Parcours thématique

Patrimonialisation de la montagne

Anne Marie Granet Abisset

Introduction

A la fin des années soixante, le tourisme est devenu l'activité économique majeure des territoires de montagne, reléguant l'agropastoralisme dans la tradition et le passé. De manière paradoxale, en même temps qu'ils sont considérés comme entrés dans la modernité, on assiste à une mise en patrimoine de territoires qui sont considérés comme emblématiques d'une société rurale traditionnelle. Connaissant une accélération depuis les années 1970 et surtout 1990, ce goût voire cette passion pour le patrimoine, qui concerne l'ensemble de la société et pas seulement la montagne, prend cependant dans ces territoires un caractère particulièrement marqué. Suivre la manière dont la télévision, aux côtés d'autres institutions comme les musées ou les multiples associations, participe à ce processus que l'on nomme désormais la patrimonialisation est intéressant. De fait, comme pour d'autres sujets, dès le début des reportages, les auteurs, documentaristes ou journalistes de télévision, s'inscrivent dans la continuité des visiteurs, voyageurs et premiers anthropologues des décennies et siècles précédents. Pour ces « visiteurs », des urbains appartenant le plus souvent aux élites, ces hautes vallées incarnent les traditions rurales et semblent le conservatoire d'une vie inédite. Les auteurs, hésitent souvent entre la fascination pour un monde en voie de disparition (la "beauté du mort" (1)) et la déploration de sociétés restées aux portes de la modernité. Processus qui cherche à fixer le passé pour le conserver et le mettre en évidence, la mise en patrimoine fige ce passé dans un état donné, considéré comme immuable et représentatif de la vie traditionnelle. Cette patrimonialisation, devenue norme patrimoniale est sans doute rassurante. Elle va pourtant à l'inverse de la notion même de patrimoine qui prévoit pour les individus, les familles comme pour les sociétés, sa transmission et donc son évolution, voire parfois sa disparition (2). L'accentuation récente des phénomènes de patrimonialisation autorise toutes les mythifications, positives le plus souvent, ou négatives. Au final elle façonne une histoire reconstruite loin des réalités mesurables et analysables. Pourtant, au–delà d'un regard sur le temps et le passé, le patrimoine des territoires de montagne est devenu un argument touristique dont les habitants savent faire un usage économique bien compris.

(1) Michel de Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel, « la beauté du mort : le concept de culture populaire », dans Politique aujourd'hui, 1970, n° 12.

(2) Pascal Dibie, le village métamorphosé. Révolution dans la France profonde, Paris Plon 2006.

De la quête des traditions à la patrimonialisation

Avec la popularisation de la notion d'art et tradition populaire et l'affirmation de l'anthropologie comme science des êtres humains en société, le patrimoine est entendu dans une acception très large, "globale, vague et envahissante" (3) (André Chastel), à la différence de ce qui en faisait son essence au 19ème siècle, c'est à dire les Beaux Arts et les Monuments historiques. Il comprend toujours la dimension matérielle des bâtiments, des œuvres, des objets ou des techniques mais intègre désormais ce que l'on nomme le patrimoine immatériel des traditions, orales, écrites ou vécues ainsi que des usages remis en vigueur et en scène pour les touristes. Ce que d'aucuns nomment d'une expression condescendante, "le petit patrimoine" (4) n'est pas sans rappeler les attitudes des érudits des décennies antérieures vis à vis d'un monde qui n'est pas le leur. Certains pourtant ont participé à la collecte de ces traces du passé qui ont fondé la connaissance des sociétés de montagne dans toutes leurs diversités et leur richesse.

Dès la fin du 19ème siècle et surtout dans la première moitié du 20ème siècle, à l'instar d'un Frédéric Mistral pour la Provence, Hyppolite Müller fondateur en 1906 du Musée dauphinois de Grenoble, un musée régional de l'homme parmi les plus reconnus, participe de cet intérêt pour le patrimoine alpin. Intégrant avant l'heure une réelle conception anthropologique, il veut réunir les marques des sociétés présentes et passées afin que les générations qui vivront dans les mêmes territoires puissent comprendre les modes de vie de ceux qui les ont précédés. Collectant les objets, photographiant les habitants et pas uniquement les touristes, il forge une collection très importante du patrimoine alpin, en liant Grenoble aux hautes vallées de l'ancien Dauphiné.

Le patrimoine grenoblois et le musée dauphinois

Le patrimoine grenoblois et le musée dauphinois

Jean Guibal évoque le patrimoine grenoblois et l'importance d'y sensibiliser la population grenobloise. Il présente le musée dauphinois qui est l'un des hauts lieux de ce patrimoine.

29 nov 1997
07m 45s
Fiche (01020)
Dauphiné Briançonnais

Dauphiné Briançonnais

Affiche publicitaire de la compagnie des chemins de fer PLM (Paris Lyon Méditerranée) mettant en avant les lieux touristiques importants du Dauphiné et du Briançonnais. Affiche issue du Musée dauphinois.

1890
-
Fiche (01005)

A la même période, Arnold Van Gennep et ses élèves comme Eugénie Goldstern ou des responsables du Noordisket Musee viennent observer certaines vallées qui leur paraissent être des conservatoires des modes de vie et des traditions. Reconnu à l'époque comme le plus haut village où il se cuit du pain toute l'année Saint Véran fait partie des lieux les plus étudiés. Il le sera durablement jusqu'à aujourd'hui. Enquêtes orales et collectes matérielles et photographiques se multiplient au sein de l'arc alpin, avec une ampleur non démentie depuis les années 1970, dans une double relation du goût pour le patrimoine et du sentiment d'un monde en profonde mutation. Les collectes d'abord menées par les institutions muséales, des historiens, des anthropologues, deviennent le fait de particuliers ou de membres d'associations patrimoniales de plus en plus nombreuses, principalement là où le tourisme est bien implanté.

Fête du ski "La montagne est l'école des forts"

Fête du ski "La montagne est l'école des forts"

Photographie de Gustave Oddoux issue du fonds iconographique du Musée dauphinois.

1910
-
Fiche (01010)
Carte postale : chasseurs alpins français et italiens à la frontière

Carte postale : chasseurs alpins français et italiens à la frontière

Photographie de Charles Chusseau-Flaviens issue du fonds iconographique du Musée dauphinois.

1914
-
Fiche (01009)

(3) André Chastel, « La notion de patrimoine », dans Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1997, T. 1 p. 1433.

(4) Selon l'appellation donnée par Jean Cuisenier ; d'autres appellations vont dans le même sens, le « patrimoine bâti mineur », le « petit patrimoine public », ou encore le patrimoine vernaculaire.

A toutes les périodes, la télévision participe de ce mouvement par les reportages des JT ou les documentaires des émissions spécialisées dont « A la découverte des Français », « Montagne », « Chroniques d'en haut » pour ne citer que les plus visibles. La télévision façonne la connaissance de ce patrimoine en le dévoilant et surtout en orientant les représentations données de ces sociétés. A terme, elle ne peut que les figer.

 Le village de Villard Reculas

Le village de Villard Reculas

Le reportage présente le village de Villard Reculas qui connaît de nombreuses difficultés en cas d'importantes chutes de neige ou de tempêtes : les routes sont fermées, les téléskis de la station voisine ne fonctionnent plus, et les habitants se retrouvent isolés dans le village. Le ravitaillement est fait par les CRS de haute montagne. A la fin du 19ème siècle, le village comptait plus de 200 habitants, alors qu'en 1971, il n'en comptait que 17. Commerces et écoles sont désertés.

06 avr 1971
07m 43s
Fiche (00085)

Le discours est celui d'un monde opposé à celui de la vie traditionnelle agropastorale dont on reprend pour les stigmatiser les caractéristiques habituelles : la cohabitation homme animal, la rusticité des instruments aratoires, la simplicité des techniques ; si dans les années 1960, l'habitat traditionnel apparaît comme le signe de l'archaïsme, les formes et les matériaux traditionnels (bois, pierre, lauze) sont devenus le label obligé. Plus encore qu'à ses débuts au 19ème siècle, le chalet incarne l'habitat de montagne, à l'imitation du modèle suisse. Désormais, dans un mouvement général d'uniformisation même les immeubles voire les nouveaux refuges se parent de bois qui donnent à ces constructions l'apparence de la tradition. Toutefois, les stations des années 1960-1970, notamment celles dites de l a 3ème génération , un temps vilipendées en raison de leur urbanisme agressif soit sont réaménagées intégrant la norme du bois et de la pierre, soit sont reconnues comme des modèles à patrimonialiser, traces d'une période et d'un système touristique qui se réadapte.

 Dans les Alpes, les refuges font peau neuve

Dans les Alpes, les refuges font peau neuve

Reportage consacré à la rénovation de refuges dans les Alpes. Les alpinistes craignent que l'esprit des lieux ne change avec l'introduction de plus de confort, et qu'ils deviennent des hôtels. Mais le responsable du Parc de la Vanoise assure que les refuges garderont leurs caractéristiques traditionnelles, comme le repas collectif et les chambres communes. Tour à tour, tous les refuges du parc sont rénovés, comme le refuge de l'Aigle, de l'Arpont et du Goûter.

16 nov 2012
02m 14s
Fiche (00088)

Multiplication et diversification des formes

Le signe même de cet engouement se mesure dans la multiplication, à côté des institutions reconnues, des associations patrimoniales qui organisent des collectes et les valorisent dans des « musées de pays ». Tous les thèmes sont envisagés depuis l'alpinisme et le ski (Chamonix, Saint Christophe en Oisans), le monde agropastoral avec par exemple l'écomusée Paysalp de Viuz ou la maison du Berger à Champoléon, les mines (l'Argentière La Bessée), la houille blanche (Lancey) ou l'aluminium (Maurienne), qui renvoient aux différentes activités des hautes et basses vallées. Sans parler des nombreux « musées alpins », ce sont le plus souvent de petits musées locaux centrés sur la vie du village (Besse) ou sur quelques phénomènes spécifiques comme les diables de Bessans.

 L'ouverture du musée mauriennais de l'aluminium

L'ouverture du musée mauriennais de l'aluminium

Le tourisme industriel attire de plus en plus. A Saint Michel de Maurienne, le musée de l'aluminium, unique au monde, a ouvert ses portes en 2007. Auparavant, en 1992, des anciens employés de l'entreprise Péchiney et des passionnés fondent l'Association du musée mauriennais de l'aluminium. Ils collectent de nombreux objets afin de garder une trace de ce patrimoine. Ceux-ci sont aujourd'hui exposés au musée.

02 déc 2007
02m 02s
Fiche (00079)
 L'ouverture du musée de la Grande Chartreuse

L'ouverture du musée de la Grande Chartreuse

Le musée du monastère de la Grande Chartreuse vient de rouvrir ses portes. Ce musée présente la vie des moines Chartreux, pas toujours connue des visiteurs. En 2007, le musée a connu un grand succès avec 4000 visiteurs en 1 mois. Certaines personnes viennent pour découvrir l'histoire et la vie des moines, d'autres pour profiter du calme des lieux.

10 fév 2008
02m 20s
Fiche (00083)

Tous donnent lieu fréquemment et régulièrement à des reportages télévisuels qui en font la promotion, notamment lors des saisons touristiques hivernales comme estivales. Cet engouement se voit plus récemment dans l'organisation des fêtes voire des reconstitutions historiques à destination des touristes. Toutes ces manifestations prennent l'allure de spectacles loin de ce qui en faisait leur raison initiale, celle d'un moment réservé aux communautés locales. Parmi de nombreux exemples, on peut citer la fête du pain à Villar d'Arène ou de la danse traditionnelle « Bacchu-ber » à Briançon. Quant aux traditionnelles fêtes des guides si elles attirent toujours autant les touristes, elles sont concurrencées par ces fêtes d'un genre nouveau, où la spécificité de la montagne est devenue le cadre d'une animation inscrite dans un programme d'activités touristiques.

 La fête de la transhumance à Die

La fête de la transhumance à Die

Le reportage présente le passage par Die, dans la Drôme, de 2200 moutons venus de Saint Martin de Crau en camion pour se rendre dans les pâturages des plateaux du Vercors, qui sont très prisés. Les troupeaux sont confiés à un berger jusqu'au mois d'octobre. Une fête accompagne ce rituel annuel qui attire de nombreuses personnes. Cette fête de la transhumance est devenue une tradition à Die.

26 juin 1993
02m 29s
Fiche (00081)

Entre culture et économie : des structures patrimoniales en constant renouvellement

Depuis les années 1990 les organisations patrimoniales se sont multipliées. Certes les appellations anciennes et reconnues, comme les villes ou les pays d'art et d'histoire (Chambéry, Briançon, Annecy, Albertville, Hautes vallées de la Savoie, Vallée de la Roya, Pays de Serre-Ponçon et de l'Ubaye et Abondance) et les labels associés (Monuments historiques) comme la Grande Chartreuse ou l'abbaye de Hautecombe, les anciens palaces ou thermes classés (Aix les Bain, Evian, Chamonix), sans parler de toutes les nombreuses églises et chapelles, tous continuent à drainer un public intéressé.

Le Cachat's Majestic

Le Cachat's Majestic

Affiches de l'hôtel Majestic de Chamonix version été et hiver. Ces deux affiches proviennent du fonds iconographique du Musée dauphinois.

1920
-
Fiche (01002)
 Visites guidées des anciens palaces d'Aix les Bains

Visites guidées des anciens palaces d'Aix les Bains

Des visites guidées permettent aux touristes de découvrir les splendeurs des anciens hôtels de luxe d'Aix les Bains et de marcher sur les traces de la riche clientèle de l'époque, comme le roi de Grèce ou l'impératrice Sissi. La cité thermale était alors très à la mode, comme Deauville. Après la Seconde Guerre Mondiale, l'âge d'or est fini et laisse place au thermalisme de masse. Les palaces ont été conservés et transformés en co-propriétés. Ils sont inscrits aux monuments historiques.

26 juil 2011
02m 13s
Fiche (00076)

Plus récemment interviennent de nouvelles structures comme l'inscription ou le classement au titre de l'Unesco. Ce label extrêmement recherché participe de la visibilité de certains sites. C'est le cas du patrimoine Vauban qui, même s'il ne concerne pas uniquement certaines cités alpines comme Briançon ou Montdauphin, les valorise particulièrement. D'autres repères ont été mis en place, dans une volonté d'élargir la gamme des « produits » touristiques et de sortir des seules pratiques sportives ou de nature. Utilisant un patrimoine rénové et entretenu, ces produits culturels sont de plus en plus prisés par un public attentif à diversifier ses loisirs. Ce sont par exemple les circuits montés à l'occasion des JO d'Albertville par une structure dédiée, la Facim (Savoie) avec des titres évocateurs : « Pierres fortes de Savoie » (issu d'un programme Sentinelles des Alpes sur les fortifications de la frontière alpine, avant même le classement Vauban ) (5), « les chemins du baroque ». Depuis ces circuits n'ont cessé de s'étendre autour des différentes thématiques de la montagne : « Terre des Alpes », « chemins de l'hydroélectricité », « Archipels d'altitude » (sur les stations). Destinés à expliquer le territoire, ces parcours visent surtout à drainer une clientèle élargie, dans une logique concurrentielle où le patrimoine est devenu un atout. La diversité des propositions recouvre une tendance uniforme dans les zones touristiques : spectacles, festivals, concerts, rencontres littéraires, ..... Certains pourtant jouent sur la spécificité de la montagne dans leur existence même comme le festival Messiaen à La Grave ou les rencontres littéraires en Savoie qui associe la marche et la littérature.

 Les forts Vauban au patrimoine mondial de l'humanité

Les forts Vauban au patrimoine mondial de l'humanité

Les forts de Briançon et Mont-Dauphin sont désormais inscrits au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Ce classement profère une nouvelle notoriété, mondiale, aux communes et au département des Hautes Alpes et devrait entraîner une fréquentation touristique plus importante ainsi que des retombées économiques.

07 juil 2008
01m 33s
Fiche (00084)
Le festival "Messiaen au pays de la Meije"

Le festival "Messiaen au pays de la Meije"

"Messiaen au pays de la Meije" est un festival de musique contemporaine qui a lieu à La Grave, dans les Hautes Alpes. Chaque été, il célèbre le compositeur Olivier Messiaen qui a trouvé son inspiration dans le paysage, la nature du massif des Écrins. Les élèves du Conservatoire National de Musique de Paris participent cette année au festival qui attire de nombreux touristes mélomanes.

19 juil 2012
02m 21s
Fiche (00077)

(5) 32ème site français à être inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008. Cet ensemble regroupe 12 sites fortifiés exemplaires de l'architecture et des conceptions militaires de Vauban dont Briançon et Montdauphin. Ces sites se sont regroupés en une association : le Réseau des sites majeurs de Vauban.

La nature considérée comme patrimoine

Enfin d'autres formes ont été mises en place par les parcs naturels depuis leur fondation. Privilégiant une nature préservée et chargés de la protéger, ils ont fait de la naturalisation des territoires sous leur responsabilité un objectif et construit ainsi leur légitimité. En phase avec les attentes sociales, notamment urbaines, la nature est devenue patrimoine. Si elle l'était déjà pour les populations anciennes, le développement du tourisme a contribué à une demande de patrimonialisation de la nature, dans une conception qui tend à figer les territoires pour mieux les préserver. Depuis quelques années les parcs veulent amplifier leur intégration dans les territoires qu'ils gèrent en participant au mouvement patrimonial qui associe les phénomènes culturels à ceux de la nature. A leur tour, ils développent un discours sur les sociétés traditionnelles par les circuits, les conférences ou les publications, tout en participant à la rénovation d'anciens bâtis dans le cœur des parcs (refuges, bergeries).

 L'anniversaire du parc du massif des Écrins

L'anniversaire du parc du massif des Écrins

Le Parc National des Écrins fête son 15ème anniversaire. Il s'agit du plus grand espace protégé français. Une de ses missions, en plus de la protection du lieu, est la sauvegarde de l'emploi des locaux. Mais, du fait de l'exode rural, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux et sont remplacés peu à peu par les touristes. Le massif des Écrins est très attractif car il offre de grands espaces protégés pour pratiquer la randonnée. Il est aussi le 2ème pôle d'alpinisme français.

10 aoû 1989
04m 22s
Fiche (00050)
 L'inauguration officielle du Parc naturel régional de la Chartreuse

L'inauguration officielle du Parc naturel régional de la Chartreuse

L'inauguration officielle du Parc régional de la Chartreuse a eu lieu en présence de Charles Millon, de Michel Barnier et d'autres élus locaux. La mention de parc naturel régional s'accompagne d'un label de qualité pour les produits du terroir. De nouveaux sentiers de randonnée seront balisés et proposés au public. La population locale espère que la création du parc dynamisera leur économie notamment par le tourisme.

20 juil 1996
02m 33s
Fiche (00051)

Conclusion

De fondement des sociétés traditionnelles, le patrimoine naturel et culturel est devenu depuis les débuts du tourisme un enjeu et une ressource économique autant que culturelle, bénéficiant d'une mode jusqu'alors non démentie autour de l'intérêt pour le passé reconstruit de sociétés. Porté par ceux qui sont venus là trouver leur « terrain de jeu », cet élan est désormais partagé. Les habitants ne s'y trompent pas qui savent utiliser cet engouement et l'image donnée d'eux même, en participant à la construction d'un mythe alpin, parfaitement patrimonialisé.

Bibliographie

Christian Barrère, Denis Barthélémy, Martine, Nieddu, Franck-Dominique Vivien(dir.), Réinventer le patrimoine. De la culture à l'éonomie. Une nouvelle pensée du patrimoine ? Paris l'Harmattan, 2006.

André Micoud (dir.), Des hauts-lieux. La construction sociale de l'exemplarité. Paris Cnrs, 1991

Daniel Fabre, Domestiquer l'histoire. Ethnologie des monuments historiques, Paris, Ministère de la culture, Editions de la MSH, 2000.

D.Fabre et Alban Bensa, (dir), Une histoire à soi. Figurations du passé et localités. Paris éditions de la MSH, 2001.

Nathalie Heinich, La fabrique du patrimoine, Paris Editions de la MSH, 2009