Le Parc naturel régional de Camargue et ses défis

12 décembre 1972
01m 24s
Réf. 00013

Notice

Résumé :

Présentation du Parc naturel régional de Camargue, créé le 12 décembre 1972. La limitation de la pêche, de la chasse et de l'agriculture permettent la protection d'une partie de la zone et la préservation des 150 espèces d'oiseaux qui la fréquentent. Cependant, de nombreuses menaces pèsent toujours sur le parc : le dioxyde de soufre de Fos poussé par le vent d'Est, la fréquentation touristique, les intérêts contradictoires des saliniers et des riziculteurs.

Date de diffusion :
28 mars 1977
Date d'événement :
12 décembre 1972

Éclairage

Le parc naturel régional de Camargue, mis en place entre le 25 septembre 1970 et 12 décembre 1972, concentre toutes les difficultés de ce type d'initiatives, ce qui explique, non seulement que sa gestation ait été longue, mais surtout que sa vie a été, jusqu'à aujourd'hui, passablement agitée. Proposée au début des années soixante, sa création intervient - et ce n'est pas un hasard - au moment où l'aménagement de Fos rend urgente la mise en place d'une coupure naturelle, en quelque sorte compensatoire. Mais le flou de son organisation (une fondation à l'époque) masque mal les conflits qui la parcourent et qui opposent collectivités locales, services publics et associations (riziculteurs, chasseurs, manadiers, Salins du Midi).

La crise connaîtra un premier pic en 1979, marqué notamment par l'incendie des bureaux du parc, vraisemblablement par des usagers irrités par la restriction apportée à la chasse au gibier d'eau. D'autres problèmes sont venus se greffer, notamment, avec les inondations catastrophiques de 1992-93, celui de l'entretien des digues. Le parc recouvre en fait des zones au statut différent. Il s'est constitué autour de la réserve nationale botanique et zoologique créée en 1928 par la société nationale d'acclimatation sur des terrains cédés par les Salins de Midi et autour de la station ornithologique de la Tour du Valat créée en 1954, soit au total plus de 15 000 hectares qui constitue une sorte de sanctuaire. Mais le parc en recouvre 85 000 avec une zone périphérique où les diverses activités sont normalement sous contrôle et une zone agricole, au Nord, où elles sont libres. L'étang de Vaccarès, dont le taux de salinité doit être sauvegardé, sert de réservoir central à cet ensemble à propos duquel s'opposent défenseurs de la nature, éleveurs, riziculteurs, chasseurs, élus, Compagnie des Salins, population qui fréquente les plages non aménagées du cordon de sable qui s'étire des Saintes-Maries-de-la-Mer jusqu'à Beauduc. Le parc essaie de protéger un milieu fragile (les zones humides en particulier), de canaliser le million de touristes, de soutenir les activités traditionnelles qui font le mythe camarguais (les chevaux et les taureaux). Le reportage rend bien compte de la réalité du parc, des contradictions et problèmes qu'il doit affronter et qui ne sont pas résolus à ce jour.

Bibliographie

Pierre Dupuy, Le guide de la Camargue, Besançon, La Manufacture, 1991.

Bernard Picon, L'espace et le temps en Camargue, Arles, rééd. Actes Sud-A.R.C.A.N.E., 1988.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentateur
Le parc régional de Camargue fut créé le 12 décembre 1972. 85000 hectares de sable, d'eau et de sel allaient être protégés. 20000 hectares allaient devenir le paradis des oiseaux et des animaux, interdiction de pêche, de chasse et de culture. Seuls 1200 visiteurs, ornithologues ou botanistes peuvent visiter chaque année 300 de ces 20000 hectares. Crin blanc pourra se reproduire en paix et les oiseaux aller et venir, 150 espèces, soit 500000 paires d'ailes, font escale en Camargue, 6 mois ou 15 jours, ils viennent de Sibérie comme les canards sauvages ou d'Afrique comme la sarcelle. 45 types d'oiseaux apprécient même tellement la compagnie des chevaux, de l'herbe au goût salé ou les roubines qu'ils se sont fixés là, goéland ou chevalier gambette, et bien sûr le flamand rose. La Camargue, c'est tout cela mais elle est menacée, bien qu'elle soit maintenant parc naturel régional. Les rizières veulent beaucoup d'eau, même polluée et celle du Rhône l'est. Les saliniers, au sud, eux veulent de l'eau propre et salée. Manadiers et taureaux souhaitent des espaces vierges, les oiseaux du calme, et les touristes la photo d'un flamand rose ou pour quelques heures une vie sauvage loin d'une civilisation toute proche. Et il y a Fos et son dioxyde de soufre qui par vent d'est pollue tout, c'est tout cela que Vincent Ansquer, ministre de la qualité de la vie, va voir demain.