Les ballets de Roland Petit

04 mai 1972
03m 34s
Réf. 00388

Notice

Résumé :

Roland Petit fonde le Ballet de Marseille et termine les répétitions de sa première pièce, Pink Floyd Ballet.

Date de diffusion :
04 mai 1972
Source :
Personnalité(s) :
Thèmes :

Éclairage

En 1972, à la demande du maire de Marseille, Gaston Defferre, le célèbre chorégraphe Roland Petit prend la direction des Ballets de Marseille, une troupe de trente-cinq danseurs, avec laquelle il va, pendant un quart de siècle, créer des spectacles, qui seront joués en France et à l'étranger. Roland Petit, né en 1924, est entré, à l'âge de neuf ans à l'école de Ballet de l'Opéra de Paris, ce qui lui a permis d'intégrer le corps de Ballet. Après avoir quitté l'Opéra de Paris en 1944, il a mené une carrière de danseur et de chorégraphe exceptionnelle. Il a créé les Ballets des Champs-Élysées, puis les Ballets de Paris, a monté des spectacles remarqués, comme Le jeune homme et la mortLes demoiselles de la nuit, Carmen. Pour les créations de ses ballets, il a travaillé avec de grands artistes contemporains : écrivains et poètes pour les livrets (Cocteau, Prévert, Anouilh), musiciens (Sauguet, Kosma, Dutilleux, Messiaen), peintres (Picasso, Max Ernst, Niki de Saint-Phalle, Derain, Delvaux) ou couturiers (Christian Dior, Yves Saint-Laurent). Menant une carrière internationale, il a tourné à Hollywood, en compagnie de sa femme la chanteuse et danseuse Zizi Jeanmaire, et a conçu autour d'elle deux grands spectacles au Casino de Paris en 1970-71 : La revue et Zizi, je t'aime. Le premier des ballets créés à Marseille est Allumez les étoiles, inspiré de la vie du poète soviétique Maïakovski. C'est aux dernières répétitions qu'est consacré le reportage, tourné salle Vallier. On y voit, dans un bref plan de coupe, Aragon, qui assistait à toutes les répétitions, et qui avait conseillé à Roland Petit de se raser le crâne pour camper Maïakovski, ainsi que le grand voile rouge déployé à la fin du spectacle. Après sa création à Marseille, le ballet fut donné au Festival d'Avignon, où quelques " gauchistes " perturbèrent la "première". Roland Petit était très attaché à son travail à Marseille, où, à côté du Ballet, il a ouvert en 1992 l'École nationale de danse. Son installation à Marseille participe du tournant culturel pris par la politique municipale dans la décennie soixante-dix selon la volonté du maire, Gaston Defferre, sous l'influence d'Edmonde Charles-Roux, son épouse.  Dans son livre de souvenirs, J'ai dansé sur les flots, il écrit à leur propos : "Mon premier spectateur, mon Louis XIV mécène, mon fan inconditionnel, mon ami Defferre était tout cela. Et quand Edmonde me disait : "Je te tiens la casserole au chaud auprès de Gaston"', elle n'avait en réalité pas grand-chose à faire, car Gaston m'était acquis". "Edmonde est comme une soeur pour moi, elle me donne des leçons de morale, me réprimande, me sauve de toutes les gaffes que je peux faire dans sa ville de Marseille. Sans avoir l'air de m'écouter, elle suit parfois les conseils que je peux lui souffler comme si de rien n'était".

Bibliographie :

Roland Petit, J'ai dansé sur les flots, Paris, Grasset, 1993.

Bernard Cousin

Transcription

(Musique)
Journaliste
En un week-end à Marseille, Roland Petit va démontrer à la France entière, qu'avec de la volonté et des moyens, on peut faire en province beaucoup de choses. Sa soirée, demain, sera déterminante pour le grand chorégraphe français.
(Musique)
Roland Petit
Elle sera déterminante quant au succès de la, du premier spectacle de la compagnie, j'espère que le, que le, le public marseillais va être, va accueillir notre, notre spectacle avec beaucoup de, de chaleur et d'enthousiasme, nous en avons besoin. Nous avons besoin d'être encouragés par cette ville qui m'a fait venir ici et qui nous a permis de créer ce, cette troupe autonome qui représente la ville de Marseille.
(Musique)
Journaliste
Une compagnie de ballet, c'est un instrument artistique prestigieux et populaire à la fois. Pour le premier spectacle, le prix des places est très modeste, 16 francs, 12 francs et 5 francs. 10.000 spectateurs verront samedi, dimanche et surtout demain soir, ce que les étrangers pourront voir en accueillant la troupe des ballets de Marseille.
(Musique)
Roland Petit
Et quand la troupe a du succès et quand les danseurs sont bons, quand les ballets sont bons, quand ils ont du succès, il est évident que nous sommes reçus comme, comme des ambassadeurs à l'étranger et que c'est une, c'est merveilleux pour notre prestige et pour celui de, de, des gens qui nous envoient.
(Musique)
Journaliste
Constituer une troupe de 35 danseurs, aménager un local de répétition, donner des éléments à une troupe, et surtout à son animateur, c'est difficile. Il faut beaucoup d'efforts, matériels et financiers.
(Musique)
Roland Petit
Nous avons fait un espace scénique qui est à peu près de plus de 400 mètres carrés, au milieu de la salle, le public est en quelque sorte tout autour de nous. Et j'ai fait ce spectacle en pensant à cette salle, en fonction de, de ce public que j'espère nombreux et que j'espère populaire, à son aise, puisque le prix des places est bon marché.
(Musique)
Journaliste
Demain soir, Roland Petit réussira certainement. Les professionnels de la danse le savent, les impresario aussi, on applaudira dans le monde entier cette compagnie des ballets de Marseille. Et ça sera une grande satisfaction pour le chorégraphe.
(Musique)
Roland Petit
Et bien ma plus grande satisfaction demain soir, c'est que le public soit heureux et que le public... m'adopte.
Journaliste
Un grand week-end de la danse, à partir de demain à Marseille.