Le désenclavement des Hautes Alpes

05 novembre 1975
04m 11s
Réf. 00403

Notice

Résumé :

Les Hautes Alpes souffrent d'un enclavement qui est néfaste pour leur développement. Ce département représente 25 % de la surface de la région Provence Côte d'Azur, mais a seulement 15 habitants au km², la densité la plus basse de France. L'aménagement de la Nationale 94 dans la perspective de la liaison routière Marseille-Turin est l'un des vecteurs essentiels pour le désenclavement. C'est le département le plus excentré de la région Provence Côte d'Azur.

Date de diffusion :
05 novembre 1975
Personnalité(s) :

Éclairage

Le désenclavement, c'est-à-dire une meilleure accessibilité par les moyens de transports, est un thème récurrent de l'aménagement du territoire et du développement régional. C'est le cas du département des Hautes-Alpes, qui, bien que traversé par la vallée de la Durance, grande voie de pénétration du massif alpin, ne bénéficie pas d'une desserte facile avec les grandes villes de la région, notamment Aix et Marseille, ni en matière ferroviaire (la ligne Marseille-Briançon est une ligne secondaire à voie unique) ni routière, la RN 94 étant le seul grand axe de communication. D'où la revendication des élus locaux (on suppose que c'est le cas du personnage qui s'exprime au début et à la fin du reportage) pour une liaison autoroutière Marseille-Briançon, envisagée dans les années 1960 mais dont les travaux s'interrompent au milieu des années 1970 (les ponts de Venelles et la déviation du Poët sont les seuls à être réalisés). Il faut se souvenir qu'au moment du reportage, on est en pleine crise économique, effet indirect de la crise pétrolière de 1973-1974, qui remet en question plusieurs programmes de grands travaux du fait des difficultés des finances publiques (espoir de plan de relance).

L'autoroute Marseille-Sisteron n'a été mise en service qu'en 1991 ; elle a été prolongée jusqu'à La Saulce quelques années plus tard. La liaison Genève-Marseille via Grenoble et les Hautes-Alpes n'est toujours pas réalisée, plusieurs tronçons litigieux étant sans cesse retardés. En effet, la solution autoroutière, qui en 1975, au moment du reportage, était considérée comme la solution miracle de désenclavement et de développement, est depuis fortement contestée, notamment par les mouvements écologistes, compte tenu de son coût et des problèmes d'environnement sur les tracés envisagés, sans parler des dissensions sur le tracé à adopter, notamment sur le tronçon La Saulce-Grenoble.

Les revendications concernant l'aéroport de Tallard, dont il est également question dans le reportage comme autre solution de désenclavement, paraissent un peu disproportionnées compte tenu de la population du département, malgré une reprise démographique, et des trafics prévisibles. L'aéroport situé dans un site montagneux est aujourd'hui essentiellement consacré aux vols de loisirs.

Quant aux travaux d'aménagement urbain de Gap cités également, il faut rappeler que l'inauguration de la gare routière construite face à l'IUT (pôle d'échanges Reynier dans une ancienne caserne) aura lieu en septembre 2008, soit plus de trente ans après les études et projets montrés dans le reportage !

Nicole Girard

Transcription

(Silence)
Journaliste
Les Hautes-Alpes, c'est bien connu, ont trop longtemps échappé aux grands courants économiques qui ont forgé bien souvent le destin d'un département ou d'une région. Elles ont souffert et souffrent encore d'un enclavement préjudiciable à leur expansion. 25% de la surface de la région Provence-Côte d'Azur, 15 habitants au km², c'est le taux le plus faible de France, même si le redressement démographique est amorcé depuis le recensement de 1968. Le 2ème souffle de ce département viendra du désenclavement tous azimuts. L'aménagement de la nationale 94, dans la perspective de l'axe routier Marseille - Turin, constitue un des vecteurs essentiels du désenclavement départemental.
(Silence)
Elu
Nous faisons partie de la région Provence-Côte d'Azur, alors que nous sommes le département le plus excentré de cette région. Et nous n'avons pas à l'heure actuelle de possibilité pour nos étudiants par exemple d'aller le matin à Marseille par un transport public qui soit le car, par car ou par chemin de fer, pour aller assister à un cours. Le lundi matin, personne peut être à 8 heures à Marseille.
Journaliste
La déviation de Venelles est en panne faute de crédit, seuls les ouvrages d'art sont achevés depuis un an. Cette déviation n'a pas bénéficié du plan de relance. Sera-t-elle inscrite au budget 1976 du programme autoroutier ? C'est toute la question. Les piles de Venelles sont devenues; dans une certaine mesure, les piles d'achoppement du problème.
Elu
L'espoir pour les Haut-Alpins, c'était l'amorce de l'autoroute Marseille -Turin, en tout cas dans sa première partie Marseille - Manosque. C'était notre espoir de développement. Or, on a construit les piles du pont de Venelles et quand on passe sur la route, on les voit construites, elles ont été terminées en 74, alors ce que nous voudrions, c'est que on passe des promesses aux actes. Pour nous, ça saura un impact considérable pour le maintien de nos populations car il faut être crédible.
Journaliste
L'aéroport de Gap-Tallard, c'est une carte importante à jouer dans le désenclavement, or à l'heure actuelle, les possibilités de cet aéroport sont très limités. Il y a une liaison régulière Paris - Gap via Chambéry mais à des horaires inadaptés ; c'est très insuffisant. Pour que cet aéroport soit réellement opérationnel, des aménagements sont indispensables, tels que le balisage de nuit. Le feu vert de l'administration centrale est espéré pour la fin de cette année.
Usager
Pour nous, l'opération balisage de nuit est une opération indispensable. Actuellement, les horaires sur Paris sont, on peut le dire, franchement mauvais Euh actuellement un Gapençais qui veut se rendre à une réunion à Paris et qui s'embarque sur l'avion doit passer 2 nuits à Paris, alors que grâce au balisage de nuit, le Gapençais pourra faire l'aller-retour dans la journée.
Journaliste
Le désenclavement, c'est aussi une affaire d'équipement urbain. La société gapençaise d'économie mixte d'aménagement et de construction est chargée de réaliser à Gap une gare routière et un complexe immobilier comprenant notamment : restaurant, hôtel, parking. En bref, l'objectif visé est d'éviter que le département ne soit plus, comme on nous l'a dit, la province de la province.
Elu
Avec les possibilités que nous avons en développement de notre département, nous pensons au contraire qu'une liaison rapide entre Briançon et Marseille conditionne l'avenir économique du département des Hautes-Alpes Quand vous pensez que dans ce département nous n'avons pas, à l'heure actuelle, 1 cm d'autoroute, 1 cm qui le traverse, mais par contre alors, nous avons quelques espoirs. Nous avons des espoirs, à l'heure actuelle, dans le plan de relance, a été programmée la déviation du Poët, c'est-à-dire que entre la Saulce et le département des Alpes de Haute Provence, nous allons avoir une route qui pourra être très vite transformée en autoroute puisque la plate-forme est prévue à la distance autoroutière. Pour nous, c'est excessivement important car c'est la possibilité de voir l'avenir avec une certaine sérénité.