Le Parc National de Port Cros

14 décembre 1963
03m 15s
Réf. 00008

Notice

Résumé :

Le parc naturel de Port-Cros a été créé en 1963. Il protège une partie de l'archipel des îles d'Hyères de la pression immobilière et touristique. C'est aussi le premier parc sous-marin national. On peut dresser un premier bilan au terme de douze ans d'existence. Réserve terrestre mais aussi sous-marine, Port-Cros permet de préserver la faune et la flore menacées et de conduire des études scientifiques.

Date de diffusion :
06 juin 1975
Date d'événement :
14 décembre 1963

Éclairage

Le parc national de Port-Cros a été créé par le décret du 14 décembre 1963. C'est donc juste après le parc de la Vanoise le deuxième des parcs nationaux français. Il couvre, outre l'île qui lui donne son nom (640 ha), les îlots de Bagaud, de La Gabinière et du Rascas, soit une partie de l'archipel des îles d'Hyères. Son originalité est d'englober une ceinture maritime de 600 mètres (1 200 ha).

Port-Cros a été préservé de la pression touristique et de l'urbanisation grâce à Madame et M. Henry, les fondateurs de L'Auberge provençale peu après la Première Guerre mondiale. Entre Porquerolles, l'île principale, vouée plutôt à l'agriculture, et celle du Levant, qui acquiert sa célébrité grâce au naturisme, mais qui est contrôlée par la Marine, Port-Cros est devenue une sorte de havre très particulier. Sa population est limitée à un hameau blotti au fond d'une crique et dominé par le Fort du Moulin. C'est là que, chaque été, entre 1925 et 1938, le poète Jules Supervielle venait se retirer, tandis que Jean Paulhan, le " patron " de la NRF, recevait la fine fleur de la littérature française au Fort de la Vigie. Madame Henry, qui était liée à la Société nationale pour la protection de la nature, a légué l'île à l'État afin d'en préserver le caractère sauvage. Le bilan qui est présenté dans le film douze ans après la création du parc, rappelle ce rôle de protection, mais insiste sur la place importante que tient, en complément à cette mission, l'activité scientifique et la mission de sensibilisation du public aux dangers qui menacent la faune et la flore marine, en particulier les herbiers de posidonies qui constituent le poumon de la Méditerranée. Cette activité est coordonnée par un comité de personnalités de renom, dont, alors, faisaient partie le commandant Philippe Taillez et le professeur Vicente qui interviennent ici. Elle a donné lieu à de très nombreuses publications scientifiques.

Peu avant ce reportage, le Parc s'était agrandi de l'essentiel de l'île de Porquerolles (1 254 ha). Cet achat, réalisé en 1970 et officialisé le 6 janvier 1971, pose pour sa gestion d'autres problèmes, puisque l'île est habitée (360 habitants) et qu'elle est le cadre d'une activité touristique d'une tout autre importance qu'à Port-Cros. Depuis 1979, le Parc sert ici de cadre à un Conservatoire de la flore méditerranéenne, sauvage et cultivée (agréé comme Conservatoire Botanique National en 1990).

À Port-Cros et plus encore à Porquerolles, le Parc tente de concilier ses missions de préservation, de réhabilitation, d'étude et de sensibilisation avec une fréquentation touristique et plaisancière massive et agressive pour l'environnement.

Bibliographie

Outre les très nombreuses et très variées publications scientifiques et pédagogiques du Parc,

Jean-Pierre Brun dir., Les îles d'Hyères, fragments d'histoire, Arles, Acte Sud-Parc national de Port-Cros, 1997.

Site internet

Parc national de port-Cros

Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentateur
Le parc national de Port-Cros englobe les îles de Port-Cros et Bago et le rocher de la Gabinière. Le parc, créé en 1964 a échappé aux dévastations et aux convoitises des lotisseurs, un village d'une vingtaine d'habitants, et pour le reste, des sites uniques, une végétation très diversifiée comprenant toutes les essences des collines provençales. Mais Port-Cros, c'est aussi et surtout un parc sous-marin unique en Europe, témoin pour les scientifiques d'un domaine protégé, il est deux fois par an au moins l'objet d'étude concrète et d'observations diverses.
Inconnu
Un parc national sous-marin, notamment en Méditerranée, est très important pour l'étude d'une faune qui malheureusement est très touchée de nos jours, or vous savez que la Méditerranée est atteinte de toute part par les nuisances depuis quelques années avec l'industrialisation outrancière et ce parc sous-marin constitue une sorte de relique. Une relique où l'on peut observer la faune sous-marine qui existait, il y a déjà fort longtemps en Méditerranée sur tout le littoral. Or ces animaux disparaissent peu à peu sur notre littoral et nous avons la chance à Port-Cros d'avoir une réserve protégée où des études se font depuis une douzaine d'années et ces études tendent à maintenir cette faune en place en dehors de toute atteinte, je veux parler de l'atteinte de la pêche conventionnelle ; il faut bien que des exemples se fassent jour et dans ce domaine il me semble que l'exemple de Port-Cros est très important.
Présentateur
L'inventaire et l'état des fonds sous-marin font apparaître une régression des herbiers de posidonie. Ces herbiers sont les poumons de la mer, c'est là que se fixe l'oxygène. Dans ces lieux privilégiés viennent frayer de nombreuse espèces, elles se reproduisent bien mais ces herbiers sont en régression. Pollution des émissaires, chalutage et ganguis en sont la cause, un premier bilan d'un parc qui a 12 ans d'existence.
Inconnu 2
Actuellement, 12 après, il y a une prise de conscience de tout le monde, aussi bien les professionnels de la pêche que les gens qui font de la chasse sous-marine, que des gens qui vont dans l'eau pour leur métier comme pour leur loisir, il y a une prise de conscience suffisante, je le pense, pour qu'on puisse revenir sur cette première décision, c'est du moins le but de nous, membres du comité scientifique, et tous les gens qui travaillent à Port-Cros c'est leur but, c'est d'arriver que Port-Cros mérite vraiment ce nom de parc aussi bien pour ce territoire terrestre que pour son... que pour le marin.