Malpasset : la tragédie de Fréjus

09 décembre 1959
02m 02s
Réf. 00002

Notice

Résumé :

Sur un ton dramatique, le commentateur rappelle le bilan de la catastrophe de la rupture du barrage de Malpasset qui a provoqué un véritable raz-de-marée sur la ville de Fréjus. Une semaine après ce cataclysme, les opérations de secours et de sauvetage sont organisées et se poursuivent : aide alimentaire, campagne de vaccination, bureaux de secours sont mis en place.

Date de diffusion :
09 décembre 1959
Source :
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Éclairage

Le 2 décembre 1959, à 21 h 10, le barrage de Malpasset a explosé sous la pression des eaux. Une vague de 55 mètres de haut a déferlé le long de la vallée et atteint Fréjus 21 minutes après. Les bas quartiers de la ville, autour de la gare et des Arènes, la plaine agricole, Fréjus-Plage et la base aéronavale ont été recouverts par les eaux. La tragédie s'est soldée par la mort de 423 personnes dont 135 enfants de moins de 15 ans, des dégâts à 951 maisons ou immeubles (dont 155 complètement détruits), la dévastation de près de 2 000 ha de vergers et de champs. Le plan ORSEC a été déclenché. Un formidable élan de solidarité a parcouru tout le pays, soutenu par les médias, utilisés de cette façon pour la première fois. Une journée nationale de solidarité a été organisée le 13 décembre et, à cette occasion, la messe solennelle donnée par l'évêque de Fréjus-Toulon a été retransmise à la télévision. Cinq colonnes à la une consacra deux reportages au drame, les 4 décembre 1959 et 5 février 1960. Des galas, des spectacles ont été donnés dans toute la France pour les sinistrés. Un timbre à surtaxe fut émis pour aider la reconstruction de la ville.

Le barrage qui a cédé avait été construit, dans l'Esterel, entre 1952 et 1954, sur un affluent de l'Argens, le Reyran. Il devait servir à l'irrigation de la plaine, qui était alors vouée à l'arboriculture, et à l'alimentation en eau de la ville. Mais cette retenue d'eau n'avait jamais été remplie et la digue (59 m. de haut, 220 m. de long) s'était fissurée. Les pluies diluviennes qui s'étaient abattues sur la région depuis la mi-novembre, et particulièrement 24 heures avant le drame, avaient entraîné une brutale montée des eaux. Dès lors, ce type de barrage, dit en béton à voûte mince, a été abandonné.

Le drame a laissé sur Fréjus une empreinte profonde. Son souvenir est rappelé par un monument, le Gisant, qui se trouve près des arènes romaines, qui, elles, ont résisté aux flots.

Bibliographie

Marcel Foucou, Malpasset, une tragédie déjà entrée dans l'histoire, Fréjus.

François Léotard, La ville aimée. Mes chemins de Fréjus, Paris, Editions de l'Hermès, 1989.

Vito Valenti et Alfred Bertini, Barrage de Malpasset, de sa conception à sa rupture, Le Pradet, Editions du Lau/Société d'histoire de Fréjus et de sa région, 2003.

Filmographie

Malpasset, Véronique Lhorme et Marc Nardino, Planète-INA, 1999.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentateur
La zone dévastée ne se limite pas à Fréjus. L'énorme vague s'est étendue sur la base aéronavale qui borde la mer. Cette base qui porte les marques de ce terrible raz de marée. Une vingtaine d'appareils ont été détruits. Ce mercredi, l'angoisse se dissipe. L'énergie et le courage des sauveteurs et des survivants sont quelque chose d'admirables. Fréjus travaille et se retrouve en pansant ses plaies. De tous les coins de France, de l'étranger, arrivent des camions, des vivres, du matériel. A la mairie, le service de santé s'emploie à vacciner toute la population, tous ces milliers d'homme, de femmes et d'enfants qui ont retrouvé le chemin de l'espoir. 900 cartes de sinistrés ont été distribuées à ce jour. 73 millions leur ont été déjà alloués ; vêtements, chaussures. Une activité fébrile règne dans Fréjus où la période de prostration semble s'éloigner. Mais dans certains quartiers, dans plusieurs points de la campagne, les sauveteurs là-bas cherchent toujours. Car sur le bilan officiel, 110 disparus parmi les habitants de Fréjus, et il est vraisemblable que de nombreux étrangers de la région ont pu être emportés par le flot. Surtout dans cette région appelée Saint-Aygulf. Mais grâce à son courage, avec votre aide, Fréjus renaît et demain un deuxième pont franchira le Reyran.