Le problème du logement des étudiants

10 octobre 1963
01m 48s
Réf. 00333

Notice

Résumé :

Pour cette rentrée universitaire on attend 334 000 étudiants. Et la progression va se poursuivre. Des agrandissements sont donc en cours dans les facultés d'Aix-Marseille. Mais y aura-t-il suffisamment de chambres en Cité Universitaire ?

Date de diffusion :
10 octobre 1963
Source :

Éclairage

Les années soixante voient le nombre des étudiants s'accroître considérablement. C'est la conséquence du baby-boom de l'après-guerre et de la démocratisation de l'enseignement supérieur qui s'ouvre plus largement aux enfants des classes moyennes. En 1963, le reportage fait état de 334 000 étudiants en France contre 308 000 l'année précédente avec un doublement prévu en 1970 (à comparer avec les 2 millions d'étudiants des années 2000). Cet accroissement exige de nouvelles constructions universitaires, mais il pose aussi la question du logement des étudiants à laquelle la construction de cités universitaires à la charge de l'État ne répond que partiellement.

Le reportage fait le point sur la situation à Aix et à Marseille ; si l'on reconnaît bien la cité des Gazelles à Aix, juste terminée, les autres chantiers sont plus difficilement identifiables à Saint-Jérôme ou à Luminy. S'agit-il des chantiers de constructions des Facultés ou des cités universitaires ?

À Aix-en-Provence où avait été édifiée dans les années 1930 la cité Abram, oeuvre de l'architecte Gaston Castel, la Cité des Gazelles, située de l'autre côté du chemin de fer par rapport aux facultés de Droit et Lettres des Fenouillères, est construite en plusieurs tranches entre 1958 et 1964 ; d'autres chantiers suivront au cours des années soixante. À Marseille, de nouvelles cités universitaires vont accompagner la construction de Facultés sur des sites excentrés comme Saint-Jérôme dans les quartiers Nord ou Luminy dans les quartiers Sud. Mais le nombre de chambres en cités universitaires, gérées par le CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires), ne permet de loger qu'une minorité d'étudiants. Pour les autres, c'est donc l

Les associations étudiantes, très actives en cette période qui suit la fin de la guerre d'Algérie qui avait fortement mobilisé - et divisé - le milieu étudiant, apportent leur contribution à la recherche de logements. Sont citées l'AGEM (Association des étudiants de Marseille), la plus ancienne et longtemps la seule, affiliée à l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) et la FGEM (Fédération générale des étudiants de Marseille) affiliée à la FNEF (Fédération nationale des étudiants de France) issue d'une scission au sein de l'UNEF. Ces associations mettent leurs moyens, bureaux et personnels, au service des étudiants en recensant offres et demandes. Puis reste le système D, comme, par exemple à la fin du reportage, la recherche de logements par l'appel direct aux logeurs potentiels via la distribution de papillons sur les pare-brises des voitures.

La question du logement étudiant sera récurrente au cours des décennies suivantes avec les mêmes paramètres : déséquilibre de l'offre et de la demande, insuffisance du nombre de chambres en cités universitaires, ce qui conduira les étudiants à se loger dans n'importe quelles conditions, mal et cher. Ils seront en quelque sorte une clientèle captive pour de nombreux logeurs privés qui profiteront de l'opportunité offerte par ce marché très tendu. La question, à Aix comme à Marseille, reste d'actualité.

Nicole Girard

Transcription

Journaliste
La rentrée universitaire est fixée, en principe, au 14 octobre. On attend 334 000 étudiants. Il y en avait 308 000 l'an dernier. Il y en aura chaque année davantage, et en 1970, le nombre d'étudiants aura, paraît-il, doublé. Cette progression constante est particulièrement sensible dans les facultés d'Aix ou Marseille, et dans les cités universitaires, telle celle-ci, la cité des Gazelles à Aix-en-Provence, récemment terminée. Des agrandissements sont en chantier, des constructions s'élèvent un peu partout, à Luminy, à Saint-Jérôme, comme à Aix. Leur achèvement est prévu pour 1965 et 66, époque à laquelle démarreront les travaux de nouvelles cités universitaires. Mais cela suffira-t-il pour loger tous les étudiants qui le demandent ? Car c'est là l'un des grands problèmes de la vie universitaire. Un problème qui se pose pratiquement à chaque étudiant, et pour lequel les solutions, quand on les trouve, sont aussi diverses qu'empiriques. Deux associations d'étudiants de Marseille, la GEM et la FGEM, ont mis au point un système de fichier, classant les demandes, nombreuses, et les offres, rares, de chambres à louer aux étudiants. Locations qui comportent des garanties et des avantages, comme l'indique un petit papillon que vous recevrez, pour une fois, avec le sourire.
(Musique)