Fernandel tourne Honoré de Marseille

23 juin 1956
02m 38s
Réf. 00303

Notice

Résumé :

Maurice Regamey tourne Honoré de Marseille avec Fernandel à Gémenos. Le film raconte l'histoire de la cité phocéenne et reprend les clichés sur les Marseillais.

Type de média :
Date de diffusion :
23 juin 1956
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Thèmes :

Éclairage

En 1956, le réalisateur d'origine suisse Maurice Regamey tourne Honoré de Marseille, avec Fernandel. L'argument du film est simple : Honoré (interprété par Fernandel) raconte l'histoire de sa ville, Marseille, à travers personnages et anecdotes qui mélangent histoire et clichés marseillais : la fondation de Marseille par le phocéen Protis (joué par Fernandel), l'"invention" de la pétanque en utilisant des boulets lancées par les catapultes des Romains, la partie de pêche, où Fernandel a cette réplique "C'est pas la mer qui me rend malade, c'est le bateau"... Ce film est, pour François Bazzoli, le dernier des "nanars" marseillais, où un scénario-prétexte brode sur quelques archétypes obligés : présence de la mer et de la pêche, accent marseillais, bonne humeur et chansons.

Ces films qui exploitent la veine méridionale, et plus particulièrement marseillaise, ont été nombreux du milieu des années trente au milieu des années cinquante, et peuvent apparaître comme des sous-produits du succès de la trilogie de Marcel Pagnol.

Ils doivent aussi leur existence et leur succès à la présence et à la qualité d'acteurs marseillais, pouvant jouer avec l'accent. La plupart ont été formés à la rude école du café-concert et de la revue marseillaise qui a triomphé dans la cité phocéenne dans le premier tiers du XXe siècle. Rellys et Andrex, présents, avec quelques autres, au générique de Honoré de Marseille, appartiennent à cette catégorie d'acteurs méridionaux qui ont eu une carrière nationale, souvent limitée à des seconds rôles. Fernandel, sur lequel repose le film, formé à la même école, représente, de son côté, l'exemple d'acteur marseillais devenu vedette nationale, ayant imposé son personnage au cinéma, dans des rôles comiques liés à son physique, mais aussi dans des rôles dramatiques. S'il incarne souvent un personnage de Méridional, avec l'accent, notamment dans les films de Pagnol dans les années trente (Regain, Le Schpountz ...) ou dans des productions ultérieures de moindre envergure, comme Honoré de Marseille, Fernandel interpréta aussi des rôles forts différents comme dans La vache et le prisonnier ou dans la série des Don Camillo.

Bibliographie : 

Cent ans de cinéma marseillais , Marseille, revue municipale, premier semestre 1995.

Bernard Cousin

Transcription

Présentateur
Au micro, Jean-Paul Seligman.
(Musique)
Jean-Paul Seligmann
L'action se situe à Gémenos, mais l'événement est bien marseillais. Ces touristes sous les ombrages de la grand place n'en sont pas, ils tournent, et ils tournent Honoré de Marseille. Ou plutôt, ils se préparent à tourner. Maurice Regamey, le réalisateur et Walter Wottilz, le chef opérateur, préparent minutieusement la prochaine prise de vue. Le cinéma est une longue patience.
(Musique)
Jean-Paul Seligmann
Une voiture et des gens tout de noir habillés. S'agirait-il d'un enterrement ? Justement oui, on enterre le pauvre Oncle Gustave. Et son neveu éploré, Honoré lui-même, à droite de votre écran, prend patience sous le soleil.
(Musique)
Jean-Paul Seligmann
Honoré, mais vous l'avez reconnu.
(Musique)
Jean-Paul Seligmann
Et la foule heureuse comme un public, guette un sourire légendaire, le sourire le voilà. Excusez-nous, il n'était pas de circonstance. N'oublions pas, nous enterrons le pauvre Oncle Gustave.
(Musique)
Jean-Paul Seligmann
«On se l'enterre», cinématographiquement parlant, puis l'on fait un essai couleur, car Honoré de Marseille, qui verra Fernandel chanter dans un film pour la première fois depuis Simplet - quinze ans déjà - est réalisé en [incompris] color. Et Honoré, toujours patient, et la foule, toujours heureuse, attendent la suite des événements. Mais Rellys et Andrex, eux, qui ne sont pas de la fête, pardon, de la cérémonie, attendent le moment d'entrer dans leurs rôles et accueillent leur ami Fernandel qui a quelques bonnes histoires à leur conter. Sans compter celle de son nouveau personnage, un personnage qui vient de loin. Honoré n'a-t-il pas fondé Marseille sous le nom de Protis ? N'a-t-il pas inventé la pétanque, un jour que Jules César envoyait des boulets de pierre sur sa bonne ville assiégée ? Honoré de Marseille enfin n'est-il pas aujourd'hui expert en pêche en mer et autres distractions de cabanon ? Etonnez-vous après cela que Fernandel ait tant de choses à dire à ses amis Rellys et Andrex, sous le signe de la bonne humeur, que nous retrouverons à coup sûr dans les images du film.