Le Festival de jazz d'Antibes-Juan-Les-Pins

20 juillet 1970
01m 33s
Réf. 00380

Notice

Résumé :

À l'occasion du 11e Festival de jazz d'Antibes-Juan Les Pins, Jacques Hebey, co-organisateur du Festival, raconte comment il a créé ce festival avec le maire d'Antibes, Pierre Delmas, en 1960. Il présente le programme de cette édition en mettant l'accent sur les "vedettes américaines" qui ont été invitées.

Date de diffusion :
20 juillet 1970
Source :

Éclairage

À travers des prises de vue étonnantes et sans rapport apparent avec le sujet (jeune homme dormant dans le parc bordant la scène, jeune fille blonde en bikini noir à la plage, vieux monsieur la regardant), le journaliste de l'ORTF présente la 11e édition du Festival de jazz d'Antibes sous un angle volontairement ludique, voire provocateur, caractéristique de cette époque. Nous sommes dans l'été 1970, en pleine période de contestation de l'ordre établi et de révolution sexuelle. À sa façon, le Festival de jazz, qui se déroule chaque année dans la pinède Gould de Juan-Les-Pins, participe de ce mouvement d'émancipation de la jeunesse.

Fondé en juillet 1960 par Jacques Souplet et Jacques Hebey, avec le soutien du maire d'Antibes Pierre Delmas élu depuis peu, le Festival s'intitula tout d'abord Premier Festival Européen du Jazz. Il rassemblait les orchestres de treize pays d'Europe qui concouraient dans l'espoir d'être désignés comme la meilleure formation de jazz européenne. En tant que berceau du jazz, les États-Unis, représentés par de prestigieux artistes (Charlie Mingus, Dizzy Gillespie...) participèrent en qualité d'invité d'honneur à ce premier festival. Le public fut au rendez-vous et le succès, immédiat, de cette formule originale ne se démentit pas lors des éditions suivantes. Le Festival de jazz d'Antibes-Juan-Les-Pins devint vite l'un des plus prestigieux, avec celui de Newport aux États-Unis et de Montreux en Suisse. L'accent mis sur les vedettes américaines (comme Aretha Franklin, Eroll Garner, Stan Getz et Archie Shepp présents en 1970 comme le mentionne le reportage) lui assurait fréquentation et notoriété.

Faisant de plus en plus d'ombre aux autres festivals de jazz de la région (Nice, Cannes, Menton), le Festival d'Antibes allait être un temps menacé par celui de Nice, qui s'octroya les éditions antiboises de 1971 et 1972. Mais dès 1973, le Festival retrouvera Juan et sa fameuse pinède. Son succès demeure ininterrompu jusqu'à aujourd'hui, même si, à l'image d'autres festivals réputés, il a perdu son côté populaire et bon enfant.

Boris Grésillon

Transcription

Journaliste
Jacques Hebey, vous êtes le créateur de ce festival du jazz, et en fait, c'est un pari gagné puisque cette année il en est à sa 11e édition.
Jacques Hebey
C'est en effet un pari, un pari que j'ai tenu avec le maire d'Antibes, la première année de son 1er mandat. Monsieur Delmas cherchait à faire un festival, qui puisse non pas concurrencer mais être mis en parallèle avec ceux de Cannes, de Nice ou de Menton, que tout le monde connaît. J'étais près de lui à une table, je ne le connaissais pas, je lui ai dit : Monsieur le maire, moi je vous propose de faire un festival, non à Antibes mais à Juan-les-Pins, qui à l'époque était le royaume de la joie, je souhaite qu'il le redevienne, de faire un festival du jazz. Il m'a dit : oui, et en 5 minutes nous nous sommes mis d'accord. Et depuis ça a été une collaboration qui ne s'est pas arrêtée.
Journaliste
Dans quel esprit avez-vous composé votre programme cette année ?
Jacques Hebey
Nous avons voulu faire plaisir au public qui nous fait confiance depuis 11 ans. Nous avons fait le programme le plus copieux de tous les festivals que nous avons organisés. Nous avons fait venir le plus grand nombre de grosses vedettes de jazz américaines qui ne s'étaient pas encore produites ici, et en particulier, Aretha Franklin, qui est la plus grosse actuellement, et la plus chère, hélas ! Eroll Garner, dont je n'ai pas à vous en dire plus, Grant Green qui est un guitariste de grande classe, Stan Getz et Archie Shepp, pour les amateurs de free jazz Sans oublier les orchestres français qui sont en nombre cette année.