Monaco remporte la coupe de France de football

18 mai 1960
02m 13s
Réf. 00226

Notice

Résumé :

Monaco remporte la finale de la coupe de France de football face à Saint Etienne, au stade de Colombes, 4 buts à 2.

Date de diffusion :
18 mai 1960

Éclairage

Le football fait son apparition dans la principauté de Monaco en 1903 avec le club de l'Herculis. En 1924, ce club fusionne avec quatre autres clubs monégasques (le Riviera Athletic Club, l'Etoile de Monaco, le Swimming Club, le Monaco Sports) et l'Association Sportive de Beausoleil pour former l'Association Sportive de Monaco. Par l'intermédiaire de l'Herculis, les footballeurs monégasques participent, en 1917, à la première édition de la Coupe de France. Ils n'y brillent guère, pas plus que par la suite. Non seulement le club monégasque ne parvient pas à se forger un palmarès, mais il perd à la veille de la Seconde Guerre mondiale son statut professionnel, faute de moyens financiers. Le Palais princier est, en effet, peu enclin à le soutenir jusqu'à l'avènement de Rainier III. Pour celui-ci, le redressement du club de football comme, par ailleurs, une politique urbanistique volontariste, est un élément d'affirmation et de reconnaissance internationale de la principauté. Dès 1951, Nice Matin ne s'y trompe pas en soulignant que "le football peut être considéré comme entrant dans le domaine de la propagande utile pour la Principauté [...]". C'est à ce moment que le "prince bâtisseur" décide de donner les moyens à l'AS Monaco de construire une grande équipe.

Le club accède au championnat de première division en 1953 où, jusqu'à la fin de décennie, il s'illustre par des places d'honneur. La place de finaliste de la Coupe de France, obtenue en 1960 après avoir notamment éliminé en demi-finale le Stade de Reims, vainqueur de l'épreuve en 1958 et bientôt champion de France pour la cinquième fois, se présente comme une occasion de concrétiser, avec un titre, l'ascension du football monégasque au niveau national. Cependant, l'équipe dirigée par Lucien Leduc ne fait pas figure de favori dans la finale de la Coupe de France qui l'oppose à Saint-Étienne. Le public n'est, d'ailleurs, que peu attiré par l'affiche puisque le stade de Colombes n'est rempli qu'aux deux tiers avec 40 000 spectateurs. Le général de Gaulle n'est pas, non plus, dans les tribunes comme le veut l'usage, respecté jusqu'alors par ses prédécesseurs à la présidence de la République. La coupe est donc remise par Roger Frey, le ministre de l'Information, aux Monégasques victorieux (4-2) à l'issue d'un match très animé. L'absence présidentielle ne gâche en rien le plaisir du prince Rainier, tout à sa joie de voir l'AS Monaco participer à son entreprise de valorisation de la Principauté. Afin de donner plus de relief encore à l'événement, des festivités sont organisées sur le Rocher pour accueillir le retour des joueurs, longuement reçus au Palais princier. D'autres succès par la suite, comme le titre de champion de France remporté l'année suivante, viennent servir l'image de la Principauté. Mais, alors que celle-ci manifeste son désir de s'émanciper sur le plan politique de la tutelle française, avec en point d'orgue la crise de 1962, des voix s'élèvent pour contester la participation de l'AS Monaco aux compétitions hexagonales. Cette objection récurrente n'empêche pas le club monégasque de se forger l'un des plus beaux palmarès du football français, avec cinq coupes de France et sept titres de champion de France.

Bibliographie :

Gérard Ejnès, Jacques Hennaux (dir.), Coupe de France. La folle épopée, Paris, L'Équipe, 2007. 

Norbert Siri, AS Monaco football club, Paris, Calmann-Levy, 2008.

Stéphane Mourlane

Transcription

(Musique)
Journaliste
Au générique du film à suspense de Colombes, le prince Rainier, supporter détendu de l'AS Monaco, la princesse Grace, et monsieur Antoine Pinay, l'ancien ministre des Finances, supporter très décontracté lui aussi, de l'AS Saint Etienne, avant le deuxième acte de la finale de la coupe de France. Le deuxième acte a débuté. Saint Etienne, maillot foncé, qui a fourni, jusqu'à présent, le meilleur football, attaque par René Ferrier. Petit ballet de l'avant-centre Liron qui donne le frisson à son Altesse Sérénissime. Plus massives, plus lourdes sont les contre-attaques de Monaco. Voici les demis et les avants monégasques en action. Le sort de la partie semble se jouer sur cette attaque. Hesse, l'ailier droit n°7, et Ludo, le demi-droit n°4, débordent tous leurs adversaires. Non, il en restait un : le gardien de but Claude Abbes.
(bruits)
Journaliste
Et Saint Etienne reprend le contrôle du jeu, un jeu beaucoup plus lié, plus élégant que celui des monégasques. Finalement, c'est Saint Etienne qui prend l'avantage au bon moment. Saint Etienne va gagner. Il reste 5 minutes à jouer. L'ancien ministre des Finances marquait un point sur la famille princière de Monaco, mais la princesse Grace, qui a déjà joué sous la direction d'Alfred Hitchcock, n'est pas inquiète : elle attend un rebondissement. Elle avait raison : but pour Monaco ! Tout est remis en question. Prolongations. Difficiles à supporter quand on est nerveux. Saint Etienne donne des signes de lassitude. Les spectateurs aussi. Troisième but pour Monaco qui revient de loin. Joie dans le camp monégasque, fatigue d'un supporter qui commence à trouver le temps long. Et voilà, 4 à 2. C'était bien cela, le suspense. Les beaux yeux de la princesse Grace valaient bien ce petit coup du destin. Monaco a gagné la coupe de France, que monsieur Roger Frey remet à Raymond Kaelbel.
(Musique)