Le Carnaval de Nice

08 mars 1946
01m 07s
Réf. 00212

Notice

Résumé :

Pendant six ans, Nice a dû oublier son carnaval. Aujourd'hui tous les niçois étaient présents pour renouer avec la tradition. Sa majesté Carnaval a été chaleureusement acclamée sur la place Massena.

Date de diffusion :
08 mars 1946

Éclairage

Le Carnaval de Nice apparaît dans les chroniques locales lors du séjour en 1294 du comte de Provence Charles II, duc d'Anjou, venu à Nice " pour y passer les jours joyeux du carnaval ". Au cours des siècles, la tradition s'est maintenue, mais c'est avec l'essor du tourisme qui fait de Nice la "capitale d'hiver de l'Europe", que naît vraiment le Carnaval moderne. C'est en 1873 que le tout nouveau comité des fêtes adopte le défilé de chars. Ils sont d'abord historiques et allégoriques, mettant en scène l'héroïne légendaire, Catherine Séguranne, mais, dès 1875, le goût d'un public à la recherche de divertissement fait prendre le tournant du burlesque. Sa spécificité est alors dans la confection de grosses têtes de plus de deux mètres de hauteur et de sujets ou chars en carton-pâte par les carnavaliers niçois. L'imagination de ces derniers, inspirée par les thèmes mythiques du carnaval ainsi que par l'imagerie populaire niçoise, donna naissance à la création de personnages anthropomorphes, de mises en scène particulières de la nature et de son bestiaire et d'un univers fantastique diabolique. À cet égard, le fameux char de la Ratapignata (chauve-souris) de 1875 illustre bien ces thématiques. La Ratapignata est une représentation inversée de l'aigle, symbole héraldique de Nice. Elle fait partie du bestiaire carnavalesque en tant qu'animal médiateur entre le monde des ténèbres et celui de la lumière. L'impact de ce char fut considérable puisqu'en 1900, Menica Rondelly, auteur de l'hymne Nissa la Bella, créa un journal entièrement rédigé en niçois appelé Ratapignata et que la chauve-souris devint l'un des plus forts symboles de l'identité culturelle du Niçois.

Autre fierté du Carnaval de Nice : sa Majesté Carnaval fait son apparition en 1882, accompagnés de musiciens jouant avec des instruments de fantaisie. Il arrive par l'avenue portant désormais le nom de Jean Médecin pour trôner sur la place Masséna, avant d'être brûlé sur le quai des Etats-Unis. Il reflétait les événements sociaux et politiques sur le plan local ou national. Ainsi, en 1946, il sort de l'exil de la guerre sous les traits d'un ambassadeur puisque Nice est la capitale de la Côte d'Azur. En 1947, il est Roi du Cinéma, évoquant ainsi la période de prospérité inespérée connue par les studios de cinéma niçois de la Victorine pendant la guerre, au moment où Marcel Carné tournait Les Enfants du Paradis. Entre 1946 à 1955, des acteurs et chanteurs célèbres du monde du spectacle (Maurice Chevalier, Mayol...) ont été représentés en M. Carnaval. Aujourd'hui spectacle organisés par des professionnels, le carnaval de Nice n'en reste pas moins reconnu comme un des carnavals urbains les plus célèbres de la planète au côté de ceux de Rio, La Nouvelle-Orléans et Québec.

Bibliographie :

Annie Sidro, Carnaval de Nice : Tradition et modernité, collection patrimoine-direction de la culture, Nice, 2001.

Le Carnaval de Nice et ses fous, Nice, Serre Éditeur, rééd. 2008.

Transcription

(Musique)
Journaliste
Pendant six ans, Nice a dû oublier son traditionnel carnaval, ce carnaval qui faisait tous les ans courir des foules. 1946 l'y ramène et aujourd'hui dans cette bonne ville, selon l'expression consacrée, sa majesté carnaval 62 fait son entrée, entrée solennelle et joyeuse, en dépit des difficultés de l'heure.
(Musique)
Journaliste
A Nice, la paix nouvelle a ramené l'ancien carnaval.
(Musique)