La Fondation Saint John Perse à Aix en Provence

21 juin 1976
02m 38s
Réf. 00412

Notice

Résumé :

La Fondation Saint John Perse a été créée pour conserver les oeuvres du poète et pour constituer un centre d'études de sa poésie. La fondation ouvre avec une première exposition sur le thème "Saint John Perse et les oiseaux".

Date de diffusion :
21 juin 1976
Personnalité(s) :

Éclairage

Alexis Léger a été à la fois l'un des poètes français majeurs du XXe siècle et un diplomate de premier plan. Il est né en 1887 à la Guadeloupe où il passa son enfance. Il était le fils d'un avocat qui possédait deux plantations, l'une de café, l'autre de sucre. Après le tremblement de terre de 1897 et les problèmes économiques qui s'ensuivirent, la famille quitte les îles et vient s'établir en France, à Pau. Il est très jeune attiré par la littérature, et notamment les poètes grecs (Pindare). Il n'a pas vingt ans quand il écrit ses premiers poèmes Images à Crusoé puis Éloges, publiés par la NRF en 1909 et 1911. Après des études de Droit et des séjours prolongés en Angleterre et en Allemagne, il prépare le concours des Affaires étrangères et se destine à une carrière diplomatique, qui commence par cinq années en poste à Pékin. Il ramène de ce séjour en Orient Anabase, publié en 1924. Travaillant désormais dans l'administration centrale du Quai d'Orsay, notamment auprès du ministre Aristide Briand, puis comme secrétaire général du Quai d'Orsay à partir de 1933, il consacre totalement ces années à la carrière diplomatique, jusqu'en 1940. Il quitte alors la France et s'installe aux États-Unis où il reprend son activité littéraire et effectue de très nombreux voyages. À partir de 1957, il revient chaque été en France dans sa demeure des Vigneaux, dans la presqu'île de Giens (Hyères, Var). Il publie une série de recueils, inspirés par la nature, et son attrait ancien pour la connaissance de celle-ci : Exils, Vents, Amers, Oiseaux. En 1960 l'Académie suédoise lui décerne le prix Nobel de littérature. En 1972, un volume de la bibliothèque de la Pléiade rassemble ses oeuvres complètes et comporte une longue biographie, qu'il a lui même rédigée, et où il s'explique sur le pseudonyme littéraire par lequel il signe ses oeuvres depuis 1924, Saint-John Perse : "Le nom choisi ne le fut point en raison d'affinités, réminiscences, ou référence d'aucune sorte, tendant à rien signifier ni suggérer d'intellectuel : échappant à tout lien rationnel, il fut librement accueilli tel qu'il s'imposait mystérieusement à l'esprit du poète, pour des raisons inconnues de lui-même, comme dans la vieille onomastique : avec ses longues et ses brèves, ses syllabes fortes ou muettes, ses consonnes dures ou sifflantes, conformément aux lois secrètes de toute création poétique".

En avril 1975, à l'instigation de son ami l'avocat et écrivain marseillais Pierre Guerre, Alexis Léger et sa femme Dorothy, née à New York et épousée en 1958, font don à la ville d'Aix-en-Provence "de tous leurs livres, ouvrages, gravures, photographies, documents, archives manuscrites, éditions originales ou autres, ainsi que tous dossiers, notes, carnets, cartes, lettres et objets de tous ordres, pour qu'ils soient groupés et conservés à la Bibliothèque Méjanes, à la disposition des chercheurs et des étudiants". Peu après, le 20 septembre 1975, Alexis Léger meurt à Giens. L'année suivante, l'inauguration de la fondation Saint-John Perse est l'occasion d'une exposition sur les oiseaux, qui avait été un sujet de prédilection de l'auteur et le titre d'un de ses recueils, illustré par George Braque. En février 1981, la fondation a été reconnue comme établissement d'utilité publique. Elle est aujourd'hui intégrée à la Cité du Livre (voir La Cité du Livre à Aix en Provence).

Bibliographie :

Saint-John Perse, oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1972.

Bernard Cousin

Transcription

(Silence)
Présentatrice
Si la fondation Saint-John Perse a été créée dans le but d'administrer la donation faite par le poète, elle se propose également de constituer et de développer un centre d'études qui permettra d'étudier et d'approfondir son oeuvre littéraire. Pour marquer l'inauguration de cette fondation, une exposition a été organisée sur le thème «Saint-John Perse et les oiseaux». Cette exposition sera d'ailleurs ouverte au public jusqu'à la fin du mois de septembre. En dehors de l'importance qu'elle représente au niveau de la décentralisation, Monsieur Michel Guy devait souligner son double intérêt.
Michel Guy
Il y a un intérêt double. Tout d'abord, il y a un intérêt documentaire si j'ose dire, et à la fois pour les chercheurs et aussi pour le public, et puis pour la ville d'Aix-en-Provence dont ce sera, il faut bien le dire, après beaucoup d'autres, un des nouveaux points forts. Et puis il y a un autre intérêt, je crois aussi, qui est l'exemple qu'est Saint-John Perse. Qui est pour moi un des plus grands poètes français, certainement un des hommes dans toute la littérature française, qui a eu un rapport vraiment extrêmement fort avec le langage. Et puis il y a aussi cette vie exemplaire, il faut bien le dire, à la fois de service public et de poète.
Présentatrice
Cette exposition a pour thème «Saint-John Perse et les oiseaux». Vous a-t-elle paru représentative et de l'homme et du poète ?
Michel Guy
C'est tout à fait un des aspects de Saint-John Perse, mais enfin nous savons quelle importance il a toujours attaché aux oiseaux, aux aigles et aux oiseaux de mer. Si bien que je pense que la rencontre avec Braque, et ce n'est pas non plus par hasard qu'il a accepté de déroger à la règle qu'il s'était fixée de ne pas travailler, pour faire avec Braque ce livre, puisque il ne faisait jamais de livre de commande, comme vous savez.
Présentatrice
Et les rapports avec la Provence, quels sont-ils ?
Michel Guy
Les rapports de Saint-John Perse vous voulez dire ? Je pense que c'est à Madame Léger qu'il faudrait le demander. Tout ce que je puis dire, c'est que je crois que ça a été, la Provence, à laquelle il n'a été, il faut bien le dire, pas spécialement destiné, c'était un homme de l'Atlantique, Saint-John Perse. La Provence a été, en tout cas pour lui, la terre de l'équinoxe.