvements grévistes surgissent, mais l'agitation ne ressemble pas à ce qu'elle était avant-guerre. Comme l'explique l'historien Gérard Funffrock, « au regard des autres ouvriers, les mineurs sont les seuls à bénéficier dès cette époque d'une retraite à 55 ans et d'une certaine sécurité sociale (...). Ils bénéficient également de délégués élus pouvant discuter avec la direction de problèmes de sécurité et d'hygiène » [1], tandis que la CGT réformiste, majoritaire, est un amortisseur assez efficace des tensions sociales. Mais la crise fait vaciller ce fragile équilibre.

[1] FUNFFROCK (Gérard), Les grèves ouvrières dans le Nord (1919-1935), Roubaix, Edires, 1988.

De la crise des années 1930 à la Seconde Guerre mondiale : la résistance aux années sombres

La crise économique entraîne des suppressions d'emplois, des baisses de salaires et l'intensification du rythme de travail. Les Polonais, nombreux dans les corons, servent de variable d'ajustement. Particulièrement touchés par la dégradation des conditions d'existence, menacés d'expulsion dans un climat peu amène pour les étrangers, sur fond de montée en puissance des ligues d'extrême droite, ils se mobilisent et installent en France une pratique inédite : la grève avec occupation. Du 6 au 8 août 1934, les Polonais des fosses 6 et 10 des mines de l'Escarpelle, à Leforest, se croisent les bras mais ne remontent pas. C'est seulement à l'aube du 4e jour de conflit qu'ils cessent l'occupation du fond de la mine. Malgré les promesses reçues, des dizaines de familles reçoivent l'ordre de quitter le territoire.

 Les grèves à l'Escarpelle et l'expulsion des polonais en 1934

Les grèves à l'Escarpelle et l'expulsion des polonais en 1934

Dans les années 1930, la crise économique touche les mineurs. Les mineurs étrangers, en premier lieu les Polonais, sont montrés du doigt. Jan Wojcieszak explique que des grèves qui ont été menées à cause des expulsions mais aussi contre les conditions de travail qui étaient trop dures. A la fosse 10 de l'Escarpelle et à la cité du Bois de Leforest, la grève a immédiatement entraîné l'expulsion des mineurs polonais. Documents d'archives (Pathé) sur l'expulsion.

aoû 1934
03m 59s
Fiche (00138)

En 1936, la situation évolue cette fois en faveur du monde ouvrier. Les Fédérations concurrentes de la CGT et de la CGTU se réunifient en février. En avril, après avoir menacé d'entrer en grève, les mineurs obtiennent des conventions collectives qui satisfont leurs revendications. Ils ne participent donc que tardivement et brièvement à la vague de grèves de mai-juin 1936 qui accompagne l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Front populaire. Quoi qu'il en soit, le climat change au fond des puits : les contraintes disciplinaires se desserrent, les syndicats retrouvent de l'ardeur et des « gueules noires » peuvent profiter de la plage et des congés payés.

 Les grèves de 1936

Les grèves de 1936

Jean Wroblewski, ancien militant syndical raconte dans "Les Mémoires de la mine" les grèves de 1936 et le Front populaire. Avec les congés payés les mineurs se rendent sur la côte. Pour les militants syndicaux, la peur avait disparu et l'ambiance au fond était plus détendue.

juin 1936
06m 24s
Fiche (00139)

Cette embellie est de courte durée. 1938 sonne la fin du Front populaire, la remise en cause des conquêtes sociales et la montée des périls. La guerre déclarée et la défaite française consommée en juin 1940, le bassin minier est occupé et doit produire pour l'effort de guerre allemand. De surcroît, les problèmes de ravitaillement et la vie chère compliquent les conditions de vie quotidienne. Tout cela, conjugué au refus d'oeuvrer pour l'occupant, échauffe les esprits revendicatifs. Le 27 mai 1941 commence une grève qui réunit jusqu'à 100 000 mineurs. La brutalité de la répression incite les meneurs du mouvement à appeler le 8 juin à sa suspension, mais cette mobilisation donne un élan à la Résistance dans la région.

 Témoignages sur la grève des mineurs de mai-juin 1941

Témoignages sur la grève des mineurs de mai-juin 1941

Témoignages dans les "Mémoires de la mine", d'anciens mineurs qui ont participé à la grève du 27 mai au 10 juin 1941. Ovide Legrand et Louis Caron en expliquent les causes : augmentation du temps de travail et rationnement. Le prétexte de la grève a été le manque du savon. Louis Lethien évoque un sursaut patriotique. Ils soulignent le soutien des femmes. Jean Wrobleski raconte comment la production était sabotée et la répression allemande qui s'en est suivie.

27 mai 1941
06m 19s
Fiche (00142)

Par la suite, des arrêts de travail continuent de jaillir et, en août 1944, la Libération du Nord-Pas-de-Calais est accompagnée d'une grève insurrectionnelle. Bref, les mineurs font preuve, tout au long de la guerre, d'une remarquable combativité qui trouve des prolongements quelques années plus tard.

1947-1948 : les grèves violentes de l'après-guerre

Pour les « gueules noires », l'immédiat après-guerre est synonyme de « bataille du charbon ». Le PCF participant au gouvernement, la CGT, désormais dominée par les syndicalistes communistes, les engage à produire et à mettre entre parenthèses leurs revendications. Mais l'année 1947 est le théâtre d'un net infléchissement de la situation. Depuis le 5 mai, les communistes ne sont plus au gouvernement ; la fragile alliance Est-Ouest nouée à la faveur de la guerre est consommée et laisse place à la Guerre froide ; enfin, la hausse du coût de la vie provoque la multiplication des griefs salariaux.

A la mi-novembre, le bassin minier du Nord-Pas de Calais s'engage dans une vague de grèves nationale, sous l'égide de la CGT. Le pouvoir, qui veut y voir un caractère « insurrectionnel », envoie les forces de l'ordre dégager les puits, ce qui donne lieu à quelques affrontements.

 Les grèves et événements en France et dans le Nord-Pas-de-Calais

Les grèves et événements en France et dans le Nord-Pas-de-Calais

Trois sujets extraits du journal du 11 décembre 1947 traitant des mouvements de grève à la fin de l'année 1947. Entre le sujet sur les mines du Nord-Pas-de-Calais et le meeting de Thorez est interposé un sujet sur le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Ce montage des Actualités françaises laisse entendre un lien de cause à effet, allant dans la thèse du gouvernement qui accuse les communistes d'en être à l'origine alors que les causes réelle de ce déraillement n'ont jamais été élucidées.

11 déc 1947
02m 06s
Fiche (00129)

Les 9-10 décembre, la grève s'éteint sans que les mineurs n'aient eu satisfaction sur leurs revendications professionnelles. Bref, le mécontentement couve sous la cendre et l'année suivante, les maux sociaux accumulés, ajoutés à un climat politique toujours aussi tendu, raniment la braise qui fait rejaillir le feu. C'est ainsi que commence le 4 octobre 1948 un conflit national de 56 jours, l'un des plus violents du XXe siècle. Une fois encore, la troupe et les CRS déferlent dans les bassins miniers de France et usent de la force pour faire cesser les occupations. A cet égard, si le Nord-Pas-de-Calais échappe au pire, quatre mineurs trouvent ailleurs la mort dans les échauffourées.

 Grèves des mineurs à Valenciennes : intervention de l'armée

Grèves des mineurs à Valenciennes : intervention de l'armée

Suite aux grèves dans les mines, Jules Moch, ministre socialiste du gouvernement Queuille fait intervenir l'armée pour protéger les puits de mine, considérant qu'il s'agit d'une grève insurrectionnelle. Images d'une intervention près de Valenciennes.

28 oct 1948
25s
Fiche (00130)

Ce conflit, plus encore que celui de 1947, marque donc par sa violence et suscite la polémique sur ses raisons profondes et l'extrême intensité de la répression. Les syndicalistes de la CGT, tel Léon Delfosse, défendent une interprétation selon laquelle la situation dégradée du monde de la mine et l'accumulation de décisions gouvernementales défavorables à la profession et à ses représentants expliquent la mobilisation.

 La situation tendue entre la CGT et le gouvernement en 1948

La situation tendue entre la CGT et le gouvernement en 1948

Le climat social en 1948 est mauvais. Les rapports entre le gouvernement et le PCF d'un côté et la CGT de l'autre ne cessent de se détériorer. Différentes coupures de presse confirme ce climat. Les responsables de la CGT sont évincés des postes de responsabilité dans les entreprises nationalisées. Léon Delfosse, administrateur des Charbonnages de France, témoigne de cette situation : il y a un désaccord avec le gouvernement "puisqu'il avait abandonné le bataille du charbon", les produits de première nécessité augmentent, la situation est mauvaise et les ouvriers demandent des augmentations de salaire.

nov 1948
01m 33s
Fiche (00134)

A contrario, le gouvernement, surtout par la voix du socialiste Jules Moch, à l'époque ministre de l'Intérieur, privilégie la thèse d'une origine politique au déclenchement du mouvement, y voyant un complot communiste destiné à déstabiliser le camp occidental et à permettre au PCF, le cas échéant, de revenir au pouvoir.

 La grève de 1948 : grève insurrectionnelle ?

La grève de 1948 : grève insurrectionnelle ?

Jules Moch et Daniel Mayer, ministres socialistes du gouvernement Queuille, reviennent sur les grèves de 1948. Jules Moch fait l'inventaire de la situation politique : revendications salariales, désir du PCF de revenir au pouvoir, plan Marshall. Il estime que le PCF a voulu rééditer le "coup de Prague" en France et que c'est le Kominform qui a commandité cette grève alors que pour la CGT, c'est une grève revendicative. Pour Daniel Mayer, la vérité est entre les deux. Il y a eu une volonté de gêner l'économie française, mais la France sortait de la guerre et était exsangue ; c'est parce qu'il y avait un fond de misère que ce mouvement a pu avoir lieu.

oct 1948
03m 32s
Fiche (00135)

En tout état de cause, les deux échecs cinglants subis par les mineurs étouffent pendant 15 ans les grèves d'envergure nationale et ébranlent le mythe du mineur, avant-garde du mouvement ouvrier.

1963-1968 : des mobilisations marquées par la récession, ou la fin précoce des Trente Glorieuses du sous-sol

La dernière phase des Trente Glorieuses voit les ultimes grandes mobilisations des « gueules noires » de France. Il est vrai que leur situation et les perspectives économiques du secteur ne sont guère encourageants. Au début des années 1960, leurs salaires sont inférieurs à la moyenne de ceux des autres salariés, alors que le plan Jeanneney planifiant la récession provoque la fermeture de puits.

C'est dans ce contexte que, du 1er mars au 8 avril 1963, les bassins de France s'engagent dans une épreuve de force avec le gouvernement qui s'achève par une semi-victoire en trompe l'œil. Des augmentations sont certes obtenues, mais l'extinction programmée de l'exploitation charbonnière n'est pas entravée.

 La grève de 1963

La grève de 1963

Après une évocation des grèves des mineurs de 1963 à travers la presse de l'époque et d'images d'archives de la marche des mineurs de Lorraine sur Paris, puis du meeting de Lens avec 40 000 personnes, d'anciens mineurs témoignent sur leur métier. Marcel Barrois (CGT), explique que la grève a été retardée à cause d'un hiver rigoureux et que l'unité syndicale a permis d'obtenir des avancées conséquentes. Le commentaire évoque la fin de la mine sur des images couleur de la destruction d'un chevalement.

mar 1963
01m 47s
Fiche (00143)

Ce conflit est cependant édifiant. Contrairement à 1947-1948, où la CGT a mené les grèves dans l'isolement, cette fois, l'engagement est plus complet : la CFTC et FO sont également parties prenantes. Surtout, les mineurs résistent à un pouvoir gaulliste sûr de lui et qui subit là, au fond, son premier échec notoire. Ils désobéissent à un ordre de réquisition maladroit dont le premier ministre, Georges Pompidou, doit se justifier avec peine devant l'opinion.

 Interview du Premier Ministre Georges Pompidou sur l'ordre de réquisition dans les mines

Interview du Premier Ministre Georges Pompidou sur l'ordre de réquisition dans les mines

Interview du Premier ministre, Georges Pompidou, par François de la Grange, à propos notamment de la grande grève des mineurs de fond. Le gouvernement n'a pas pu faire autrement que de refuser les revendications des mineurs, mais plus que ce refus, c'est la forme qui a été l'objet du rejet des mineurs avec la réquisition. Le Premier ministre la justifie : "la grève étant dirigée contre tout le pays, la réquisition a pris un caractère collectif".

08 mar 1963
04m 32s
Fiche (00132)

Les mineurs reçoivent en outre de la population et de la quasi-totalité des sensibilités de la société d'exceptionnelles marques de soutien, tant nationalement que dans le Nord-Pas-de-Calais où, comme souvent, les commerçants sont aux avant-postes de la solidarité.

 Solidarité des commerçants pour les mineurs grévistes

Solidarité des commerçants pour les mineurs grévistes

Ce document muet montre la solidarité des commerçants des villes du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, alors que la grève des mineurs dure depuis trois semaines. Ils ont organisé des opérations villes mortes ; on voit différents plans de magasins fermés et d'affiches indiquant la solidarité et l'entre-aide aux mineurs.

21 mar 1963
35s
Fiche (00110)

En mai-juin 1968, les « gueules noires » se joignent cette fois, encore dans une relative unité, à la plus puissante vague de grèves française. Outre le contexte d'agitation généralisée, le monde du sous-sol a notamment de nouveau des griefs salariaux à faire valoir, auxquels sont sensibles les femmes, toujours très impliquées dans les luttes de leurs époux. S'ils obtiennent des concessions substantielles des Charbonnages, en revanche, le processus de récession se poursuit.

 Situation de la grève dans le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais

Situation de la grève dans le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais

Reportage dans un carreau de mine des Houillères du Nord-Pas-de-Calais. Les mineurs réunis dans la salle des pendus votent à main levée la reconduction de la grève. Interview de mineurs décidés à continuer la grève. Marcel Barrois responsable CGT des mineurs, fait le point sur la grève et indique qu'une déclaration sera diffusée dans laquelle les syndicats affirment leur volonté de voir aboutir les revendications de la corporation minière. Venues en soutien de leurs maris, des femmes de mineurs réagissent sur les maigres salaires qui ne leur permettent pas de boucler leur budget.

18 mai 1968
04m 05s
Fiche (00113)

Ultimes soubresauts : les mobilisations de la récession et de la reconversion

Les deux dernières décennies des mobilisations de la mine sont tournées vers la résistance à la récession et aux conditions de sa mise en œuvre, souvent avec le soutien des élus. Au début des années 1980, le bref espoir de relance suscité par l'élection de François Mitterrand tourne court. Et en 1984 notamment, un nouveau plan de récession suscite des initiatives intersyndicales. Ainsi le 15 novembre une journée d'action est-elle organisée, à l'occasion de la discussion du budget de l'énergie à l'Assemblée.

 Journée d'action intersyndicale dans le Bassin minier

Journée d'action intersyndicale dans le Bassin minier

Journée d'action de l'intersyndicale des mineurs a été organisée pour défendre l'avenir de la mine à la fosse n°9 de l'Escarpelle à Roost-Warendin. Plusieurs élus dont les députés Alain Bocquet et Georges Hage étaient présents. Charles Boulanger au nom de l'intersyndicale réaffirme la nécessité du raval de cette fosse.

15 nov 1984
02m 31s
Fiche (00121)

Ce type de démonstration de force ne peut éviter ce qui apparaît désormais comme irréversible. Et lorsqu'en 1986, la décision est prise de cesser l'exploitation du charbon dans le Nord-Pas-de-Calais, la question des conditions de la reconversion est décisive. Elle suscite les dernières grèves d'ampleur, de la part de ceux qui s'estiment laissés-pour-compte, tels les Marocains. En octobre-novembre 1987, ils se mobilisent, bloquent les puits, sans cependant parvenir à bénéficier d'un traitement identique à leurs camarades français.

 Grève des mineurs marocains dans les Houillères du Nord-Pas-de-Calais

Grève des mineurs marocains dans les Houillères du Nord-Pas-de-Calais

Les mineurs marocains de Courrières sont en grève. Une lettre qui leur est adressée annonce la fermeture du siège de Courrières. Témoignage de l'un d'entre eux, Hamid Oukattou : il a choisi la reconversion et ne veut pas retourner au Maroc. Il affirme qu'il n'y a pas de limite à la grève, elle durera tant que la direction ne répond pas.

07 oct 1987
02m 18s
Fiche (00123)

Ces conflits, désormais toujours défensifs, ne s'éteignent définitivement qu'avec la fin de l'exploitation. Ils mettent un point final à une riche histoire des grèves minières qui, pour nombre d'entre elles, s'inscrivent au cœur du patrimoine social de notre pays.

Bibliographie

  • COOPER-RICHET (Diana), Le peuple de la nuit. Mines et mineurs en France, XIXe-XXe siècles, Paris, Perrin, 2002.

  • FUNFFROCK (Gérard), Les grèves ouvrières dans le Nord (1919-1935), Roubaix, Edires, 1988.

  • POITOU (Jean-Claude), Nous les mineurs, Paris, Messidor, 1989.