Construction du tunnel de Sisteron

15 janvier 1957
04m 02s
Réf. 00307

Notice

Résumé :

A Sisteron, la circulation routière est tellement problématique que la commune a décidé de construire un tunnel long de 162 mètres pour dévier la ville. Ainsi, les quelques 9 000 voitures qui traversent chaque jour la ville en été ne seront plus bloquées par les feux rouges et les embouteillages qui s'ensuivent.

Date de diffusion :
15 janvier 1957
Source :

Éclairage

Sisteron, "Porte de la Provence", est située sur la route Napoléon qui joint la Méditerranée aux Alpes, à la confluence de la Durance et du Buech. Longtemps ville frontière entre les anciennes provinces de Provence et du Dauphiné (d'où le nom de la Porte Dauphine citée dans le reportage), elle occupe un site défensif difficile à franchir, sur une cluse étroite de la Durance au droit de la montagne de la Baume, paysage calcaire tout aussi célèbre que celui de la citadelle de la ville, oeuvre de Jehan Érard, ingénieur militaire d'Henri IV, et remaniée par Vauban. La route nationale 94 vers Gap et Grenoble traversait le centre ancien par une rue étroite et sinueuse malgré son nom, propice à de nombreux et célèbres ralentissements (absents du reportage ce jour-là...). La solution de déviation a été celle d'un tunnel creusé sous la citadelle et a été facilitée sur sa sortie nord par les destructions dus aux bombardements de la Deuxième Guerre mondiale.

Cette déviation, qui est présentée en 1957 comme une voie d'évitement de la ville, a été rapidement débordée par l'intensification de la circulation et par l'extension des constructions. Elle est devenue à son tour un point de ralentissement considérable sur la route des Alpes, jusqu'à la construction de l'autoroute A 51 et le franchissement de la cluse par deux autres tunnels, mais sur la rive gauche de la Durance cette fois, évitant totalement la traversée de la ville et permettant des vues magnifiques sur l'ensemble du site.

Nicole Girard

Transcription

Présentatrice
Au micro, Toursky.
Toursky
Sisteron, que Mistral appelait «clé de la Provence», va bénéficier d'un important aménagement routier. Sise entre le Jabron et ce confluent du Buëch et de la Durance, la ville chère à Paul Arène ouvre à la fois sur Gap et Grenoble. Prosper Mérimée a sauvé les magnifiques tours d'enceinte de cette ville. Sisteron connaît un perpétuel passage de transporteurs et de touristes, les uns desservant la montagne, les autres devront admirer ces orbes de pierre. On peut embrasser, de la tour de guet de la Citadelle, un paysage grandiose, dans les sinuosités duquel se déchiffre clairement la frontière entre la Provence et le Dauphiné. Les quelques neuf mille voitures quotidiennes qui traversent en été Sisteron, étaient jusque là contraintes d'emprunter une étroite artère centrale, baptisée - non sans humour - rue droite, sans doute parce qu'elle n'était pas tout à fait rectiligne. Des feux rouges réglementaient les entrées dans les deux sens, sans apporter autre chose qu'impatience au conducteur. Et surtout un ralentissement coûteux dans le trafic. Une voie d'évitement s'imposait donc. Et les Ponts et Chaussées, voici deux ans, très exactement le 1er février 1955, décidaient de contourner la ville dans un axe sud-nord au moyen d'un tunnel. Ces travaux, qui seront terminés à la fin du mois, pour une mise en service à Pâques, vont rendre à Sisteron sa pittoresque tranquillité et son plein essor à la fois.
(Musique)
Toursky
Une arche supplémentaire annonce l'entrée sud de l'ouvrage d'art. Cinquante hommes travaillent sur ce chantier qui représente un forage de cent soixante deux mètres de long sur dix mètres de large, avec cinq mètres quinze de hauteur à la clé. Les travaux ont été effectués par l'entreprise Giannoti Frères de Marseille, sous la direction de René Berthot, monsieur Jean étant ingénieur des pont et Chaussées.
(Musique)
Toursky
Sur une maquette, nous avons suivi les explications de monsieur Jean, et partagé la légitime satisfaction de monsieur Fauque, maire de Sisteron.
(Musique)
Toursky
La guerre, les bombardements avaient durement affecté ce quartier. Les anciens immeubles de la rue Saunerie ont fait place à une belle esplanade plantée d'arbres et flanquée d'une terrasse inférieure. Dernier avantage enfin de cette réalisation, des escaliers partant du pont de la Baume et passant par la Porte Dauphine, permettront d'atteindre le sommet de la citadelle, oeuvre d'un précurseur de Vauban, Jean Errard, ingénieur d'Henri IV. Belle victoire du progrès, que respecter et servir des merveilles architecturales, en satisfaisant aux exigences de la vie moderne.