L'habitat rural dans le Saumurois

02 décembre 1965
03m 39s
Réf. 00030

Notice

Résumé :

Mme Catala, femme d'agriculteur à Verrie (Maine et Loire) est propriétaire d'une maison neuve, pourvue du confort moderne. Cette maison fonctionnelle est composée de 5 pièces dont une salle de bain, une cuisine aménagée et équipée d'appareils ménagers.

Date de diffusion :
02 décembre 1965
Source :

Éclairage

Ce document vaut plus par le discours qu'il transmet que par la réalité qu'il présente, qui demeure exceptionnelle. En 1965, dans l'Ouest, l'habitat rural est particulièrement sommaire : de nombreuses familles vivent dans une, voire deux pièces qui jouxtent l'étable.

La situation était connue : dès l'entre deux-guerres , l'Etat a essayé de proposer des améliorations à travers des aides ciblées, entre autre la loi Loucheur. Toutefois ce n'est qu'après la guerre, alors que le panorama de l'aide au logement se renforce et se diversifie en proposant des subventions et des prêts convenant à des cas très divers, que les campagnes répondent plus vivement aux sollicitations. La Jeunesse Agricole Catholique (JAC) en fait son cheval de bataille dès 1945 et présente une exposition itinérante : "la maison rurale" qui reçoit la visite de 400 000 personnes en Bretagne. D'autres organismes poursuivront le même objectif : EDF par exemple qui lance l'idée des fermes-pilotes en 1954. Ces initiatives portent leurs fruits. L'ensemble des propositions trouve un certain écho : entre 1948 et 1958, le pourcentage des communes rurales électrifiées passe de 40 à 90% ce qui permet l'adduction d'eau courante par moto-pompe dans les fermes non équipées.

Toutefois, la modernisation du logement se fera lentement. L'eau courante par exemple, ne se généralisera pas avant les années 1970. Les agriculteurs ont d'abord donné la priorité à l'équipement matériel de l'exploitation. C'est en fait lorsque de jeunes couples reprendront la ferme parentale, que le confort à la campagne deviendra réalité.

Martine Cocaud

Transcription

(Silence)
Charles Duteyeulle
Et cette maison, devant laquelle nous nous trouvons, avec ces murs de tuffeau blanc éclairés par un pâle soleil d'automne, ces lignes classiques, ces grandes portes-fenêtres, ces volets de bois et son toit de belles ardoises. Je vous étonnerai peut-être en vous disant que c'est une ferme, enfin l'habitation d'un fermier. C'est la ferme des Bruère près de Verrie en plein Saumurois et c'est la fermière qui nous accueille, Mme Catala, à qui nous allons demander de nous faire visiter sa maison, qui est à peine achevée d'ailleurs, je crois. Elle comporte combien de pièces ?
Mme Catala
5 pièces.
Charles Duteyeulle
Oui.
Mme Catala
3 chambres à coucher. La salle de séjour.
Charles Duteyeulle
Dans laquelle nous sommes en ce moment.
Mme Catala
Dans laquelle nous sommes qui se compose de deux pièces.
Charles Duteyeulle
C'est cela et puis bien entendu, cuisine, salle de bain.
Mme Catala
Office.
Charles Duteyeulle
Oui. Et la cuisine, quand vous êtes arrivés, la cuisine était aménagée.
Mme Catala
C'est-à-dire, les sanitaires seulement, le potager.
Charles Duteyeulle
Oui. Dans l'office que nous voyons là, qu'est-ce que c'est ?
Mme Catala
Et bien, c'est une entrée pour ne pas avoir à se débarrasser dans la cuisine.
Charles Duteyeulle
C'est cela.
Mme Catala
Alors M. Catala rentrant du travail peut enlever ses bottes.
Charles Duteyeulle
C'est un lave-bottes.
Mme Catala
On peut arriver du jardin-potager avec ses légumes et les rincer sous le robinet sans avoir à salir le potager qui est assez délicat puisqu'il est tout blanc.
Charles Duteyeulle
C'est cela.
Mme Catala
Et la cuisinière électrique.
Charles Duteyeulle
Oui. La salle de bain était également aménagée.
Mme Catala
Oui, avec une baignoire, un lavabo.
Inconnu
Le chauffage, qu'est-ce que c'est comme chauffage ?
Mme Catala
C'est un chauffage à air pulsé. Oui, qui envoie de l'air par des gaines dans toutes les pièces. Dans toutes les pièces.
Charles Duteyeulle
L'hiver évidemment n'a pas encore, n'est pas encore commencé mais...
Mme Catala
Mais nous l'avons allumé.
Charles Duteyeulle
Oui. Est-ce que cette maison est confortable ?
Mme Catala
Elle est très confortable.
Charles Duteyeulle
D'abord, elle est de plain-pied, ce qui est important pour l'entretien.
Mme Catala
Toute la façade.
Charles Duteyeulle
Oui.
Mme Catala
4 portes-fenêtres de plain-pied.
Charles Duteyeulle
Oui.
Inconnu
Et elle est, vous m'avez dit qu'elle était chaude l'hiver et fraîche l'été.
Mme Catala
Oui, parce que on peut facilement l'aérer. Nous sommes arrivés ici un 5 août par une chaleur extraordinaire, que algérienne, je ne supportais pas.
Charles Duteyeulle
Oui, en effet. Au total, c'est, vous avez ici je crois, on peut dire, à peu près les avantages d'une maison de la ville.
Mme Catala
Tous les avantages, j'habitais Saumur, j'ai habité Paris, j'ai les mêmes avantages.
Charles Duteyeulle
Et c'est un bel exemple de ce que l'on appelle le problème de la rénovation de l'habitat rural.
Mme Catala
Oui, parce qu'on ne se sent pas déshérité, voyez-vous.
Charles Duteyeulle
Oui. Et c'est un exemple qui devrait, je pense, être suivi, qui fera envie à toutes, à beaucoup de fermières.
Mme Catala
Mais toutes les fermières environnantes sont venues me voir et toutes l'ont apprécié.
Charles Duteyeulle
Vous m'avez dit aussi quelque chose qui est important, c'est intéressant et important pour la fermière, mais aussi pour le fermier.
Mme Catala
Très important. Quand un homme arrive du travail et qu'il ne sait pas où aller dans sa maison pour faire ses comptes, pour retirer ses vêtements, faire sa toilette, lire son journal, il me semble que ça le démoralise, l'ambiance de la maison est très importante pour un homme qui travaille.
Charles Duteyeulle
De même que le tracteur est devenu le symbole de la modernisation du travail de la terre. La maison coquette, confortable, équipée des derniers perfectionnements, devient elle aussi le symbole du foyer campagnard capable d'apporter le vrai délassement, après la dure journée passée dans les champs.