Parcours thématique

La mine dans les choix de développement et d'aménagement de la région Nord-Pas-de-Calais

Anthony Deberdt

Introduction

Ce parcours est issu d'une proposition pédagogique pour le cours de géographie de première technologique série STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion). Il n'a pas la vocation à refléter la démarche qui aura été suivie dans le cadre d'un cours. Le scénario pédagogique est consultable sur le site d'histoire-géographie-éducation civique de l'académie de Lille à l'adresse suivante : http://histgeo.discipline.ac-lille.fr/events/projet-memoires-de-mines/utilisation-pedagogique-des-videos-en-geographie

Les documents ont été sélectionnés pour leur exploitation possible dans le cadre des programmes officiels de l'Education nationale.

Le choix des documents audiovisuels

Ce parcours se fonde sur trois vidéos principales et trois vidéos complémentaires.

Les trois vidéos principales

 Paysages du pays minier à Marles-les-Mines

Paysages du pays minier à Marles-les-Mines

Cet extrait du "Magazine du mineur" est issu d'une série d'émissions diffusées en 1970-1971, consacrées à la mise en valeur des atouts économiques, culturels et touristiques des communes minières, et à préparer ainsi les populations au choc de la fin de l'exploitation minière. Ici, autour de la fosse du "2 bis-2 ter d'Auchel", se sont développés sur les communes d'Auchel, de Marles-les-Mines et de Calonnes-Ricouart, des équipements miniers et des habitats, corons et cités minières. Avec l'arrêt de la production la nature va reprendre ses droits et l'on va découvrir la richesse des paysages et du patrimoine.

28 nov 1970
03m 05s
Fiche (00093)

La première vidéo sélectionnée dans le cadre de ce parcours s'intitule « paysages du pays minier à Marles-les-Mines » (1970). Cette vidéo est une description géographique de la région d'Auchel, qui insiste sur l'implantation de l'activité minière et sa représentation dans l'espace (terrils, chevalement...) au début des années 1970, au moment où les difficultés économiques se font plus fortement ressentir.

 Des aides pour gérer l'après-mine

Des aides pour gérer l'après-mine

Le comité interministériel d'aménagement du territoire vient de débloquer des fonds pour gérer l'après-charbon. Une enveloppe est prévue pour la rénovation des logements du Bassin minier. Alain Segaud, directeur général de la Soginorpa, en trace les grandes lignes. Une étude devrait mesurer les conséquences des affaissements et les autres problèmes de gestion de l'eau. Enfin 20 millions seront affectés au développement des entreprises. Face à ces mesures, Marcel Wacheux, président de l'association des communes minières, tempère "ce ont des mesures intéressantes qui sont à compléter".

16 déc 1998
01m 46s
Fiche (00273)

La deuxième vidéo sélectionnée s'intitule « des aides pour gérer l'après-mine » (1998). Elle présente les difficultés économiques et sociales rencontrées par la région suite au déclin de l'activité minière (dégradation de l'habitat minier, augmentation du chômage). Elle témoigne surtout de l'action publique mise en place pour soutenir la réhabilitation des corons et la reconversion économique de la région.

 Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais candidat à l'Unesco

Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais candidat à l'Unesco

Candidat au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais espère pouvoir mieux valoriser ses sites architecturaux et changer son image. Reportage à Loos-en-Gohelle sur le site du 11-19 avec François Cerjack, 76 ans, ancien mineur, rescapé de la catastrophe de Liévin. Pour lui, c'est une partie de sa vie qui est en passe d'être reconnue. L'Unesco va examiner un patrimoine qui retrace toutes les étapes de l'exploitation du charbon constitué de fosses, chevalements, cités minières et terrils comme ceux du 11-19 ou du 9-9bis d'Oignies. Jean-François Caron, président de l'association du Bassin Minier Unesco souligne que le dossier repose aussi sur un patrimoine humain, ouvrier et populaire, un symbole fort.

01 fév 2010
02m 31s
Fiche (00263)

La troisième vidéo sélectionnée s'intitule « le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais candidat à l'UNESCO » (2010). Elle présente la démarche soutenue par la Région et l'Etat pour obtenir le classement du bassin minier au patrimoine mondial de l'UNESCO. Outre la présentation de cette démarche, la vidéo expose la réception du projet par la population et par les anciens mineurs, en insistant sur l'intérêt économique et social de ce classement.

L'utilisation de ces trois vidéos offre la possibilité d'établir un panorama général de l'impact de l'activité minière dans la région, aussi bien dans l'espace que dans le temps. Les trois vidéos permettent aussi de percevoir l'évolution économique et sociale de la région.

Afin de compléter et de préciser cette observation, trois vidéos complémentaires peuvent être analysées.

Les trois vidéos complémentaires

 Une piste de ski artificiel sur un terril à Loisinord

Une piste de ski artificiel sur un terril à Loisinord

Reportage sur la station de ski artificielle construite sur un ancien site minier à Noeux-les-Mines dans le Pas-de-Calais. Elle a une vocation sociale et permet de faire du ski à moindre frais tout en restant dans le Bassin minier. Jacques Villedary, maire et fondateur du site Loisinord, présente ce nouvel équipement. Dans l'avenir, il a comme projet d'amener de la neige en couvrant la piste.

07 sep 2002
03m 23s
Fiche (00293)

Cette vidéo, datée de 2002, nous présente l'installation et la réussite de la base de loisirs, Loisinord, à Nœux-les-Mines. De plus, la vidéo montre les perspectives de développement de cet aménagement (nouveaux projets, innovations).

 Le Louvre-Lens, c'est quoi ? L'historique du projet

Le Louvre-Lens, c'est quoi ? L'historique du projet

Historique du projet du "Louvre-Lens" à base d'archives. En 2003, Lens se porte candidat pour accueillir le Louvre décentralisé. En novembre 2004, la ville est choisie. Le Louvre sera implanté sur le site de la fosse 9-9 bis de Lens. Dès le départ, le projet s'est construit avec les habitants, en témoigne la Maison du projet. Interrogés dans un micro-trottoir, les lensois sont dans l'attentisme, ou le désintérêt. Lens et le Louvre ont fait un pari : celui de la culture dans une ville marquée par les mines et le football.

04 déc 2009
02m 46s
Fiche (00285)

Cette vidéo, datée de 2009, présente les diverses étapes menant à l'installation d'une antenne du Louvre à Lens, en remontant au début des années 2000. Elle insiste sur le « symbole social » que représente ce projet, à la fois par son impact culturel et par son impact économique, tout en présentant les difficultés rencontrées par le projet.

 Le devenir de la fosse 9-9 bis d'Oignies

Le devenir de la fosse 9-9 bis d'Oignies

Présentation des projets de reconversion du site du 9-9 bis d'Oignies, dernier puits fermé en 1990 et classé aux monuments historiques. Guiseppe Lo Monaco, chef de projet, montre l'emplacement du futur "Metaphone", à la fois salle de spectacle et instrument de musique géant. La musique sera ainsi au cœur de la future vie du 9-9 bis. Par ailleurs un restaurant, des logements et des bureaux seront créés. Gilles Briand, chef de projet de la Mission Bassin minier, espère que cet ensemble permettra l'émergence d'initiatives nouvelles.

21 déc 2010
01m 59s
Fiche (00287)

La vidéo illustre la reconversion de la fosse du 9-9 bis d'Oignies à la date de 2009. Elle présente notamment le projet du Métaphone (salle de spectacle) et l'ensemble de la reconversion de la zone, qui se fonde sur la création de logements et de bureaux.

Que nous apprennent ces documents ?

La mine s'incarne dans le paysage régional

Le passé minier de la région Nord-Pas-de-Calais a laissé des traces dans le paysage régional actuel. Il s'agit des traces de l'exploitation minière comme les carreaux de mines, les chevalements, les terrils et les corons. Ces traces sont autant d'éléments qui participent à la construction d'une mémoire collective régionale.

Le visionnage des trois vidéos principales de ce parcours permet de percevoir l'inertie du paysage régional. Les traces de l'activité minière se retrouvent aussi bien dans les années 1970 que de nos jours. Bien sûr, elles n'ont plus forcément les mêmes formes, et les représentations populaires ont évolué. Mais leur simple présence de nos jours montre le poids de la mine dans l'histoire et la géographie de la région Nord-Pas-de-Calais.

En outre, ces traces véhiculent un ensemble de représentations développées par la population locale. Ces représentations évoluent et sont inséparables de leur contexte d'élaboration. Ainsi, la vidéo relative aux « paysages du pays minier de Marles-les-Mines » donne une vision relativement négative du paysage industriel, et préfère valoriser un paysage de campagne considéré comme « naturel » et pittoresque. Elle présente « un pays qui ne veut pas, qui ne veut plus être noir ».

En revanche, les vidéos récentes considèrent ces traces comme un patrimoine à protéger et à valoriser comme l'illustre le classement du bassin minier au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La valorisation de ces traces passe généralement par leur reconversion et leur modernisation. C'est notamment le cas des corons qui connaissent une politique de réhabilitation menée par l'Etat, les collectivités territoriales et les acteurs privés.

Les aménagements dans le bassin minier ont pour objectif de relancer le développement économique et d'assurer la cohésion sociale

Les aménagements dans la région Nord-Pas-de-Calais sont divers par les objectifs visés et par les moyens mis en œuvre. Néanmoins, la politique d'aménagement s'organise autour de quelques axes majeurs qu'il est possible de repérer grâce aux vidéos de ce parcours.

Tout d'abord, l'État et les collectivités territoriales interviennent pour réduire les inégalités sociales par le biais de subventions dont l'objectif est la modernisation de l'habitat minier et la création d'emplois. La vidéo intitulée « des aides pour gérer l'après-mine » démontre l'action des acteurs publics et privés (notamment l'entreprise SOGINORPA) dans la modernisation du bassin minier, et la gestion des difficultés issues de la fermeture des mines.

Ensuite, la nécessité de reconvertir la région vers des activités créatrices d'emplois semble sous-tendre la plupart des actions entreprises. D'ailleurs, cette idée se retrouve dans la plupart des vidéos, mais sous des aspects différents. L'objectif est d'accompagner la tertiarisation de l'économie régionale en soutenant les emplois industriels qui se maintiennent dans la région, notamment par l'installation d'aménagements culturels.

Les aménagements culturels représentent des piliers de la reconversion de l'économie régionale

La région Nord-Pas-de-Calais s'est lancée dans une politique de patrimonialisation du passé minier par le biais de « grands » projets culturels. Il s'agit de conserver le patrimoine minier en le valorisant par la fondation de musées ou de zones de loisirs.

Cette politique s'observe notamment dans quelques réalisations fortement médiatisées. Nous pensons notamment au Louvre-Lens qui apparaît être le symbole de la tertiarisation par l'aménagement culturel, mais d'autres projets existent et se développent.

Les vidéos complémentaires de ce parcours offrent la possibilité d'observer les différentes logiques qui déterminent les aménagements culturels. Ces aménagements sont généralement portés par une forte volonté politique comme le démontre la vidéo intitulée « Le Louvre-Lens, c'est quoi ? L'historique du projet ». Ainsi, l'installation de l'antenne du Louvre à Lens a été soutenue par l'Etat, la Région, la commune de Lens et l'Union Européenne.

De plus, la réalisation de tels aménagements s'inscrit dans une logique de soutien économique au développement régional. Ce soutien au développement par l'aménagement se retrouve dans la vidéo intitulée « le devenir de la fosse 9-9 bis d'Oignies » car la reconversion de cette fosse passe par le développement d'une salle de concert, mais également par la création de logements et de bureaux. Donc, les aménagements culturels prennent en compte les caractéristiques sociales du territoire où ils s'implantent. Voilà pourquoi le Louvre-Lens devient un « symbole social » : l'objectif est la création d'activités, et par la même la création d'emplois.

Ces aménagements participent à une politique plus globale de protection et de valorisation du bassin minier dont l'aboutissement est le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Regards d'aujourd'hui

Une reconversion économique qui se poursuit

De nombreux aménagements ont connu un réel succès. Le cas du Louvre-Lens est d'ailleurs symptomatique de cette situation. Ce musée a été visité par près de 900 000 personnes en un an, et environ 200 emplois auraient été créés en lien plus ou moins direct avec le musée. En outre, il est devenu le symbole de la transformation et de la modernisation de la région Nord-Pas-de-Calais.

En ce qui concerne la reconversion de la base du 9-9 bis d'Oignies, le site est partiellement ouvert grâce au développement du Métaphone, salle de concert et instrument de musique, dont l'inauguration a eu lieu les 28, 29 et 30 juin 2013. Le reste des infrastructures doit progressivement être ouvert pour 2015.

Enfin, depuis le 30 juin 2012, le bassin minier est officiellement inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette décision est perçue comme un symbole de renouvellement et un moyen de soutenir le développement, en offrant une importante médiatisation à la région.

La modernisation du bassin minier se poursuit grâce à la réhabilitation de l'habitat minier. Ainsi, la SOGINORPA a durablement participé à la transformation des corons. D'ailleurs, actuellement, cette entreprise gère près de 61 000 logements.

De plus, l'aménagement régional est désormais pensé selon une logique de durabilité afin de gérer l'après-mine et les friches industrielles. Sur l'ancienne friche industrielle des Cokes de Drocourt, une maison de l'environnement et du développement durable et un parc ont été mis en place sous le nom d'Aquaterra.

Cependant, la reconversion de la région Nord-Pas-de-Calais demeure incomplète du fait des difficultés économiques contemporaines.

Des difficultés économiques persistantes

Les difficultés économiques touchent particulièrement la région, comme le démontre le taux de chômage régional qui avoisine 14 % de la population active en 2013 (10.9 % à l'échelle nationale). Donc, les aménagements régionaux ne compensent pas les nombreuses suppressions d'emplois, 13 700 emplois en 2012.

Par conséquent, la région poursuit son action pour soutenir la création d'entreprises afin de redynamiser le tissu économique régional et de créer « une grande région économique d'Europe » comme le précise le Schéma régional de développement économique.

Pour cela, la région mise sur l'innovation et le renforcement de la compétitivité régionale à l'échelle nationale et européenne. La région n'en oublie pas pour autant la dimension locale de l'aménagement en créant des plans locaux de développement économique. Il s'agit d'un territoire de projet dont la création a été contractualisée entre les acteurs du projet et la région.

Ainsi, la question de l'aménagement et du développement de la région Nord-Pas-de-Calais reste encore pleine et entière.