Course cycliste Paris - Brest

13 septembre 1951
1m 5s
Réf. 00324

Notice

Résumé :

La course cycliste Paris-Brest-Paris, longue de 1182 kilomètres, a été remportée par Maurice Diot lors d'un sprint final contre Edouard Muller aux Parcs des Princes.

Date de diffusion :
13 septembre 1951

Contexte

La vogue de la bicyclette est précoce à Brest, où la population masculine, principalement militaire, est importante. Dès 1869, on y organise, sur le cours Dajot, des courses de vitesse ou de lenteur. En 1888 se crée le Club cycliste et en 1890, le Véloce club brestois. Les compétitions locales suivent et en 1891, Pierre Giffard, directeur du Petit-Journal a l'idée stupéfiante d'une course en ligne Paris-Brest et retour, soit mille deux cents kilomètres. La compétition Bordeaux-Paris existe déjà, mais présente des difficultés moindres.

Plus de deux cents participants prennent le départ de la première édition. Les bicyclettes ont été plombées avant la course pour contrôler l'utilisation d'une seule et même machine par les participants. Des amateurs et des professionnels participent à cette édition, avec des soigneurs, des mécaniciens et surtout des entraîneurs, alors que les étrangers et les femmes ne sont pas autorisés à participer à cette épreuve. Les machines sont montées avec des pneus en caoutchouc creux ou des pneumatiques gonalables, ceux-ci faisant leur apparition et se montrant plus légers et plus performants. Seize points de contrôle sont prévus pour ce que le journal annonce comme la "course nationale de la bicyclette". Roulant sans dormir, Charles Terront, embauché par Edouard et André Michelin pour promouvoir leur toute nouvelle invention de pneumatique démontable pour vélo, gagne l'épreuve en soixante-douze heures. Au total, cent cyclistes terminent, certains après plusieurs jours en s'arrêtant dans des auberges pour la nuit.

La première édition de 1891 a souffert de défauts rédhibitoires comme l'impuissance des contrôleurs, mais il semble que sa réussite inédite, à laquelle s'est ajouté le soutien d'un journal et l'engouement du public pour le vélo, soient à l'origine du Tour de France. Pour Paris-Brest-Paris, une périodicité de dix années est retenue. La deuxième édition, organisée par l'Auto-Vélo récemment fondé par Henri Desgrange, se court en 1901 et voit la victoire du savoyard Maurice Garin, qui réduit le temps à 52 heures. En août 1911, les règles sont modifiées : les entraîneurs et l'assistance sont interdits mais les coureurs peuvent changer de vélo. Le cycle La Française Diamant permet à Emile Gorget de l'emporter, en mettant deux heures de moins. Dix ans plus tard, 43 coureurs et 63 touristes-routiers participent à la course. En 1931, on ne compte plus que 28 coureurs mais plus de 150 touristes. La Seconde Guerre mondiale interrompt le Paris-Brest-Paris qui ne réapparaît qu'en 1948. Cette édition et celle de 1951 voient la fin des coureurs professionnels et donc une chute irrémédiable de leur participation, quand bien même le nombre de participants randonneurs progresse. Après 1951, l'Equipe ne peut plus organiser l'épreuve par manque de participants.

Aujourd'hui, celle-ci existe encore même si elle a perdu de son éclat, abandonnée par les médias, glissant du côté du cyclotourisme. Le défi demeure pourtant le même et l'esprit reste fidèle à celui des pionniers d'une épreuve qui a contribué à faire de la Bretagne une terre de cyclisme.

Bibliographie :

- Alain Boulaire et René Le Bihan, Brest, histoire et géographie contemporaine, Editions Palantines, 2004.

Sklaerenn Scuiller

Transcription

(Musique)
Journaliste
Paris-Brest et retour. 1182 kilomètres d'une seule traite. Une aventure qui n'est au coin des routes que tous les 10 ans. Depuis le 500ème kilomètre, Chapatte s'est échappé et vire en tête à Brest. Avec 13 minutes d'avance sur le peloton, qui se ravitaille même en maillot. René Vietto commence à trouver le temps long. Chapatte a abandonné et Bramabilla passe à Saint-Brieuc avec 8 minutes d'avance. Mais il sera rejoint après 250 kilomètres de [incompris]. Après une longue journée et une longue nuit sans descendre de vélo, nouvelle échappée. Diot, Muller et Joly. Mais le jeune Joly va être lâché par le grand Muller et le petit Maurice Diot.
(Musique)
Journaliste
Les deux coureurs s'entendent à merveille, et après 39 heures harassantes, ce sera l'explication finale au Parc des Princes. Maurice Diot est le plus rapide. Mais Muller qui, comme lui, a battu tous les records, mérite bien l'accolade du vainqueur.
(Musique)