La Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme

03 décembre 1998
02m 47s
Réf. 00261

Notice

Résumé :

En 1990, le plan "Université 2000" avait pour objectif de moderniser les locaux et d'insérer l'université dans la ville. C'est dans ce cadre que la MMSH a été ouverte. Elle accueille 200 chercheurs en Sciences Sociales et en Archéologie et 250 étudiants. Mais même si les utilisateurs en sont satisfaits, les associations de quartier sont déçues du manque d'engagement de l'Université dans la vie du Jas de Bouffan.

Date de diffusion :
03 décembre 1998
Source :
France 2 (Collection: MIDI 2 )

Éclairage

Dans sa présentation initiale et son commentaire, ce document mélange trois sujets qui concernent l'enseignement supérieur : le lancement du plan "Université du IIIe millénaire", l'ouverture de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme (MMSH) et son implantation dans le quartier du Jas-de-Bouffan à Aix.

Le plan "Université du IIIe millénaire", lancé par Claude Allègre, ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie (1997-2000) dans le gouvernement de Lionel Jospin, coïncide avec l'inauguration de la MMSH à Aix. Ce plan fait suite au plan "Université 2000", dont Claude Allègre fut également l'initiateur en tant que conseiller spécial du ministre de l'Education Nationale, Lionel Jospin, de 1988 à 1992. Il s'agit d'opérations de constructions ou de rénovations de locaux universitaires, devant la poussée des effectifs étudiants et l'insuffisance des investissements dans les périodes précédentes.

La MMSH, inscrite dans le plan "U 2000", est un campus d'enseignement et de recherche spécialisé sur le monde méditerranéen dans le domaine des sciences humaines et sociales, qui donne de l'espace à des équipes auparavant à l'étroit dans des locaux du centre-ville ou de la Faculté des Lettres de l'avenue Robert Schuman. Conçue sur le modèle inventé à Paris par l'historien Fernand Braudel pour la Maison des Sciences de l'Homme du boulevard Raspail, elle rassemble des laboratoires et des chercheurs de différentes disciplines, une phonothèque et des médiathèques spécialisées sur le monde méditerranéen. Ses dix laboratoires sont des unités dites "mixtes", puisqu'elles sont composées de laboratoires de recherche de l'Université (surtout de l'Université de Provence) et du CNRS. La MMSH est devenue, dans ses domaines de compétence, le principal pôle français et l'un des principaux pôles de recherche européen sur cette aire géographique. À la tête d'un réseau d'excellence européen, elle travaille avec des équipes de nombreux pays, avec qui elle échange chercheurs et connaissances. Construite pour des questions d'opportunité foncière dans la ZAC du Jas-de-Bouffan, elle est effectivement au centre d'un quartier d'extension urbaine d'Aix, commencé au milieu des années 1970 et qui compte une majorité de logements sociaux.

Toutefois, la question répétée avec insistance par le journaliste des relations entre le quartier tel qu'il était en 1997 (et qu'il est encore aujourd'hui) et ce monde de la recherche est peu opportune, car la MMSH n'a pas vocation à traiter les problèmes scolaires des enfants du quartier, comme semble le regretter le reportage.

Nicole Girard

Transcription

Carole Gaessler
C'est aujourd'hui que Claude Allègre présente son plan université du troisième millénaire. L'occasion de faire le bilan du plan précédent, université 2000, qui avait été lancé en 1990. C'était un programme ambitieux avec pour objectif de fournir des locaux modernes et d'insérer l'université dans la ville. Aujourd'hui, vous allez le voir, le résultat est quelque peu contrasté, reportage de Jean Peyzieu et José Boulesteix à Aix-en-Provence.
Jean Peyzieu
Bordés par un boulevard d'accès au centre-ville, ces bâtiments abritent la nouvelle université d'Aix C'est dans l'un des quartiers ouest, un quartier de logements, essentiellement des H L M, qu'est implantée la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme, le nom exact de l'établissement. Méditerranée, le ton est donné dès l'entrée avec ce grand jardin, inspiré de celui de Grenade en Espagne. Jeux de lumière aussi à l'étage dans la bibliothèque d'archéologie qui accueille sur 2 niveaux chercheurs et étudiants du 3ème cycle. De l'autre côté de cette terrasse, l'aile des chercheurs, ponctuée de patios, rafraîchie l'été par l'eau des bassins. Espace fermé et espace ouvert, un mariage apprécié des utilisateurs.
Gérard Chastagnaret
Personne n'est enfermée sur soi-même, c'est à la fois l'intimité et l'ouverture sur les autres disciplines, et c'est donc la possibilité pour les chercheurs d'accéder partout.
Jean Peyzieu
L'université accueille 200 chercheurs en sciences sociales et en archéologie, et 250 étudiants avec tous le même secteur d'activités : le monde méditerranéen. La plupart travaillaient jusqu'ici dans des bâtiments exigus installés dans le centre ancien d'Aix-en-Provence.
Xavier
Il y a une proximité entre les enseignants et les étudiants, du fait que c'est quand même aussi un centre de recherche, et il y a 2 bibliothèques et ça donne, ça donne une autre image de la vie étudiante.
Jean Peyzieu
Ça vous donne envie de travailler ?
Xavier
Ouais, ouais, vachement plus.
Jean Peyzieu
Autour de ce bâtiment, il n'y a pratiquement que des HLM. Ouais, ouais. C'est un nouveau quartier.
Etudiante
Ouais, ouais.
Jean Peyzieu
A votre avis, tout cela va bien ensemble ou pas ?
Mélanie Lebas
Moi ça me dérange pas du tout au contraire quoi, là on change, on change d'environnement et je pense pas que ça soit gênant pour nous, ni pour les gens qui vivent là quoi.
Jean Peyzieu
C'est le contraire d'un campus hein ?
Mélanie Lebas
Ouais vraiment le contraire, ouais, ouais, et moi ça me plaît.
Jean Peyzieu
Principale zone d'extension de la ville, le quartier accueille aujourd'hui 20% de la population aixoise, dont une majorité de familles très modestes. Les associations viennent à leur aide, notamment pour le soutien scolaire. Les accompagnateurs sont des retraités ou des étudiants venus d'autres quartiers mais personne de l'université sur place ; ici, on est déçu.
Karim Rouai
Il faut peut-être lui laisser du temps, mais il est vrai que le mouvement pour sortir un petit peu de l'université, d'aller vers la ville ou vers le quartier ne s'est pas encore fait.
Jean Peyzieu
Et vous le regrettez, je suppose ?
Karim Rouai
Oui.
Jean Peyzieu
Confort des intellectuels, oublieux des jeunes déshérités, une situation qui ne plaît à personne. Les habitants, eux, espèrent que d'ici l'an 2000 l'université se montrera solidaire de leur quartier.
Carole Gaessler
Parmi, les...