La station de ski d'Orcières Merlette

19 octobre 1962
01m 47s
Réf. 00329

Notice

Résumé :

La station de sport d'hiver d'Orcières Merlette installe de nouveaux équipements : chalets et immeubles collectifs, commerces, remontées mécaniques ... La station, qui bénéficie de 300 jours d'ensoleillement et de 4 à 5 mois d'enneigement, pourra donc accueillir de nombreux touristes, amateurs de sport de montagne.

Date de diffusion :
19 octobre 1962

Éclairage

La construction de la station de ski d'Orcières-Merlette, aussi appelée Orcières 1850, débute en janvier 1962 et se concentre sur une période de vingt années (1965-1985). Il s'agit d'une " station intégrée " ou station de troisième génération selon la typologie des stations de ski françaises établie par le géographe Rémy Knafou. La période des années 1930 aux années 1950 correspond aux stations dites de première génération : stations touristiques développées autour d'un village pré-existant, à une altitude de 900-1 200 mètres. Parallèlement aux projets de première génération, les stations dites de deuxième génération se développèrent tout au long des années 1950. Il s'agissait de stations créées ex-nihilo au niveau des alpages, à 1600-1880 m. Le projet des Trois Vallées, dans les Alpes du Nord, avec la création de Courchevel, est l'exemple le plus significatif de ce type de stations. Dans les années 1960, l'afflux de touristes poussa les promoteurs à proposer aux communes alpines des projets de stations dites intégrées ou stations de troisième génération. Le promoteur décidait de l'ensemble des aménagements urbanistiques (chalets, immeubles collectifs, hôtels) commerciaux (restaurants, magasins) et techniques (remontées mécaniques, télécabines). D'une saison à l'autre, la station se dotait de nouveaux bâtiments - chalets, immeubles collectifs, hôtels - sans égard pour les conséquences environnementales. La station intégrée commercialisait le marché des loisirs d'hiver en développant la promotion du site. La station de ski d'Orcières-Merlette appartient à ce type de stations, alors que les Alpes du Sud commencent à s'équiper pour profiter à leur tour de "l'or blanc". En effet, entre 1964 et 1969, la fréquentation des stations de haute montagne augmente annuellement d'environ 12 %. De 1961 à 1981, les départs en vacances d'hiver sont multipliés par six et la fréquentation des stations de sport d'hiver a plus que triplé. Mais, à partir des années 1975, émergent les stations de quatrième génération ou stations-villages. Elles correspondent à des villages construits sur le modèle traditionnel et s'inscrivent en réaction aux énormes complexes urbanisés des stations de la génération précédente, en cherchant à respecter l'espace naturel. En effet, les grandes stations intégrées, implantées comme des verrues dans la montagne, ont été très contestées dès les années 1960. Les critiques du bétonnage des paysages d'altitude jusqu'alors sauvages commençait à se faire entendre - d'où la création des premiers parcs nationaux - et la presse mettait en garde contre "nos montagnes en danger : le béton dévore la neige". Dès ce moment, les Hautes-Alpes concentrent une grande partie des stations de sports d'hiver de la région. Dès l'Entre-deux-guerres, Montgenèvre et Vars ont ouvert la voie, mais c'est après la Seconde Guerre mondiale que l'essor a eu lieu. Le village d'Orcières, situé dans le Haut-Champsaur, la vallée du Drac noir, a joué à cet égard un rôle pionnier en équipant le hameau d'alpage de Merlette. La station est créée sur initiative communale, sa réalisation étant confiée à la Société d'équipement du département des Hautes-Alpes. Située sur un bel adret, elle fondait dès l'origine sa promotion en vantant "le soleil du Midi sur la neige des Alpes", ce qu'elle fait encore aujourd'hui. La création de la station a permis d'enrayer l'exode rural et de connaître un certain essor démographique. Le village qui comptait 535 habitants en 1954 en avait gagné 200 de plus en 1968. Orcières reste aujourd'hui l'une des principales stations des Hautes-Alpes du Sud avec 54 km de pistes et 21 km de remontées mécaniques. Elle bénéficie aussi de la création du Parc national des Écrins. Mais, pour répondre à une conception de l'aménagement plus respectueuse de la montagne, la station d'Orcières-Merlette a développé en 2003 un plan de réhabilitation des logements et espaces publics qui s'appuie sur la rénovation des bâtiments anciens.

Bibliographie :

Rémy Knafou, Les Stations intégrées de sport d'hiver des Alpes françaises : l'aménagement de la montagne à la " française ", Paris, Masson, 1978. 

André Rauch, Les vacances en France de 1830 à nos jours, Paris, Hachette Littérature, 2001.

Transcription

(Musique)
Journaliste
Orcières, dans les Hautes-Alpes. Orcières, où s'aménage la station de Merlette, située dans le sud du Dauphiné, à 1850 mètres d'altitude, sur les pentes du massif du Haut Champsaur. Grâce à son exposition au Midi, et à la largeur de la vallée, elle bénéficie de l'ensoleillement pendant 300 jours par an. Les pistes de ski y atteignent 800 mètres de dénivellation avec un excellent enneigement pendant 4 à 5 mois.
(Musique)
Journaliste
Les travaux dont s'est chargée la société d'équipement du département des Hautes-Alpes ont effectivement commencé. Les plans prévoient l'implantation de nombreux chalets, d'immeubles collectifs, d'éléments commerciaux, d'hôtels, de pensions et de restaurants.
(Musique)
Journaliste
Un téléski d'exercice fonctionne déjà, mais la fin de l'année verra la construction d'un télécabine permettant d'atteindre, hiver comme été, le sommet du Drouvet à 2647 mètres, et un autre téleski amènera les sportifs à 2460 mètres, à proximité de la pointe du Méolion. En définitive, un effort important qui méritait d'être signalé. Merlette, à 210 km de Marseille et 190 km d'Avignon et de Valence, offre aux skieurs le soleil du Midi sur la neige des Alpes.