Lancement du Paris-Bretagne à Lorient

18 octobre 1962
2m 46s
Réf. 00289

Notice

Résumé :

Le Paris-Bretagne est un bateau de pêche révolutionnaire. Il permet une nouvelle technique de pêche, le chalutage par l'arrière. Son équipage a spécialement été recruté pour vivre cette nouvelle aventure.

Type de média :
Date de diffusion :
18 octobre 1962
Source :
ORTF (Collection: Armor 62 )
Lieux :

Éclairage

Le Paris-Bretagne est le premier chalutier possédant un dispositif de pêche-arrière mis en activité. En France le chalutage, c'est-à-dire l'utilisation d'un chalut (un filet en forme d'entonnoir), est la principale technique de pêche utilisée. Initialement, les chaluts étaient disposés de manière latérale. En 1872, le premier chalutier à vapeur est mis en service à La Rochelle. Mais la roue à aube est incompatible avec le chalutage latéral : l'invention de l'hélice résout le problème. En 1936, le premier grand chalutier à moteur diesel arrive, toujours à La Rochelle. Si la technique du chalutage latéral est efficace, elle expose la plage de travail aux éléments.

En 1958, Hervé Gloux propose, déjà à Concarneau, un chalutier pêche-arrière. Trois ans plus tard, des essais sont effectués sur le navire océanographique Thalassa. Le Paris-Bretagne est lancé peu après dans le port de Lorient. Le chalutage pêche-arrière est alors installé sur les grosses unités puis, moins rapidement, sur les petites. Cette innovation technique a nécessité quelques adaptations, notamment au niveau de la répartition du poids à bord. Cette technique s'est développée en parallèle du progrès de la puissance des moteurs et des treuils d'installation, amenant à la création des chalutiers dits industriels. Si la flotte française utilise la pêche-arrière aujourd'hui, l'ancienne technique de pêche latérale n'est pas complètement abandonnée puisqu'elle est toujours utilisée, en Irlande et en Espagne par exemple.

Etienne Mathieu

Transcription

(Musique)
Yves Orgebin
Ainsi, le Paris-Bretagne a fait la preuve que les Français pouvaient s'adapter au chalutage par l'arrière, et de surcroît améliorer les techniques mises au point à l'étranger.
Inconnu
Le Paris-Bretagne, c'est une vieille connaissance. Nous l'avons vu construire, nous l'avons vu lancé au cours d'un reportage filmé à Lorient.
Yves Orgebin
Et puis maintenant voilà ses dernières mises au point avant les essais de pêche en mer. D'abord la mise au point de la pièce essentielle et la plus originale : le portique mobile à vérin hydraulique...
Inconnu
Portique qui pèse 10 tonnes, et la force exercée au vérin est d'environ 5 tonnes.
Yves Orgebin
Pendant ce temps-là, l'équipage, lui, procède à la préparation des câbles, un équipage qui est déjà choisi depuis un mois ou un mois et demi par l'armement...
Inconnu
Et qui a choisi lui-même de risquer l'aventure du Paris-Bretagne.
Yves Orgebin
Monsieur Landau, vous êtes gérant d'armement, et à ce titre, vous vous occupez de constituer les équipages, donc vous avez constitué l'équipage du Paris-Bretagne. Comment est-ce qu'on fait pour constituer un équipage ?
Monsieur Landau
Eh bien, voyez vous, pour constituer un équipage, l'armateur ou le gérant d'armement choisit d'abord un patron et un chef mécanicien, le patron choisissant lui-même son équipage, depuis le mousse jusqu'au second de pont, jusqu'au bosco, et le chef mécanicien choisissant tous ses mécaniciens. C'est normal, à mon avis, parce que ce sont ces gars-là, le patron et le chef mécanicien, qui travaillent avec leur personnel. C'est à eux de les choisir pour pouvoir travailler dans les meilleures conditions.
Yves Orgebin
Et comment est-ce qu'ils se choisissent entre eux alors ?
Monsieur Landau
Voyez-vous, nous avons surtout des patrons du Bono, de Moëlan et de Groix. Quand vous avez un patron du Bono, par exemple, eh bien d'une façon générale, la presque totalité de son équipage est du Bono. Même les mécaniciens sont du Bono également. Sur le Poitou, vous avez un équipage entièrement du Bono, du chef mécanicien au patron, est tout [inaudible]. Cet équipage est passé sur le Paris. Le patron est parti sur le Paris. L'équipage est passé avec.
Yves Orgebin
Ce qui explique que tout l'équipage du Paris-Bretagne soit donc du Bono.