La montagne Sainte-Victoire ravagée par un incendie

28 août 1989
01m 39s
Réf. 00146

Notice

Résumé :

Le 28 août 1989, la montagne Sainte-Victoire a été dévastée par un gigantesque incendie.

Date de diffusion :
29 août 1989
Date d'événement :
28 août 1989
Source :
France 3 (Collection: Atr2 )

Éclairage

Chaque été, dans les régions méditerranéennes, des milliers d'hectares de forêt sont détruits par le feu. Le seul département du Var a vu quelque 120 000 hectares de forêt dévastés de 1975 à 2005. Durant l'été 2003, période de canicule historique, ce sont 24 000 hectares qui ont brûlé dans l'ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont 17 000 hectares dans le Var, atteint les 17 et 28 juillet 2003 par de gigantesques incendies dans le massif des Maures.

Qu'ils soient d'origine criminelle ou accidentelle, les incendies dans les régions méditerranéennes sont favorisés par la sècheresse, la chaleur, le vent ou des espèces végétales peu résistantes au feu. Les pompiers éprouvent par conséquent souvent d'importantes difficultés à les circonscrire. Ces incendies ont des conséquences écologiques désastreuses, que les reboisements ultérieurs ne permettent que de résorber partiellement. L'accent est en fait surtout mis par l'État, les collectivités locales et les sapeurs-pompiers sur la prévention. Les forêts, et plus particulièrement celles des massifs des Maures et de l'Estérel très fréquemment touchées par les flammes, font l'objet d'une étroite surveillance. Ainsi, dans le Var, les massifs forestiers sont désormais classés selon un niveau de risque d'incendie qui est établi en fonction de la force du vent, de la chaleur prévue et de l'état de la sècheresse. Et si les risques s'avèrent très importants, la fréquentation des massifs est interdite. De même, à la suite du feu du 28 août 1989 qui a ravagé en une seule journée 5 500 hectares sur ses flancs, l'accès à la montagne Sainte-Victoire est devenu en grande partie interdit en période estivale. La lutte contre les feux de forêt passe également par une politique de débroussaillement accrue : par exemple, dans le Var, les propriétaires ont dorénavant l'obligation de débroussailler dans les cinquante mètres autour de leur habitation.

Réalisé le lendemain du sinistre, ce sujet diffusé dans le journal télévisé régional de FR 3 Marseille présente les ravages de l'incendie qui a dévasté la montagne Sainte-Victoire le 28 août 1989. Les images qu'il propose apparaissent habituelles des reportages consacrés aux feux qui atteignent les régions méditerranéennes. De nombreux plans montrent ainsi un paysage désolé, des arbres complètement calcinés et une terre noircie par le feu. Le sujet commence symboliquement par un zoom sur un arbre qui brûle encore, vingt-quatre heures après le début de l'incendie. Les termes employés par le journaliste pour décrire les conséquences du passage du feu sur la montagne Sainte-Victoire renforcent l'impression de désolation qui émane des images. Des plans de bâtiments détruits témoignent du fait que l'incendie a également atteint des habitations. Si ce sujet présente des images de dévastations naturelles et matérielles qui se retrouvent peu ou prou dans la plupart des sujets consacrés aux incendies, la présentatrice comme le journaliste mettent surtout en valeur le caractère éminemment symbolique de ce sinistre qui a touché l'un des principaux emblèmes de la Provence, notamment célébré par Paul Cézanne dans de nombreux tableaux.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Oui, d'un côté, le massif de la Sainte-Baume dans la fumée de l'autre, le massif de la Sainte-Victoire, qui offre aujourd'hui un visage de désolation. Même s'il ne reste plus à l'heure qu'il est que quelques petits foyers, ce qui s'offre aux yeux est bien triste, un symbole, bien sûr, pour la Provence.
Journaliste 2
Image symbole que cet arbre qui, vingt-quatre heures après le passage des flammes, continue de se consumer. Une agonie lente, comme l'ont connue des milliers et des milliers d'arbres. Plus une feuille, plus un arbre vivant, il ne reste plus rien sur les flancs de la Montagne Sainte-Victoire, plus rien, si ce n'est le silence. C'est du terrorisme, soulignent certains sauveteurs qui se souviennent que le feu est parti hier après-midi, a bondi de bosquets en maquis sur vingt kilomètres de front jusqu'à la commune de Pourrières, menaçant les communes de Saint-Antonin et de Puyloubier, ravageant tout sur son passage. En tout, sept maisons ou fermes ont connu en quelques secondes le cataclysme, sans que leurs propriétaires ne puissent intervenir. A l'intérieur, que des débris, les meubles sont partis en fumée, les pierres ont éclaté, et les verres ont même fondu sous la chaleur. Désolation, émotion, angoisse, mais pas de colère, simplement du dépit. Voilà donc le spectacle que nous offrait ce matin la Sainte-Victoire, qui aujourd'hui a été placée sous haute surveillance. Seuls quelques foyers résiduels ont éclaté, rapidement maîtrisés par des moyens aériens, [INCOMPRIS] et hélicoptères. Vauvenargues en a fait les frais. Sur le terrain, chacun pourtant s'attendait à une reprise violente du mistral, ce ne fut pas le cas. Une occasion qui a ainsi permis de contrôler la situation. La Sainte-Victoire n'est plus menacée ce soir, même si elle n'a plus rien à brûler, ce sont aujourd'hui des paysages lunaires, avec des rochers gris blancs et des pins dressés comme des allumettes noircies. Le peintre Cézanne a de quoi se retourner dans sa tombe.