La prolifération d'une algue tueuse

06 mars 1992
01m 36s
Réf. 00026

Notice

Résumé :

Sur la côte méditerranéenne, une algue toxique, caulerpa taxifolia, inquiète de plus en plus les spécialistes. Un comité a été constitué pour étudier le danger de sa prolifération.

Date de diffusion :
06 mars 1992
Source :
France 2 (Collection: JA2 20H )
Personnalité(s) :

Éclairage

Le reportage reflète l'agitation qui s'est emparée des médias lorsque l'on a "découvert" la prolifération de cette algue sur les côtes provençales. On en parle beaucoup moins aujourd'hui. Elle n'a pourtant cessé de s'étendre et rares sont les zones de la Méditerranée qui en sont aujourd'hui exemptes. Il s'agit d'une algue verte tropicale introduite pour la décoration des aquariums. C'est en 1984, accidentellement, à partir des aquariums du Musée océanographique de Monaco, qu'elle s'est répandue. La découverte de son extension quelques années après a provoqué une vive émotion, encore amplifiée par le traitement médiatique qui en a été donné. La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu, mais cette algue couvre aujourd'hui 5 000 ha discontinus le long des côtes, non seulement en France, mais aussi en Espagne, en Italie, sur le littoral balkanique et en Tunisie.

Toxique pour la plupart des animaux, elle menace en proliférant les espèces endémiques et notamment les herbiers de posidonies qui jouent un rôle essentiel dans la "respiration" de la Méditerranée. Diverses méthodes de lutte ont été expérimentées, lutte biologique à partir de - rares - prédateurs, solutions de cuivre, etc. Certaines sont présentées dans ce reportage, l'éradication manuelle et la pose de bâches opaques pour empêcher la photosynthèse. Aucune jusqu'à présent n'apparaît comme "la" solution au problème. En tout cas, cette invasion montre bien les risques que peut présenter l'introduction, volontaire ou non, d'espèces nouvelles.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Philippe Lefait
Madame, Monsieur, bonjour. Pour commencer ce journal, parlons d'environnement. Hier, l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, annonçait que chaque année, les maladies liées à l'environnement tuaient dans le monde quarante millions de personnes. Le problème est donc majeur. Il prend toutes sortes de formes. Par exemple, vous savez que le littoral méditerranéen est actuellement menacé par une algue toxique, la Caulerpa Taxifolia. La ville de Saint-Raphaël vient de lancer une expérience pilote pour étudier la progression de cette algue en Méditerranée et donc lutter contre elle. Claude Crespo.
Claude Crespo
La Caulerpa Taxifolia, une algue qui a l'air inoffensive comme ça, mais qui détruit peu à peu l'équilibre naturel du milieu marin, d'où cette initiative : transformer le port privé de Saint-Raphaël en un laboratoire d'étude de cette prolifération. L'expérience a consisté à diviser en trois zones le littoral contaminé. Première zone, on arrache les algues pour ensuite les arroser de mazout et les brûler enfin. Deuxième zone, on étend une bâche opaque pour créer une obscurité artificielle, comme si l'algue se trouvait à plus de quarante mètres de profondeur. La troisième zone sert de témoin aux deux autres. Une cellule a été mise en place avec la municipalité, les Affaires Maritimes et l'Ifremer, unis dans un seul but.
Jean-Claude Laredo
Surveillance, information du public, feed-back du public vers nous, et à ce moment-là surveillance en total accord avec les scientifiques. Il n'y a pas de place pour l'amateurisme dans cette lutte contre le chiendent de la mer.
Claude Crespo
Un réel problème qui préoccupe les autorités scientifiques, la prolifique Caulerpa aurait déjà été signalée à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées Orientales.