La filière bois en Picardie

29 novembre 1979
07m
Réf. 00527

Notice

Résumé :

Magazine consacré à l'atout économique que représente le bois en Picardie. Bernard Helluin, exploitant, Michel Hugues (Institut de développement forestier) et Denis Harlé d'Ophove, (président du Syndicat des forestiers et des sylviculteurs de l'Oise), présentent les caractéristiques de la forêt picarde partagée entre secteur public et secteur privé et le futur plan de gestion autour des trois principales fonctions de la forêt : économique, sociale et touristique. Une courte séquence est consacrée à la menuiserie industrielle avec une petite usine à Conty.

Type de média :
Date de diffusion :
29 novembre 1979
Lieux :

Éclairage

En Picardie, la forêt s'étend sur 322.000 ha, soit 16,5 % du territoire. Ces chiffres peuvent paraître faibles par rapport à la moyenne nationale (29 %). Ils cachent cependant de grandes disparités, le département de la Somme restant très faiblement boisé (9 % de sa superficie) à côté de l'Aisne (16,6 %) et de l'Oise (20,7 %) (1).

Les massifs les plus connus sont de grandes forêts domaniales, comme celles de Compiègne (14.484 ha), Retz (ou Villers-Cotterêts) (13.023 ha), Saint-Gobain – Coucy (8.500 ha), Crécy-en-Ponthieu (4.366 ha), Saint-Michel en Thiérache (3063 ha), Hez-Froidmont (2.787 ha) ou Vauclair (1059 ha). Mais ces grands massifs occultent la part prédominante que représente la forêt privée (74 %), les surfaces communales restant quant à elles très limitées.

Ces forêts animent une économie localement importante, mais qui reste depuis longtemps fragile. Comme sur une grande partie du territoire national, la forêt privée demeure très morcelée. En dépit de réels efforts menés par les syndicats de propriétaires forestiers pour regrouper les parcelles ou réaliser des ventes groupées, les surfaces exploitables restent encore petites et fractionnées. Depuis plusieurs décennies, l'activité sylvicole a aussi mise à mal par la récurrence des tempêtes, la recrudescence des dégâts de gibier, ou les fluctuations erratiques des cours des bois.

En dépit de ces handicaps, la production picarde reste d'une grande qualité. Les classements avancés en 1979 ont peu évolué. Avec plus d'un million de m3 de bois abattus chaque année, la Picardie est actuellement la 12e région française en terme de production. Mais elle est la première région productrice de grumes de peupliers et la 3e région productrice de grumes de feuillus. La productivité des forêts picardes s'explique à la fois par les sols et le climat, les conditions favorables d'exploitation et l'excellence de leur culture. La spécificité de la région est surtout la production de bois de qualité de chêne, de hêtre, et de châtaignier, ainsi que de feuillus précieux comme le merisier, le frêne et l'érable.

Avec une telle production, les débouchés sont d'abord le bois d'œuvre (50 % de la récolte est destinée à la construction, aux meubles, et à la caisserie), avant le bois de trituration (33 % de la récolte part en pâte à papier et panneaux de particules) et le bois énergie (16 % de la récolte en bois bûche et bois déchiqueté). La sylviculture est génératrice d'emplois. Elle entraîne toute une filière, de première transformation du bois (exploitation forestière, scieries artisanales et industrielles) et de seconde transformation (ameublement, emballage, construction...), même si la région n'accueille qu'une seule usine de pâte à papier. Issue de la Société des pailles de l'Aisne, créée en 1924, puis rachetée en 1942 par la cartonnerie de la Rochette en 1942, cette usine implantée dans la vallée de l'Aisne, à Vénizel, est aujourd'hui aux mains d'un groupe espagnol. Mais la filière a été fortement malmenée par les crises. Depuis les années 1970, des dizaines d'entreprises d'exploitation forestière et de sciage ont fermé leurs portes dans la région, conduisant à une plus forte concentration. Aujourd'hui, il ne reste plus que 147 entreprises en activité.

Une grande partie de la production forestière alimente aussi des flux extra-régionaux et internationaux. A la fin des années 1970, les acteurs de la filière bois dénonçaient déjà les exportations vers l'étranger. Aujourd'hui, la Picardie est la 4e région exportatrice de bois en France. Près de 23,5 % de sa récolte, et plus de 27 % de ses bois d'œuvre partent hors des frontières. Les flux les plus anciens s'étendaient aux proches pays de l'UE, comme la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne puis l'Italie. Désormais, de nouveaux acheteurs sont venus s'ajouter, comme les pays d'Afrique du Nord et surtout la Chine. Comme à la fin des années 1970, la Picardie exporte toujours des bois bruts vers l'étranger, qui peuvent ensuite revenir en France sous forme de produits finis.

(1) - http://inventaire-forestier.ign.fr (consulté le 26 juin 2013).

Jérôme Buridant

Transcription

(Bruit)
Pierre Jung
Avec ses 320 000 hectares de forêt, la Picardie représente un peu moins de 3 % de la forêt française. Elle se classe, en fait, au 14ème rang des régions de l’hexagone. Le département de l’Oise est plus boisé que celui de l’Aisne. La Somme a le moins de forêts en Picardie. Mais cette forêt picarde est une des plus productives. Au 2ème rang pour la production de peupliers, de frênes et de merisiers, au 5ème rang pour la production de hêtre, au 6ème rang pour les bois de trituration, 11ème rang pour le chêne. La production de résineux, enfin, est négligeable ne recouvrant que 8 % de la surface boisée.
(Bruit)
Pierre Jung
La forêt est donc incontestablement un atout dans l’économie régionale. Elle procure environ 13 000 emplois.
(Bruit)
Bernard Helluin
Pour avoir une coupe, 9 fois sur 10, on est contacté par les propriétaires eux-mêmes. Sinon, il y a des soumissions cachetées. Au niveau des stères, c’est par… en principe, on achète le bois sur pied et ça se vend… Et on est souvent contacté par le propriétaire ou le groupement gestion.
Pierre Jung
En général, vous abattez combien de pieds par année ?
Bernard Helluin
Des pieds, ça varie selon ce qu’on a à couper. Par exemple, l’an passé, je ne sais pas, j’ai dû abattre dans les 1200, 1300 pieds.
Pierre Jung
Oui. Et puis ce bois, il va où, alors ?
Bernard Helluin
Alors ce bois, quand il est de belle qualité, en principe, je pense qu’il part en Belgique, en Allemagne.
(Bruit)
Pierre Jung
Le grand paradoxe de l’industrie forestière est qu’elle exporte une grande partie de ses grumes et sciages en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. Tous ces bois d’oeuvre sont transformés à l’étranger, nous seront revendus ensuite sous forme de meubles par exemple. Autant dire que la plus-value sur le bois se réalise à l’étranger. C’est la grande faiblesse de l’industrie forestière. Pour les bois de trituration et les bois d’industrie, la situation est à peine différente. Les premiers sont destinés à la pâte à papier. Une seule de ces usines est implantée dans la région. Les bois d’industrie alimentent des entreprises au-delà de la frontière franco-belge.
(Bruit)
Pierre Jung
Ce qui fait défaut, donc, ce sont des entreprises comme celle-ci. C’est une très vieille entreprise familiale. Elle existe depuis le siècle dernier. Elle fabrique des bois de brosse pour balais. Une quinzaine de modèles environ, 300 000 pièces par mois, 26 employés et puis voici deux détails encore. La mécanisation, dans cette entreprise, est toute récente. Et la sciure est revendue en Belgique. Dans la région, personne ne semble s’y intéresser.
(Bruit)
(Musique)
Pierre Jung
Mais voyons maintenant à qui appartient la forêt. Il y a, d’une part, l’Office National de la Forêt. Il gère environ 1/3 de la surface boisée. Tout le reste appartient à des propriétaires privés. Mais au fil des ans et au gré des héritages, cette forêt privée s’est extrêmement morcelée, à tel point qu’aujourd'hui, la moitié des propriétaires possède une forêt inférieure à 10 hectares. Entre l’ONF d’une part qui gère de vastes étendues et la multitude de petits propriétaires privés, on se demande quel est bien le dénominateur commun.
(Musique)
Michel Hugues
La différence, c’est qu’en forêt privée, il faut essayer d’avoir des modèles de gestion qui soient un peu plus rapides qu’en forêt domaniale. En forêt domaniale, vous voyez souvent un objectif de production pour le hêtre de 140 ans, pour le chêne de 180, 200, 250 ans. C’est à peu près inconcevable en forêt privée. Il faut aller beaucoup plus vite. Et on peut, avec les mêmes essences, en les cultivant différemment, obtenir des bois à peu près aussi gros mais plus courts en un temps parfois presque moitié moindre.
(Musique)
Pierre Jung
Si l’on vit de la forêt, il faut également la faire vivre c'est-à-dire remplacer les arbres abattus. En Picardie, il existe 25 000 hectares de peupleraies comme celle-ci, c'est-à-dire plantées et surveillées par l’homme, c'est-à-dire aussi tout le contraire d’une régénération naturelle. Il faut bien se rendre compte d’une chose lorsqu’on plante un arbre aujourd'hui. Ce n’est que dans une, deux ou trois générations qu’on pourra le récolter. Autrement dit, la rentabilité en matière de forêt prend la forme d’un pari sur l’avenir. Il faut donc se méfier. Il faut être très prudent sur le choix de l’essence lorsqu’on plante un arbre.
(Musique)
Denis Harle D’Orphove
Il y a une chose de laquelle il faut se méfier en forêt. C’est la mode. Il y a eu, un moment, la mode de planter des résineux. Il y a eu ensuite la mode de planter des peupliers. Il y a maintenant la mode de planter des merisiers, des noyers ou des feuillus d’hiver. Je pense que lorsqu’on raisonne sur une période de 50-60 ans ou de 200 ans maximum, il est utopique de voir parler de mode. Ce qui est important en matière de forêt, c’est de planter les essences adaptées au sol et au climat. Et il faut, une fois en matière forestières, produire des arbres de qualité. Et les gens ont tendance à vouloir reboiser en fonction de l’essence qui se vend le mieux au moment où ils font leur plantation. Il faut se dire que cette essence-là, lorsqu’elle arrivera à maturité, ce n’est pas évident que ce soit celle-là qui se vende le mieux. Parce que la mode aura changé, parce que les exigences technologiques seront différentes. Il faut donc, en matière forestière, pouvoir… Il est important de reboiser l’essence qui est adaptée au sol et au climat.
(Bruit)
Pierre Jung
Aujourd'hui, la mode semble être la production de taillis destinés notamment au chauffage. Une tonne de pétrole équivaut à 7 stères de taillis. La France peut produire environ 15 millions de stères. C’est donc économiquement très intéressant. Mais il y a un risque à terme : celui de dénuder en quelque sorte la forêt. En fait, il vaudrait mieux transformer ces taillis en futaies de telle sorte à produire du bois d’oeuvre. En effet, la production de bois d’oeuvre destiné en particulier à l’ameublement est le véritable créneau porteur…
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