La fête du Jasmin à Grasse

01 août 1967
48s
Réf. 00357

Notice

Résumé :

Grasse, capitale du parfum, a célébré le jasmin. Les chars ont défilé dans une bataille de fleurs et de confetti, pendant que les pompiers aspergeaient le public d'eau parfumée au jasmin.

Date de diffusion :
01 août 1967
Source :

Éclairage

La fabrication des parfums qui fit la renommée de Grasse au XIXe et au XXe siècle commença modestement au XVIIe siècle avec la mode des cuirs parfumés notamment des gants. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les gantiers parfumeurs se transformèrent en parfumeurs gantiers, parmi lesquels se trouvent déjà les noms de Chiris et de Fragonard. Le premier surtout allait contribuer à faire de la ville la " capitale " de la parfumerie européenne en mettant au point les procédés techniques qui allaient permettre de passer au stade industriel. Profitant de la fréquentation de la Côte d'Azur par les aristocraties européennes, puis par les Américains, les parfumeurs grassois exportent leur production dans le monde entier jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Après la tannerie, la parfumerie prit donc à Grasse une place prépondérante, ce qui se traduisit par l'intensification de la culture des plantes à parfums faisant de la campagne un immense jardin. En effet, la ville et ses environs jouissent de conditions naturelles remarquables - qualités du sol, douceur du climat, ensoleillement -, ce qui permettait de produire en quantité et en qualité remarquables de nombreux types de fleurs, tout au long de l'année : en février, le mimosa (introduit à la fin du XIXe s.) ; en mars, la violette ; en avril, la jonquille ; en mai, la fleur d'oranger et la rose ; de juin à septembre, la tubéreuse ; d'août à octobre, le jasmin. Ce dernier demandait un traitement très particulier pour pouvoir se développer dans cette région. La cueillette du jasmin était une opération longue et délicate qui s'effectuait uniquement à la main entre le mois d'août et la mi-octobre. Le nombre de fleurs cueillies pour faire un kilo de jasmin variait entre 8 000 et 14 000 environ, sachant qu'une tonne de fleurs est nécessaire pour obtenir un kilo d'essence de jasmin. Une bonne récolte représentait entre 650 000 et 700 000 kilos pour toute la région de Grasse au début du XXe siècle. Elle fut même portée à 1 million de tonnes en 1938, mais n'était plus que de 100 000 tonnes en 1981, signe des mutations de la parfumerie, passée sous le contrôle de groupes internationaux et faisant venir désormais de pays tiers les essences indispensables à sa production. En même temps, l'urbanisation envahissait les restanques jusque-là plantées de fleurs.

C'est en 1946, les 3 et 4 août exactement, que fut célébrée la première Fête du Jasmin de Grasse. En ce mois de cueillette du jasmin, les réjouissances populaires comprenaient des concerts, expositions de peintures, défilés de musiques militaires, kermesses, spectacles de marionnettes, feux d'artifice et bals. À partir de 1948, la fête du jasmin devint la véritable fête fleurie. Elle a lieu encore aujourd'hui : deux carrosses fleuris font leur première apparition. Présidés par cinq jeunes filles aux brassées de fleurs, ils sont traînés par des chevaux. Le jasmin fait alors son apparition comme "roi" de cette fête. Le Fête du Jasmin de 1967 présente plusieurs traits qui se sont perpétués jusqu'à l'édition 2008 : le défilé de chars fleuris, le lancer de fleurs en direction du public et l'arrosage des participants avec de l'eau de fleur de jasmin.

Bibliographie :

Paul Gonnet dir., Histoire de Grasse et de sa région, Roanne, Horvath, 1984.

Éliane Perrin, L'âge d'or de la parfumerie à Grasse, Aix-en-Provence, Édisud, 1996.

Site internet :

Service événementiel de la ville de Grasse.

Transcription

Présentateur
Ce fut une belle nuit, brillante et hautement olfactive comme il se doit dans cette ville de Grasse, fort justement appelée la capitale du parfum. Et le défilé des chars fleuris et [incompris] de leurs dentelles de lumière a été le clou de cette fête du jasmin 1967. L'après-midi, il y avait eu aussi la parade des musiques militaires et civiles, et de celles de la [florelilia] italienne, d'Ospedaletti. L'enthousiasme accompagnait cette féerie nocturne, émaillée des assauts pacifiques d'une bataille de fleurs et de confettis.
(Musique)
Présentateur
Et pendant ces hostilités, de leur côté, les sapeurs pompiers de Grasse aspergeaient les participants d'eau parfumée au jasmin.