Zone piétonnière à Avignon

24 juin 1970
01m 17s
Réf. 00379

Notice

Résumé :

La municipalité d'Avignon a décidé de réserver aux piétons quelques rues du centre-ville, pendant quelques heures, le jeudi et le samedi, évitant les problèmes du bruit, de la circulation et du stationnement des véhicules. Ceci n'est encore qu'au stade d'expérience, mais cela pourrait bien devenir définitif si cela est avantageux pour tous.

Date de diffusion :
24 juin 1970
Source :
Personnalité(s) :

Éclairage

En 1970, le maire d'Avignon, Henri Duffaut, instaure à titre expérimental une zone piétonnière dans certaines rues du centre-ville. En réalité il s'agit de mettre certaines rues en accès réservé aux seuls piétons certains jours de la semaine (le jeudi, jour de congé scolaire qui sera bientôt remplacé par le mercredi et le samedi). Parmi les motifs de cette décision, l'encombrement automobile du centre historique et un accès plus aisé et confortable aux commerces du centre-ville comme on le voit abondamment dans le reportage. Il ne s'agit pas encore d'une "zone piétonnière", dont l'aménagement viendra plus tard ; ici on voit que l'accès des rues est simplement barré à la circulation, la signalétique est sommaire et les policiers détournent les automobilistes en les renseignant.

En fait, l'expérience française en matière d'espaces piétonniers, notamment dans les centres anciens, est plus tardive que celle des pays voisins, comme l'Allemagne ou les Pays-Bas qui, dès les années 1960, possédaient des aménagements d'envergure. La première expérience française marquante fut celle de Rouen avec l'opération du Gros-Horloge en 1972 qui souleva l'intérêt et ... les controverses. Le phénomène s'est ensuite généralisé notamment dans les villes moyennes ou celles qui possédaient un centre historique de grande valeur. C'est ce qui s'est produit à Avignon à la fin des années 1970, avec le contrat "villes moyennes", procédure qui liait l'État et la ville dans la réalisation co-financée d'un certain nombre d'opérations urbaines, notamment l'amélioration des centres anciens. Il s'agira alors d'un véritable aménagement avec réfection des voiries, suppression des trottoirs, traitement des sols, mobilier et éclairage urbain, signalétique etc ... , qui ne se limite pas à la simple interdiction de la circulation automobile. À Avignon, la zone piétonne initiale a d'abord été délimitée entre la rue des Marchands, la rue Saint-Didier et les Halles ; elle a depuis gagné d'autres espaces et traversé la rue de la République (rues Joseph Vernet et Saint-Agricol). D'abord réticents, les commerçants sont rapidement devenus les principaux défenseurs de ces espaces qui concernaient essentiellement les rues de forte intensité commerciale. De ce point de vue, les aménagements d'espaces piétonniers sont rapidement devenus un des instruments de la dynamisation du commerce de détail en centre-ville, face au développement des grandes surfaces en périphérie, ce qui est le cas à Avignon. De même, on considère que l'activité touristique a bénéficié de ces politiques, en facilitant l'accès aux monuments et la visite des centres historiques.

Par la suite, face à la banalisation de ces aménagements, d'autres problèmes sont apparus, notamment pour les résidents de ces espaces - où la voiture est théoriquement interdite - ce qui a entraîné la mise en place de diverses procédures de co-habitation. Il a fallu trouver aussi une solution (parkings de dégagement à proximité) pour les véhicules des résidents ou des visiteurs, sous peine de désaffection des centres au profit d'espaces plus accessibles. Un moment tentées par la résidence en centre-ville, les populations aisées renonceront souvent devant les difficultés d'accès et de stationnement automobile, ce qui contribuera à ce que l'on a appelé, un peu exagérément la "désertification " des centres anciens, mouvement qui, depuis peu, est en train de s'inverser.

Nicole Girard

Transcription

(Silence)
(Musique)
Journaliste
Le bruit, la circulation et le stationnement des voitures sont les problèmes qui se posent avec de plus en plus d'acuité aux villes à caractère artistique, touristique ou commercial. Depuis quelques années, des expériences sont tentées un peu partout en France. A Avignon, monsieur Duffaut et sa municipalité ont décidé de réserver aux piétons quelques unes des rues de la ville, et cette zone dite piétonnière, recrée pendant quelques heures, le jeudi et le samedi, des conditions de vie urbaine, agréable, et donne aux Avignonnais ou aux touristes la possibilité de circuler tranquillement à pied pour faire leurs courses, dans une ambiance décontractée, ou tout simplement pour goûter aux charmes des promenades à travers les rues de la cité. Cette mesure, rappelons le, n'a pour l'instant qu'un caractère expérimental, mais elle pourrait devenir définitive si ces avantages s'imposaient à tous. Quant aux automobilistes, des mesures ont été prises pour sauvegarder leur confort, et si à Avignon on se préoccupe des piétons, ailleurs on forme des automobilistes en herbe.
(Musique)